Etudes économiques
Congo

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Population 4,6 millions
PIB par habitant 2 746 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -6,2 -3,5 -8,0 0,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,2 2,2 2,5 2,7
Solde public / PIB (%) 5,8 5,8 -2,0 0,0
Solde courant / PIB (%) 1,5 3,5 -6,0 0,0
Dette publique / PIB (%)* 88,0 90,0 105,0 100,0

 

(e) : Estimation (p) : Prévision *Hors arriérés contestés, dette SNPC vis-à-vis des compagnies pétrolières, dettes non garanties des sociétés publiques

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes (pétrole, gaz, minerai de fer, bois, potasse) et potentiel agricole
  • Potentiel de diversification de l’économie avec l’ouverture de zones franches
  • Appartenance à la CEMAC
  • Patience et discrétions des partenaires financiers internationaux et bilatéraux
  • Projets de développement financés par les partenaires

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance à l’égard du pétrole
  • Faible activité manufacturière entraînant une dépendance aux importations de biens
  • Manque d’infrastructures de communication, d’éducation, de santé, urbaines
  • Réduction insuffisante de la pauvreté malgré la richesse pétrolière
  • Environnement des affaires pénalisant : gouvernance médiocre, corruption, informalité
  • Manque de transparence sur l’utilisation de la manne pétrolière, malgré les progrès dans la mise en œuvre de la norme ITIE
  • Surendettement extérieur et domestique ne prenant pas en compte les arriérés contestés (14% du PIB), les dettes non garanties des sociétés publiques (9%) et la dette de la société nationale pétrolière vis-à-vis des opérateurs qui à elle seule majore d’un tiers la dette

Appréciation du risque

La production pétrolière conditionne la croissance

La diminution du prix et de la production (-17% en 2020)  de pétrole (60% du PIB), ajoutée aux mesures prises pour contenir la pandémie de COVID-19 (confinement, fermeture des frontières, couvre-feu, fermeture des commerces non essentiels…) ont entraîné une profonde récession en 2020. 2021 devrait voir une stabilisation de l’activité. Le prix moyen du pétrole sur l’année devrait être légèrement supérieur et sa production bénéficier de la remontée des quotas prévus par l’accord OPEP+. Cela profitera automatiquement aux exportations dont il constitue 90%. Toutefois, malgré l’exploitation de nouveaux champs (Moho, Banga-Kayo, Néné-Banga), les contraintes opérationnelles pourraient limiter le regain. La production agricole (7% du PIB) devrait aussi progresser, sauf nouvelles graves inondations. La consommation des ménages, qui a beaucoup souffert du confinement et de la baisse associée des revenus, va repartir, ce qui profitera quelque peu aux services (40% du PIB). L’investissement devrait aussi redémarrer dans le cadre de partenariats publics privés, notamment avec des partenaires chinois sous l’égide de la COIDIC pour la construction d’une raffinerie et d’une centrale à gaz à Pointe-Noire, la rénovation de la voie ferrée entre la mine de fer de Mayoko et Pointe-Noire en collaboration avec l’exploitant local SAPRO, la couverture de téléphonie mobile, ou encore la poursuite de la création de quatre zones économiques spéciales (dont une à Pointe-Noire) visant à diversifier l’économie. Cependant, certaines restrictions liées au COVID-19 pourraient persister au moins pendant plusieurs mois, car une reprise de l’épidémie a été observée fin 2020, qui s’explique par une observation des mesures rendue difficile par les conditions de vie difficiles (promiscuité, revenus au jour le jour, informalité). De plus, le mauvais comportement de paiement du secteur public continuera d’entraver l’activité du secteur non pétrolier.

 

Surendettement difficilement compressible

Le large excédent public a fait place à un léger déficit en 2020. Ceci provient surtout de la chute des recettes pétrolières (65% du total), car les autorités se sont efforcées d’augmenter les recettes et de réduire les dépenses non essentielles, en même temps qu’elles optaient pour ne pas régler toutes les factures de leurs fournisseurs. Avec la remontée des recettes pétrolières en 2021, les finances publiques devraient être proche de l’équilibre. De plus l’austérité budgétaire, axée sur l’augmentation des recettes et la diminution du déficit primaire non pétrolier (c’est-à-dire hors intérêts de la dette et recettes pétrolières), va reprendre le dessus. Cette démarche vise à remédier au surendettement auquel le pays est confronté depuis 2016. En 2019, l’amortissement de la dette a absorbé 50% des recettes et représenté environ 10% du PIB (hors remboursement des sommes dues aux négociants de matières premières Trafigura et Glencore en cours de restructuration et suspendues). Le pays est, en effet, en train de négocier une restructuration de sa dette. Comme déjà évoqué, des négociations sont en cours, depuis avril 2020, avec deux négociants de matières premières qui ont préfinancé des livraisons de pétrole par la Société nationale des pétroles du Congo qui dispose d’un tiers des quantités extraites par trois grandes compagnies internationales (Chevron, ENI et Total). Cela porte sur USD 1,7 milliards, soit un quart de la dette publique extérieure (pour moitié souscrite auprès de créanciers officiels), elle-même constituant 70% de la dette publique. Des négociations seraient aussi en cours avec les créanciers chinois pour un montant représentant un tiers de cette même dette. Par ailleurs, en octobre 2020, cinq institutions financières locales constituant le Club de Brazzaville ont avancé 460 millions d’euros, dont une partie doit servir à refinancer un tiers de la dette domestique (26% du PIB, dont plus de la moitié en arriérés), par versement direct aux créanciers, mais avec une décote. Ces restructurations sont une exigence du FMI pour débloquer la Facilité élargie de crédit de USD 450 millions sur trois ans accordée en 2019 et abondée par la BAD, la Banque mondiale et la France, après que la Chine a déjà concédé une restructuration. En leur absence, le pays n’a pu accéder aux aides d’urgence COVID-19 des institutions multilatérales. Par contre, il a été en mesure de bénéficier de la suspension du service de sa dette vis-à-vis des pays du G20, soit l’équivalent de 2% du PIB pour chacune des années 2020 et 2021. Ajoutés à des tirages sur les réserves en devises déposées auprès de la Banque centrale régionale (BEAC), représentant seulement un mois d’importation, ainsi que des financements extérieurs de projets, cela a permis de couvrir le solde courant extérieur, qui d’excédentaire, est devenu déficitaire en 2020 du fait de la chute des exportations pétrolières. Avec la remontée de ces dernières, il devrait être équilibré en 2020.

 

Un président promis à une énième réelection

Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 23 ans, devrait remporter une nouvelle fois l’élection présidentielle de mars 2021, malgré la montée du mécontentement due à la crise parmi une population qui n’a guère profité de la manne pétrolière et qui a, au contraire, vu ses revenus baisser depuis 2018. L’opposition est faible et divisée et ses représentants ont souvent servi le président. Sur le plan extérieur, les relations resteront étroites avec la Chine, importante créancière et apporteuse d’investissements, avec la France, malgré l’enquête judiciaire parisienne sur les biens mal acquis par les proches du pouvoir congolais, ainsi qu’avec la Russie (hydrocarbures, militaire) et Cuba (santé).

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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