Etudes économiques
Automobile

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Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Amélioration des ventes dans le secteur partout dans le monde
  • Période d’innovation sans précédent dans le secteur
  • Les constructeurs automobiles comptent parmi les plus gros investisseurs en R&D dans le monde

Faiblesses

  • Fortement impactée par la crise liée au COVID-19
  • Pénurie de semi-conducteurs, équipement central pour l’industrie automobile
  • Des normes anti-pollution de plus en plus contraignantes nécessitant de lourds investissements, notamment en anticipation des futures annonces européennes et américaines
  • De fortes incertitudes sur la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’automobile dues notamment aux effets d’entraînement de la guerre commerciale
  • La hausse du prix des pièces automobiles et équipements affecte les marges

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur automobile mondial se remet progressivement de la crise sanitaire de 2021, porté principalement par les économies asiatiques et nord-américaines et plus prudemment en Europe. En revanche, la reprise de l'offre est freinée par une pénurie mondiale de semi-conducteurs depuis fin 2020, obligeant les constructeurs automobiles à arrêter ponctuellement les chaînes de production. Malgré cela, la rentabilité du secteur s'est établie à 1,7% au premier trimestre 2021, contre seulement 0,75% au cours des six mois précédents. Au niveau mondial, la production de véhicules a augmenté de 50 % en glissement annuel (YoY) au T2 2021, conduisant à une croissance estimée à 11,4 % pour l'ensemble de l'année 2021. L'augmentation des ventes mondiales de voitures est estimée à 9 % à la fin de 2021, bien qu'elle soit encore inférieure aux niveaux de 2019 et qu'elle soit en partie due aux ventes de véhicules électriques (VE), qui représentent 37,5 % de tous les véhicules vendus en Europe au cours du T2 2021.

La croissance économique reprendra en 2021, après une contraction sans précédent du PIB en 2020. En effet, selon Coface, le PIB mondial rebondira de 5,6 % en 2021. Cependant, si les ventes du secteur se redressent, la menace d'une nouvelle vague, et donc de nouvelles restrictions, pèse sur l'économie mondiale comme sur l'industrie automobile.

De plus, le secteur est encore en pleine mutation avec le développement des véhicules électriques et des réglementations de plus en plus restrictives. L'industrie automobile continue de se reconfigurer avec l'essor de l'e-mobilité et l'émergence de nouveaux acteurs sur les segments des véhicules électriques et de la voiture autonome. Les constructeurs et équipementiers traditionnels sont mis sous pression et s'empressent de nouer de nouveaux partenariats pour faire face à ces nouveaux défis.

Note de lecture: Le segment « e-mobilité » dans le secteur automobile rassemble les véhicules totalement électriques, les hybrides électriques ainsi que les véhicules à hydrogène.

Automotive 1 FR
Analyse approfondie du secteur
Le secteur automobile connaît un fort rebond, malgré une pénurie de semi-conducteurs

La reprise des économies nord-américaine et chinoise, grâce à un plan de relance massif aux États-Unis et à une politique monétaire accommodante en Chine, qui a stimulé le secteur manufacturier, a permis un rebond de la demande de voitures. La reprise du secteur en Europe a été retardée du fait de mesures de restriction ayant été plus longues.

Alors que les constructeurs semblaient prêts à répondre à cette demande croissante, une pénurie de semi-conducteurs, élément essentiel de la construction automobile de nos jours (mais aussi pour de nombreuses autres industries), rend la reprise de l'industrie automobile plus compliquée. Comme la pénurie est toujours en cours, la perte de production induite ne sera pas récupérée en 2021. Ce déséquilibre entre offre et demande, ainsi que la hausse des prix des matières premières, ont entraîné une augmentation des prix des voitures. Toutefois, on constate une nette reprise générale du secteur, bien que soumise à de nouvelles restrictions sanitaires. Grâce à une croissance économique exceptionnelle de 18,3 % au premier trimestre 2021, bien supérieure à celle des autres pays, la production automobile chinoise a augmenté de 80 % au premier trimestre 2021, accompagnée d'une hausse des ventes de plus de 400 % par rapport au premier trimestre 2020. La tendance au T2 2021 est légèrement moins favorable, principalement en raison de la pénurie de semi-conducteurs, qui ralentit la production des véhicules.

En Europe, le secteur se redresse, mais à un rythme plus lent. Bien que les ventes aient augmenté de 73 % en glissement annuel au premier trimestre 2021, elles restent inférieures de 22 % à celles de 2019. En effet, le nombre d'immatriculations a chuté de 36 % au cours des quatre premiers mois de 2021 par rapport à la même période en 2019. Il convient de noter que la part des véhicules électriques vendus dans les différents pays européens a considérablement augmenté en 2021 en raison de fortes incitations.

En Amérique du Nord, la production de véhicules est en hausse de 138 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2021, grâce à une forte demande due au plan de relance de Joe Biden aux États-Unis, bien qu'elle soit également soumise à des pénuries de matériaux.

Par ailleurs, le secteur est en train de subir une transformation majeure. En effet, l'environnement institutionnel pousse les constructeurs et les équipementiers à développer des moteurs électriques. L'année 2021 marque un renforcement de la réglementation sur les émissions de CO2 des nouvelles voitures particulières. Ainsi, la Commission européenne a proposé d'interdire la vente de nouvelles voitures à essence et diesel à partir de 2035, dans le but de parvenir à un transport totalement décarboné d'ici 2050. Par conséquent, les segments hybride et électrique sont les plus susceptibles de se redresser rapidement, car ils bénéficient d'un soutien public, notamment en Europe, en Chine et aux États-Unis.

La reprise du secteur s'observe dans toutes les régions du monde, avec une augmentation des ventes de véhicules électriques et d'occasion. La reprise a été forte en Chine, où la production en 2021 est estimée à 0,9 % de plus qu'en 2019 et représente 30 % des volumes mondiaux. La crainte de prendre les transports en commun en raison de la pandémie a pu avoir un impact sur la volonté des ménages d'acheter une voiture. Afin de relancer l'activité du secteur, les pouvoirs publics ont mis en place des mesures incitatives telles que des subventions pour l'achat de voitures électriques jusqu'en 2022.

L'Europe connaît également un rebond de la production en 2021 et une augmentation des ventes de véhicules à moteur alternatif grâce aux subventions publiques et à l'application de réglementations environnementales strictes. La reprise générale est également visible dans les résultats financiers des acteurs du secteur. Par exemple, Stellantis a enregistré des revenus nets record en 2021 (+46 % par rapport au premier semestre 2020), malgré la pénurie de semi-conducteurs.

D'un point de vue structurel, le secteur automobile subit des changements majeurs au niveau mondial

Celles-ci sont principalement liées à une transition vers le déclin des moteurs thermiques au profit des moteurs électriques. Coface s'attend à ce que cette reconfiguration du secteur se poursuive dans les années qui viennent. L'essor de l'e-mobilité est principalement lié à l'arrivée de nouveaux acteurs tels que Tesla, constructeur de véhicules électriques, parmi les leaders mondiaux. Face à cette tendance, l'ensemble du secteur automobile investit massivement en Recherche & Développement et élargit les gammes de véhicules électriques afin de concurrencer ces nouveaux concurrents. Par exemple, les marques DS, Lancia et Alfa Romeo (toutes détenues par Stellantis) deviendront 100% électriques à partir de 2024, 2026 et 2027, respectivement. Cependant, ces changements radicaux pourraient avoir un impact sur le chiffre d'affaires et l'emploi du secteur. Les coûts d'entretien d'une voiture électrique sont estimés à la moitié de la valeur d'un moteur thermique. Le moteur ne nécessitant moins d'entretien et les batteries ont une durée de vie plus longue que les 7 à 10 ans des véhicules thermiques. Par conséquent, le volume des opérations après-vente et le nombre d'heures de travail devraient diminuer du fait du changement de motorisation.

La crise du COVID-19 a contribué à accélérer la reconfiguration du secteur, en accélérant la digitalisation des ventes. En effet, le e-commerce et la digitalisation de l'économie en général se sont fortement développés pendant la crise sanitaire, ce qui a conduit à l'émergence de nouveaux modes de consommation. Une réorganisation des canaux de distribution est notable dans le secteur automobile. Par exemple, Tesla a adapté sa stratégie commerciale en fermant ses points de vente physiques pour se concentrer sur la vente en ligne, avec un double objectif : s'adapter aux attentes des consommateurs et réduire les coûts pour maintenir une stabilité financière dans le contexte de la crise économique liée au COVID-19. D'autres fabricants et concessionnaires ont suivi cette stratégie numérique. Les entreprises proposent désormais une nouvelle expérience-client, en supprimant certains obstacles à l'achat. Cela inclut la création d'une expérience d'achat en ligne rapide et facile et l'élimination des heures d'attente chez le concessionnaire grâce à la livraison à domicile. Cependant, la plupart des acteurs du secteur ne disposent pas du personnel, des processus ou de la technologie nécessaire pour offrir une expérience sans friction, qui ne nécessite pas de visite chez le concessionnaire. Cette situation pourrait inciter les fabricants traditionnels à établir des partenariats, dans le but de réduire les coûts. C'est, par exemple, le cas de Ford et de Volkswagen, qui produiront conjointement 8 millions de véhicules commerciaux.

Les acteurs du secteur automobile doivent s'adapter aux réglementations croissantes contre la pollution et le réchauffement climatique, qui sont de plus en plus restrictives

Ces mesures obligent les constructeurs à réaliser de lourds investissements pour se conformer aux normes. En Europe, la nouvelle norme CO2 en vigueur depuis janvier 2020 vise à limiter la quantité de CO2 des véhicules neufs vendus. Les constructeurs automobiles non conformes se verront infliger une amende si leur flotte de véhicules en vente émet plus qu'un seuil prédéfini de CO2. D'ici 2025, l'Union européenne prévoit également de mettre en œuvre la norme Euro 7, destinée à contrôler les émissions de polluants tels les oxydes d'azote, le monoxyde de carbone, les particules fines en suspension dans l'air, etc. Ces contraintes en matière de limites d'émissions ont déjà conduit des constructeurs tels qu'Audi et Volvo à annoncer qu'ils arrêtaient le développement de nouvelles technologies de moteurs à combustion. Bien qu'il existe une tendance naturelle à converger vers l'adoption de normes anti-pollution sur les principaux marchés automobiles, la question de l'homogénéité des normes entre les principaux marchés reste à surveiller, compte tenu du risque de segmentation. Aux États-Unis, le président Joe Biden fixera bientôt un nouvel objectif national pour l'adoption des véhicules électriques, en fixant un objectif qu’ils représentent la moitié des ventes de voitures neuves d'ici 2030.

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Dernière mise à jour : août 2021

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