Etudes économiques
Estonie

Estonie

Population 1,3 millions
PIB par habitant 23 758 $US
A3
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,8 3,2 -4,3 3,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,4 2,4 0,1 1,3
Solde public / PIB (%) -0,6 -0,2 -10,3 -4,3
Solde courant / PIB (%) 2,0 1,4 -0,7 0,6
Dette publique / PIB (%) 8,4 8,7 18,7 23,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2011) et à l’OCDE (2010)
  • Liens commerciaux, financiers et culturels étroits avec la Scandinavie
  • Quasi-autosuffisance énergétique grâce aux schistes bitumineux
  • Développement de secteurs à forte valeur ajoutée (électronique, services informatiques)
  • Flexibilité de la politique économique
  • Comptes extérieurs traditionnellement excédentaires et faible endettement
  • Environnement des affaires très favorable (18e du classement Doing Business 2020) mais nécessité de mettre en place des mesures anti-blanchiment plus contraignantes soulignée par le FMI
  • Numérisation des procédures administratives

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte sensible aux chocs externes
  • Baisse de la population active et pénurie de main-d’œuvre qualifiée
  • Manque de liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Inégalités de revenu et persistance de la pauvreté, notamment dans les régions orientales à majorité russophone

APPRECIATION DU RISQUE 

Retour de la croissance en 2021 après une année difficile

Relativement épargnée pendant la première vague, l'Estonie a vu son nombre de cas positifs à la COVID-19 s'envoler fin 2020. Par ailleurs, son économie, très dépendante des échanges extérieurs, a pâti de la crise. Elle devrait toutefois vivement repartir en 2021. La consommation privée (46% du PIB), aurait diminué de 8% en 2020, en raison des mesures de confinement, de la diminution des revenus (hausse du chômage de 4,5% en 2019 à 6,5% en 2020 et baisse de 1% des salaires) et de la hausse de l’épargne de précaution des ménages. Elle augmenterait de 10% en 2021, grâce au plan de relance national qui vise, entre autres, à soutenir la consommation des ménages, mais aussi du fait de la reprise de l’emploi. La chute de l’investissement a constitué la principale source de baisse de la demande intérieure en 2020. Après une diminution estimée à 11% en 2020, il ne devrait croître que modérément en 2021 (+5%), en raison de la baisse du taux d’utilisation des capacités de production. Cette situation sera compensée par l’augmentation des investissements publics (+25% en 2020), en particulier dans les infrastructures. Ces investissements seront financés par le plan de relance national et l’aide d’1.5 milliard d’euros touchée par l’Estonie au titre de la Facilité pour la reprise et la résilience de l’UE, dont 70% sera versé avant 2022. Enfin, 2/3 de la récession de 2020 s’explique par la réduction de la demande étrangère. De fait, les exportations de biens et services, qui représentent environ 70% du PIB, ont reculé de presque 14%, tirées par la chute des exportations de matériel de transports et produits minéraux, mais elles pourraient augmenter de 10% en 2021.

En matière d’offre, l’agriculture, qui représente moins de 3% du PIB, n’a presque pas été impactée par la crise. Le secteur secondaire a connu une forte baisse en 2020 (d’environ 7%), tiré par la chute du secteur automobile et du schiste bitumineux, mais connaîtra une forte croissance en 2021 (de l’ordre de 7%) Enfin, les services ont chuté d’approximativement 5% en 2020, mais, portés par l’importance des services de l’information et de la communication, ainsi que du secteur IT (10% du PIB), ils pourraient croître d’environ 3% en 2021.

 

Apparition d’un déficit public, mais situation financière confortable

L’Estonie dispose de finances publiques saines. Le gouvernement a pu débloquer mi-mars 2020 deux milliards d’euros (7% du PIB) pour lutter contre la crise. Ce plan de relance a augmenté la dette du pays, qui reste toutefois à un niveau bien inférieur à ses voisins européens. Le déficit public, qui s’est accentué avec la crise, devrait connaître une amélioration en 2021. Les finances publiques bénéficieront aussi de l’aide de l’UE, car l'Estonie a obtenu six milliards d’euros au titre du Cadre financier pluri-annuel 2021-2027, dont 14% seront distribués en 2021. Elle a aussi été autorisée par la Commission à diminuer son co-financement à ce Cadre, ce qui lui permettra de réaliser un milliard d’euros d’économies.

Après un léger déficit en 2020, le compte courant devrait redevenir légèrement excédentaire en 2021. En 2020, quand bien même les exportations de biens ont été touchées par la baisse de la demande internationale, les importations l’ont été davantage par la chute brutale de la demande intérieure. Le solde des biens restera déficitaire en 2021, bien qu’une amélioration sera permise par la hausse des exportations (bois, métal, équipement de transports). L’excédent des services est resté relativement stable, porté par le secteur de l’informatique et des logiciels, et ce malgré la chute du transport et du tourisme. Les rapatriements de dividendes par les investisseurs étrangers dépassent les rentrées provenant des investissements estoniens à l’étranger, menant à un déficit des revenus. Les importants investissements directs étrangers (3 % du PIB en juin 2020) ont pour contrepartie les investissements de portefeuille effectués à l’étranger par les fonds estoniens de retraite et des compagnies d’assurance. L’excédent du compte de capital est composé des transferts des fonds structurels de l’UE. Par ailleurs, la dette extérieure brute, qui représente environ 80% du PIB en 2020, est en hausse mais elle est plus que compensée par les actifs des résidents détenus à l’étranger.

 

Une situation politique stable et un environnement des affaires de qualité

L’élection législative de mars 2019 a vu le parti libéral Parti de la réforme remporter la victoire avec 29% des voix. Ce scrutin a été marqué par la percée du parti nationaliste EKRE, qui a obtenu 17,8% des suffrages. En l’absence de majorité, un gouvernement de coalition regroupant le parti centriste, les conservateurs et EKRE a pris ses fonctions fin avril, mené par le Premier ministre sortant Jüri Ratas. L'inclusion de l’EKRE dans la coalition a créé quelques obstacles à l'élaboration des politiques. Elle semble toutefois solide et a résisté à deux motions de censure (août et décembre 2019). En outre, la pandémie de la Covid-19 rend peu probable une crise politique à court terme car les partis de la coalition continuent à faire preuve d'unité. Toutefois, les divisions entre la majorité ethnique estonienne et la minorité russe restent une source de tensions politiques internes et les relations entre l’Estonie et la Russie, sont tendues.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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