Etudes économiques
Trinité-et-Tobago

Trinité-et-Tobago

Population 1,4 millions
PIB par habitant 16 379 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -2,3 -0,2 -0,3 0,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,9 1,0 1,0 1,4
Solde public * / PIB (%) -11,3 -7,9 -5,8 -6,5
Solde courant / PIB (%) 5,0 7,1 3,4 2,7
Dette publique / PIB (%) 60,3 60,8 64,0 67,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale d’octobre 2019 à septembre 2020.

POINTS FORTS

  • Septième producteur mondial de GNL
  • Industrie pétrochimique (1er exportateur mondial de méthanol et d’ammoniac)
  • Taille importante du fonds souverain (25 % du PIB) et des réserves de change
  • Pays leader du Caricom, la communauté caraïbe
  • Main-d’œuvre bien formée et anglophone

POINTS FAIBLES

  • Économie de petite taille dépendante des hydrocarbures
  • Secteur hors énergie (dont agriculture et tourisme) peu dynamique
  • Déclin prévisible des ressources énergétiques
  • Manque d’efficacité de l’action publique
  • Supervision insuffisante du secteur financier
  • Répartition inégale de la richesse (20 % de la population sous le seuil de pauvreté)
  • Criminalité liée au trafic de drogue

Appréciation du risque

Une croissance en berne, tributaire des hydrocarbures

Après quatre ans de récession, essentiellement due aux bas prix des hydrocarbures et à une production décevante dans le secteur de l’énergie, la croissance pourrait se stabiliser en 2020. Elle demeure très vulnérable, étant fortement liée au secteur des hydrocarbures (pétrole, gaz et pétrochimie), qui représentait 35 % du PIB et 80 % des exportations de biens en 2018. En 2020, la production de ce secteur devrait à nouveau légèrement reculer. Les nouveaux sites d’extraction (notamment celui d’Angelin) ne parviendront pas à compenser la baisse de production des sites en activité, d’autant que les prix bas n’incitent pas les compagnies à investir pour maintenir les capacités existantes. L’activité de raffinage de pétrole restera lourdement handicapée par la chute de la production de brut au Venezuela, le principal approvisionneur. L’industrie pétrochimique (ammoniac, méthanol, fertilisants) ne devrait pas être mieux lotie, au vu de la baisse du prix de ces produits, liée à la conjoncture mondiale défavorable dans le secteur de la chimie. Les autres secteurs de l’économie, peu développés, contribueront faiblement à la croissance. La construction profitera de la progression des dépenses publiques d’investissement, notamment dans les infrastructures de transport. Par ailleurs, la croissance du crédit s’est redressée, favorisant les investissements privés. La consommation des ménages, qui sera boostée par la forte hausse du salaire minimum, devrait également profiter de cette croissance du crédit. Cependant, l’accès au crédit demeure globalement contraint par une sphère publique qui accapare une grande partie des capacités de financement du système bancaire domestique. En outre, l’inflation restera modérée, en raison de la faiblesse de l’activité économique.

 

Les emprunts et le fonds souverain financent le déficit

Sur l’année fiscale 2020, le déficit public augmentera, après plusieurs années de baisse, la croissance des dépenses surpassant celle des recettes. La relative amélioration de la conjoncture économique devrait permettre une progression des revenus. De plus, le gouvernement prévoit de diminuer les exemptions de taxe sur le profit des entreprises pétrolières et gazières. Néanmoins, les crédits d’impôts à l’investissement devraient augmenter pour ces entreprises, afin de favoriser les nouvelles explorations. Du côté des dépenses, plusieurs mesures importantes seront introduites, comme par exemple une hausse d’environ 15 % du salaire minimum ou encore une augmentation du crédit d’impôt pour les chauffe-eau solaires. Les principaux postes de dépenses resteront la masse salariale de l’État (18 % du total des dépenses), et surtout les transferts et subventions (48 %), dont une majorité est destinée aux ménages et aux autorités régionales de santé. Le financement du déficit sera effectué en puisant dans le fonds souverain du pays et en contractant des emprunts bancaires domestiques et sur les marchés internationaux, à des taux d’intérêt élevés, aggravant la charge des intérêts à payer (3 % du PIB). Toutefois, la dette publique reste très largement domestique (80 %) et contractée sur des maturités à moyen et long terme, tout en étant majoritairement libellée en monnaie locale.

 

Structurellement excédentaire grâce aux exportations massives d’hydrocarbures et de dérivés pétroliers, le solde du compte courant est amoindri par le fort ralentissement du secteur ces dernières années. En 2020, l’excédent commercial (9 % du PIB en 2018) se réduira à nouveau, subissant également un léger rebond des importations, grâce à une hausse de la consommation domestique. En revanche, le déficit des services devrait se maintenir, les recettes touristiques étant stagnantes et ne parvenant pas à compenser les prestations liées au secteur des hydrocarbures. L’excédent du compte courant permet au compte financier d’enregistrer une sortie nette de capitaux, principalement sous forme d’investissements du fonds souverain, tout en alimentant les réserves de change (qui représentaient environ huit mois d’importations en 2019). Ces dernières sont régulièrement utilisées par la banque centrale afin de maintenir une parité fixe entre la monnaie nationale et le dollar des États-Unis, et devraient continuer à diminuer en 2020.

 

Difficiles élections en perspective pour le parti au pouvoir

Le Premier ministre Keith Rowley, issu du People’s National Movement (PNM), est au pouvoir depuis les élections parlementaires de septembre 2015 et peut s’appuyer sur la majorité absolue de son parti au Parlement (23 sur 41 sièges). Cependant, le maintien du PNM au pouvoir lors des prochaines élections, prévues en 2020, sera difficile, notamment en raison de la faiblesse de l’économie et du niveau de criminalité qui ne faiblit pas. Concernant deux des principaux objectifs du gouvernement, la consolidation des finances publiques et la diversification de l’économie, les résultats sont également très mitigés. De plus, la popularité du PNM et de Keith Rowley a été fortement dégradée par l’arrestation de Marlene McDonald, ministre de l’administration publique, pour des faits de corruption, en août 2019. Le principal parti d’opposition (également de centre gauche), le United National Congress (UNC), mené par l’ancienne première ministre Kamla Persad-Bissessar, pourrait profiter de cette situation favorable pour remporter les élections.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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