Etudes économiques
Estonie

Estonie

Population 1,3 millions
PIB par habitant 23 036 $US
A3
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 4,1 -3,0 8,5 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,3 -0,6 3,8 4,5
Solde public / PIB (%) 0,5 -4,9 -2,9 -2,5
Solde courant / PIB (%) 2,0 -0,6 -1,8 -2,0
Dette publique / PIB (%) 8,6 18,5 20,0 21,5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2011) et à l’OCDE (2010)
  • Liens commerciaux, financiers et culturels étroits avec la Scandinavie
  • Quasi-autosuffisance énergétique grâce aux schistes bitumineux
  • Développement de secteurs à forte valeur ajoutée (électronique, services informatiques)
  • Flexibilité de la politique économique
  • Comptes extérieurs traditionnellement excédentaires et faible endettement
  • Numérisation des procédures administratives

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte sensible aux chocs externes
  • Baisse de la population active et pénurie de main-d’œuvre qualifiée
  • Manque de liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Inégalités de revenu et persistance de la pauvreté, notamment dans les régions orientales à majorité russophone
  • Nécessité de mettre en place des mesures anti-blanchiment plus contraignantes soulignée par le FMI

APPRECIATION DU RISQUE 

Ralentissement en 2022 après une année de forte croissance 

Après avoir connu une des croissances les plus rapides de l’UE en 2021, l’économie ralentira en 2022, tout en conservant un rythme soutenu. La consommation des ménages (49 % du PIB en 2020) a profité de l’assouplissement des mesures sanitaires pour croître en 2021. Elle devrait rester le principal moteur de la croissance en 2022, en raison de l'épargne accumulée pendant la pandémie et des modifications apportées au système de retraite, permettant le retrait de l’épargne à tout moment dès septembre 2021. Bien que le marché de l’emploi doive s’améliorer en 2022, le fort taux de chômage, 6,9 % en 2021, pourrait ralentir la consommation, également contrainte par les prix élevés de l’énergie et des denrées alimentaires (représentant respectivement 12,5 % et 29 % du panier de consommation). En effet, les prix de l'électricité, en hausse d’environ 75 % en glissement annuel en septembre 2021, ont porté l’inflation au taux record de 6,6 % et devraient maintenir un niveau d’inflation élevé en 2022. Cependant, le gouvernement a diminué les redevances payables par les fournisseurs d'énergie et prévu des aides pour les ménages à faibles revenus jusqu’en mars 2022. En outre, la croissance sera tirée par la hausse des dépenses publiques dans le cadre de la stratégie budgétaire 2022-2025 visant à lutter contre l’impact de la pandémie à moyen terme. Les investissements publics, comme ceux dans la modernisation et l’extension des infrastructures ferroviaires, bénéficieront de 969 millions d’euros de subventions (environ 3,3 % du PIB) dans le cadre du plan de relance européen Next Generation EU et de sa Facilité pour la reprise et la résilience. Pour répondre à la demande, les entreprises seront amenées à investir afin d’augmenter leurs capacités, principalement dans le secteur manufacturier (13 % du PIB). La croissance de l’investissement fixe (19 % du PIB en 2021) a été tirée par les investissements continus de Volkswagen dans sa nouvelle filiale Car.Software Estonia AS (services de développement de logiciels informatiques et de produits de propriété intellectuelle). Bien que le tourisme n’ait repris que partiellement en raison des restrictions sanitaires persistantes, les services (transport, logistique, biotechnologie, et services financiers), environ 62,5 % du PIB estonien, et employant environ 68 % de la population active, attireront également les investissements. Enfin, la ferme demande extérieure pour les téléphones, les produits pétroliers, le bois, les éléments pour la construction et les instruments de mesure, devraient stimuler les exportations (71 % du PIB en 2021). Le commerce de service sera particulièrement dynamique grâce au secteur des TIC (près de 10 % du PIB). 

 

De faibles déficits et un léger endettement

Le déficit public devrait encore se réduire en 2022, en restant inférieur à l'objectif européen de 3 %. Cependant, le gouvernement prévoit une augmentation des dépenses courantes (salaires et pensions de retraite) et des dépenses en capital (80 % du Plan national de relance et de résilience), accroissant la dette publique qui conservera un niveau bien inférieur à la moyenne européenne.

 

Le déficit courant devrait continuer à se creuser. Les importations liées aux investissements des entreprises et de l’Etat contribueront au déficit commercial. Le solde de la balance des services a été exceptionnellement déficitaire en 2021 du fait des importations réalisées par Volkswagen dans le cadre de son investissement. Même contraint par une reprise mitigée du tourisme, il devrait redevenir excédentaire en 2022, toujours soutenu par le transport et la logistique, avec des exportations accrues dans les télécommunications et l’informatique. Les rapatriements de dividendes par les investisseurs étrangers entretiendront le déficit du compte des revenus primaires. Le déficit courant sera financé par les fonds structurels et les subventions de l’UE, ainsi que les importants investissements directs étrangers (10 % du PIB en 2020), même partiellement compensés par les investissements de portefeuille effectués à l’étranger par les fonds estoniens de retraite et des compagnies d’assurances. Par ailleurs, la dette extérieure, qui représente environ 89 % du PIB en 2020, est essentiellement due par le secteur privé, est plus que compensée par les actifs des résidents détenus à l’étranger.

 

Instabilité gouvernementale liée aux changements de coalition 

Un scandale de corruption impliquant son parti a conduit le Premier ministre centriste Jüri Ratas et son gouvernement de coalition tripartite formée en 2019 (Parti du centre, les conservateurs de Patrie/Isamaa, et les nationalistes d’extrême-droite du Parti populaire conservateur « EKRE ») à démissionner en janvier 2021. Une nouvelle coalition gouvernementale, composée du même parti centriste et du Parti de la réforme, libéral de centre-droit, de la nouvelle première ministre Kaja Kallas, a pris ses fonctions le même mois. Le nouveau gouvernement a exprimé sa volonté de restaurer l’image du pays endommagée par les coups d’éclat anti-européens, antiaméricains, xénophobes et homophobes d’EKRE, ainsi que de lutter contre le blanchiment d’argent originaire d’Europe de l’Est. Unique candidat, présenté par la coalition bipartite, Alar Karis a été élu à la présidence, une fonction protocolaire, en août 2021, par le Parlement. Il a bénéficié du soutien d’Isamaa et du Parti social-démocrate (SDE), alors qu’EKRE a choisi de ne pas participer au vote.

 

Enfin, les divisions entre la majorité estonienne et la minorité russe restent une source de tensions politiques internes et externes, auxquelles se superposent en partie celles entre les villes, qui profitent de la numérisation, et les campagnes, qui s’estiment délaissées.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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