Etudes économiques
Tunisie

Tunisie

Population 11,7 millions
PIB par habitant 3 422 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 1,8 2,5 1,4 1,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,3 7,3 6,8 6,1
Solde public / PIB (%) -6,2 -4,8 -4,4 -3,8
Solde courant / PIB (%) -10,2 -11,1 -8,7 -8,5
Dette publique / PIB (%) 70,4 77,0 75,7 78,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux, et notamment du FMI dans le cadre d’un programme de mécanisme élargi de crédit (MEDC)
  • Économie en cours de diversification
  • Proximité du marché européen et accord d’association avec l’UE
  • Potentiel touristique
  • Ressources naturelles (phosphates et hydrocarbures notamment)

POINTS FAIBLES

  • Fortes inégalités sociales et géographiques
  • Taux de chômage élevé, principalement chez les jeunes
  • Secteur touristique confronté aux problèmes politico-sécuritaires et à une concurrence accrue
  • Tensions sociales conduisant à la multiplication des manifestations et des troubles sociaux
  • Porosité de la frontière avec la Libye, source d’insécurité
  • Déséquilibres structurels des comptes publics et extérieurs et augmentation significative de l’endettement extérieur (qui représente environ 75 % de la dette publique totale)

Appréciation du risque

Un timide rebond de la croissance

Pénalisée en 2019 par un ralentissement du secteur manufacturier, notamment en raison de la demande extérieure moins favorable, la croissance devrait s’affermir légèrement en 2020. Elle sera principalement soutenue par l’agriculture, le tourisme et la mise en service du champ gazier de Nawara. Toutefois, les contraintes resteront nombreuses. Les mesures visant à contenir le déficit budgétaire devraient se ressentir sur les contributions de la consommation et de l’investissement publics. De plus, une plus grande maîtrise des dépenses publiques ou des hausses d’impôts pourraient entraver les revenus des ménages, contraignant la contribution de la consommation privée, malgré une relative atténuation des pressions inflationnistes. Les élections présidentielles et législatives étant passées, l’investissement privé pourrait accélérer. Néanmoins, la progression devrait rester hésitante compte tenu de la demande intérieure et extérieure incertaine. La production record d’huile d’olive prévue en 2019/2020 devrait soutenir les exportations, mais le ralentissement en Europe se ressentira sur la demande pour les biens manufacturés (appareils mécaniques et électriques, habillement…). Ce facteur pourrait également peser sur la reprise du tourisme. Si ces facteurs gréveront la contribution des échanges extérieurs, celle-ci restera positive à la faveur d’une progression plus contenue des importations. Ce sera principalement en conséquence de la réduction de la facture d’importations énergétique grâce à la mise en service du champ gazier de Nawara.

 

La politique monétaire restrictive et l’évolution des prix du pétrole devraient permettre à la désinflation de se poursuivre progressivement.

 

Pressions persistantes sur la balance des paiements

Ralentie en année électorale, la consolidation des finances publiques entreprises sous les auspices d’un programme de mécanisme élargi de crédit (MEDC) avec le FMI devrait se poursuivre de manière plus marquée en 2020. L’effort se concentrera notamment sur la progression des recettes, à travers les mesures de l’administration fiscale pour améliorer la collecte et la lutte contre la fraude fiscale. Du côté des dépenses, après que le gouvernement précédent a concédé une augmentation des salaires en février 2019, les nouveaux recrutements dans la fonction publique devraient être limités en 2020 afin de contenir la progression de la masse salariale de l’État, qui représente environ 15 % du PIB. Les dépenses de subvention, notamment à l’énergie, pourraient être revues à la baisse. Les dépenses de développement devraient rester contraintes, notamment par la progression du service de la dette extérieure. La dette publique, bien qu’essentiellement concessionnelle (près de 50 % du total) et caractérisée par des maturités longues, reste vulnérable à une dépréciation du dinar, puisque près de 75 % est libellée en devises étrangères. Le financement des bailleurs de fonds internationaux devrait rester nécessaire pour couvrir le déficit.

 

En 2020, le solde courant devrait rester largement négatif, pénalisé par le considérable déficit commercial. Celui-ci pourrait, néanmoins, légèrement se réduire grâce à l’allègement de la facture d’importations, notamment d’énergie avec la mise en service du champ gazier de Nawara. Après avoir bénéficié d’une bonne saison touristique en 2019, qui a soutenu la réduction du déficit courant, la progression des recettes touristiques et de l’excédent des services devrait être plus faible en 2020, compte tenu de la croissance européenne atone. La progression des paiements des intérêts sur la dette devrait rogner l’excédent des revenus, tandis que celui des transferts, alimentées par les envois de fonds des travailleurs à l’étranger, pourrait souffrir de la conjoncture mondiale moins favorable. Le déficit courant important devrait rester principalement financé par l’endettement extérieur et maintiendra sous pression les réserves de change (environ trois mois de couverture d’importations) et le dinar tunisien.

 

Un paysage politique éclaté pour répondre aux défis sociaux et sécuritaires

Agitées par des tensions sociales persistantes, suscitées par le chômage élevé et le faible niveau de vie, les élections présidentielles et parlementaires de 2019 ont bouleversé le paysage politique qui s’était établi suite à l’adoption de la Constitution en 2014. Anticipée suite au décès du président Béji Caïd Essebsi, l’élection présidentielle a été remportée par le candidat indépendant et néophyte sur la scène politique Kaïs Saïed, récoltant près de 73 % des voix au second tour. Dépourvu de programme, il a articulé sa campagne autour d’un projet global de démocratie participative. Quant à elle, l’élection législative a accouché d’un Parlement fragmenté, où le vainqueur, le parti islamiste modéré Ennahda, n’a récolté que 52 des 217 sièges, devançant Qalb Tounès, parti de Nabil Karoui défait au second tour de l’élection présidentielle. Le vainqueur sortant, Nidaa Tounes, qui avait obtenu 86 sièges en 2014, n’a obtenu que 3 sièges, payant notamment le tribut de ses divisions qui ont mené à la création du parti Tahya Tounes de l’ex-Premier ministre Youssef Chahed. Dans ce paysage morcelé, le premier ministre Habib Jemli, issu des rangs d’Ennahda, devra faire face aux attentes élevées pour enrayer la stagnation du niveau de vie depuis près d’une décennie, mais aussi au risque d’attaques terroristes. En juin 2019, le double attentat de Tunis, revendiqué par l’État Islamique, a, par exemple, témoigné de la persistance du risque sécuritaire.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020
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