Etudes économiques
Azerbaijan

Azerbaijan

Population 10,0 millions
PIB par habitant 4 814 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,5 2,2 -4,0 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,3 2,7 3,0 3,1
Solde public / PIB (%)* 5,5 8,1 -6,3 -5,8
Solde courant / PIB (%) 12,8 9,1 -3,6 4,5
Dette publique / PIB (%) 18,7 17,7 20,1 20,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Incluant les transferts du SOFAZ

POINTS FORTS

  • Fonds souverain bien doté grâce à la production d’hydrocarbures, position créditrice extérieure nette de l’État
  • Potentiel gazier important en mer Caspienne
  • Lancement fin 2020 des exportations de gaz vers l’Europe via la Turquie et la Grèce
  • Position stratégique entre l’Europe, la Russie et la Chine
  • Quelques améliorations institutionnelles (sécurité juridique, recul de la petite corruption)

POINTS FAIBLES

  •  Faible diversification de l’économie, forte dépendance aux hydrocarbures (40% du PIB, 90% des exportations et deux tiers des recettes fiscales), ressources pétrolières en déclin
  • Structures de marché anticoncurrentielles (conglomérats multisectoriels très liés à l’État)
  • Système bancaire fragile, opaque et dollarisé (32% des prêts et 59% des dépôts), crédit au secteur privé peu développé (13% du PIB)
  • Gouvernance défaillante (corruption, répression, blanchiment, politisation du système judiciaire)
  • Conflit armé avec l’Arménie autour de l’enclave du Haut-Karabakh pouvant donner lieu, même après le cessez-le-feu du 9 novembre 2020, à des affrontements ponctuels

Appréciation du risque

Des risques d’affrontements militaires ponctuels avec l’Arménie

Le 27 septembre 2020 a marqué la résurgence du conflit armé opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan depuis trente ans dans le Haut-Karabakh. Cet affrontement de six semaines a été le plus meurtrier depuis la guerre de 1994, ayant conduit à la proclamation de l’indépendance de cette enclave qui, reconnue internationalement comme territoire azerbaïdjanais, était, à la fin de de la guerre, peuplée d’Arméniens et sous contrôle de forces soutenues par l’Arménie. Après plusieurs tentatives infructueuses, un cessez-le-feu a été conclu sous l’égide de la Russie, entraînant la fin des hostilités et redonnant à l’Azerbaïdjan le contrôle de la majorité des territoires du Haut-Karabakh. Si les deux parties devraient respecter l’accord à court terme, des risques d’affrontements ponctuels ne sont pas à exclure. Cette reprise du contrôle du Haut-Karabakh était fortement soutenue par l’opinion publique azerbaïdjanaise, permettant au président Aliyev, réélu en avril 2018 au cours d’une élection ni libre ni équitable, de consolider son régime. C’est également dans cette optique que, sous couvert de la pandémie, Aliyev a intensifié la répression de l’opposition et des anciens hauts responsables ayant servi sous ses quatre mandats et ceux de son père, qui l’a précédé. Ces derniers ont été remplacés à des postes clés par des membres de la nouvelle garde, plus jeune, influencée par les méthodes de gestion occidentales et proche de la famille de la première dame et vice-présidente depuis 2017. Par ailleurs, avec le pouvoir concentré dans les mains du président, les élections législatives de février 2020 ont été remportées par son parti, le Parti du nouvel Azerbaïdjan (YAP).

 

Une reprise dépendante de la pandémie et des hydrocarbures

L’Azerbaïdjan, entré en récession en 2020, devrait connaître une croissance modeste en 2021. L’impact du conflit armé sur l’activité économique semble avoir été limité. À l’inverse, les restrictions presque ininterrompues depuis mars 2020 et prolongées au moins jusqu’à fin janvier 2021, comprenant notamment la fermeture des frontières et des commerces non essentiels, ont fortement impacté la demande interne via la consommation privée (65% du PIB) et les services (40% du PIB). Plusieurs mesures (4,3% du PIB) ont amorti le choc, comme des transferts aux individus et entreprises affectés dans la construction, l’agriculture et le tourisme, sur lesquels sont portés des efforts limités de diversification de l’économie. Le rebond de la demande en 2021, dépendant de la pandémie, pourrait être porté par la prolongation de ces transferts, la croissance des salaires réels et l’investissement public, avec le début de la reconstruction dans le Haut-Karabakh. L’investissement global (22% du PIB), concentré dans les hydrocarbures, devrait ralentir.

L’Azerbaïdjan a vu sa récession accentuée par la chute de la demande et du prix du pétrole. Partie à l’accord OPEC+, il a également consenti à baisser sa production d’avril 2020 à avril 2022. La croissance en 2021 devrait tout de même être portée par la reprise des exportations de pétrole en valeur et en volume, et par la croissance de la production de gaz. Le gazoduc transadriatique (TAP), reliant l’Italie à la Grèce, a été achevé et commencé à être exploité en octobre 2020. Connecté au gazoduc transanatolien (TANAP) reliant la Grèce à la Turquie, puis au gazoduc entre la Turquie et le champ de Shah Deniz II en Azerbaïdjan, il devrait permettre d’assurer les premières livraisons de gaz en Europe.

La légère hausse des prix du pétrole et des prix alimentaires devait faire faiblement augmenter l’inflation qui devrait rester dans la cible de la banque centrale (± 2% autour de 4%). Malgré une restructuration du système bancaire suite à la crise de 2015, des fragilités demeurent et limitent les effets des baisses du taux directeur (6,25% en décembre 2020). Le taux moyen de prêt élevé (17%), la forte dollarisation et le risque de détérioration des actifs (7,2% de prêts non performants) limitent le crédit au secteur privé. Malgré un relâchement temporaire des règles prudentielles, quatre banques avec des problèmes de liquidité ont été fermées en 2020.

 

Une résorption du déficit courant, mais pas du déficit public

Les comptes publics, entrés en déficit avec la baisse des recettes du pétrole, devraient le rester en 2021. Les dépenses devraient rester élevées, dirigées vers le potentiel prolongement des transferts aux individus et entreprises et le début de la reconstruction du Haut-Karabakh. Le déficit devrait continuer à être financé par la vente d’actifs du fonds souverain SOFAZ (43,2 milliards USD en octobre 2020), la règle limitant les transferts au budget ayant été temporairement levée pour l’accommoder. Le ratio dette publique/PIB devrait donc rester modéré, alors que le risque lié aux entreprises publiques, dont les déficits et l’endettement sont couverts par l’État, reste élevé. Inquiet de la soutenabilité de leur endettement, le président a appelé à leur privatisation, sans avancée concrète à ce stade.

Après être entré en déficit en 2020 avec la baisse des recettes pétrolières, le compte courant devrait redevenir excédentaire en 2021 avec le rebond du prix et de la demande de pétrole. Les IDE, en baisse depuis 2014 et dirigés vers les hydrocarbures, sont peu dynamiques. Les réserves de change du SOFAZ et de la banque centrale (7,4 milliards USD, 7,8 mois de couverture d’importation) ont permis, à la fois, de financer ce déficit, de rembourser la dette extérieure, dont le ratio au PIB est resté stable (41% en 2020), et de maintenir la fixité du manat, sous pression, car jugé surévalué. Cela pourrait conduire à une dévaluation, au risque de revivre le scénario de 2015, où deux dévaluations successives ont conduit à une récession et à la faillite de nombreuses banques.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page
  • Français
  • English