Etudes économiques
Yémen

Yémen

Population 30,8 millions
PIB par habitant 895 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -5,1 0,8 2,1 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 30,4 27,6 14,7 35,5
Solde public / PIB (%) -5,3 -6,3 -6,9 -7,2
Solde courant / PIB (%) -0,2 -1,8 -4,0 1,3
Dette publique / PIB (%) 84,3 64,8 56,3 56,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Aide humanitaire et soutien des bailleurs internationaux
  • Position clé au seuil de la mer Rouge
  • Héritages culturel et architectural
  • Réserves gazières

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile, accompagnée d’une crise économique et humanitaire, et la fragmentation du pays
  • Pauvreté la plus élevée de la péninsule arabique
  • Forte dépendance à l’aide internationale
  • Pression démographique forte
  • Climat des affaires dégradé (bureaucratie, corruption, infrastructures détruites ou inexistantes)
  • Ressources en eau en raréfaction
  • Accès restreint aux devises, blocus maritime

Appréciation du risque

Une issue au conflit se profile

Après cinq ans de combats, le conflit yéménite a connu une petite avancée diplomatique : le gouvernement yéménite et le conseil de transition du sud, qui a fait sécession en 2017, ont signé le 5 novembre 2019 à Riyad un accord de paix, sous l’égide de l’Arabie saoudite. Un nouveau cabinet, à composition paritaire, sera formé. Suite à cela, les frappes de la coalition saoudienne se sont fortement réduites dans les zones contrôlées par les rebelles houthis, au nord, en vue de possibles pourparlers organisés au Koweït dans le cadre de l’ONU, entre la nouvelle entité gouvernementale et les rebelles soutenus par l’Iran. Cette accalmie a été suivie par la libération de 200 prisonniers houthis par la coalition saoudienne, ainsi que l’ouverture de l’espace aérien yéménite en vue d’évacuations sanitaires depuis Sanaa, capitale du pays, sous contrôle rebelle. La situation reste incertaine : les rebelles continuent leurs activités et ont arraisonné trois navires au large d’Hodaïda quelques semaines plus tard. La quasi-totalité des forces émiraties a quitté le pays, ce qui renforce le rôle de l’Arabie saoudite dans les négociations face aux Houthis. Le conflit était auparavant tombé dans une impasse au cours de l’année : aucun des belligérants n’avait obtenu de gains territoriaux substantiels. Les coûts politiques et financiers sont en hausse pour l’Arabie saoudite : ses raffineries Aramco ont été prises pour cible le 14 septembre, divisant par deux la production pétrolière du pays. La fatigue semble donc s’emparer des acteurs, qui seraient plus enclins à négocier la paix, ou une désescalade du conflit.

La guerre a déclenché l’une des plus grandes crises humanitaires au monde. 80 % de la population souffre d’insécurité alimentaire et sanitaire. 10 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire pour survivre. Les infrastructures ont été lourdement endommagées, et une économie de guerre s’est installée : 78 % de la population serait touchée par la pauvreté, et la situation du marché du travail est telle que les milices offrent les meilleures perspectives d’emploi, faisant ainsi perdurer le conflit. Les dysfonctionnements des installations sanitaires et l’accès difficile à l’eau potable favorisent la propagation des maladies : le Yémen est toujours en proie à la plus grande épidémie de choléra de l’histoire récente. Les perspectives économiques du Yémen dépendent entièrement de la capacité des acteurs politiques à trouver une issue au conflit, et sont par-là très incertaines.

 

Retour de la croissance, insuffisant pour répondre aux besoins de la population

L’économie yéménite a enfin renoué avec la croissance, mais reste entravée par la fragmentation des institutions, l’interruption de nombre de services publics, l’isolation du pays, ainsi que la violence. La production d’hydrocarbures a en 2019 continué son augmentation : la compagnie d’État Safer a repris la production sur le bassin de Marib en octobre, et livre 5 000 barils par jour. La tendance devrait se poursuivre en 2020, car les compagnies d’État semblent s’intéresser aux gisements de plus petite taille.

 

L’investissement reste quasiment inexistant et l’activité est pénalisée par les pénuries de carburant et d’électricité. En 2020, sous l’hypothèse forte que la situation politique se maintienne, la croissance devrait avoisiner les 2 %, une maigre réussite compte tenu des niveaux de pauvreté et des besoins économiques de la reconstruction.

Légère amélioration des finances publiques

 Les finances publiques ont connu une nette amélioration en 2019. Le cadre technique et les capacités de l’administration ont été partiellement rétablis, ce qui a permis d’élaborer le premier budget détaillé depuis cinq ans. Les revenus se sont rétablis grâce aux hydrocarbures, 32 % du total, leur plus haut niveau depuis 2014. La collecte des taxes a aussi connu une amélioration : l’État a donc pu redémarrer le versement des salaires aux fonctionnaires et aux retraités dans les territoires des zones échappant à son contrôle, permettant d’accroître le pouvoir d’achat des ménages. L’enjeu principal des finances publiques est aujourd’hui d’assurer le soutien aux populations vulnérables. Le financement des déficits dépendra des donateurs internationaux. Dans le cas d’un soutien insuffisant, l’État pourrait recourir à des méthodes inflationnistes de financement.

 

L’assèchement des réserves causé par l’inter­ruption des exportations d’hydrocarbures et les problèmes de fonctionnement de la banque centrale continuent d’entraver les importations – pourtant vitales – de médicaments, de nourriture et de carburants. Le blocus maritime saoudien se poursuit, et réduit considérablement l’approvi­sionnement des zones sous contrôle rebelle. Ces éléments ont contribué à l’inflation, important facteur dans la dégradation du pouvoir d’achat des ménages. En 2020, l’accès amélioré aux devises devrait simplifier l’accès aux produits étrangers. Les exportations pétrolières permettront d’atteindre un excédent courant. Le pays est le 176e le plus corrompu au monde, selon l’indice de perception de la corruption 2018 de Transparency International.

Dernière mise à jour : Février 2020

 

Retour de la croissance, insuffisant pour répondre aux besoins de la population

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