Etudes économiques
Ukraine

Ukraine

Population 42,2 millions
PIB par habitant 2 656 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,4 2,5 3,5 2,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 13,9 14,4 11,0 9,0
Solde public / PIB (%) -1,2 -2,2 -2,3 -1,5
Solde courant / PIB (%) -1,5 -1,9 -3,0 -3,5
Dette publique / PIB (%) 81,2 71,0 70,0 68,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Position stratégique en Europe
  • Important potentiel agricole et métallurgique
  • Main-d’œuvre qualifiée et peu coûteuse
  • Soutien financier et politique international

POINTS FAIBLES

  • Conflit avec la Russie et les populations russophones, atteinte à l’intégrité territoriale, possibles contre-sanctions russes à l’encontre de 360 entreprises et 50 individus
  • Instabilité politique et sociale sur fond d’appauvrissement, de corruption et d’oligarchie
  • Faible diversification économique
  • Endettement public et extérieur élevé
  • Crédit bridé par les créances douteuses (40 %) et les taux d’intérêt élevés maintenant l’attractivité de la dette en devise locale
  • Flottement dirigé de la hryvnya et restrictions aux mouvements de capitaux limitant la convertibilité

Appréciation du risque

Baisse de régime et retour à une croissance modérée en 2019

Même moins vaillante qu’en 2018, la croissance sera encore tirée par la demande intérieure. La consommation des ménages (69 % du PIB) restera la principale contributrice. Sur fond d’émigration et de raréfaction de la main-d’œuvre qualifiée, mais aussi du fait de la poursuite de la hausse du salaire minimum dans le contexte électoral, les salaires continueront de progresser. Les ménages bénéficieront aussi des remises des expatriés qui constituent 10 % de leurs revenus. On estime à 5 millions le nombre d’Ukrainiens travaillant à l’étranger, soit un quart de la population active. Malgré la hausse du prix du gaz de 23,5 % le 1er novembre 2018, l’inflation pourrait être moins forte en lien avec une moindre dépréciation de la hryvnya et l’assagissement des prix alimentaires. La consommation profitera au commerce et au transport de marchandises. L’investissement pourrait progresser moins vivement. Sa part dans le PIB (16 %) progresse peu en raison du conflit avec la Russie, du médiocre climat des affaires et d’un crédit contraint par sa cherté (taux directeur proche de 20 % fin 2018). L’investissement public dans la modernisation et l’extension d’un réseau routier de mauvaise qualité pourraient pâtir du resserrement budgétaire. La contribution des échanges resterait négative avec des exportations toujours affectées par la baisse des prix du fer et de l’acier (25 % des exportations totales) et la perte de dynamisme de la demande mondiale causée par les différends commerciaux. Les exportations agroalimentaires (45 %), avec, notamment, les céréales (blé, orge, colza, tournesol, maïs) devront probablement compter avec des prix stables et des quantités disponibles limitées par une récolte 2018 globalement moyenne.

 

Vulnérabilité extérieure et appui financier international conditionnel

Malgré une réduction obtenue des créanciers en 2015/16 et l’impact favorable de la croissance et de l’excédent primaire (c.-à-d. hors intérêts), la dette publique représentait encore 70 % du PIB fin 2018 (dont 57 % vis-à-vis de l’extérieur et 64 % en devises étrangères, soit respectivement 40 et 45 % du PIB). Elle devrait continuer de s’alléger. Le rythme sera mesuré en dépit de l’insistance des organismes financiers internationaux faisant de la consolidation budgétaire une condition de leur aide. Dans le contexte du conflit dans les régions orientales (Donetsk et Lougansk) contrôlées par les séparatistes soutenus par la Russie, les dépenses militaires resteront élevées (8 % du PIB). De plus, les privatisations prévues en 2019 risquent d’attirer peu d’investisseurs étrangers, même si certains pourraient faire de bonnes affaires en dépit de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi en juin 2018 visant à plus de transparence. Par ailleurs, si l’on ajoute la part privée, le poids de la dette extérieure dans le PIB atteint 100 %. En 2019, son amortissement s’élèverait à 15 milliards USD (11 % du PIB). Un accès de faiblesse de la hryvnya alourdirait la facture. Le déficit courant persistera, car les recettes issues du transit routier et gazier, ainsi que les remises des expatriés en Pologne et en Russie (4 % du PIB) ne compensent pas les intérêts de la dette (6 %) et le déficit commercial (7 %).

En face, les réserves de change ne couvrent que 3,3 mois d’importations (août 2018) ou 66 % de la dette à court terme. Les entrées d’IDE ne comptent que pour un peu plus de 2 % du PIB. La contribution des organismes financiers internationaux sera donc déterminante. L’accord conclu en 2015 avec le FMI prévoyait une facilité élargie de crédit de 17,5 milliards USD contre des réformes. En octobre 2018, à cinq mois de la clôture, seuls 9 milliards avaient été versés, le dernier versement remontant à avril 2017. La venue des élections en 2019 et le recours (onéreux) au marché rendu possible par l’amélioration de la situation intérieure et extérieure ont incité les autorités à surseoir ou édulcorer les réformes conditionnant le déblocage des fonds. Un Accord de confirmation avec le FMI comportant une enveloppe de 3,9 milliards USD sur 14 mois, en plus des contributions de l’UE et de la Banque mondiale, a pris la suite, une fois le budget 2019 prévoyant des économies équivalentes à 2,5 points de pourcentage du PIB adopté. Si ce vote et la récente hausse du prix du gaz domestique visant à le rapprocher du prix du marché ont permis un premier versement de USD 1,4 milliards, les suivants dépendront, là encore, de la persévérance dans les réformes.

 

Incertitude sur les réformes et le conflit à l’est du pays

En 2019 vont se tenir la présidentielle (mars-avril) et les législatives (octobre). Le président sortant Petro Poroschenko et les autres candidats sont distancés dans les sondages par l’ex-Premier ministre Yulia Tymoshenko, mais cela ne préjuge pas du résultat. Le parti associé au vainqueur devrait sortir en tête des législatives. Les scrutins se dérouleront dans un climat de grande défiance de la population face à la corruption et la lenteur des réformes. Malgré la création d’une cour dédiée en juin 2018, les poursuites et la publicité donnée aux affaires, la corruption perdure. Les condamnations sont peu nombreuses. Les réseaux politicofinanciers maintiennent leur emprise sur la politique, les médias et l’administration. La résolution du problème séparatiste tarde, peut-être en partie pour détourner l’attention. L’accord Minsk II, conclu début 2015, a réduit les affrontements entre l’armée ukrainienne et les mouvements séparatistes pro-russes, sans mettre un terme au conflit. Celui-ci s’est étendu à la mer d’Azov et à son accès, le détroit de Kertch traversé par un pont construit par la Russie limitant la taille des navires. La Russie procède à des inspections de navires de commerce desservant les ports ukrainiens, ainsi qu’à des interceptions de navires de guerre.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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