Etudes économiques
Turkménistan

Turkménistan

Population 5,7 millions
PIB par habitant 6 643 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 6,2 6,5 6,2 5,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,7 8,0 9,5 8,2
Solde public / PIB (%) -2,3 -2,8 -1,0 0,0
Solde courant / PIB (%) -19,9 -11,5 -9,0 -7,8
Dette publique / PIB (%) 24,1 28,8 31,2 33,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • 4e réserve de gaz naturel au monde, perspectives de conquêtes de nouveaux clients
  • Niveau d’endettement modéré
  • Bonne santé des comptes publics

POINTS FAIBLES

  • Petite économie enclavée
  • Porosité de la frontière avec l’Afghanistan, alors que les moyens militaires sont faibles
  • Forte dépendance de l’économie au secteur des hydrocarbures (essentiellement au gaz) et à la Chine qui importe la quasi-totalité de ces combustibles
  • Interventionnisme étatique et problèmes en matière de gouvernance (corruption, autoritarisme)

Appréciation du risque

Une économie dépendante de ses exportations de gaz vers la Chine

En 2019, comme par le passé, l’économie turkmène sera essentiellement portée par sa production d’hydrocarbures, essentiellement de gaz. Les exportations de gaz, quasi exclusivement destinées à la Chine (94 %), devraient se maintenir. Néanmoins, malgré sa demande croissante de gaz, la Chine cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement, ce qui pourrait se faire au détriment du gaz turkmène. Les exportations de gaz vers la Russie, qui pourraient reprendre en 2019 après 10 ans d’arrêt, permettraient au Turkménistan de limiter l’effet d’une potentielle réduction des importations chinoises en gaz turkmène. L’investissement public (environ 40 % du PIB), concentré dans les hydrocarbures, bénéficiera notamment à la construction du gazoduc TAPI qui desservira l’Afghanistan, le Pakistan et enfin l’Inde. Cependant, sa mise en service en Afghanistan, prévue pour fin 2019, pose question, compte tenu des problèmes sécuritaires, alors même que le financement du projet n’est pas totalement assuré. Autre composante du secteur primaire, l’agriculture continuera de jouer un rôle non négligeable dans l’économie. La production de coton, principalement destinée à l’exportation, constitue en effet le second poste à l’exportation après les hydrocarbures.

En 2019, la consommation des ménages pâtira des coupes dans le secteur public ainsi que de la suppression des subventions, déjà réduites en 2017, sur le gaz, l’électricité, l’eau potable et le sel. L’inflation demeurera donc soutenue, renforcée par la hausse des prix des produits importés suite aux contrôles des échanges commerciaux en devises étrangères. Une dévaluation pourrait avoir lieu en 2019, le manat restant largement surévalué (en juillet 2018, son taux de change sur le marché noir atteignait 25 manats pour 1 USD, le taux de change officiel étant fixé à 3,5 manats), ce qui favoriserait l’inflation, pénalisant d’autant plus la consommation des ménages.

 

Équilibre du solde budgétaire et réduction progressive du déficit courant

Les différentes mesures prises par le gouvernement pour réduire ses dépenses courantes suite à la chute du prix du gaz en 2014, malgré sa timide remontée, permettront d’afficher des comptes publics en équilibre en 2019. Ces mesures étaient nécessaires avec des revenus tirés du gaz représentant plus de 80 % des recettes budgétaires. Outre la suppression de subventions, le gouvernement a procédé à une réduction du nombre d’employés et des salaires dans le secteur public, ainsi qu’à la privatisation de certaines entreprises publiques.

Du côté des comptes extérieurs, l’évolution de balance courante sera également positive, mais elle restera déficitaire en 2019. Le pays affiche pourtant un excédent de sa balance commerciale grâce à ses exportations d’hydrocarbures (92 % des exportations totales) et de textiles/coton (7,5 %), en dépit de l’embargo instauré en mai 2018 par les États-Unis sur les importations de coton turkmène en raison de l’emploi d’enfants pour sa production. Les importations, concentrées dans les biens d’équipements ainsi que dans le matériel de transport, resteront inférieures. L’excédent commercial est extrêmement dépendant de la Chine, ainsi que du cours du gaz et donc, indirectement, du pétrole. Ce sont les importations de services nécessaires à l’exploitation des hydrocarbures présents dans le pays, qui conduisent à un déficit de la balance des services et, in fine, à celui de la balance courante.

 

Le président assoit son pouvoir

Au pouvoir depuis 2006, le président Gurbanguly Berdimuhamedow remplit désormais son troisième mandat consécutif. Le système multipartite, introduit en 2012, n’a pas atténué l’emprise de son parti (Parti Démocratique) lors des élections législatives de mars 2018. De plus, la nomination de son fils Serdar Berdimuhamedow au poste de vice-ministre des affaires étrangères suggère que le président (61 ans) prépare ce dernier à prendre la tête du pays. Pourtant, la poursuite des coupes budgétaires pourrait accentuer le mécontentement de la population. L’émigration est d’ailleurs en forte hausse depuis le début de leur mise en œuvre. Cependant, la sévérité de la politique sécuritaire empêche toutes manifestations de grande ampleur et le gouvernement a interdit aux hommes de moins de 40 ans de quitter le pays afin de limiter l’hémorragie.

Les relations du Turkménistan avec ses voisins semblent apaisées. En août 2018, le pays fut signataire d’un accord avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, l’Iran et la Russie, sur le statut de la mer Caspienne. De plus, cet accord pourrait relancer un projet de gazoduc transcaspien visant à acheminer le gaz turkmène vers les marchés européens via l’Azerbaïdjan. La situation sécuritaire reste néanmoins fragile à la frontière avec l’Afghanistan en raison de la présence des talibans.

Le Turkménistan est l’un des pays les plus mal notés de la CEI selon les indicateurs de la Banque Mondiale. Le pays occupe la 196e place sur 205 au classement relatif à la lutte contre la corruption et la 201e pour la qualité de ses réglementations. Le climat des affaires reste difficile compte tenu de la domination du secteur public et de ses monopoles sur l’économie, des contrôles sur les échanges commerciaux et les prix.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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