Etudes économiques
Iran (République islamique de)

Iran (République islamique de)

Population 83,3 millions
PIB par habitant 7 010 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

major macro economic indicators

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -5,4 -6,5 -8,0 2,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 31,2 41,0 30,5 30,0
Solde public / PIB (%) -1,9 -5,5 -9,5 -6,8
Solde courant / PIB (%) 6,1 1,1 -0,5 0,3
Dette publique / PIB (%) 40,3 44,7 45,4 40,4

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Deuxième plus grande réserve de pétrole et de gaz prouvée dans le monde
  • Situation géopolitique stratégique
  • Population très instruite
  • Une économie diversifiée, diverses possibilités d'investissement car le tissu manufacturier est sous-développé

POINTS FAIBLES

  • Sanctions internationales pesant sur la production, les finances et le volume des échanges
  • Faiblesse de la monnaie locale et inflation croissante
  • Secteur bancaire fragile
  • La montée des tensions régionales et géopolitiques

Appréciation du risque

Une économie faible frappée par la COVID-19; un assouplissement des sanctions est envisagé

En plus du retour des sanctions américaines au second semestre 2018 et de la chute des prix du pétrole, l'économie iranienne a été durement touchée par la pandémie avec plus de 570 000 cas confirmés et près de 33 000 décès en octobre 2020. Le secteur des services, le plus touché par la pandémie, représente environ 60 % du PIB, devant l'exploitation minière (y compris le pétrole et le gaz) et l'industrie manufacturière. Il devrait rester faible malgré sa reprise après le creux de mars-mai 2020 (où il avait reculé de 3,5 % en glissement annuel au premier trimestre de l'année civile persane 2020-2021), principalement en raison de la hausse du nombre de cas de COVID-19, de la mobilité restreinte du tourisme et de la forte inflation (30,4 % en septembre) qui pèse sur le revenu réel des ménages. La baisse des entrées de capitaux dans le pays en raison des sanctions et la faiblesse persistante du rial (le toman, équivalent de 10 rials, est passé de 13 320 contre le dollar, au début de l'année, à 32 200 à la mi-octobre 2020) devraient alimenter les pressions inflationnistes. Des facteurs internes liés à la distorsion des chaînes d'approvisionnement, à l'allocation de crédit et au régime monétaire à plusieurs niveaux alimentent également l'inflation chronique. Conjuguée aux sanctions, cette situation freinera l'investissement et la consommation privée. Cependant, une certaine stabilisation des conditions économiques sera observée en 2021, grâce à une baisse estimée du nombre de cas de COVID-19 dans le monde. D'autre part, les risques de baisse de la croissance deviendront importants en cas de nouveau confinement du fait d'une résurgence de la pandémie en Iran ou sur ses principaux marchés d'exportation. Cela peut également être le cas si les sanctions internationales ne sont pas assouplies par la nouvelle administration américaine. Dans ces cas de figure, l'activité économique et les conditions d'exploitation se détérioreraient davantage.

 

L'assouplissement des sanctions sera déterminant pour la réduction de l'écart extérieur, le déficit budgétaire va se creuser du fait de la pandémie de COVID-19

Les relations entre l'Iran et les États-Unis après l'élection de Joe Biden à la fonction suprême en novembre 2020 seront prépondérantes pour l'amélioration des conditions économiques et l'évolution des exportations de pétrole de l'Iran (près de 40 % des exportations totales). Le plan d'action global conjoint (JCPOA, connu sous le nom de « Iran Nuclear Deal ») a été signé en juillet 2015 par l'Iran, les États-Unis, la Chine, la Russie, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'Iran a accepté d'éliminer son stock d'uranium et d'enrichir l'uranium jusqu'à 3,67 % au cours des 15 prochaines années. En contrepartie, les sanctions américaines, européennes et onusiennes contre les secteurs pétrolier, manufacturier et bancaire iraniens devaient être levées. Toutefois, en mai 2018, les États-Unis ont annoncé leur retrait du JCPOA et, en novembre de la même année, ont réintroduit les sanctions. En mars 2020, les exportations iraniennes de brut et de condensats s'élevaient en moyenne respectivement à 440 000 barils par jour (bpj) et 204 000 bpj. Les exportations de pétrole devraient rester inférieures à 500 000 bpj, contre près de 2,8 millions en 2018, avant que les États-Unis ne renoncent à l'accord sur le nucléaire. D'autre part, les autorités iraniennes ont été citées disant que les exportations de produits raffinés avaient été moins affectées par les sanctions. Le pays bénéficiera également de l'augmentation de la capacité de traitement journalière de sa raffinerie Persian Gulf Star (PGSR) qui passe à 480 000 bpj. Si l'accord sur le nucléaire redevient effectif, les sanctions américaines contre l'Iran seront assouplies, mais ce processus prendra du temps et sera pour le moins progressif. En outre, l'assouplissement des sanctions internationales ne permettra pas à l'Iran d'exploiter pleinement toutes ses capacités pétrolières et gazières du fait du sous-investissement de longue date dans ces infrastructures et des difficultés liées à l'environnement opérationnel. Enfin, les entreprises internationales hésiteront à se lancer sur le marché iranien car elles resteront prudentes compte tenu des difficultés passées engendrées par l’application de l’accord sur le nucléaire actuel. Sur le plan fiscal, les autorités ont annoncé un plan de près de 10 % du PIB pour lutter contre les cas de COVID-19 et soutenir les ménages et les entreprises. Avec une marge de manœuvre financière limitée et un seuil de rentabilité budgétaire du pétrole estimé à 395 dollars selon le FMI, le gouvernement continuera d'opter pour l'épuisement des réserves, l'emprunt intérieur et la privatisation pour combler le déficit. La partie des réserves internationales brutes iraniennes qui est facilement disponible est estimée à seulement 10 milliards de dollars US environ. Par conséquent, les privatisations et l'emprunt intérieur semblent être les deux options privilégiées en 2021.

 

Un retour des États-Unis dans l'accord sur le nucléaire ?

Après la position belliciste du précédent président américain Donald Trump, le nouveau président, Joe Biden, a déclaré que les États-Unis se joindraient à l’accord sur le nucléaire si l'Iran se remettait à respecter l'accord. Un tel retour ouvrirait la voie à l'assouplissement des sanctions contre l'Iran, et augmenterait son volume d'échanges avec le reste du monde et encouragerait les investissements étrangers directs dans le pays. Pourtant, un tel retour pourrait ne pas être chose aisée. Les autorités iraniennes estiment à 150 milliards de dollars la perte totale de revenus liée au retrait des États-Unis de l'accord, alors que l'Iran organisera des élections présidentielles en 2021. Le positionnement politique du prochain président sera également important pour l'avenir des relations entre l'Iran et les États-Unis.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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