Etudes économiques
Ethiopie

Ethiopie

Population 96,6 millions
PIB par habitant 961 US$
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Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%)* 8,4 9,0 4,0 -1,0
Inflation (moyenne annuelle, %)** 13,8 15,8 21,0 15,0
Solde public / PIB (%)* -3,0 -2,5 -4,0 -4,0
Solde courant / PIB (%)* -6,5 -5,3 -5,0 -5,0
Dette publique / PIB (%)* 61,1 57,6 59,0 63,0

 

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 8 juillet au 7 juillet. AF 2021 : 8 juillet 2020 au 7 juillet 2021 **Année calendaire

POINTS FORTS

  • Marché important
  • Plaque-tournante aérienne
  • Antécédents remarquables en matière de croissance et de réduction de la pauvreté (27%)
  • Investissements publics dans le développement des infrastructures
  • Potentiel hydroélectrique, minier (phosphate, hydrocarbures) et touristique

POINTS FAIBLES

  • Agriculture (70% de l’emploi, mais 40% du PIB) peu productive, sensible aux aléas climatiques et à l’évolution des cours mondiaux des produits de base
  • Faible valeur ajoutée manufacturière : 6% du PIB
  • Enclavement du pays : 95% des exportations passent par Djibouti
  • Faibles réserves de change, manque de devises et restrictions aux importations
  • Handicaps persistants sur le plan de l’environnement des affaires et de la gouvernance
  • Faible développement du système bancaire
  • Alimentation électrique insuffisante
  • Environnement régional instable et fortes tensions ethno-politiques

Appréciation du risque

Dans l’attente de la reprise de l’investissement

En 2020, la crise du COVID-19 ajoutée à l’invasion de criquets et à la dégradation de la situation sécuritaire ont mis fin à la forte croissance de l’économie éthiopienne. En 2021, le risque sécuritaire perdurera, tout comme les menaces sanitaire et acridienne, et il faudra sans doute attendre les lendemains des élections pour assister à une reprise de l’activité au second semestre. L’investissement (plus d’un tiers du PIB) a subi un coup d’arrêt. Son volet public (plus d’un tiers des dépenses publiques) consacré aux infrastructures (routes et voies ferrées reliant le pays aux ports des pays voisins, lignes électriques) a mieux résisté que le privé dominé par les investisseurs étrangers, plus sensibles à la montée des périls. Cependant, les travaux vont reprendre et d’autres projets vont être lancés dans le cadre du 3ème Plan Croissance et Transformation (2021-2025) et des privatisations (sucre, métallurgie, rail, électricité, banque), appuyés sur la loi de 2018 facilitant les partenariats public-privé. La construction du gazoduc reliant les gisements de l’Ogaden au port de Djibouti se poursuit. Le développement des parcs industriels repartira grâce à l’installation d’entreprises chinoises, surtout dans les secteurs du vêtement et de la chaussure. Idem pour les zones économiques spéciales à vocation agroalimentaire. Toutefois, il est probable que le rythme ne sera pas aussi enlevé qu’avant la crise du fait de la persistance des risques. Déjà, la croissance du secteur de la construction était passé de 30% en 2015 à 15% en 2019. La consommation des ménages (65% du PIB), stagnante en 2020, afficherait une croissance modérée en 2021, pour autant que l’agriculture (près de 70% de l’emploi et 80% de la population, avec le café, les légumineux, le teff, la pomme de terre et la canne à sucre) ne soit pas de nouveau impactée par des fléaux. Toutefois, elle restera contrainte par une inflation élevée et l’absence du tourisme, en forte croissance jusqu’en 2019 (9% du PIB et de l’emploi). Les exportations (8% du PIB) ont pâti de la disparition du tourisme et de la chute d’activité d’Ethiopian Airlines, malgré la résistance du fret, 40% des exportations à eux deux. De plus, les ventes de fleurs coupées et celles d’articles d’habillement ont diminué. Enfin, les expéditions de café (entre un quart et un tiers des biens exportés) ont souffert de la réduction de la production causée par les problèmes sécuritaires et les déplacements de population. Cette année, l’amélioration devrait surtout venir des biens, alors que transport aérien et tourisme tarderont à repartir.

 

Incontournable aide extérieure

Le plan de soutien, même limité, avec ses dépenses supplémentaires (défense, sécurité, aide alimentaire, santé, agriculture, élections) se solde par un léger creusement du déficit public. Il est financé par des sources domestiques (banques commerciales, toutes publiques, banque centrale) et extérieures. Les financements extérieurs privilégient les créanciers multilatéraux et bilatéraux, les autorités se tenant à distance des emprunts auprès de créanciers privés (25 % de la dette extérieure). La dette, surtout libellée en devises étrangères, s’est alourdie. Cependant, son profil, maturité moyenne proche de 15 ans, à moitié domestique, relativise le risque du surendettement. En plus de la suspension de son service par les pays créanciers du G20 (DSSI), au moins jusqu’en juin 2021, le pays devrait bénéficier d’un nouvel aménagement sur sa dette due à la Chine (30% de l’encours extérieur et 42% de son service). La crise passée, la consolidation devrait reprendre dans le cadre de la Facilité élargie de crédit du FMI (2020-2022).

Le large déficit courant est grevé par l’important déficit commercial (15% du PIB). Néanmoins, il se réduirait légèrement avec l’allègement de la facture d’importations, grâce aux prix du pétrole plus faible et au ralentissement de la demande en biens d’équipements et produits intermédiaires. En face, la baisse des exportations serait de moindre ampleur. La suspension du paiement des intérêts de la dette extérieure devrait réduire le déficit des revenus. Avec les IDE en retrait, les prêts officiels seront encore plus nécessaires. Le déficit courant, mais aussi les problèmes politiques, exercent des pressions sur le birr, qui s’est déprécié de près de 20% en 2020, mais pas assez pour empêcher le change parallèle et supprimer sa surévaluation estimée à 25% par le FMI. Les réserves de change, qui couvrent environ deux mois d’importations, resteront faibles, entretenant les pénuries chroniques de devises.

 

Des élections de tous les dangers

Le pays est une mosaïque ethnique. Cela s’accompagne d’actes hostiles entre populations, notamment les plus importantes : les Oromo et les Amhara. Les tensions entre pouvoir central et états fédérés sont fréquentes. En 2020, le gouvernement central a repris le contrôle par la force du Tigré des mains du TPLF, le parti nationaliste régional qui se rebellait. Abiy Ahmed, un oromo, Premier ministre depuis 2018, s’est lancé dans l’ouverture d’une économie étatisée et d’un système à parti unique, avec réduction de l’ethno régionalisme, suscitant revendications (y compris à l’autodétermination), oppositions et raidissement du pouvoir. Des élections législatives et régionales, les premières libres et transparentes, décalées pour cause de COVID-19, se tiendront en juin 2021. Le Parti de la prospérité, créé à l’initiative de Mr Abiy, a pris la suite du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens  , parti unique depuis 1991 composé des partis régionaux, pourrait l’emporter. Il comprend les partis Oromo, Amhara et des Nations du sud, mais aussi cinq autres partis régionaux. On est encore loin d’un parti fédéraliste. Sur le plan international, le remplissage du barrage Renaissance sur le Nil est source de conflit potentiel avec l’Egypte et le Soudan. Enfin, la relation privilégiée avec la Chine pendant 20 ans a fait place à une ouverture vers l’occident.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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