Etudes économiques
Trinité-et-Tobago

Trinité-et-Tobago

Population 1,4 millions
PIB par habitant 17 276 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 0,3 0,0 -7,1 2,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 1,0 0,2 0,9
Solde public / PIB (%)* -6,0 -3,6 -13,6 -7,3
Solde courant / PIB (%) 5,8 4,8 -3,3 1,4
Dette publique / PIB (%) 60,3 60,8 63,2 68,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2021 allant du 1er octobre 2020 au 30 septembre 2021

POINTS FORTS

  • Huitième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié
  • Industrie pétrochimique (exportateur mondial de méthanol et d’ammoniac)
  • Taille importante du fonds souverain (25 % du PIB) et des réserves de change
  • Pays leader du Caricom, la communauté caraïbe
  • Main-d’œuvre bien formée et anglophone

POINTS FAIBLES

  • Économie de petite taille dépendante des hydrocarbures
  • Secteur hors énergie (dont agriculture et tourisme) peu dynamique
  • Déclin prévisible des ressources énergétiques
  • Manque d’efficacité de l’action publique
  • Supervision insuffisante du secteur financier
  • Répartition inégale de la richesse (20 % de la population sous le seuil de pauvreté)
  • Criminalité liée au trafic de drogue

Appréciation du risque

La croissance (modeste) enfin de retour en 2021

Déjà anémique, l’activité économique de Trinité et Tobago a été fortement impactée par la crise de la COVID-19. Afin d’endiguer la pandémie, le gouvernement a appliqué des mesures de confinement, telles que la fermeture des frontières, ou encore celle des écoles et universités. Ajoutées à la chute de la demande extérieure, le pays a plongé en récession en 2020. De ce fait, le gouvernement a annoncé des mesures budgétaires (3,3% du PIB), afin d’atténuer les effets de la crise. Ces mesures ont compris, entre autres, des prêts à taux d’intérêt bonifiés aux particuliers et aux entreprises, ou encore un soutien financier et alimentaire pour les ménages les plus pauvres. Nonobstant, la consommation des ménages a diminué en raison des restrictions induites par la COVID-19. Elle ne devrait que faiblement repartir en 2021 en raison des incertitudes liées à la crise qui poussent les ménages à épargner. Les investisseurs privés ont suspendu leurs décisions, tandis que les investissements publics se sont limités aux infrastructures de santé. L’investissement dans de nouveaux projets devrait rester en retrait en 2021.

Le secteur énergétique (40% du PIB et 70% des exportations en 2019) est un des piliers de l’économie du pays. Les exportations d’hydrocarbures (le gaz naturel représentait 34% des exportations, le pétrole brut 11%, et les produits raffinés 4%), déjà affectées par l’épuisement des réserves nationales de pétrole, ont été durement touchées en 2020 suite à la baisse de la demande extérieure et de leurs prix. En 2021, la production et les exportations d’hydrocarbures devraient se redresser en raison d’une demande mondiale mieux orientée et d’une légère hausse des prix. Plus important, de nouveaux projets gaziers sont en cours d’achèvement, comme par exemple la découverte de gaz naturel dans un puits d’exploration à l’est du champ Cashima ou encore le projet Cassia Compression qui vise à maximiser la production de champs déjà existants, ce qui devrait permettre au pays d’augmenter sa production dès 2021. Par contre, l’activité de raffinage de pétrole restera lourdement handicapée par la chute de la production de brut au Venezuela, son principal approvisionneur. Les industries pétrochimiques (méthanol, ammoniac, respectivement 14% et 9% des exportations) et sidérurgique (fer et acier, 6%) ne devraient pas être mieux loties, en raison de leur dépendance à la conjoncture de leurs débouchés, principalement la construction et l’automobile. Malgré une légère reprise attendue en 2021, ces deux secteurs devraient rester faibles, ce qui impactera négativement tant leurs prix que leur production. Les engrais (3%) bénéficient de la résilience du secteur agricole face à la crise, et devraient retrouver leur niveau d’avant-crise en 2021. Malgré leur poids moindre dans l’industrie pétrochimique, ils permettent de limiter l’impact négatif sur cette dernière.

 

Retour à un modeste excédent courant et un solde public très déficitaire

Le traditionnel excédent courant induit par les exportations massives d’hydrocarbures et de dérivés pétroliers, s’est momentanément transformé en déficit en 2020 en conséquence de la chute du marché de l’énergie. Dans le même temps, malgré la baisse de la demande intérieure, les importations n’ont pas vraiment diminué, car constituées, principalement, de produits de première nécessité. De plus, les produits alimentaires importés, dont dépend le pays, se sont renchéris. Par ailleurs, la baisse du tourisme et l’augmentation des coûts du transport maritime ont creusé le déficit des services. En 2021, le solde courant devrait redevenir légèrement excédentaire en raison du redressement de la demande extérieure en énergie, tandis que le déficit des services ne baissera pas, ni celui des revenus liés au rapatriement de leurs bénéfices par les investisseurs étrangers.

Le déficit public s’est spectaculairement creusé en raison du contexte. En effet, les recettes publiques (à 22,5% constituées des revenus énergétiques) se sont contractées, tandis que les dépenses ont fortement augmenté, particulièrement dans le secteur sanitaire (équipements, personnel médical et infrastructures). Le plan de soutien a également pesé. Afin de financer le déficit budgétaire, le gouvernement a fait appel aux institutions multilatérales. Par exemple, la Banque de développement interaméricaine a octroyé 50 millions de dollars. Le gouvernement a également plus sollicité son fonds souverain : le Fonds du patrimoine et de stabilisation, qui finance traditionnellement le déficit. Le déficit s’amoindrira en 2021 du fait de la progression des recettes, mais restera tout de même élevé. Conséquence de ce déficit accru, la dette s’alourdit.

 

Une stabilité politique fragile

Le Premier ministre Keith Rowley, issu du mouvement national du peuple (MNP), à la tête du gouvernement depuis les élections de 2015, a été reconduit suite aux élections d’août 2020 qui ont permis au MNP de conserver la majorité absolue au parlement (22 sur 41 sièges). Le Congrès National Uni (CNU), parti d’opposition dirigé par Kamla Persad-Bissessar, l’ancienne premier ministre, remporte 19 sièges. La gestion efficace de la crise de la COVID-19 a très certainement joué un rôle décisif dans cette élection. Le contexte politique restera tendu en raison des retombées économiques de la crise, du fort taux de criminalité, de la présence de corruption et des tensions ethniques. En effet, le vote se fait sur des lignes ethniques. Les afro trinidadiens votent pour le MNP, tandis que les indo trinidadiens, de leur côté, votent pour le CNU. Ces deux groupes pesant le même poids, ce qui explique ce faible écart, la décision est alors laissée au reste de la population.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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