Etudes économiques
Zimbabwe

Zimbabwe

Population 14,6 millions
PIB par habitant 1 434 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,7 3,4 -13,4 -10,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 10,5 241,3 152,8
Solde public / PIB (%) -11,7 -5,3 -6,5 -5,8
Solde courant / PIB (%) -1,3 -4,6 -2,5 -3,1
Dette publique / PIB (%) 74,1 65,6 60,2 66,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources minières (platine, or, diamant, nickel)
  • Richesses agricoles (maïs, tabac, coton)
  • Potentiel de développement touristique
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community)

POINTS FAIBLES

  • Pénurie de liquidité et de devises
  • Situation économique et financière sinistrée par la longue période d’hyperinflation (2000 à 2009)
  • Sous-investissement en infrastructures (notamment énergétiques)
  • Situations alimentaire et sanitaire précaires : la majorité de la population dépend de l’aide internationale et taux de prévalence du sida parmi les plus élevés d’Afrique et du monde
  • Arriérés de paiement auprès des bailleurs de fonds internationaux

Appréciation du risque

Une activité exsangue

Pénalisée par le manque de liquidités, l’inflation, le passage du cyclone Idai, la sécheresse et les ruptures d’approvisionnement en électricité, l’économie a plongé en récession en 2019. En 2020, elle est susceptible d’y rester, continuant d’être étouffée par la crise de devises et de liquidités. Les ménages continueront de souffrir des pénuries de produits de base, de l’accès limité à une monnaie stable et du niveau élevé d’inflation, se traduisant par une contribution négative de la consommation privée. Elle devrait aussi être affectée par l’impact de la sécheresse sur les revenus des ménages. La reconstruction des infrastructures touchées par le cyclone Idai est susceptible de soutenir la consommation et l’investissement publics. Néanmoins, le gouvernement, accusant encore des arriérés de paiement auprès des bailleurs de fonds internationaux, restera privé des sources de financement extérieur, contraignant sa capacité d’action. La crise économique et le flou dans la formulation des politiques devraient peser sur la contribution de l’investissement privé. Les mesures de soutien budgétaire (réduction des taux de la TVA et de l’impôt sur les sociétés) ne devraient pas suffire à contrebalancer les nombreuses entraves à la demande intérieure. En outre, les pénuries de biens de première nécessité devraient entraîner une hausse des importations de céréales et d’énergie, grevant la contribution des échanges extérieurs. De nouvelles perturbations de l’approvisionnement en électricité, précipitées par la sécheresse et par des années de sous-investissement, pourraient peser sur les exportations minières. En outre, les pluies tardives pour la saison 2019/2020 et la tendance baissière des cours internationaux du tabac sont de mauvais augure pour les recettes issues de la principale culture d’exportations du pays.

 

Le dollar zimbabwéen fait son retour

Le déficit budgétaire devrait rester élevé en 2020. La progression des recettes sera principalement impulsée par l’augmentation des taxes indexées sur l’inflation, mais elle devrait être limitée, compte tenu de l’activité inhibée. Les tensions sur les dépenses, notamment sur la masse salariale publique, seront accentuées par les demandes pour des salaires plus élevés. La majeure partie des ressources budgétaires devrait rester affectée aux dépenses courantes, au dépens de celles d’investissement en capital. Privé du soutien des bailleurs de fonds internationaux et souhaitant éviter la création monétaire de la banque centrale (afin d’éviter d’alimenter la spirale inflationniste), le financement devrait essentiellement s’appuyer sur l’émission de dette sur le marché intérieur. La dette demeure à un niveau insoutenable en raison de l’accumulation continue d’arriérés extérieurs et de l’expansion de la dette intérieure.

Après que la faible demande intérieure a contraint les importations, réduisant le déficit courant en 2019, ce dernier devrait de nouveau se creuser, principalement sous l’effet d’une hausse des importations de biens de première nécessité. Le déficit commercial (services compris) continuera donc de creuser le déficit courant. Le déficit des revenus primaires y contribuera également. Les envois de fonds d’expatriés, principalement depuis l’Afrique du Sud, continueront d’alimenter un excédent des transferts. Le financement du déficit courant devrait rester laborieux et nécessitera certainement l’accumulation d’arriérés extérieurs.

Les déficits jumeaux devraient entretenir la pression sur la nouvelle devise mise en circulation en novembre 2019, alimentant l’inflation. Les réserves de change, qui couvrent moins d’un mois d’importations, resteront à un niveau minime. Abandonné en 2009, suite à un épisode d’hyperinflation qui a fait perdre à la devise toute sa valeur, le dollar zimbabwéen a été remplacé par un système de taux de change multiples, dominé par l’USD. La stabilité de ce système a néanmoins été ébranlée par les déficits jumeaux récurrents qui ont conduit à l’assèchement des devises. À partir de 2016, l’utilisation de billets obligataires et de soldes électroniques, officiellement à parité avec l’USD, a engendré un marché parallèle où ces quasi-devises étaient négociées avec escompte. L’écart avec le marché parallèle a poussé les autorités à rompre la parité formelle entre les instruments émis localement et le dollar américain (février 2019) avant d’abandonner le régime de change multiple (juin 2019) et d’introduire la nouvelle devise (novembre 2019).

 

La crise économique fragilise déjà Emmerson Mnangagwa

Le président Emmerson Mnangagwa est arrivé au pouvoir suite à la « transition assistée par l’armée » de novembre 2017 qui a forcé le président Robert Mugabe à la démission. En dépit de vives contestations, les élections générales de juillet 2018 ont été remportées par Emmerson Mnangagwa et le ZANU-PF, au pouvoir depuis l’indépendance. Néanmoins, les manifestations régulières engendrées par l’aggravation de la crise économique, qui occasionnent parfois des violences, suggèrent, néanmoins, que l’autorité du président est déjà contestée. Alors que la situation économique se détériore, sa position pourrait être fragilisée par l’émergence de divisions au sein du ZANU-PF. La perte du soutien de l’armée, notamment en cas de difficulté à payer les salaires des militaires, pourrait aussi menacer le président. Malgré la volonté d’engager le dialogue, les relations avec la communauté internationale restent difficiles comme en attestent les tensions entourant le maintien des sanctions américaines en 2019.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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