Etudes économiques
Papouasie-Nouvelle-Guinée

Papouasie-Nouvelle-Guinée

Population 8,6 millions
PIB par habitant 2 884 $US
B
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -0,8 3,7 -4,0 3,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,7 3,9 3,3 3,9
Solde public / PIB (%) -2,7 -4,9 -6,4 -3,8
Solde courant / PIB (%) 26,2 22,1 14,7 18,9
Dette publique / PIB (%)* 37,7 39,2 47,0 46,5

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : minerais (cuivre, or, nickel, cobalt), hydrocarbures (pétrole, gaz) et produits agricoles (bois, café, cacao, huile de palme)
  • Soutien financier des institutions multilatérales
  • Construction d’unités de production de gaz naturel liquéfié

POINTS FAIBLES

  • Forte exposition aux catastrophes naturelles
  • Faiblesse du réseau d’infrastructures
  • Économie dépendante des exportations de matières premières
  • Lacunes importantes en termes de gouvernance
  • Faible taux d’alphabétisation, manque de main-d’œuvre qualifiée
  • Accès difficile aux devises

Appréciation du risque

Possibles reports de projets d’investissement dans le secteur énergétique

L’économie s’est contractée en 2020 en raison de la crise du COVID-19. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a déclaré l'état d'urgence le 24 mars, ce qui a entraîné la fermeture d'écoles, d'universités et de services publics non essentiels, ainsi que l'interdiction de tous les vols intérieurs et internationaux. Après avoir allégé les mesures, les activités économiques et commerciales ont repris. La production d’énergie a été maintenue, le gaz naturel liquéfié (80% des exportations d’énergie) est vendu à 90% dans le cadre de contrats à long terme. Les entreprises ont donc pu produire à pleine capacité mais la valeur des exportations a diminué en raison de la baisse des prix de l’énergie. Par ailleurs, le risque de report de projets d’investissement dans l’énergie augmente. La baisse des cours mondiaux liée aux moindres perspectives de demande ainsi que la tendance à privilégier les énergies renouvelables au détriment des fossiles par les grands groupes mondiaux du secteur peuvent influencer les décisions d'investissement. Le projet Papua LNG avec Total et Exxon avait notamment reçu l’aval des autorités en septembre 2019, après une renégociation du contrat visant à accroître les bénéfices pour le pays. Le projet sera le plus important depuis 10 ans, et représente 10 milliards USD d’investissements étrangers (42,7 % du PIB). Les dernières étapes de l’approbation sont en cours. Face à l’incertitude économique et la baisse d’activité au premier semestre 2020, de nombreuses entreprises du secteur non-minier ont aussi réduit leur masse salariale et reporté leurs investissements.

La réponse de la banque centrale pour stimuler l’activité économique inclut les réductions du taux de la facilité Kina (KFR) de 5% à 3% en mars 2020 et du besoin de réserve de trésorerie, ainsi qu’un programme d’assouplissement quantitatif ayant donné lieu à une injection de liquidités équivalente à 1,7% du PIB dans le système bancaire.

Après un ralentissement en 2020, l’inflation devrait s’accélérer en 2021 en raison de la hausse de la demande intérieure lié à la reprise, de la hausse des prix alimentaires et de la dépréciation du kina entre mars et octobre 2020 après s’être appréciée en début d’année 2020, ce qui aura des effets retardés sur l’inflation en 2021.

 

Dette publique en hausse, maintien de l’excédent courant

Le déficit public se creuse, la crise du COVID-19 ayant provoqué une hausse des dépenses de santé et de protection sociale et une baisse des recettes publiques en 2020. De plus, des anticipations trop optimistes des revenus gaziers ainsi que les crédits d’impôts et avantages concédés dans le cadre des Accords de Développements de Projets, ont entrainé le recours au crédit et l’augmentation de la dette, multipliée par trois en sept ans. Cette dernière a été souscrite par les banques domestiques, qui sont désormais davantage exposées au risque souverain. Le pays tente d’augmenter la part de son financement extérieur, pour réduire l’exposition des acteurs domestiques d’une part, mais aussi pour attirer des devises. La Chine détient un quart de la dette extérieure, mais les dirigeants cherchent d’autres partenaires, notamment l’Australie, qui a accordé un prêt de AUD 140 millions en novembre 2020. Le FMI a approuvé le versement d'un financement d'urgence de 363,6 millions de dollars US pour aider la Papouasie-Nouvelle-Guinée à faire face à la crise du COVID-19.

Le compte courant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée est resté fortement excédentaire, grâce au gaz qui représente 40 % des exportations. Le report des grands projets miniers pèsera à la baisse sur les importations et compensera la baisse des prix de l’énergie et donc, des exportations. Les réserves de change s’élevaient à 2,14 milliards USD en août 2020, soit 5,5 mois d’importations, un niveau acceptable.

 

Un gouvernement face à de nouveaux défis

Le gouvernement de James Marape, issu du parti de l’opposition, devrait faire face à de nombreux défis, impliqués par la crise du COVID-19 et la question de l’indépendance de la région de Bougainville.

Le résultat (98% en faveur de l’indépendance) du référendum non contraignant de novembre 2019 concernant la cette région autonome, donne lieu à des négociations entre le gouvernement et la province. Ishmael Toroama, un ancien commandant militaire sécessionniste, a été élu président de Bougainville en août 2020. Il a proposé un échéancier de deux à trois ans pour résoudre la question de l’indépendance de la province. Le gouvernement est peu enclin à ce que la province devienne indépendante par peur de perdre les richesses (réserves de cuivre) de la province.

Le climat des affaires se dégrade. Les indicateurs de gouvernance placent aussi la Papouasie au plus bas de la région Pacifique sur la corruption (137e sur 180 d’après Transparency International), le respect de l’État de droit et l’efficacité du gouvernement. Mais le gouvernement a pris des mesures pour améliorer l’environnement des affaires. Un assureur crédit pour les PME a notamment été créé, un nouveau régime fiscal des PME est prévu, et des réformes des entreprises d’État sont en cours. Une commission anti-corruption a été établie et des lois défendant les droits des lanceurs d’alerte sont à venir.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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