Etudes économiques
Togo

Togo

Population 8,3 millions
PIB par habitant 916 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5,5 1,8 4,7 5,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,7 1,8 3,5 2,5
Solde public / PIB (%) -0,9 -6,9 -5,9 -5,0
Solde courant / PIB (%) -0,8 -1,5 -2,6 -2,6
Dette publique / PIB (%) 52,4 60,3 62,4 61,4

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minières (phosphate, calcaire et argile transformé en clinker) et agricoles (café, cacao, coton)
  • Doté du seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest (port de Lomé), potentiel pour devenir un hub régional
  • Investissements publics et privés dans les infrastructures
  • Réformes structurelles en cours (finances publiques, système bancaire, agriculture, secteurs des phosphates et du coton)
  • Membre de l’UEMOA et de la CEDEAO
  • Dette externe majoritairement concessionnelle

POINTS FAIBLES

  • Fortes tensions sociopolitiques
  • Environnement des affaires déficient
  • Forts taux de chômage et de pauvreté (46,2 % de la population en situation de pauvreté extrême en 2020 selon la Banque mondiale)
  • Déficience des infrastructures agricoles : entreposage, transformation, irrigation, intrants
  • Infrastructures d’éducation, de santé publique, et de transport insuffisantes
  • Mauvaise santé du secteur bancaire ; taux de créances douteuses élevé (surtout dans les banques publiques)

Appréciation du risque

Reprise économique soutenue par l’investissement public

Après avoir souffert des mesures de confinement et de l’effondrement des échanges commerciaux liés à la pandémie, l’activité économique s’est redressée en 2021, et devrait se renforcer en 2022. La consommation des ménages (près de 80% du PIB), qui s’était contractée en 2020 avec l’appauvrissement de la population, a connu un rebond en 2021. Il devrait s’intensifier en 2022, à mesure que la production agricole, dont dépend 60% de la population active, regagne en vivacité. Les programmes nationaux de soutien au producteur, comme le Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN), devrait stimuler la production agricole. Cependant, le secteur agricole (40% du PIB) restera vulnérable aux intempéries, à l’image des inondations dans le nord du pays, qui ont entrainé une diminution de 43 % de la production de coton en 2021. Dans le cadre du Plan national de développement 2018-2022, d’un montant total de 7,8 milliards de dollars, l’investissement public dans les infrastructures sera un moteur de l’activité en 2022. Il concernera notamment la construction et la rénovation des routes rurales reliant la capitale aux autres villes (Lomé, Kpalimé, Aného). En outre, la plateforme industrielle d’Adetikiopé (PIA), dédiée à la transformation et à l’exportation des ressources naturelles, inaugurée en juin 2021, pourrait attirer les investissements privés. L’amélioration de la logistique portuaire devrait accroître le potentiel de développement du port de Lomé en tant que carrefour commercial régional. De plus, la contribution du commerce extérieur devrait bénéficier de la plus grande valeur ajoutée tirée de la transformation des produits d’exportations agricoles (café, cacao, coton) et minérales (phosphate). La poursuite de la reprise de l’économie mondiale continuera de stimuler la demande extérieure pour ces produits. Le secteur des services, représentant plus de la moitié du PIB, a connu un fort rebond en 2021, tirant la reprise du trafic de conteneurs transitant par le port de Lomé. Cependant, ces activités pourraient être affectées par les perturbations mondiales des chaînes d’approvisionnement.  

 

Des déficits jumeaux financés par l’aide internationale

La balance budgétaire a enregistré un fort déficit en 2021, en conséquence des dépenses destinées à favoriser la reprise, notamment via la hausse des investissements en capital. Bien que ces dépenses devraient rester une priorité, le déficit devrait se réduire en 2022, principalement grâce à la reprise de l’activité du port de Lomé qui représente, hors aide extérieur, 60 % des recettes publiques. En 2022, la dette publique devrait reprendre la trajectoire descendante, induite par la consolidation budgétaire entreprise sous l’égide du FMI, et interrompue en 2020 et 2021 par la pandémie. Bien que l’accord de financement avec le FMI (2017-2020) ait expiré au début de la crise COVID-19, les autorités ont manifesté leur intérêt pour un programme FEC d’un montant de 240 millions de dollars de la part du FMI pour appuyer la relance post-COVID.

 
Le déficit courant devrait se stabiliser. Cela sera dû en grande partie au déficit structurel du commerce des marchandises, puisque la hausse des exportations ne compensera que partiellement le rebond d’importations, composées d’achats de biens d’équipements, et d’une facture pétrolière élevée. L’excédent des services, durement affecté par la pandémie, devrait poursuivre sa reprise progressive vers son niveau d’avant-crise, grâce à l’activité du Port de Lomé. Il en va de même pour celui des transferts courants, qui devrait bénéficier de la hausse des envois de fonds depuis l’étranger, dans le contexte de la reprise mondiale. Le solde du compte des revenus primaires restera aussi excédentaire. Compte tenu de la faiblesse des entrées nettes de capitaux, le déficit devrait être largement financé par des dons et des prêts extérieurs, principalement à des conditions concessionnelles.

 

Instabilité sociopolitique et menaces sécuritaires

Au pouvoir depuis 2005, le président Faure Gnassingbé a été réélu en 2020 suite à des élections entachées d’accusations de fraude. Malgré sa réélection, l’insatisfaction générée par près de six décennies de domination des Gnassingbé à la tête de l’Etat (Gnassingbé Eyadéma, père de l’actuel président, fut président de 1967 à 2005) reste forte. En septembre 2021, le président a fait voter par le Parlement une nouvelle prolongation d’un an de l’état d’urgence sanitaire du pays, décrété depuis avril 2020, et permettant gouverner par décret. Une partie de l’opinion perçoit l’usage de ces mesures d’urgence comme un outil pour renforcer le contrôle du régime et réprimer les oppositions, alimentant le mécontentement. Le risque de troubles sociaux reste donc élevé. Toutefois, bien que le mécontentement public soit en hausse, le soutien de l’armée et des forces de sécurité devrait permettre d’assurer la continuité du pouvoir. Les inquiétudes concernant les fraudes électorales, la corruption généralisée et le recul des libertés fondamentales pourraient mettre en danger les relations du pays avec les donateurs occidentaux. L’environnement des affaires est aussi menacé par l’exposition du nord du pays à l’activé terroriste dans le Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger).  Il pourrait également être menacé par l’activité croissante de piraterie dans le Golfe de Guinée, qui pourrait ralentir l’activité du port de Lomé, et freiner les ambitions de son développement.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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