Etudes économiques
Zambie

Zambie

Population 17,8 millions
PIB par habitant 1 503 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,5 4,0 2,1 -4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,6 7,5 9,1 10,8
Solde public / PIB (%) -7,7 -7,6 -7,3 -6,8
Solde courant / PIB (%) -1,7 -1,3 -2,6 -2,8
Dette publique / PIB (%) 65,5 78,1 81,5 83,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Richesse minière (cuivre, cobalt, uranium, or, diamant, manganèse)
  • Richesse agricole (maïs, tabac)
  • Potentiel hydroélectrique majeur

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au cuivre, accentuée par la dépendance vis-à-vis de la Chine, principal importateur du minerai
  • Enclavement et dépendance aux voies de communication des pays voisins
  • Production d’électricité insuffisante reposant quasi exclusivement sur l’hydro-électricité, réseaux de transport défaillants
  • Fortes inégalités, carences sanitaires, éducatives et administratives
  • Risque de surendettement à cause de l’endettement extérieur non-concessionnel (environ trois quarts de la dette extérieure) et du service de la dette grandissant

Appréciation du risque

Une activité léthargique

Frappée par la sécheresse à l’impact néfaste sur l’agriculture et l’hydroélectricité, ainsi que par le ralentissement de l’activité minière, dû à la baisse des prix du cuivre, à l’incertitude de l’environnement opérationnel et aux ruptures d’approvisionnement en électricité, la croissance a reculé en 2019. En 2020, elle devrait rester atone, malgré un rebond dans les secteurs agricole et minier. Néanmoins, l’investissement privé dans le secteur vital du cuivre devrait continuer d’être freiné. L’ajustement à l’augmentation des taxes minières de 2019, le projet de réduction des déductions fiscales sur les dépenses d’investissement en 2020, les remboursements contestés de TVA relatifs à l’électricité ou encore la liquidation judiciaire litigieuse de la mine de Konkola détérioreront la perception du climat d’investissement. Ces difficultés du cuivre, qui représente plus de deux tiers des recettes d’exportations, devraient se répercuter sur la contribution de la balance commerciale à la croissance, d’autant que l’environnement extérieur, avec, en particulier, le ralentissement de la demande chinoise, devrait être peu porteur pour les prix du minerai. La santé précaire des finances publiques et les contraintes de financement grandissantes limiteront la capacité du gouvernement à accroître son investissement et sa consommation. La consommation privée devrait souffrir des contraintes de liquidités, des pressions sur le kwacha et d’un crédit entravé par des taux d’intérêt élevés. Le secteur manufacturier et les services dépendants des importations, au premier rang desquels le commerce, seraient ainsi touchés. De plus, l’augmentation des prix consécutive à la sécheresse et à la transmission de la dépréciation sur les prix des intrants devraient maintenir une inflation élevée, qui érodera les revenus des ménages.

 

Le spectre du surendettement se fait sentir

En 2020, le déficit budgétaire devrait rester lourd. La hausse du service de la dette (domestique et, surtout, extérieure), qui absorbe déjà plus de 30 % des recettes, continuera de peser sur la dépense publique, de même que le règlement des arriérés domestiques. En dépit de ces contraintes, le budget 2020 prévoit d’augmenter les dépenses dans les infrastructures (routières en particulier), la santé et la protection sociale. Néanmoins, la réalisation de ces dépenses paraît compromise compte tenu des difficultés de financement. Si les recettes pourraient continuer à progresser grâce à la TVA et aux impôts sur les revenus, elles devraient peiner à suivre l’augmentation de la dépense publique. Alors que le budget indique que près de 10 % des revenus domestiques proviendraient de la catégorie « recettes exceptionnelles », le recours à l’endettement restera probablement nécessaire au financement du déficit. L’accumulation rapide de dette publique depuis 2011, et particulièrement de dette extérieure non concessionnelle (Eurobonds, prêts des institutions chinoises, prêts syndiqués et autres sources commerciales) devrait ainsi se poursuivre. Le risque de surendettement devrait donc rester très élevé, malgré l’engagement des autorités de différer la souscription de nouveaux prêts non concessionnels.

Le solde courant, déficitaire depuis 2015, devrait rester négatif en 2020. Il sera grevé par un déficit du compte des revenus souffrant des paiements d’intérêts. La détérioration du solde courant est également une conséquence du déficit des services, alimenté par les transports. En dépit d’une demande intérieure affaiblie, qui devrait contribuer à la réduction de la facture d’importations, l’excédent commercial ne devrait pas significativement progresser compte tenu des entraves persistantes pesant sur le cuivre et du renchérissement du coût des importations consécutif à la dépréciation. Entretenu par les dons et les envois de fonds de travailleurs expatriés, l’excédent du compte des transferts pourrait subir une érosion dans un contexte de détérioration de l’environnement extérieur. Le déficit courant devrait de nouveau peiner à être financé alors que les IDE et les flux d’investissement de portefeuille (dans la dette domestique particulièrement) ont décliné. Les pressions sur le kwacha devraient, en conséquence, persister, surtout que les réserves de change couvrent désormais moins de deux mois d’importations.

 

Escalade des tensions à l’approche des élections ?

Élu en 2016 suite à une campagne émaillée de heurts, le président Edgar Lungu, issu du Front patriotique (PF) devrait être candidat à sa réélection en août 2021. L’incertitude a été levée après que la Cour constitutionnelle a décidé en décembre 2018 qu’il pourrait se présenter à un troisième mandat, jugeant que l’intérim de 18 mois (de janvier 2015 à août 2016) suite au décès de son prédécesseur Michael Sata ne constituait pas un véritable premier mandat. Si sa candidature ne semble plus faire de doute, avant même la conférence élective du PF, le président devra néanmoins faire face à un environnement social de plus en plus tendu. Outre les difficultés économiques qui contribuent à entretenir la pauvreté endémique, la frustration populaire est aussi alimentée par la perception d’un virage autoritaire du président. Aux fréquentes arrestations de journalistes et opposants s’ajoute la volonté du gouvernement d’obtenir des changements constitutionnels et des réformes du processus électoral, combattus par l’opposition qui y voit des tentatives de favoriser le PF. Le Parti uni pour le développement national s’annonce d’ores et déja comme la principale force d’opposition lors du scrutin de 2021. Les difficultés budgétaires, les suspicions d’une dérive autoritaire et les affaires de corruption dégradent la perception du climat des affaires, en dépit d’un classement relativement favorable par rapport à ses pairs d’Afrique subsaharienne dans le classement Doing Business 2020 (85e sur 190 pays).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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