Etudes économiques
Kirghizistan

Kirghizistan

Population 6,5 millions
PIB par habitant 1 189 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 4,6 -8,6 2,0 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,1 6,3 11,4 6,0
Solde public / PIB (%)* -0,1 -3,3 -4,0 -4,0
Solde courant / PIB (%)* -12,1 4,5 -8,0 -7,0
Dette publique / PIB (%) 51,6 68,0 67,6 63,1

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Abondance des ressources métalliques (or, cuivre, uranium, mercure, antimoine, plomb, fer) dont l’exploitation représente 30% du PIB
  • Potentiel touristique et hydroélectrique (seulement exploité à 10%)
  • Position stratégique et couloir de transit entre la Chine, la Russie et l’Europe
  • Soutien financier des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux, ainsi que de la Chine
  • Membre de l’Union économique eurasiatique (UEEA)
  • Membre de l’Initiative Ceinture et Route (ICR) de la Chine

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte fortement dépendante des fluctuations économiques en Russie, via les transferts des travailleurs expatriés (28% du PIB), en Chine et au Kazakhstan, avec lesquels s’effectuent la moitié des échanges.
  • Forte dépendance à l’or (45% des exportations) et à l’agriculture (20% du PIB, 40% des emplois).
  • Système bancaire fragile, concentré et dollarisé (43% des dépôts et 33% des prêts), et crédit cher, dirigé et peu développé (25% du PIB).
  • Géographie difficile (enclavée et à 94% montagneuse) et forte dépendance énergétique
  • Infrastructures déficientes (énergie, eau, santé).
  • Gouvernance défaillante (corruption, crime organisé, forte politisation du système judiciaire, importante économie informelle (23% du PIB) qui réduit la ressource publique) et environnement des affaires difficile.
  • Instabilité politique et sociale liée à la faiblesse des institutions, à la pauvreté (20% de la population) et aux oppositions ethnique, linguistique et économique entre les vallées nord et sud.

Appréciation du risque

Des litiges dans l’extraction d’or mettent en péril l’activité

L’économie kirghize devrait croître davantage en 2022, grâce à une reprise progressive du tourisme, des transports et des services connexes. Cependant, l’incertitude sanitaire, et le déploiement lent des vaccins pourraient peser. Surtout, la contribution de l’extraction d’or à la croissance reste incertaine pour 2022. En effet, le 6 mai 2021, le tribunal kirghize a ordonné à Centerra Gold, la firme canadienne qui détient 100% de Koumtor Gold Company (KGC), de payer environ USD 3.2 milliards pour les dommages environnementaux causés. L’Etat a également engagé une procédure judiciaire contre KGC pour impôts impayés. Le 23 octobre, le gouvernement a annoncé qu'une entreprise d'État, Kyrgyzgeologiya, serait désormais responsable de toutes les activités d'extraction de métaux précieux dans le pays. Ces évènements peuvent miner le sentiment des investisseurs et freiner la croissance à court et plus long terme, puisque l’activité de la mine représente 10% du PIB et l’investissement étranger domine le secteur minier. De surcroît, le 17 septembre, l’Independant Precious Metals Authority (LBMA) a temporairement suspendu Kyrgyzaltyn, le producteur d’or public du pays, de sa liste de raffineurs, pour ne pas avoir respecté les exigences d'approvisionnement responsable. Après cette décision, l’accès au capital marché de l’or londonien a été coupé. Enfin, un juge de New York a validé la suspension par des fournisseurs étrangers de livraisons de matériels destinés à l’extraction.

 

Le secteur de l’énergie rencontre également des difficultés. Le 29 septembre 2021, la société d'État National Energoholding a annoncé qu'elle prévoyait de restreindre l'approvisionnement en électricité des entreprises et des rues de Bichkek, la capitale, afin de lutter contre la pénurie. Cette dernière est due au faible niveau d’eau dans le réservoir de Toktogul qui produit 40% de l’électricité du pays. Afin de réduire la consommation, dans le cadre de la refonte de la politique tarifaire de l'électricité de 2021-25, les tarifs ont augmenté. A partir de 2022, les tarifs seront ajustés selon le taux d’inflation réel de l’année précédente.

 

L’inflation devrait s’assagir en 2022 pour se situer dans la cible de 5 à 7 %, grâce à la modération de la demande intérieure et au resserrement de la politique monétaire. Cette dernière suit les inflexions de la politique monétaire russe, le som évoluant comme le rouble du fait de l’importance des remises provenant de Russie. Néanmoins, les prix mondiaux élevés du pétrole et des denrées alimentaires représentent un risque à la hausse pour cette prévision. Le gouvernement pourrait alors décider de prolonger la réglementation des prix.

 

Une dette soutenable grâce au soutien international et à la compréhension chinoise

Le déficit budgétaire est induit surtout par le financement des infrastructures. Il est financé à 60% par des prêts concessionnels et des dons étrangers. La part externe et libellée en devises de la dette publique (82% du total) est détenue par les prêteurs multilatéraux (FMI, BAD, Banque Mondiale, EFSD) et bilatéraux (60%) et par l’Eximbank chinoise (40%). La dette publique rapportée au PIB commencera à se réduire en 2022, avec la progression de l’activité et la consolidation des dépenses. De plus, le FMI, le 6 octobre 2021, au titre de son Fonds de secours et de maîtrise des catastrophes (FSCR), a décidé d’annuler USD 12,6 millions de dette au pays.

 

Le pays enregistre, structurellement, des déficits commerciaux élevés, en raison de sa dépendance aux importations d’énergie et de machines. En 2022, les ventes d’or et d’électricité (même incertaines pour les premières) ainsi que les envois de fonds des expatriés (28% du PIB), devraient plus que compenser les niveaux élevés des prix des hydrocarbures. Les IDE (15% du PIB en 2020) participeront à son financement, mais peut-être moins qu’habituellement. Les réserves de change (5 mois de couverture d’importations en 2021) permettent de limiter la dépréciation du som. 70% de la dette extérieure engage l’Etat ou sa garantie ; sa part privée correspond en partie à de l’endettement contracté par les sociétés étrangères présentes dans le pays, notamment chinoises dans le secteur minier.

 

Le gouvernement de S.Japarov donne du renouveau à la scène politique

Les manifestations suivant les élections législatives contestées pour cause de fraude électorale et d’achat massif de voix, en octobre 2020, ont conduit à la démission du gouvernement et du président Sooronbay Jeenbekov. Un nouveau président, Sadyr Japarov, a été élu en janvier 2021, avec une majorité écrasante, et le référendum constitutionnel d’avril suivant a transformé le régime parlementaire en présidentiel. Un nouveau système électoral mêlant scrutin majoritaire et proportionnel est adopté le 27 août. Les élections législatives ont eu lieu par anticipation le 28 novembre 2021 afin de renouveler les 90 sièges du Conseil suprême. Les partis soutenant ouvertement Sadyr Japarov arrivent largement en tête, tandis que les élus sans étiquette représentent plus d'un tiers. Toutefois, la population restera prompte à manifester, pour des raisons politiques et contre l’exploitation minière dont les exploitants sont majoritairement chinois, en raison des atteintes environnementales (sols, eau).

 

Le vieux conflit frontalier avec le Tadjikistan a fait des victimes dans les deux camps en 2021. Ce différend persistera en 2022. En outre, la militarisation accrue, en réponse à la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, pourrait exacerber les tensions.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

Haut de page