Etudes économiques
Ukraine

Ukraine

Population 42,5 millions
PIB par habitant 2 125 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -9,8 2,3 1,8 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 48,7 13,9 14,0 11,0
Solde public / PIB (%) -1,2 -2,2 -2,2 -2,5
Solde courant / PIB (%) -0,3 -4,1 -4,0 -4,0
Dette publique / PIB (%) 79,3 81,2 85,0 83,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Position stratégique entre la Russie et l’Union Européenne
  • Important potentiel agricole
  • Massives réserves de minerai de fer et de manganèse
  • Main d’œuvre qualifiée et peu coûteuse
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Conflit avec la Russie et les populations russophones de l’est avec atteinte à l’intégrité territoriale
  • Instabilité politique et sociale sur fond d’appauvrissement, de corruption et d’oligarchie
  • Faible diversification économique : métallurgie, céréales
  • Endettement public et extérieur élevé
  • Système bancaire fragilisé par les créances douteuses

Appréciation du risque

Reprise de l’activité économique en 2018

 

Après une année 2017 marquée par l’impact de la suspension des relations commerciales avec les régions orientales (Donetsk et Lougansk) contrôlées par les séparatistes soutenus par la Russie, la croissance ukrainienne devrait augmenter en 2018, tirée par la demande intérieure et les exportations. Les dépenses des ménages seraient encore la contributrice principale. Avec la perspective électorale de 2019, les salaires devraient progresser fortement, à l’instar du salaire minimum qui a déjà bénéficié d’un doublement en 2017. De plus, la retraite plancher a été augmentée de 10 % en octobre 2017. Les revenus réels profiteront de la réduction des pressions inflationnistes liée à une moindre dépréciation du hryvnia, même si la hausse des tarifs de certains services publics (chauffage, électricité), ainsi que celle des prix des biens importés, continueraient d’alimenter la hausse des prix. Le dynamisme de la consommation profitera au commerce, au transport de marchandises et à la construction. Les exportations agroalimentaires (45 % du total), avec, notamment, les céréales (blé, maïs) profiteront d’une nouvelle bonne récolte en 2017 et de la tendance haussière des prix. Les ventes de fer et d’acier (25 %), très affectées par le blocus commercial des régions orientales qui disposaient de plus de la moitié des capacités de production, sont reparties, profitant de la remontée des prix et de la demande européenne. Cependant, cette reviviscence se fait au prix d’importations de charbon à coke, auparavant disponible dans l’est du pays. Ces nouvelles importations, ajoutées à celles de biens d’équipement et de consommation générées par le dynamisme de la consommation devraient limiter la contribution des échanges à la croissance. L’investissement privé restera contraint par les incertitudes politiques et économiques, alors que l’investissement public se développera dans la modernisation et l’extension d’un réseau routier de mauvaise qualité. La reprise de l’activité en 2018 restera, en tout état de cause, conditionnée par l’absence de nouvelle dégradation de la situation dans les provinces de l’est et des relations avec la Russie.

 

Lourd endettement public et extérieur

 

Avec une dette publique représentant plus de 80 % du PIB (49 % pour sa part externe), au service alourdi par la dépréciation de la hryvnia (libellée pour 75 % en devises), les finances publiques sont fragiles. L’accord conclu en 2015 avec le FMI prévoit une enveloppe de USD 17,5 milliards contre des réformes. À octobre 2017, seule la moitié avait été versée. La venue des élections et l’émission de USD 3 milliards d’euro bonds sur 15 ans à 7,4 % en septembre 2017 destinés au budget et au refinancement de la dette incitent les autorités à surseoir ou édulcorer les réformes. La hausse du prix du gaz domestique semble repoussée au second semestre 2018 (si compromis avec le FMI sur la formule de calcul) ou à après les élections en 2019. La réforme des retraites dont le déficit annuel équivaut à 5 % du PIB a été adoptée en octobre 2017. Elle prévoit un passage immédiat de 15 à 25 (puis progressivement jusqu’à 35) du nombre d’années de cotisations, une augmentation de ces dernières et du minimum retraite. Cela pourrait ne pas suffire pour débloquer de nouvelles tranches du prêt FMI. La disparition du déficit des retraites accroîtrait l’excédent primaire, accélérerait l’allègement de la dette et dégagerait des moyens pour l’investissement, alors que les dépenses militaires pourraient atteindre 6 % du PIB en 2018. Le système bancaire, avec un taux de créances douteuses de l’ordre de 40 %, pourrait nécessiter un nouveau sauvetage.

Le déficit commercial devrait s’alléger pour avoisiner 4 % du PIB en 2018. La progression des exportations agroalimentaires et la reprise de celles de minerais, de métaux et de machines, tant vers l’U.E. que vers le CEI, se feront sentir. Les recettes tirées du transport routier et les remises des expatriés en Russie et en Pologne compenseront les dépenses touristiques des ukrainiens et les rapatriements de dividendes. Le déficit courant sera financé par les IDE (déprimés par les incertitudes politiques), les prêts multilatéraux, éventuellement par les versements du FMI et les marchés. Les réserves en devises représentaient environ quatre mois d’importations en octobre 2017. La dette extérieure représentait environ 110 % du PIB, la moitié à la charge du secteur public et à 71 % libellée en dollar. La dépréciation de la hryvnia devrait se poursuivre, son ampleur dépendant du rythme des réformes et de la situation dans les provinces de l’est. Des restrictions aux mouvements de capitaux subsisteront.

 

Incertitude sur les réformes et le conflit à l’est du pays

 

P. Poroschenko a été élu président en mai 2014, après la destitution de V. Ianoukovitch, provoquée par les mouvements de protestation (Maïdan) fin 2013. Les deux partis pro-occidentaux (le Bloc Poroschenko-BPP et le Front Populaire-FP) dominent l’Assemblée. Cependant, le gouvernement, par ailleurs confronté à l’oligarchie, à la perspective électorale et à une population irritée par la crise économique et géopolitique, n’y dispose pas d’une majorité cohérente et stable pour lutter contre la corruption, accélérer les réformes et progresser dans la résolution du problème séparatiste. L’accord Minsk II, conclu début 2015, a réduit les affrontements entre l’armée ukrainienne et les mouvements séparatistes pro-russes, sans à mettre un terme au conflit. La situation devrait rester durablement instable, une brusque détérioration étant toujours à craindre. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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