Etudes économiques
Uruguay

Uruguay

Population 3,5 millions
PIB par habitant 16 111 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,6 0,4 -4,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,6 7,8 9,8 7,7
Solde public / PIB (%) -2,9 -3,2 -5,9 -4,1
Solde courant / PIB (%) -0,6 0,7 -1,8 -3,0
Dette publique / PIB (%) 63,5 66,0 69,6 69,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources agricoles et sylvicoles
  • Homogénéité sociale (couverture santé universelle, éducation gratuite) et stabilité politique
  • Politique active de réformes (environnement des affaires, finances publiques, couverture sociale)
  • Environnement des affaires favorable
  • Investissements directs étrangers conséquents
  • Membre du Mercosur, relations commerciales privilégiées avec l’UE et les États-Unis

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux cours des matières premières (soja, viande bovine, produits laitiers, bois, riz)
  • Dépendance aux conjonctures argentine, brésilienne et chinoise
  • Insuffisance des infrastructures de transport
  • Compétitivité réduite par une forte inflation et la rigidité des marchés
  • Endettement public (atténué par une maturité allongée et de moins en moins en dollars)

Appréciation du risque

Reprise progressive de la croissance économique

La crise de la COVID-19 a relativement peu impacté l’économie du pays en 2020, au regard de beaucoup de pays de voisins. Certes, la production et les exportations manufacturières, essentiellement papetières, ont subi la baisse de la demande mondiale et l’activité touristique, pilier de l’économie (16,4% du PIB et 16,3% de l’emploi en 2019), déjà touchée par la crise argentine, s’est réduite à peu de chose du fait des restrictions de déplacement, telles que la fermeture des frontières. Malgré la construction d’une deuxième usine de pâte à papier par le groupe finlandais UPM (en négociation avec le gouvernement depuis 2016, et finalement approuvé en juillet 2019), le contexte économique défavorable a affaibli la confiance des investisseurs et les IDE ont diminué. Enfin, pour juguler l’épidémie, le gouvernement a mis en place des restrictions, comme la fermeture des écoles et a recommandé le confinement pour deux mois à partir de mi-mars. De fait, la consommation des ménages (67% du PIB en 2019), a considérablement diminué, aussi affectée par la hausse de l’inflation. Cependant, afin d’atténuer la tendance, le gouvernement a mis en place des aides aux plus pauvres et vulnérables avec la hausse des transferts monétaires, subventionner l’emploi, ou reporter certaines obligations fiscales. Enfin, la spécialisation agricole a soutenu les exportations du fait de la résistance de la demande et des cours.

En 2021, les restrictions intérieures ayant disparu, les aides, notamment celles destinées à favoriser le tourisme domestique, étant prolongées, et une demande extérieure à la fois mieux orientée et mieux servie par la normalisation des chaînes d’approvisionnement, l’activité devrait repartir, mais doucement. En effet, avec la nouvelle fermeture des frontières décidée en novembre 2020, en réponse à la deuxième vague de la COVID-19 à l’étranger, notamment en Argentine, l’activité touristique semble compromise jusqu’en mars 2021. Les investissements, notamment étrangers, devraient, néanmoins, repartir à la hausse en raison de la stabilité politique et sociale rendant le pays attractif.

 

Comptes publics et extérieurs déficitaires, mais aisément financés

Le déficit public s’est creusé en conséquence de la crise en 2020. Cela s’explique en partie par l’augmentation des dépenses liées à la COVID-19 (2,4% du PIB), alors que les recettes publiques, elles, ont diminué. Le nouveau président Luis Lacalle Pou s’était engagé à des coupes budgétaires à hauteur de 900 millions USD (2 % du PIB) en 2020, avec des dépenses plus ciblées, une meilleure gestion des entreprises publiques, et cela sans pénaliser les dépenses sociales. Cependant, en raison du contexte de la crise sanitaire, le gouvernement y a renoncé, considérant le soutien à l’économie et les dépenses sociales comme prioritaires. La consolidation budgétaire ne devrait pas intervenir en 2021, avec la prolongation de certaines aides et la mise en place fin 2020 d’un programme de soutien au tourisme. Le déficit public ne devrait ainsi que légèrement diminuer en 2021.

Le solde courant est devenu déficitaire en 2020 en raison de la baisse de l‘excédent commercial, ainsi que la baisse des flux touristiques. Malgré une probable reprise des exportations, l’excédent commercial pourrait davantage se réduire en 2021 en raison de la hausse des importations, notamment de bien d’équipements en lien avec le projet du groupe UPM, mais aussi du fait de l’augmentation du prix des achats de combustible, ce qui pèsera sur le déficit courant. Les IDE et les emprunts extérieurs devraient continuer de financer largement le déficit courant et l’amortissement de la dette, et ainsi permettre d’accroître modérément les déjà larges réserves de change (13 mois d’importations en 2019). Si la dette publique est importante et s’est alourdie en conséquence de la crise, les autorités ont progressivement accru la part libellée en monnaie locale et détenue par des résidents (plus de la moitié au deuxième trimestre de 2019, contre à peine 30 % en 2007) et allongé sa maturité moyenne (14 ans), atténuant ainsi sa vulnérabilité.

 

Une démocratie bien installée

Luis Lacalle Pou, du Partido Nacional (PN) de centre-droit, a remporté le second tour de l’élection présidentielle de novembre 2019 avec une mince avance (48,74 % contre 47,48 % des voix) sur son concurrent de la coalition de centre-gauche Frente Amplio (FA), Daniel Martinez. Le président a pris ses fonctions en mars 2020 pour un mandat de 5 ans. Les élections législatives, qui ont eu lieu en octobre 2019, n’ont pas permis au PN de remporter, seul, la majorité au Parlement. Toutefois, grâce à la « coalition multicolore », formée par lui et composée de quatre autres partis allant du centre-droit (Partido Independiente) à l’extrême droite (Cabildo Abierto), le président a pu obtenir une majorité législative. La coalition dispose de 17 sièges sur 30 au Sénat et de 57 députés sur 99 à la chambre basse. Luis Lacalle Pou est le président à la majorité la plus faible depuis le retour de la démocratie en Uruguay, et le spectre très large de partis que comprend sa coalition pourra être une source de fragilité politique. Cependant, sa gestion efficace de la crise sanitaire lui donnera le capital politique nécessaire pour mettre en place une politique budgétaire plus restrictive et une ligne sécuritaire conservatrice, une fois la crise dépassée. En 2020, l’Uruguay a enregistré un des taux de criminalité les plus bas de la région, démontrant une cohésion sociale et politique plus importante. De plus, l’Uruguay est un des pays les plus égalitaires (couverture médicale universelle, éducation gratuite…) de la région ce qui contribue à réduire le risque social.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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