Etudes économiques
Tanzanie

Tanzanie

Population 58,0 millions
PIB par habitant 1 110 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%)* 5,8 2,0 4,0 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %)* 3,4 3,3 3,5 3,7
Solde public / PIB (%)** -3,1 -1,9 -3,4 -3,9
Solde courant / PIB (%)* -3,5 -1,6 -1,9 -4,5
Dette publique / PIB (%)* 39,7 38,7 40,4 41,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 1er juillet - 30 juin. Données 2022 : 2021/22   ** Année fiscale du 1er juillet - 30 juin. Données 2022 : 2021/22. Dons inclus

POINTS FORTS

  • Richesse minière (or, cuivre)
  • Potentiel gazier grâce aux réserves offshore découvertes en 2010
  • Atouts touristiques (parcs nationaux, littoraux)
  • Stratégie de coopération régionale, intégration accélérée dans la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) sous la présidence de Samia Suluhu Hassan
  • Soutien international sous la forme de prêts concessionnels
  • Développement des instruments de politique monétaire

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance au cours de l’or
  • Vulnérabilité de l’agriculture (29 % du PIB et 65 % de l’emploi) aux conditions climatiques
  • Insuffisance des infrastructures, en particulier dans les domaines de l’électricité et des transports
  • Politique industrielle inconsistante et environnement des affaires déficient
  • Tensions religieuses entre l’archipel de Zanzibar et le continent

Appréciation du risque

De nombreux projets dans les infrastructures stimulent l’activité

Bien que l’économie tanzanienne a pâti de la pandémie de Covid-19 en 2020 et 2021, la croissance est restée positive grâce aux exportations d’or (40% du total de ses exportations) et au refus des autorités d’imposer des restrictions sanitaires trop importantes. En 2022, la croissance devrait gagner en vigueur grâce à la consommation privée (55% du PIB). Elle sera soutenue par des réductions de l’impôt sur le revenu et d’autres prélèvements, notamment la TVA, mais aussi la taxe sur les transactions d'argent mobile, abaissée de 30 %, à la suite de manifestations en juillet et août 2021. De plus, l’investissement (43% du PIB), public comme privé, continuera d’être stimulé par les nombreux projets d’infrastructures (lignes ferroviaires, ports, infrastructures énergétiques et modernisation des autoroutes), à l’image des prochaines phases de construction du projet ferroviaire « Standard Gauge Railway » (SGR). Ce dernier a pour objectif de relier le pays au Rwanda et à l'Ouganda, puis, de traverser ces deux pays pour rejoindre le Burundi et la République démocratique du Congo, dans le cadre du plan directeur du chemin de fer de l'Afrique de l'Est. De plus, la construction de l'oléoduc d'Afrique de l'Est (EACOP), destiné à transporter le pétrole brut des champs pétrolifères ougandais vers le port de Tanga, en Tanzanie, sera poursuivie, drainant également l’investissement. En revanche, malgré la reprise des pourparlers entre les autorités et les compagnies pétrolières internationales, le projet de développement des réserves de gaz naturel offshore et de sa liquéfaction, estimé à 30 milliards USD, ne devrait pas commencer en 2022, puisque les investissements ne débuteront qu’une fois l’accord conclu. Le gouvernement espère voir débuter les travaux mi-2023. La contribution des échanges extérieurs à la croissance devrait être négative. La nécessité d’importer des matériaux pour répondre aux projets d’infrastructures, mais aussi du matériel médical et des vaccins, entrainera une hausse de la facture des importations. Cette dernière ne sera que partiellement compensée par la hausse des recettes d’exportations (or, pierres précieuses, tabac). Les recettes touristiques devraient aussi rebondir, mais resteront en deçà de leur niveau d’avant-crise. Malgré l’augmentation des biens importés, et des prix des matières premières toujours élevés, l’inflation restera, néanmoins, en-deçà de la cible de 5% fixée par la banque centrale. 

 

Pandémie et projets de développement creusent les déficits jumeaux

Malgré la baisse des impôts et taxes opérée en 2021, les recettes budgétaires augmenteront sur l’exercice budgétaire 2021-2022 grâce aux produits des taxes à l'importation. Le gouvernement prévoit également d'améliorer leur collecte en renforçant l'administration fiscale et en mettant en place un "mécanisme amiable de collecte des recettes" auprès du secteur informel (39% du PIB). Cependant, cette hausse des rentrées sera insuffisante pour couvrir les dépenses, elles-mêmes en hausse, creusant le déficit budgétaire. Les dépenses de développement (+31,0%) et le Plan de réponse et de relance socio-économique à la COVID-19 (TCRP) (10,0 % du budget initial) y contribueront. La dette publique, majoritairement extérieure (73 % à fin novembre 2021), restera soutenable, car 71% de sa part extérieure est constituée de prêts concessionnels accordés par des partenaires multilatéraux et bilatéraux. Sa part domestique est détenue principalement par des banques commerciales et des fonds de pension. Le déficit de la balance courante se creusera nettement sur l’année budgétaire 2021-2022, en raison de la forte demande pour les biens d'équipement importés. Le déficit commercial plus large masquera la hausse de l'excédent du compte des services, qui devrait s’amplifier à mesure que le secteur du tourisme se redresse. Le compte des revenus primaires (surtout des revenus d’investissement) est structurellement déficitaire, et compensé seulement de moitié par l’excédent du compte des revenus secondaires, alimentés essentiellement par les envois de fonds des expatriés. Les prêts (concessionnels et non concessionnels), les IDE et les aides sur projets couvriront sans difficulté plus de 60 % du besoin de financement extérieur. Le solde sera couvert par des financements exceptionnels accordés par le FMI, destinés à lutter contre la pandémie. Le premier de 189 millions USD en septembre 2021, et le second, en novembre, de 378 millions USD. Les réserves, déjà renforcées en août 2021 d’une allocation de DTS par le FMI (USD 543 millions), resteront solides, couvrant environ 6,8 mois d’importations à novembre 2021.

 

La nouvelle présidente rompt avec la politique de son prédécesseur 

Réélu en octobre 2020 pour un second mandat de cinq ans, avec près de 85 % des voix, lors d’une élection sous haute tension, John Magufuli est décédé en mars 2021. La vice-présidente Samia Suluhu Hassan a donc été assermentée présidente, pour achever le mandat de Magufuli (2025). Bien qu’élue à l'unanimité à sa présidence, le soutien du Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti dominant la scène politique domestique sans partage depuis l’indépendance du pays, ne lui est pas totalement acquis. En critiquant les emprunts à l’extérieur, suscitant la colère d’Hassan, le président du parlement, Job Ndugai, a démissionné en janvier 2022. Sur le plan domestique, la nouvelle présidente a engagé des actions visant à apaiser le climat social. Le revirement complet de la stratégie de réponse du pays à la pandémie y participera, comme la réduction de l’impôt sur les transactions mobiles d’argent. Sur le plan extérieur, les efforts visant à positionner le pays comme un carrefour du commerce régional pourraient renforcer les liens avec les pays voisins (projet d’oléoduc avec l’Ouganda, renforcement de l’intégration du pays dans la CAE). Cependant, en octobre 2020, l’attaque de Kitaya, près de la frontière avec le Mozambique, a signalé que l’insécurité liée à l’insurrection islamiste chez son voisin, qui peine à être contenue, pouvait l’atteindre.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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