Etudes économiques
Trinité-et-Tobago

Trinité-et-Tobago

Population 1,358 million
PIB par habitant 18143 $US
B
Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013  2014 2015  2016 (p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 2,2 -1,0 -2,1 -2,7 0,8
Inflation (moyenne annuelle) 5,2 5,6 4,6  4,7 5,3
Solde budgétaire / PIB (%) 1 -2,0 -4,0 -6,9 -11,3 -16,3
Solde courant / PIB (%) 7,2 4,6 5,3 -8,6 -7,1
Dette publique / PIB (%) 41,0 40,0 44,2 48,3 58,8

 

(e) Estimations (p) Prévisions

1  Année fiscale débutant au mois d’octobre

POINTS FORTS

  • Cinquième producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL)
  • Industrie pétrochimique (1er exportateur mondial de méthanol et d’ammoniac)
  • Taille importante du fonds souverain et des réserves de change
  • Pays leader du Caricom, la communauté caraïbe
  • Main d’œuvre bien formée et anglophone

POINTS FAIBLES

  • Economie de petite taille dépendante des hydrocarbures
  • Secteur hors énergie (dont agriculture et tourisme) peu dynamique
  • Déclin prévisible des ressources énergétiques
  • Manque d’efficacité de l’action publique
  • Supervision insuffisante du secteur financier
  • Répartition inégale de la richesse et criminalité liée au trafic de drogue

Appréciation du risque

Vers une reprise modeste de l’activité en 2017

Depuis 2014, la faiblesse du prix des hydrocarbures conjuguées à l’arrivée à maturation de plusieurs gisements de gaz et de pétrole, ainsi qu’au sous-investissement chronique dans l’exploitation, ont contribué au recul de l’activité de Trinite et Tobago. Celle-ci repose en effet essentiellement sur le secteur de l’énergie (pétrole, gaz et pétrochimie) qui représente près de 35% du PIB et plus de 90% des ventes à l’export. La production locale de gaz naturel alimente par ailleurs les centrales électriques du pays. En 2017, le pays devrait afficher une reprise de l’activité tirée principalement par la hausse de la production gazière grâce au forage des nouveaux puits de gaz naturel et la progression, bien que modeste, du prix du pétrole. La demande interne devrait rester relativement faible. La poursuite de la politique de consolidation budgétaire du premier ministre devrait affecter les dépenses publiques d’investissement en particulier. L’investissement privé dans le secteur non énergétique dépendra de la capacité du gouvernement à implémenter un cadre législatif plus favorable aux entreprises alors que celui destiné au secteur de l’énergie devrait se tasser. La consommation des ménages devrait rester limitée en lien avec la hausse du chômage. Enfin, l’inflation devrait rester dans la moyenne des années précédentes (autour de 5%), mais resterait exposée aux contraintes d’offre, en particulier à la volatilité du prix des produits alimentaires.

 

Un déficit public persistant, malgré une politique de consolidation budgétaire

Le creusement du déficit budgétaire de Trinité et Tobago devrait se poursuivre en 2017. Le recours aux mesures ponctuelles mises en place par le gouvernement (ventes d’actifs à l’étranger, cession partielle d’entreprises publiques) afin de compenser la baisse des recettes énergétiques n’ont pas été suffisantes pour freiner le dérapage budgétaire observé en 2016. La part rigide des dépenses (salaires et traitements des fonctionnaires, transferts et subventions prévus par la loi) qui représenterait plus de 60% des dépenses limite par ailleurs la flexibilisation du budget de l’Etat. Le gouvernement annonce néanmoins la mise en œuvre d’une série des reformes fiscales visant à augmenter les recettes de l’Etat (hausse de l’impôt sur les sociétés de 25% à 30%, hausse de la taxe sur les boissons alcoolisées et le tabac, baisse de subventions au prix du diesel, etc.), mais ne semble pas disposer d’un cadre stratégique budgétaire de moyen terme. Les efforts budgétaires prévus par le gouvernement permettraient ainsi de maintenir le niveau des dépenses des années précédentes, mais ne devraient pas être suffisants pour inverser la trajectoire de détérioration du solde public et par conséquent, celle de la hausse de la dette publique.

 

Un déficit courant qui peine à se résorber

Sur le plan du commerce extérieur, le solde courant devrait afficher un déficit pour la troisième année successive en 2017. La légère reprise du prix des hydrocarbures et la hausse attendue de la production contribuerait néanmoins en partie à réduire le déficit de la balance commerciale. Le déficit de la balance des revenus devrait aussi participer à l’amélioration du solde courant en raison de la baisse des transferts de bénéfices des entreprises étrangères opérant dans le secteur énergétique. La balance de services devrait en revanche rester affectée par la baisse des recettes touristiques, pénalisées par la récession au Venezuela qui fournit une bonne partie des visiteurs en raison notamment de leur proximité géographique. Les IDE concentrés dans le secteur de l’énergie devraient se tasser. Enfin, si la reprise attendue du prix de l’énergie est reportée, la banque centrale devrait permettre au dollar trinidadien (TT$) de se déprécier face au dollar étant donnée la faiblesse de réserves en devises du pays.

 

A la recherche d’autres relais de croissance

Au pouvoir depuis septembre 2015, le premier ministre Keith Rowley du parti People’s National Movement (PNM) devrait continuer à œuvrer pour la consolidation des finances publiques en dépit de la baisse de sa cote de popularité. Disposant d’une majorité au Parlement (23 sur 41 sièges) et conscient du faible degré de diversification de l’économie, le gouvernement s’est donné pour objectif de développer le tissu productif local en attirant davantage d’investissements dans les secteurs énergétiques (filière pétrochimique en particulier) et non énergétiques (tourisme, agroalimentaire, finance..). Il travaille notamment sur l’implémentation d’un cadre législatif favorable au développement des partenariats public-privé afin d’améliorer la qualité des infrastructures du pays. Trinité et Tobago devrait par ailleurs continuer à jouer un rôle actif dans la Communauté des Caraïbes (Caricom) et dans les initiatives coopératives de lutte contre la criminalité et le trafic de drogue en partenariat avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis principalement.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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