Etudes économiques
Metallurgie

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Changer de secteur

Forces

  • Reprise générale du secteur, couplé à une forte hausse des prix des métaux
  • Reprise de l’activité manufacturière qui pousse la demande des ‘secteurs clients’ (construction, automobile)
  • Produits utilisés dans de nombreuses industries à travers le monde, en particulier pour la production de batteries électriques, et de pièces en aluminium dédiées aux véhicules électriques
  • Opportunités à venir pour certains métaux, comme le nickel, avec le développement des véhicules électriques

Faiblesses

  • Pression accrue des autorités chinoises et de leurs objectifs écologiques pour réorganiser les industries sidérurgiques et de l’aluminium
  • Forte dépendance à l’égard de la politique économique chinoise
  • Pression pour réduire l’empreinte environnementale des activités minières et métallurgiques

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

La reprise économique globale en 2021, avec une augmentation du PIB mondial estimée à 5,6 % par Coface, a des conséquences importantes pour le secteur des métaux. La demande dans le secteur manufacturier a fortement rebondi dans les pays les plus riches grâce à l'atténuation des restrictions sanitaires, aux importants plans de relance et à l'épargne élevée des ménages accumulée ces derniers mois. Pendant la crise sanitaire, l'arrêt brutal de l'activité industrielle et l'effondrement de la demande mondiale avaient contraint les sidérurgistes à cesser leur activité. Ainsi, la demande soutenue après l'assouplissement des fermetures a créé une inadéquation entre l'offre et la demande, créant de fortes pressions sur les prix.

Toutefois, ces derniers mois, les prix de plusieurs métaux ont chuté par rapport aux sommets atteints au début de l'année. Cela suggère que la reprise générale des métaux pourrait s'essouffler. Les marchés anticipent un ralentissement de la demande chinoise, les autorités souhaitant freiner l'expansion du secteur de l'acier pour atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. En outre, les autorités agissent rapidement pour réduire la spéculation autour des prix des métaux afin d'aider les secteurs clients à faire face à la hausse des prix des intrants.

Enfin, bien qu'il soit très difficile d'anticiper les tendances, les prix des métaux, qui ont atteint un pic en 2021, semblent se stabiliser à présent, conformément à la demande chinoise (50 % de la demande mondiale de métaux) qui continue de croître, mais à un rythme plus lent. A noter qu'une nouvelle vague de la pandémie, portée par le variant Delta, menace l'économie mondiale et de fait le secteur des métaux.

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Analyse approfondie du secteur

Bien que précoce en Chine, la reprise s'est généralisée grâce aux plans de relance des pays les plus riches. Coface estime la croissance du PIB en 2021 à 7%, 5,3% et 10,5% respectivement en Chine, en Europe et aux Etats-Unis. En 2020, lorsque la pandémie de COVID-19 s'est déclarée, le secteur des métaux, très dépendant de la conjoncture économique, a été affecté différemment à travers le monde.

Selon le ministère australien de l'Industrie, des Sciences, de l'Énergie et des Ressources, la consommation mondiale d'acier, de cuivre et de nickel augmentera respectivement de 5,8 %, 3,7 % et 7,3 % en 2021. La consommation (au sens de la comptabilité nationale) continue de rebondir en Chine, en Europe et aux États-Unis, grâce aux mesures de relance des gouvernements. Une amélioration de la confiance des acteurs économiques et les campagnes massives de vaccination COVID-19 sont en cours depuis fin 2020. Elle se double d'une reprise économique progressive dans la plupart des pays, qui devrait stimuler la demande de consommation de métaux (les niveaux d'avant la crise ont été dépassés), malgré les incertitudes et les difficultés qui subsistent.
Des fermetures de mines ont eu lieu dans les plus grands pays producteurs. Pour faire face au virus, le nombre de travailleurs sur site a été restreint, ce qui a entraîné une baisse de la production. Le rebond de la demande chinoise pour les principaux métaux industriels a permis une hausse assez rapide de leur prix moyen, alors même que de fortes vagues pandémiques étaient encore en cours dans d'autres parties du monde. La reprise chinoise, suivie d'une reprise plus globale, a permis aux prix des métaux d'augmenter : de 25% pour l'aluminium (60% de la consommation mondiale provient de la Chine), de 47% pour le cuivre et de 34% entre 2020 et 2021, selon Coface. Le taux de marge nette des différents segments analysés par Coface (acier, cuivre, nickel, zinc, etc.) a augmenté au premier trimestre 2021. La sidérurgie mondiale a enregistré un taux de marge nette de 7,7 % au deuxième trimestre 2021, contre 3,7 % au deuxième trimestre 2020.

Bien que la reprise de l'activité métallurgique soit généralisée, la consommation et la production de métaux ne sont pas exactement les mêmes dans toutes les régions du monde

En Chine, où les mesures de confinement ont été assouplies très tôt, la reprise de la consommation de métaux a été initialement tirée par les projets d'infrastructure du gouvernement central et par la reprise de la consommation des ménages, notamment dans le secteur automobile. En mars 2021, la production d'acier en Chine avait augmenté de 14 % en glissement annuel, atteignant un record de production mensuel de 97,9 millions de tonnes en avril.

L'augmentation de la production métallurgique pour répondre à la demande concerne tous les types de métaux. Cependant, la hausse des normes environnementales augmentera les coûts associés aux opérations minières, encourageant des investissements importants dans les mines étrangères, notamment pour le minerai de fer et le cuivre. Cela se fera parallèlement à l'augmentation de la production de véhicules électriques, qui nécessitent des métaux tels que le nickel, le cuivre ou l'aluminium.

En Europe, la demande de métaux est tirée par la hausse des investissements et de la consommation des ménages. Selon l'association européenne de l'acier Eurofer, la consommation d'acier en Europe augmentera de 11,7 % en 2021, avec une hausse exceptionnelle de 37,5 % au deuxième trimestre 2021. La reprise de l'acier est portée par le secteur de la construction (35 % de la consommation d'acier) et le secteur automobile (18 %), dont la production devrait augmenter de 15,9 % en 2021, selon Eurofer.

Aux États-Unis, l'économie s'est fortement redressée, notamment depuis l'annonce du plan de relance de Joe Biden (à hauteur de 25% du PIB). Selon l'ISM (Institute of Supply Management), l'indice manufacturier a atteint 64,7 en mars 2021 (contre 60,8 en février), soulignant la reprise du secteur manufacturier.

En Amérique du Sud, les mesures sanitaires et le ralentissement des activités minières n'ont pas permis à l'industrie métallurgique de rebondir aussi rapidement que dans les pays les plus riches. Ainsi, au Chili, la production de cuivre a encore reculé de 2 % en glissement annuel en mars. Au Pérou, la production trimestrielle a augmenté de 3 % en glissement annuel en mars 2021, mais reste cependant inférieure aux niveaux d'avant pandémie. Au Brésil (2ème exportateur mondial de minerai de fer), de fortes pluies ont ralenti la reprise de la production de minerai de fer au début de l'année, avant de revenir finalement aux niveaux d'avant pandémie.

L'évolution des prix des principaux métaux reflète les tendances de la crise économique et sanitaire

Après avoir baissé en réponse à la crise du COVID-19, les prix des principaux métaux sont à la hausse. Selon SteelHome, les prix moyens de l'acier en Chine, en Europe et aux États-Unis ont augmenté respectivement de 19,5 %, 25,6 % et 22,6 % entre le premier trimestre 2021 et le second. En 2021, les prix des métaux sont revenus à leur niveau d'avant la crise COVID-19 et devraient rester stables cette année, en raison de la forte demande dans les secteurs clients telle que l'industrie manufacturière. Malgré les difficultés rencontrées, l'industrie sidérurgique est restée globalement une activité rentable sur les principaux marchés.

À moyen terme, la nécessité de réduire l'impact environnemental du secteur et le développement continu des moteurs électriques devraient continuer à avoir un impact important sur son activité

Le développement des énergies éolienne et solaire, ainsi que la démocratisation de la voiture électrique, nécessitent de très grandes quantités de cuivre et de nickel (entre autres). Ces véhicules contiennent trois fois plus de cuivre qu'une voiture à propulsion thermique. Pour le nickel, les différences peuvent varier de 3 à 30 fois, selon les technologies et les caractéristiques techniques des véhicules. Les constructeurs automobiles, qui cherchent à réduire le poids des véhicules, privilégieront à terme l'aluminium, 10 à 40 fois plus léger que l'acier, pour augmenter l'autonomie des véhicules.

Dans la lignée de l'élaboration d'un Green Deal, un programme d'investissement dans les énergies vertes favorisant la transition énergétique et la dé-carbonisation, les États européens tentent de trouver un consensus pour rendre l'économie du continent plus durable, notamment l'exploitation des ressources naturelles. Ainsi, la demande de métaux tels que l'aluminium, le nickel, le platine et le palladium, liée aux véhicules électriques, va croître dans les années à venir. Nous prévoyons que les petites et moyennes entreprises du secteur des métaux seront confrontées à des difficultés, car la transition sectorielle nécessitera de lourdes dépenses d'investissement, afin de réduire l'empreinte environnementale.

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Dernière mise à jour : août 2021

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