Etudes économiques
Zambie

Zambie

Population 16,7 millions
PIB par habitant 1 257 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 2,9 3,4 4,0 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,1 17,9 6,8 7,4
Solde public* / PIB (%) -9,3 -5,8 -8,0 -7,8
Solde courant / PIB (%) -3,9 -4,4 -3,6 -2,8
Dette publique / PIB (%) 61,4 60,5 55,6 60,0

* dons inclus (p) : prévision 

POINTS FORTS

  • Richesse minière (cuivre : 1er producteur d’Afrique, cobalt, uranium, or, diamants, manganèse)
  • Richesse agricole (maïs, tabac)
  • Potentiel hydroélectrique majeur
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au cuivre, économie peu diversifiée
  • Haut niveau de dépendance vis-à-vis de la Chine, 1er client pour le cuivre
  • Enclavement et dépendance aux voies de communication des pays voisins
  • Production d’électricité insuffisante reposant quasi exclusivement sur l’hydro-électricité, réseaux de transport défaillants
  • Fortes inégalités, carences sanitaires, éducatives et administratives 

Appréciation du risque

Une reprise de la croissance soutenue  par le cours du cuivre

 

En 2018, la croissance augmentera, stimulée par la hausse du cours du cuivre qui entraînera un accroissement des investissements dans le secteur minier. Différentes mines (mine de Kokola - Vendata Resources, mine de Chambashi - NFCA) devraient se développer, permettant, ainsi, d’augmenter la production et de promouvoir de nouveaux investissements. Le secteur agricole devrait aussi contribuer à la reprise, avec des conditions climatiques plus favorables qui devraient permettre d’augmenter la production de maïs (second poste d’exportation non-traditionnelle précédé par le tabac). La croissance dans ces deux secteurs devrait se diffuser à l’ensemble de l’économie, réduisant le chômage. Cela, combiné à une inflation dans l’intervalle cible de 6-8 % de la banque centrale et un assouplissement de la politique monétaire, devrait stimuler le pouvoir d’achat des ménages et dynamiser la demande intérieure. Les secteurs très élastiques vis-à-vis de la demande, tels que le commerce de détail, devraient en bénéficier. L’activité économique devrait aussi profiter de l’amélioration de l’approvisionnement hydroélectrique grâce aux meilleures conditions climatiques. La perspective d’un prochain accord avec le FMI pour un prêt, s’il se matérialisait en 2018, devrait rassurer les investisseurs quant à la direction de la politique économique et favoriser l’augmentation des flux d’IDE. Toutefois, la tentative de diversification de l’économie par le biais de taxes sur les produits bruts, afin de stimuler l’industrie de transformation, pourrait dissuader certains investisseurs. Enfin, ces perspectives de croissance restent contraintes par un secteur bancaire et financier sous pression : le nombre de prêts non-performants a doublé (12,1 % fin 2016 contre 6,1 % en 2014) en raison de la chute de la croissance en 2015 et de l’envolée des taux d’intérêt (taux sur les prêts bancaires de 29 % fin 2016). De plus, les banques locales sont fortement sollicitées pour le financement du déficit public.

 

Une consolidation budgétaire laborieuse, mais une amélioration du solde courant

 

Dans l’optique d’obtenir un prêt du FMI, le gouvernement zambien a entrepris de réduire son déficit, en lançant notamment le programme Zambia Plus (Economic Stabilization and Growth Program, 2017-2019). Le budget 2018 apparait trop ambitieux, avec une surévaluation des recettes liées au cuivre face à des dépenses qui continuent de croître. En effet, les réductions observées dans les subventions sur le prix de l’énergie ne devraient pas compenser la hausse de la facture des salaires de la fonction publique après la récente vague d’embauche. La dette publique a fortement augmenté (60 % en 2016 contre 35 % du PIB en 2014), tirée par l’accroissement de la dette extérieure (60 % de la dette publique fin 2016) et la forte dépréciation du kwacha zambien en 2015. Toutefois, la hausse des prix du cuivre permet de réduire les risques liés à la soutenabilité de la dette, sur le court terme, bien qu’elle reste toujours soumise aux fluctuations du kwacha.

Du point de vue du compte courant, la balance des biens devrait rester positive en 2018, avec une hausse des exportations de cuivre (effets volume et prix) et de maïs (levée de l’interdiction d’exporter suite à la bonne récolte de 2017) et une baisse des importations (baisse de la demande du gouvernement liée à la consolidation budgétaire). La balance des services restera, en revanche, négative. Le déficit sera compensé par des dons (0,8 % du PIB en 2017), des transferts privés (1 % du PIB) et des IDE (6,3 % du PIB).

 

Une détérioration de la situation politique sur le long terme

 

Depuis les élections contestées de 2016, remportées par Edgar Lungu (Front patriotique), la situation politique s’est détériorée dans le pays. L’arrestation, en avril 2017, du leader de l’opposition Hakainde (Parti Uni pour le Développement National) pour trahison, après ses accusations répétées de fraude aux élections de 2016, a fait culminer les tensions entre le gouvernement et ses partisans. L’abandon des charges en août 2017, ainsi que la fin de l’État d’urgence décidé unilatéralement par M. Lungu, ont permis de calmer la situation. Toutefois, les incertitudes demeurent face à l’insistance du président Lungu à se représenter aux élections de 2021, alors que le débat fait rage sur la légalité d’une nouvelle candidature (la Constitution limite le nombre de mandats à deux et M. Lungu a assuré l’intérim après la mort de l’ancien président Sata). La décision devrait revenir à la Cour suprême dans un climat marqué par une concentration des pouvoirs entre les mains de M. Lungu.

Du point de vue de l’environnement des affaires, la situation est de plus en plus tendue avec la Chine, avec l’apparition d’un fort sentiment anti-chinois au sein de la population. Ces tensions sont liées aux conflits opposant les employeurs chinois à leurs employés locaux, notamment au niveau des conditions de travail, dénoncées récemment dans un rapport de Human Rights Watch. Enfin, les performances du pays en matière d’efficacité du gouvernement et de lutte contre la corruption sont encore déficientes. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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