Allemagne

Europe

PIB / Habitant ($)
53565,0 $
Population (en 2021)
84,5 Millions

Evaluation

Risque Pays
A3
Climat des affaires
A1
Précédemment
A3
Précédemment
A1

suggestions

Résumé

Points forts

  • Une base industrielle solide (20% de la valeur ajoutée brute, 23% de l'emploi total en 2025)
  • Accent mis sur la recherche et le développement, notamment dans les biotechnologies et les machines industrielles
  • Faible taux de chômage structurel, système d'apprentissage bien développé
  • Nombre élevé de PME exportatrices familiales (Mittelstand)
  • Les infrastructures publiques (et le secteur de la construction) bénéficieront de travaux de modernisation financés par l’endettement au cours des prochaines années
  • Bien qu’en hausse, les niveaux de risque politique restent faibles ; le cordon sanitaire contre l’extrême droite tient bon
  • Une réforme des règles relatives aux dépenses budgétaires donnera au gouvernement une plus grande marge de manœuvre

Points faibles

  • Deuxième plus faible potentiel de croissance du PIB à long terme de l'UE (0,5% par an pour la période 2026-2030)
  • La transformation numérique est trop lente et trop fragmentée pour améliorer sensiblement les services publics
  • Le pays est très exposé aux guerres commerciales et à la concurrence chinoise
  • Prépondérance et importance particulière du secteur industriel, notamment les industries automobile, mécanique et pharmaceutique, en particulier à l’exportation (37% des exportations totales en 2025)
  • Une décennie de sous-investissement a conduit à des infrastructures publiques parfois en deçà des normes.
  • Dégradation de la structure démographique, avec une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et un système de retraite de plus en plus instable
  • Une dépendance forte, mais en baisse, vis-à-vis des importations d’énergie, qui se traduit par des prix de l’électricité très élevés. L’Allemagne affiche les deuxièmes prix de l’électricité les plus élevés d’Europe pour les ménages (au second semestre 2025) et les troisièmes prix les plus élevés pour l’électricité industrielle
  • Les formalités administratives et les barrières à l’entrée sur le marché pèsent sur l’environnement des affaires
  • La structure fédérale du pays ralentit la prise de décision politique

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

États-Unis d'Amérique
10%
France
8%
Pays-Bas
7%
Pologne
6%
Chine
6%

Import des biens en % du total

Pays-Bas 14 %
14%
Chine 7 %
7%
Pologne 7 %
7%
Belgique 6 %
6%
Tchéquie 6 %
6%

Evaluation des risques sectoriels

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Les dépenses publiques soutiennent la croissance pour 2026-2027

L'Allemagne figure actuellement parmi les économies avancées dont la croissance est la plus faible, son PIB réel n'ayant pratiquement pas progressé depuis fin 2019. Le modèle économique du pays, axé sur les exportations et reposant largement sur les secteurs des machines, de l'automobile et de la chimie, est sous pression depuis un certain temps déjà. Malheureusement, la hausse des prix de l’énergie, l’instauration de droits de douane américains et l’émergence de la Chine en tant que concurrent sur les marchés mondiaux accentuent encore les tensions sur l’économie nationale. Après s’être contractée en 2023 et avoir stagné en 2024, la croissance a finalement repris en 2025, le PIB réel ayant progressé d’un taux encore anémique de 0,2%. Du côté positif, une nouvelle accélération en 2026 reste probable, même si le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix de l’énergie et des produits chimiques constituent des freins. Pour 2027, nous tablons sur une accélération de l’économie allemande. Contrairement aux phases de reprise précédentes, cette expansion ne sera pas principalement tirée par le secteur privé, car tant la consommation des ménages que les investissements des entreprises devraient rester atones, tandis que les exportations nettes continueront elles aussi à décevoir.

Au contraire, un Fonds spécial pour les infrastructures et la neutralité climatique (SFIC), financé par l’emprunt, a été créé par le gouvernement en 2025. Il aura un effet stimulant sur les dépenses publiques, en particulier sur les investissements publics. Le budget considérable de ce fonds, qui s’élève à 500 milliards d’euros (environ 11% du PIB actuel), sera dépensé au cours de la prochaine décennie, 100 milliards étant alloués respectivement aux Länder (les régions) et à un fonds pour le climat et la transition. Les 300 milliards restants seront alloués par le gouvernement fédéral. Cependant, l’utilisation de ces fonds a pris du retard jusqu’à présent, ce qui réduit l’impact potentiel sur la croissance. Le dernier rapport d’avancement, basé sur les données de juin 2026, dresse un bilan mitigé. Au niveau des Länder, 9,6% du budget (soit 9,6 milliards d’euros) avaient été alloués à des projets à la mi-2026, mais seuls 0,5% avaient effectivement été décaissés. Au niveau fédéral, les résultats sont bien meilleurs : en 2025, le gouvernement a réussi à dépenser 14 milliards d’euros (soit 74% du budget alloué de 18,9 milliards). Entre janvier et juin 2026, 15,1 milliards d’euros ont été versés, soit environ 38% du budget de cette année, qui s’élève à 39,7 milliards. On observe toutefois des différences considérables d’un projet à l’autre. Alors que les investissements hospitaliers ont déjà absorbé 100% de leur budget alloué pour 2026 (6 milliards d’euros) et que les installations sportives ont bénéficié du versement d’environ 60% de la dotation 2026 (500 millions sur 836 millions), la situation semble bien pire dans d’autres domaines. Dans les domaines des infrastructures énergétiques, de la R&D et de la numérisation, les taux de décaissement se situent actuellement dans la fourchette basse à deux chiffres. Parallèlement, les infrastructures de transport, qui recevront cette année la part du lion des financements du SFIC, avaient absorbé environ un tiers de leur budget de 22 milliards d’euros à la fin du mois de juin 2026. Au total, les investissements publics en Allemagne devraient atteindre environ 129 milliards d’euros cette année, contre 75 milliards en 2024. Si le secteur de la construction et les secteurs connexes bénéficieront de l’augmentation des dépenses consacrées aux infrastructures et aux bâtiments, l’industrie de l’armement continuera également de connaître une demande accrue en 2026-2027. Un fonds spécial de réarmement (créé par le gouvernement précédent après l’invasion de l’Ukraine en 2022, d’un montant de 100 milliards d’euros) sera épuisé d’ici fin 2027, mais le gouvernement actuel a exclu les dépenses militaires du frein à l’endettement inscrit dans la Constitution. En conséquence, le budget de la défense devrait atteindre 152 milliards d’euros en 2029, soit le triple du niveau de 2023 et l’équivalent de 3,5% du PIB (contre 2,4% actuellement). Compte tenu des immenses problèmes de capacité de l’industrie de l’armement allemande, une partie des commandes supplémentaires sera inévitablement passée auprès de fournisseurs étrangers, ce qui favorisera également la croissance sectorielle à l’étranger.

Au total, le plan de relance budgétaire allemand devrait ajouter 0,4 point de pourcentage à la croissance en 2026 et 2027, mais cela se fera au prix d’une augmentation des déficits budgétaires et de la dette publique. Cette situation intervient alors que le rendement des obligations d’État allemandes à 10 ans a déjà atteint 3,2%, son plus haut niveau depuis 2011. En raison de déficits budgétaires avoisinant les 4% du PIB tant en 2026 qu’en 2027, et d’une croissance économique atone, le ratio de la dette publique allemande par rapport au PIB devrait passer d’environ 62% en 2024 à près de 68% fin 2027. Ce niveau reste solide en comparaison européenne (la moyenne de la zone euro s’établissait à 89% au deuxième trimestre 2026), mais il marque un changement par rapport à l’approche budgétaire traditionnellement rigoureuse et disciplinée du pays. Il engendre également des risques à moyen terme si le budget du SFIC venait à être détourné au profit de subventions publiques, plutôt que d’être utilisé pour des investissements publics.

Le secteur privé continue d'afficher des résultats inférieurs aux attentes

Le problème est que, sans ces mesures de relance budgétaire, l’économie allemande risquerait de stagner à nouveau, les ménages comme les entreprises se montrant pessimistes quant aux trimestres à venir. Le déclenchement de la guerre en Iran en mars 2026 et les hausses des prix de l’énergie qui ont suivi ont pesé sur la confiance des consommateurs. L’indice GfK du climat de consommation a chuté en mai à son plus bas niveau depuis trois ans, à -33,1 points, et ne s’est que très légèrement redressé depuis lors. Les anticipations économiques et de revenus ont toutes deux chuté, passant de niveaux très solides de +10,1 et +15,2 en juillet 2025 à -6,3 et -14,5, respectivement, un an plus tard. Le sous-indice de la « propension à acheter » se situe lui aussi bien en territoire négatif. Cette situation, conjuguée à une inflation plus élevée que prévu (entraînant une stagnation des salaires réels) et à une précarité de l’emploi accrue, pèsera sur la demande des ménages pendant le reste de l’année 2026 et au cours des premiers trimestres de 2027. Compte tenu de l’importance de la consommation privée (qui représentait plus de 53% du PIB en 2025), cela n’augure rien de bon pour les perspectives de croissance sur la période considérée.

Par ailleurs, du côté des entreprises, l’indice Ifo du climat des affaires a renoué avec une tendance à la hausse, enregistrant trois améliorations consécutives entre mai et juillet. Cela dit, cet indicateur reste en territoire négatif dans tous les secteurs interrogés, et les détaillants, en particulier, se montrent très pessimistes quant aux douze mois à venir. Fait préoccupant, le risque de crédit reste un sujet de préoccupation : les faillites d’entreprises sont en hausse depuis 2022, avec une nouvelle augmentation de 7% en glissement annuel entre janvier et avril 2026. La BCE a déjà relevé ses principaux taux directeurs dans la zone euro, et de nouvelles hausses sont envisageables si la guerre en Iran se traduisait par des pressions plus persistantes sur les prix. Tout aussi problématique, la dernière enquête de la BCE sur les prêts bancaires, publiée en juillet 2026, montre que l’accès des entreprises au crédit a été restreint par les prêteurs commerciaux pendant quatre trimestres consécutifs. Invoquant des risques géopolitiques et de défaillance croissants, les banques s’attendent également à un nouveau resserrement au second semestre 2026, ce qui créera davantage de difficultés de refinancement pour les entreprises allemandes.

L'excédent de la balance courante du pays est en grande partie tiré par ses échanges de biens. Alors que les exportations vers la zone euro continuent de progresser, celles vers la Chine et les États-Unis (les deux principaux marchés d'exportation) sont en recul depuis un certain temps déjà. Après des baisses d’environ 10% en 2025, les données pour la période janvier-mai 2026 sont également sombres : les exportations vers les États-Unis ont reculé de 7% en glissement annuel, et celles vers la Chine de 13%. Dans le même temps, la croissance des importations reste solide, dépassant celle des exportations au cours des cinq premiers mois de 2026 (3,7% contre 3%). En raison de la baisse de la compétitivité de l’Allemagne, des nouvelles barrières commerciales érigées aux États-Unis et de la hausse des coûts d’importation de l’énergie, l’excédent courant de l’Allemagne, qui reste toutefois important, devrait se réduire en 2026-2027, pour s’établir à 3,2% en 2027 (contre 5,8% en 2024).

Le gouvernement est de plus en plus impopulaire

À la suite des élections anticipées de février 2025 et de la formation, en mai 2025, d’un nouveau gouvernement de coalition entre la CDU/CSU (centre-droit), dirigée par le chancelier Friedrich Merz, et les sociaux-démocrates (SPD, centre-gauche), dirigés par le vice-chancelier et ministre des Finances Lars Klingbeil, la popularité des deux partenaires n’a cessé de baisser. La cote de popularité de Merz est tombée à environ 20%, le niveau le plus bas jamais enregistré pour un chancelier allemand, et le soutien aux deux partis a reculé respectivement à 22% (CDU/CSU) et 12% (SPD). Le principal bénéficiaire est l’AfD, parti d’extrême droite : au niveau fédéral, il recueille désormais environ 28% des intentions de vote, ce qui en ferait le premier parti au Bundestag, la chambre basse du Parlement. L’AfD devrait obtenir d’excellents résultats lors des trois prochaines élections régionales qui se tiendront cet automne en Allemagne de l’Est. Dans le Land de Saxe-Anhalt, il pourrait remporter la majorité absolue (il recueille actuellement 42% des intentions de vote) lors des élections de septembre et former son premier gouvernement régional. Un tel résultat déstabiliserait davantage le gouvernement fédéral, ce qui pourrait déclencher une crise de leadership au sein de la CDU/CSU et susciter des appels, parmi les responsables politiques de centre-droit, à abandonner l’actuelle « politique de pare-feu » qui interdit toute coopération avec l’AfD. La pression sur le chancelier Merz s’est déjà intensifiée en juillet, à la suite d’un remaniement ministériel bâclé qui a aliéné une grande partie de son propre groupe parlementaire.

Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre des réformes significatives (mais encore insuffisantes) en matière de protection sociale. Des commissions d’experts ont proposé, mi-2026, des modifications des systèmes de retraite et de santé, et le Conseil des ministres a donné son feu vert à ces suggestions. Plus tôt cette année, les conditions d’accès aux allocations chômage ont également été durcies (un thème de campagne phare de la CDU/CSU), mais les économies réalisées ne sont pas aussi importantes que prévu initialement. Les propositions de réforme sont toutefois confrontées à de sérieux risques de blocage au Parlement. La réforme des retraites prévoit un relèvement de l’âge de la retraite ainsi qu’une augmentation des cotisations tant pour les employeurs que pour les salariés. Ces mesures s’avéreront impopulaires auprès de l’électorat à un moment où le gouvernement souffre déjà de mauvais résultats dans les sondages. Par ailleurs, la « grande coalition » (qui regroupe les deux forces politiques autrefois dominantes de l’Allemagne d’après-guerre) ne dispose que d’une majorité de 12 sièges au Parlement. Une majorité aussi fragile ne laisse pas beaucoup de place aux dissidents au sein des rangs du gouvernement.

Conditions de Paiement et Moyens de Recouvrement

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Paiement

Le virement bancaire (Überweisung) reste le moyen de paiement dominant. Toutes les plus importantes banques allemandes sont reliées au réseau SWIFT, qui leur permet de fournir des services de transfert de fonds rapides et efficaces. Le système général de prélèvement SEPA et le système des prélèvements SEPA entre entreprises sont les plus nouvelles formes de prélèvement automatique.

La lettre de change et les chèques ne sont pas des instruments de paiement d’un usage très courant en Allemagne. Dans ce pays, la lettre de change implique une position financière précaire ou témoigne d’une certaine méfiance à l’égard du fournisseur. Le chèque n’est pas considéré comme un paiement, mais comme une « tentative de paiement » : dans la mesure où la loi allemande ignore le principe des chèques certifiés, le tireur conservant toujours la possibilité de faire opposition pour quelque motif que ce soit. Les banques peuvent en outre refuser les paiements si le compte est insuffisamment provisionné. Les chèques sans provision sont relativement fréquents. En règle générale, ni la lettre de change ni le chèque ne sont considérés comme des moyens de paiement efficaces, même s’ils autorisent le recours à une procédure accélérée de recouvrement en cas d’impayé.

Recouvrement des créances

Phase amiable

Pour obtenir un recouvrement, il est indispensable de tenter de le résoudre à l’amiable. La procédure de recouvrement débute généralement par l’envoi d’une dernière mise en demeure de payer adressée par courrier ordinaire ou recommandé, rappelant au débiteur ses obligations de paiement.

La loi sur l’accélération des paiements exigibles (Gesetz zur Beschleunigung fälliger Zahlungen) prévoit que le client est considéré comme étant en défaut de paiement, si une dette reste impayée 30 jours après la date d’échéance du paiement et après réception d’une facture ou d’une demande de paiement équivalente, à moins que les parties n’aient convenu d’un délai de paiement différent dans le contrat d’achat. Le débiteur est en outre redevable d’intérêts de retard et d’autres frais de pénalité à l’expiration de ce délai.

En Allemagne, le recouvrement de dettes est une pratique courante et recommandable.

Procédure judiciaire

Procédure accélérée

Pour autant que la créance soit incontestée, le créancier pourra avoir recours à l’injonction de payer (Mahnbescheid), qui est une procédure simplifiée et peu onéreuse. Le créancier décrit les caractéristiques de la créance, ce qui permet d’obtenir assez rapidement un titre exécutoire, par l’utilisation du service de relance en ligne (Mahnportal), d’interfaces directes ou de formulaires pré imprimés (seulement pour les particuliers). Ces procédures automatisées et centralisées (pour chaque Bundesland, État fédéré) sont disponibles dans toute l’Allemagne.

Ce type d’action relève de la compétence du tribunal local (Amtsgericht) de la région dans laquelle se trouve le domicile ou l’activité du demandeur. Pour les créanciers étrangers, le tribunal compétent est le tribunal local de Wedding (Berlin). La présence d’un avocat n’est pas obligatoire.

Le débiteur dispose d’un délai de deux semaines à compter de la notification pour régler ou pour former opposition à l’injonction de payer (Widerspruch). Si le débiteur ne forme pas opposition dans le délai prévu, le créancier peut déposer une requête visant à obtenir un titre exécutoire (Vollstreckungsbescheid).

Procédure ordinaire

Au cours de la procédure ordinaire, le tribunal peut demander aux parties ou à leurs avocats d’établir le bien-fondé de leur plainte, qu’il sera ensuite le seul autorisé à apprécier. Chaque adversaire est invité également à présenter un mémoire détaillant ses prétentions, dans les délais impartis.

Une fois suffisamment instruit, le tribunal rendra, en audience publique, un jugement motivé (begründetes Urteil).

Il est de règle que la partie déboutée supporte l’ensemble des frais de l’instance, y compris les honoraires d’avocat de la partie qui a eu gain de cause, dans la mesure où ces honoraires restent conformes à l’annexe sur les barèmes officiels (le Rechtanwaltsvergütungsgesetz, RVG). En cas de succès partiel, les frais et honoraires sont supportés par chaque partie au prorata du montant reconnu. Le déroulement de la procédure ordinaire peut prendre entre trois mois et un an, tandis que le traitement des réclamations portées devant la Cour suprême fédérale peut durer jusqu’à six ans.

Une décision en appel (Berufung) peut être portée devant un tribunal de première instance si la somme en litige dépasse 600 EUR. Un recours en appel sera également recevable par le tribunal de première instance si l’affaire comporte une question de principe ou si elle implique une évolution du droit, pour la garantie d’une « jurisprudence homogène ».

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Exécution d’une décision de justice

L’application d’une décision de justice peut commencer une fois qu’elle est réputée définitive. Si les débiteurs ne respectent pas la décision, leurs comptes en banque peuvent être clôturés et/ou un huissier local peut procéder à la saisie et à la vente de leurs biens.

En ce qui concerne l’application des sentences étrangères, pour obtenir une ordonnance d’exequatur, le créancier a besoin une traduction certifiée et reconnue de la décision en allemand, d’un titre exécutoire de cette décision et d’une clause d’exécution. Les sentences prononcées par les tribunaux de pays membres de l’Union européenne sont reconnues sans qu’il soit nécessaire d’engager une procédure quelconque, sous réserve de restrictions prévues par le droit européen.

Procédure d’insolvabilité

PROCÉDURES EXTRAJUDICIAIRES

Les débiteurs peuvent tenter de renégocier leurs dettes avec leurs créanciers, et se protéger ainsi des demandes prématurées de remboursement. Toutefois, la procédure est dans l’intérêt des créanciers, dans la mesure où elle peut se révéler plus rapide et moins onéreuse qu’une procédure formelle d’insolvabilité.

RESTRUCTURATION DURABLE

Sur dépôt d’une requête auprès du tribunal des faillites, motivée par une pénurie de liquidité ou un surendettement du débiteur, le tribunal peut engager une procédure préliminaire d’insolvabilité. Il nomme alors un administrateur provisoire afin d’explorer les possibilités de restructuration de la société. Si l’administrateur autorise cette restructuration, c’est ensuite une procédure formelle qui commence, au titre de laquelle est désigné un administrateur chargé de garantir la poursuite des activités de l’entreprise du débiteur tout en préservant ses biens.

LIQUIDATION JUDICIAIRE

La liquidation peut être engagée sur demande du débiteur ou du créancier, sous réserve que le débiteur soit dans l’incapacité de régler ses dettes dans le délai imparti. Une décision de liquidation permet de reconnaître les créanciers. Une fois l’entreprise radiée du registre des sociétés, les créanciers doivent déposer leur réclamation auprès de l’administrateur de liquidation dans un délai de trois mois consécutifs à la publication de la décision.

RÉSERVE DE PROPRIÉTÉ

La réserve de propriété est une clause écrite dans le contrat, au titre de laquelle le fournisseur conserve la propriété des biens livrés jusqu’au paiement intégral du prix par l’acheteur. Il existe trois versions de cette réserve :

réserve simple : le fournisseur conserve la propriété des biens livrés jusqu’au paiement intégral du prix par l’acheteur ;

réserve élargie : la réserve est élargie à la vente ultérieure des biens concernés ; l’acheteur transfère au fournisseur initial les réclamations issues de la revente à une tierce partie ;

réserve étendue : la réserve est étendue aux biens transformés en un nouveau produit et le fournisseur initial reste propriétaire ou copropriétaires à hauteur de la valeur de sa livraison.

Dernière mise à jour : août 2026