Etudes économiques
Turkménistan

Turkménistan

Population 5,9 millions
PIB par habitant 7 724 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,2 6,3 1,8 4,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 13,3 5,1 10,0 8,0
Solde public / PIB (%) -0,2 -0,3 -1,4 -0,7
Solde courant / PIB (%) 5,5 5,1 1,0 1,8
Dette publique / PIB (%) 31,4 32,8 30,9 26,7

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Quatrièmes réserves mondiales de gaz naturel (près de 10% du total)
  • Position stratégique en Asie centrale et entre, d’une part, la Chine, et, d’autre part, la Russie et l’Europe via la mer Caspienne
  • Bonne santé des comptes publics et niveau d’endettement modéré
  • Obtention en juillet 2020 du statut d’observateur auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec l’intention d'entamer des négociations en vue de l'adhésion d’ici 2025

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux hydrocarbures (93% des exportations, dont 83% de gaz), alors que les leviers de croissance des exportations restent contraints
  • Forte dépendance à la Chine (qui reçoit près de 85% des exportations de gaz)
  • Faible part du secteur privé, structures de marché anticoncurrentielles (monopoles d’État dominant l’économie, direction du crédit et de l’investissement)
  • Climat des affaires très difficile, restrictions et contrôles étroits des échanges commerciaux, des prix et du marché des changes qui nuisent aux IDE
  • Infrastructures défaillantes (transport et santé notamment) et connectivité régionale peu développée
  • Gouvernance défaillante (corruption, autoritarisme, répression, politisation du système judiciaire, opacité du système statistique)
  • Porosité de la frontière avec l’Afghanistan (présence des Talibans) et faibles moyens militaires

Appréciation du risque

Une croissance toujours portée par les achats de gaz de la Chine

En 2020, le Turkménistan a connu un ralentissement de sa croissance, qui devrait se redynamiser en 2021. Si, officiellement, le pays ne compte aucun cas de la COVID-19, des sources officieuses attestent du contraire. Des restrictions ont été adoptées, notamment pour limiter les mouvements intérieurs et transfrontaliers, déjà restreints avant la pandémie. Elles ont davantage comprimé la consommation privée (50% du PIB) et les services (48,5% du PIB). Le pouvoir d’achat des ménages, érodé par la suppression de nombreuses dépenses sociales, est miné par une inflation galopante, poussée à la hausse par les prix alimentaires, temporairement contrôlés et subissant, entre autres, les effets de nouvelles restrictions aux importations. La liste des produits de base soumis aux droits de douane, dont une hausse généralisée a été adoptée, a été allongée, et une commission a été créée pour diriger les importations de biens essentiels. Ces mesures sont fidèles à la politique de substitution aux importations engagée ces dernières années, pour les intrants des industries chimiques (10% des exportations), mais aussi alimentaires via le blé, dont les récoltes ont été meilleures qu’en 2019, et textiles via le coton (2%), dont les objectifs de production semblent avoir été atteints. Cette politique devrait contraindre un rebond de la demande en 2021, alors que le crédit, peu développé, est dirigé vers les entreprises publiques et les mesures de soutien financier aux secteurs et individus affectés par les restrictions sanitaires sont inexistantes.

En 2021, la croissance devrait être portée par la reprise des exportations de gaz en valeur et en volume, amorcée sur le deuxième semestre de 2020 avec le rebond des achats chinois. Elles avaient plongé sous l’effet combiné de la baisse de son prix et de la demande chinoise. Les exportations de gaz vers la Russie se poursuivront dans le cadre du contrat signé mi-2019 avec Gazprom, même si les volumes devraient être nettement inférieurs à ceux d’il y a trois ans, lorsque les échanges ont été suspendus (5,5 milliards de m3 par an en 2019-2024). Les leviers de croissance des exportations restent contraints, notamment vers la Chine, puisque la livraison de la quatrième branche (« ligne D ») du gazoduc Asie centrale-Chine, devant faire doubler les volumes exportés (à 65 milliards de m3 par an), a été retardée à 2022. La diversification des approvisionnements chinois, notamment auprès de la Russie, pourrait impacter les termes de l’échange, et être difficilement compensée par la diversification des clients du Turkménistan. La mise en service du gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI), qui devrait avoir une capacité maximale de 33 milliards de m3 par an, a été repoussée de 2021 à 2023 après plusieurs dissensions sur les prix du gaz, des difficultés à boucler le financement (13,6% du PIB) et des retards de construction en Afghanistan. Cependant, les capacités productives et d’exportation de pétrole pourraient augmenter grâce à la prolongation du contrat avec la compagnie russe Tatneft jusqu'en 2028, pour augmenter l'extraction dans le champ de Goturdepe. Les investissements privés (36% du PIB) devraient ralentir et les investissements publics contribuer positivement, mais faiblement, à la croissance.

Un durcissement des restrictions et du contrôle des changes

La baisse des recettes d’exportation de gaz a creusé le déficit en 2020, qui devrait se réduire en 2021 avec leur rebond. Le déficit devrait être couvert par financement bancaire domestique. Le gouvernement met l’accent sur son programme de numérisation des services publics d’ici 2025, qui devrait garantir une augmentation des recettes fiscales. Ainsi, depuis août 2020, une plateforme en ligne a été introduite pour faciliter les processus d’enregistrement, de déclaration d’impôts et de liquidation des entreprises.

La baisse des exportations de gaz a réduit l’excédent courant. Les contrôles de capitaux sont stricts, limitant les IDE concentrés dans les hydrocarbures. La fixité du taux de change officiel du manat, largement surévalué, devrait être assurée, alors que le taux de change parallèle, nettement plus faible, se serait déprécié de 56% en 2020. L’accès aux devises au taux officiel reste limité et la baisse des entrées de devises a poussé les autorités à durcir le contrôle des changes et les restrictions aux importations. Elles prévoient, pour les entreprises privées, des restrictions sur les paiements internationaux et l’impossibilité d'échanger leurs avoirs en manat. Quant aux entreprises publiques, elles doivent verser 100% (50% auparavant) de leurs recettes en devises au fonds souverain, qui sont échangées au taux officiel.

 

Des réformes constitutionnelles cosmétiques

Alors que la politique sécuritaire était déjà sévère, la pandémie a servi de prétexte pour restreindre les libertés politiques. Les troubles sociaux restent peu probables, malgré la désaffection envers le gouvernement. Le président Berdymukhamedov, au pouvoir depuis 2006 et réélu pour sept ans en février 2017 au cours d’une élection ni libre ni équitable, conserve, avec son Parti démocratique du Turkménistan, un contrôle total sur les institutions. Le passage, à partir de janvier 2021, d’un Parlement monocaméral à un Parlement bicaméral a été adopté fin 2020. La chambre haute devrait approuver automatiquement les candidats proposés par le président à des postes clés, et la chambre basse, ses propositions de loi. Si le président a présenté cette réforme comme un renforcement du pouvoir législatif, il s’agit surtout d’une stratégie pour consolider son pouvoir et peut-être pour garantir la succession à son fils. Il pourrait devenir président de la chambre haute, assurant l’intérim en cas de démission, d'incapacité ou de décès du président.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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