Etudes économiques
Géorgie

Géorgie

Population 3,7 millions
PIB par habitant 4 765 $US
C
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,8 5,1 -5,8 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,6 4,9 5,3 2,5
Solde public / PIB (%) -0,8 -1,8 -8,1 -4,8
Solde courant / PIB (%) -6,8 -5,1 -9,8 -8,5
Dette publique / PIB (%) 40,0 42,6 56,3 59,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique, agricole, minéral et hydroélectrique (quasi-autosuffisance électrique)
  • Position géographique stratégique entre l’Asie centrale, la Russie, l’Europe et la Turquie (point de passage pour la distribution du pétrole et du gaz azéri de la mer Caspienne vers la Turquie)
  • Soutien international, notamment de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI)
  • Nombreux accords commerciaux, notamment avec l’UE et la Chine
  • Environnement des affaires de relativement bonne qualité qui se consolide (obligation pour les entreprises de se conformer aux normes IFRS, adoption en 2020 de lois sur les résolutions bancaires et les défaillances d’entreprises qui renforceraient la protection des droits des créanciers et les procédures d'insolvabilité et de redressement)

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte, sensible à la conjoncture régionale
  • Forte dépendance au tourisme (26% du PIB en comptant les activités directes et indirectes, 28% des emplois et 39% des recettes d’exportation)
  • Faible diversification de l’économie, absence de tradition industrielle (8,5% du PIB) et faible productivité de l’agriculture (7% du PIB, 50% des actifs)
  • Déficit commercial structurel et faible valorisation des exportations
  • Système bancaire très dollarisé (64% des dépôts et 57% des crédits)
  • Pauvreté élevée (17% de la population) sur fond de chômage, faible niveau d’éducation, économie informelle (53% du PIB) et population rurale (42% du total)
  • Gouvernance médiocre (corruption, politisation du système judiciaire)
  • Connectivité régionale et infrastructures de transport peu développées, entravant le tourisme et le transit
  • Relations avec la Russie tendues du fait de la situation dans les régions autoproclamées indépendantes (Abkhazie et Ossétie du Sud, 20% du territoire, 210 000 habitants)

Appréciation du risque

Une reprise dépendante de la demande interne

Après une croissance solide ces dix dernières années, la Géorgie a connu sa plus forte récession depuis 1992. Alors qu’elle faisait figure d’exception avec une gestion efficace de la pandémie, la tendance s’est renversée en septembre 2020 avec de fortes augmentations de cas et de décès, en baisse depuis décembre. Le confinement strict de mi-mars à mi-mai 2020 et les restrictions de fin novembre 2020 à fin janvier 2021, comme la fermeture des commerces non essentiels, ont fait chuter la consommation privée (69% du PIB) et les services (77% du PIB). À cela s’ajoute la baisse des transferts des expatriés (10% du PIB) qui ont souffert des conjonctures russe (60% des transferts), turque et européenne. Ils sont cependant repartis à la hausse depuis juin 2020, bénéficiant des plans de relance étrangers et devenant un levier de croissance pour la consommation privée en 2021. Ils pourraient être complétés par les mesures de soutien aux individus vulnérables, et notamment par l’adoption en juillet 2020 de la loi qui prévoit, à partir de janvier 2021, des hausses annuelles minimales des pensions publiques de base et leur indexation à l’inflation. Ces leviers seront d’autant plus importants que la reprise du tourisme est incertaine. Malgré une légère compensation avec le tourisme domestique, le nombre de touristes a baissé de 78% sur un an en janvier-septembre 2020. Avec des frontières toujours fermées en janvier 2021, notamment avec ses voisins qui représentent deux-tiers des touristes, le secteur pourra compter sur les mesures de soutien en vigueur depuis avril 2020, telles que des exemptions de TVA, et qui pourraient être prolongées en 2021.

L’investissement public et privé (29% du PIB) devrait perdre en dynamisme, pâtissant du retard des grands projets d’infrastructures. C’est le cas du projet de l’énorme port en eau profonde et terminal conteneur à Anaklia, sur le littoral oriental de la mer Noire (2,5 milliards USD, 14% du PIB). Le contrat de ce partenariat public-privé, signé en 2016, a été suspendu par le gouvernement en janvier 2020 pour des motifs politiques. Il a été soumis à un arbitrage en juillet 2020, retardant l’opportunité de dynamiser le commerce. Le déficit de la balance des biens s’est réduit en 2020. Le déclin des réexportations a été compensé par une reprise des exportations (28% du PIB) de minerais de cuivre (14% du total), d’alcool (9%) et d’or (3,6%), et une baisse des importations (49% du PIB), en volume via les machines et équipements (22,5% du total) et en valeur via la baisse de la facture du pétrole (13%) dont la balance commerciale devrait continuer à bénéficier en 2021.

Un prix du pétrole plus bas permettra de contenir l’inflation, déjà poussée à la hausse par les prix alimentaires et la faiblesse du lari. La banque centrale a tout de même pu baisser son taux directeur (8% en décembre 2020) et le retour de l’inflation en 2021 dans sa cible de 3% laisse la porte ouverte à d’autres baisses pour soutenir le crédit au secteur privé. Ce crédit est resté robuste grâce aux subventions et garanties publiques pour les prêts libellés en lari. D’autres mesures, comme l’abaissement temporaire des exigences de capitalisation, ont donné une bouffée d’air frais à un système bancaire dont les fondamentaux et la profitabilité se sont consolidés ces dernières années (2,2% de prêts non performants en novembre 2020).

 

Un écart budgétaire autorisé par les financements internationaux

Le plan de relance de 2020 (5,5% du PIB) a fortement creusé le déficit budgétaire. Avec la reprise, il devrait se rapprocher de la règle de 3% du PIB et retrouver la voie de la consolidation. Il sera financé par des emprunts domestiques et extérieurs, dont 831 millions USD (4,6% du PIB) de la Banque asiatique de développement, la Banque mondiale, le FMI et l’UE. Ils pourraient répondre à l’arrivée à échéance d’une euro-obligation de 500 millions USD en avril 2021, mais aussi assurer la soutenabilité du ratio dette publique/PIB. Bien que de nature concessionnelle, la dette a nettement augmenté en 2020 et restera vulnérable à la dépréciation du lari (libellé pour 78% en devises) et aux passifs potentiels des entreprises publiques dont la gestion reste médiocre.
La chute du tourisme a creusé le déficit structurel du compte courant. Sa réduction en 2021 devrait rester contrainte par l’incertitude de la reprise de ce secteur. Les financements multilatéraux ont pris le relais des IDE, faisant légèrement augmenter les réserves de change (3,7 Mds USD en décembre 2020, 5,1 mois de couverture d’importations). Ceci permettra de contenir la dépréciation du lari, alors que la banque centrale a vendu 916 millions USD de devises en 2020. Avec les financements multilatéraux, elle a gonflé le ratio dette externe/PIB à 104% (hors prêts liés aux IDE).

 

Un environnement politique intérieur moins stable

Les élections législatives de fin octobre 2020 ont consacré la victoire du parti au pouvoir depuis 2012, le Rêve géorgien-Géorgie démocratique (RG-GD, 48% des voix), suivi de l’ancien parti majoritaire, le Mouvement national uni (MNU, 27%). Le RG-GD remporte 60% des sièges (contre trois quarts en 2016), lui permettant de former seul un gouvernement. Fin juin 2020 et suite à un accord trouvé avec l’opposition en mars 2020, la loi électorale a été modifiée pour faire passer de 50% à 75% les sièges du Parlement élus à la proportionnelle. L’opposition a organisé des manifestations après les résultats, refusé de siéger au Parlement et dénoncé des irrégularités, comme l’achat de votes. Si les observateurs internationaux les ont reconnues, ils ont considéré l'élection globalement libre et équitable. Le 3ème mandat du RG-GD devrait être marqué par des manifestations récurrentes d’une opposition divisée.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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