Etudes économiques
Togo

Togo

Population 8,1 millions
PIB par habitant 675 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,9 5,3 0,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 0,7 1,5 1,5
Solde public / PIB (%) -0,8 -2,1 -7,1 -3,5  
Solde courant / PIB (%) -3,5 -4,3 -6,3 -4,4 
Dette publique / PIB (%) 76,2 70,9 73,5 71,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minières (phosphate, calcaire et argile transformé en clinker) et agricoles (café, cacao, coton)
  • Doté du seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest (port de Lomé), potentiel pour devenir un hub régional
  • Investissements publics et privés dans les infrastructures
  • Réformes structurelles en cours (finances publiques, système bancaire, agriculture, secteurs des phosphates et du coton)
  • Membre de l’UEMOA et de la CEDEAO
  • Dette externe majoritairement concessionnelle

POINTS FAIBLES

  • Fortes tensions sociopolitiques
  • Environnement des affaires déficient
  • Forts taux de chômage et de pauvreté (46,2 % de la population en situation de pauvreté extrême en 2020 selon la Banque mondiale)
  • Déficience des infrastructures agricoles : entreposage, transformation, irrigation, intrants
  • Infrastructures d’éducation, de santé publique, et de transport insuffisantes
  • Mauvaise santé du secteur bancaire ; taux de créances douteuses élevé (surtout dans les banques publiques)

Appréciation du risque

Un rebond de l’activité attendu en 2021

Le confinement en vigueur entre fin mars et début juin et l’affaiblissement de la demande chez ses partenaires ont conduit le Togo à connaître sa première année sans croissance depuis plus de 15 ans. Celle-ci repartira en 2021, soutenue notamment par l’agriculture, l’exploitation de phosphate et le trafic portuaire. La consommation, qui représente 80% du PIB, a diminué de 3,1% en 2020 suite à la baisse des revenus et au regain des tensions inflationnistes au premier semestre. Elle devrait progresser de 2% en 2021 grâce à la reprise de la production agricole dont dépend 60% de la population active, sous réserve qu’il n’y ait pas un autre confinement. L’investissement privé a chuté de 16% en 2020 du fait d’un climat d’incertitude accru, mais rebondira en 2021 (+11%). Même si la détérioration des finances publiques et le resserrement des conditions de crédit à l'échelle mondiale pour les investisseurs fait planer des risques à moyen-terme sur son financement, l’investissement public sera soutenu par le Plan national de développement 2018-2022 (7,8 milliards de dollars), ainsi que par plusieurs projets de construction d’infrastructures (dont 4 000 km de routes rurales qui seront construites ou réhabilitées en 2021).

L’agriculture, qui représente 40% du PIB, a été soutenue par le Plan de riposte agricole COVID-19 mis en œuvre par le gouvernement en avril 2020 (distribution de matériel agricole et octroi de crédits à taux bonifiés) et une aide de 3 millions de dollars de la BAD permettant l’achat de pesticides, engrais et semences. Cela a permis au secteur de croître quand même de 1% en 2020 et ces investissements permettront par la suite une croissance de 3,3% en 2021. Au contraire, les services, qui représentent plus de la moitié du PIB, ont été profondément affectés par les mesures de distanciation sociale et la fermeture des frontières. En 2021, la reprise du trafic de conteneurs, aidée par le retour de la croissance chinoise, soutiendra le secteur de la logistique et renforcera le statut de hub régional du port de Lomé. Enfin, le secteur secondaire a été éprouvé par la diminution des exportations en 2020, mais sera porté en 2021 par la hausse attendue du cours du phosphate.

 

Creusement des déficits courant et public

Après plusieurs années de politique budgétaire restrictive ayant permis d’alléger la dette publique, le ralentissement économique a mécaniquement diminué les recettes budgétaires de 7% et augmenté les dépenses publiques de 10% (avec la mise en œuvre de différents plans économiques et sociaux représentant environ 1,8% du PIB), creusant fortement le déficit public. En conséquence, la dette s’est alourdie, alors que le Togo consacre déjà 65% de ses ressources publiques hors dons au service de celle-ci selon le FMI. L’initiative de suspension du service de la dette du G20 n’aura qu’un impact très modéré selon Moody’s (0,4% du PIB pour 2020), étant donné que les paiements au titre du service de la dette aux créanciers externes concernés par cette initiative sont bien inférieurs à ceux destinés aux créanciers internes (respectivement 1,4% contre 13,8% du PIB) du fait de la nature très concessionnelle de la part externe de la dette (34% du PIB).

Le déficit courant s’est creusé en 2020, suite, notamment, à une chute des exportations. En effet, l’important déficit des biens a été aggravé par une diminution de 7,4% des exportations, due à la diminution du cours du phosphate au premier trimestre 2020 (27% des exportations), quand bien même la baisse des prix du pétrole a contribué à contenir la facture des importations. L’excédent des services s’est aussi creusé, suite à une forte baisse du transport et du tourisme (respectivement 7% et 15% des exportations). De surcroît, les envois de fonds, qui représentaient 7% du PIB en 2019, ont diminué suite aux conséquences de la pandémie dans les pays développés. En 2021, malgré la demande modérée des partenaires commerciaux, le redressement attendu des cours des principaux produits d’exportation (phosphate, cacao, coton) permettra un rebond des exportations de 10%. Du fait de la diminution des IDE, le déficit majoré de 2020 n’a pu être financé que par un recours accru à l’aide internationale : 70 millions de dollars de la banque mondiale, 29 millions de l’UE et 97 millions de dollars supplémentaires du FMI au titre de sa Facilité élargie de crédit.

 

Instabilité sociopolitique mais continuité du pouvoir

En mai 2019, malgré une contestation, parfois violemment réprimée, le Parlement a voté une révision constitutionnelle limitant à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs, mais sans effet rétroactif. Le Président sortant, Faure Gnassingbé, a alors pu se représenter aux élections présidentielles de février 2020 dont il est sorti vainqueur avec 72,4% des voix pour un taux de participation de 76,6%, lui permettant ainsi d’exercer un quatrième mandat consécutif. Les résultats ont été contestés et un recours a été formé par Agbéyomé Kodjo, ex-Premier ministre, mais celui-ci a été débouté par la Cour constitutionnelle pour manque de preuve. Ces tensions socio-politiques ajoutées aux problèmes sécuritaires dans la région pèseront sur l’environnement des affaires. Les efforts entrepris par le gouvernement ont permis au pays de gagner 40 places en un an dans le classement Doing Business 2020 (97e place), mais la gouvernance reste néanmoins très médiocrement classée par la banque mondiale.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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