Chypre

Europe, Asie

PIB / Habitant ($)
35015,6 $
Population (en 2021)
0,9 Millions

Evaluation

Risque Pays
A3
Climat des affaires
A3
Précédemment
A4 increase
Précédemment
A3

suggestions

Résumé

Points forts

  • La situation géographique centrale entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique favorise l'industrie du transbordement
  • Services financiers offshore
  • Des gisements de gaz naturel offshore riches et inexploités
  • Une main-d'œuvre qualifiée et anglophone

Points faibles

  • Tensions et divisions internes entre la République de Chypre et la République turque de Chypre du Nord
  • Faible diversification économique (tourisme, construction, finance) : vulnérabilité aux chocs de l'offre mondiale, forte dépendance vis-à-vis des importations de biens de consommation, d’équipement et d’hydrocarbures
  • Lourdeurs bureaucratiques
  • Fort endettement des banques, des entreprises et des ménages
  • Île à proximité des conflits du Proche-Orient
  • Marché du travail du travail tendu : pénurie de main d’œuvre, déficits et inadéquations de compétences

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Libye
21%
Grèce
9%
Liban
8%
Royaume-Uni
6%
Israël
3%

Import des biens en % du total

Grèce 26 %
26%
Italie 8 %
8%
Chine 8 %
8%
Allemagne 6 %
6%
Espagne 5 %
5%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Une croissance robuste tirée par le boom touristique, la consommation privée, et l’investissement

Malgré les vents capricieux au niveau international et une légère décélération, la croissance chypriote restera robuste et bien au-dessus de la moyenne européenne en 2026. Elle sera une nouvelle fois principalement soutenue par la consommation des ménages dont le pouvoir d’achat continuera de s’améliorer grâce à l’amélioration de leurs revenus réels, stimulée par le marché du travail favorable. Le taux de chômage conserve une trajectoire descendante et a atteint 4,1% au T3 2025, son plus bas niveau depuis la crise financière après avoir avoisiné 18% en 2015. La consommation bénéficiera aussi de la prolongation de l’exemption de TVA sur les produits de première nécessité jusqu’à fin 2026 malgré l’absence d’inflation en 2025. Le gouvernement a aussi réduit la TVA sur l’électricité domestique en avril 2025 de 19% à 9% pour une durée d’un an. De plus, l’économie continuera d’être portée par le tourisme (14% du PIB en 2019) qui ne cesse d’afficher des performances records. En 2025, les arrivées internationales ont augmenté de 12% par rapport à 2024, et sont 14% au-dessus des niveaux prépandémiques. Le pays insulaire a donc réussi à surmonter la perte du marché russe (20% des arrivées en 2019) grâce à l'augmentation du nombre de visiteurs en provenance d'Europe occidentale (principalement du Royaume-Uni, de Pologne et d’Allemagne) ainsi que d’Israël. Les revenus touristiques ont, quant à eux, augmenté de 15% entre janvier et novembre 2025 par rapport à la même période en 2024. D’autre part, les secteurs des services professionnels et financiers dépendent fortement des filiales locales de sociétés russes exposées aux sanctions.

Avec l'assouplissement des conditions financières, les perspectives devraient s’éclaircir pour l'investissement, mais cela sera très progressif. Il devrait notamment être alimenté par l’augmentation de la construction, tirée par les IDE et le programme de « résidence par investissement », avec de nombreux projets de grande envergure dépassant les 8 milliards d’euro d’après l'Association des Grands Projets d'Investissement (infrastructures, nouvelles marinas, propriétés commerciales et résidentielles tirée par la demande locale et internationale…). Par contre, bien que le pays bénéficie d'une aide européenne substantielle sous la forme de fonds NGEU (5% du PIB de 2019), le calendrier de décaissement de ces fonds a été ralenti par l'incapacité à mettre en œuvre les réformes à temps. Au début de 2026, Chypre avait reçu seulement 43% des 1,2 milliard d’euros de ces fonds de relance approuvés (1 milliard d’euros de subventions et 200 millions d’euros de prêts). L’échéance des demandes de financement du plan de relance européen en août 2026 pourrait accélérer les décaissements et l’utilisation des fonds.

Une trajectoire budgétaire solide mais un déficit commercial élevé

La conjonction de la forte croissance du PIB nominal et des excédents budgétaires successifs continuera de se traduire par une diminution du ratio de la dette. Cette trajectoire descendante l’a déjà fait passer dès 2025 sous le seuil des 60% du PIB fixé par les règles budgétaires européennes. Malgré le maintien de réductions de TVA et une augmentation de 5% des dépenses primaires, avec notamment une hausse des dépenses sociales, le budget restera excédentaire grâce à une conjoncture solide. Les recettes resteront soutenues par le tourisme, le marché du travail serré conduisant à des hausses salariales, et une consommation robuste. Avec un besoin de financement gérable (estimé à 3% du PIB par an), des réserves de liquidités confortables représentant 11% du PIB, et plus des deux tiers de l'encours de la dette à taux d'intérêt fixe, le risque souverain est raisonnablement contenu. La santé du système bancaire, même s'il porte encore quelques cicatrices de la crise de la zone euro, est également sur une trajectoire positive. Cela vaut pour l'actif, où le ratio de NPL a atteint 4,2% en octobre 2025, ainsi que pour le passif, avec un ratio de capital CET 1 de 26,1%.

Le déficit de la balance courante restera important à cause de ceux des échanges de biens et des revenus primaires. En effet, la dépendance du pays aux importations, exacerbée par la forte demande domestique, tant en termes de consommation que d’investissement, se traduit par un déficit commercial des biens massif (équivalent à 24% du PIB en 2024). De plus, la prospérité des entreprises étrangères de service, toujours plus nombreuses sur l’île, génère un rapatriement accru de bénéfices à l’origine de l’important déficit des revenus (9%). La contrepartie, partielle, se situe dans l’excédent des services (24%) qui se confirmera du fait de la robustesse des exportations de prestations, notamment touristiques, financières et informatiques. Néanmoins, le déficit courant devrait se réduire progressivement en lien avec la modération des prix des produits de base, la normalisation de la rentabilité des établissements financiers étrangers et un excédent croissant dans les services. De plus, ce déficit courant n'est pas trop préoccupant, car il est principalement financé par l’entrée d’investissements directs étrangers (12% du PIB en 2024), notamment fonciers, en partie financés par le réinvestissement de bénéfices. Par ailleurs, l’activité des nombreuses entités à vocation spéciale domiciliées à Chypre, notamment dans le transport maritime et la finance, altère les statistiques extérieures par leurs investissements (navires, licences…) majoritairement financés par des engagements étrangers. Ces entités, avec peu de lien avec l’économie domestique, sont pour l’essentiel, exclues de notre analyse.

Un paysage politique fragmenté et des tensions persistantes avec la Turquie

D’après les sondages (janvier 2026), les élections législatives de mai 2026 devraient confirmer la division parlementaire. La fragmentation politique s’est déjà accentuée lors des élections européennes de juin 2024 où les deux principaux partis soutenant le gouvernement – le Parti démocrate centriste (Diko) et le Mouvement des sociaux-démocrates de centre-gauche (Edek) – ont obtenu de mauvais résultats avec seulement 15% des voix à eux deux. Depuis son élection, en février 2023, le président Níkos Christodoulídes, un indépendant, est contraint de gouverner avec un gouvernement minoritaire au parlement (17 sièges sur 56). Alors que la législation est adoptée au cas par cas par des majorités de circonstance, les résultats risquent de rendre le processus encore plus difficile. En proie à ces problèmes de gouvernance, Chypre a tardé à tirer parti des fonds de l'UE en raison de retards dans la mise en œuvre des objectifs de réforme (collecte des impôts, énergie, santé, éducation et infrastructures de transport) nécessaires pour accéder à la part qui lui est allouée. De plus, cela complique davantage l’élaboration d’un consensus politique autour de la division de l’île.

L'île de Chypre est divisée entre la République de Chypre (RC), alliée à la Grèce et membre de la Zone euro, qui contrôle la moitié sud de l'île, et la République turque de Chypre du Nord (RTNC), qui n'est reconnue que par la Turquie. Alors qu'un cessez-le-feu existe depuis 1974 via l’instauration d’une ligne verte avec la présence des forces de l’ONU, les tensions persistent entre la Grèce, Chypre et l'UE, d'une part, et la Turquie, d'autre part. Les revendications maritimes de la Turquie et de la RTCN en Méditerranée orientale, comprenant l’exploration d’importants gisements de gaz, sont un point de tension crucial. Depuis 2018, la Turquie a envoyé à plusieurs reprises des navires d'exploration escortés par des navires militaires dans les eaux contestées. La république de Chypre reste un membre clé de l'EastMed Gas Forum, une alliance avec l'Égypte, la Grèce, Israël, l'Italie, la Jordanie et la Palestine, visant à favoriser une industrie gazière régionale. Chypre pourrait profiter de sa présidence au Conseil de l’UE durant le premier semestre 2026 pour inviter le président turc à un Conseil informel qui se tiendra à Chypre en avril 2026. La voie vers une solution durable reste peu probable à l'heure actuelle. La République de Chypre et l’UE souhaitent une fédération, alors que le président turc souhaite deux états. En l’espèce, même si le président actuel de la RTNC serait d’accord pour une fédération, la Turquie s’y opposerait.

Conditions de Paiement et Moyens de Recouvrement

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Paiement

Les lettres de change sont utilisées par les sociétés chypriotes dans les transactions nationales et internationales. En cas de défaut de paiement, une protestation certifiant la lettre refusée sera établie par un notaire dans les deux jours ouvrables suivant la date d’échéance.

Lorsque les chèques restent largement utilisés dans les transactions internationales, dans l’environnement commercial national les chèques sont traditionnellement utilisés moins en qualité d’instrument de paiement que comme instrument de crédit, ce qui permet de créer des dates d’échéance de paiement successives. Par conséquent, une pratique fréquente et largement répandue est que plusieurs créanciers endossent des chèques postdatés. Par ailleurs, les émetteurs de chèques refusés peuvent être passibles de poursuites, sous réserve qu’une plainte soit déposée au titre des procédures civiles ou pénales.

Au lieu de billets à ordre qui, en général, ne sont pas utilisés comme garantie ou mode de paiement à Chypre, on peut obtenir une reconnaissance de dette écrite qui peut ultérieurement être utilisée comme preuve essentielle au cours des audiences au tribunal.

Les virements bancaires SWIFT, bien établis dans les cercles bancaires chypriotes, sont utilisés pour régler une partie croissante des transactions et offrent un procédé de paiement rapide et sécurisé. Par ailleurs, les virements bancaires SEPA gagnent en popularité car ils sont rapides, sûrs et sont soutenus par un réseau bancaire plus développé.

Recouvrement des créances

Phase amiable

Avant d’engager des procédures auprès d’un tribunal compétent, une autre méthode pour recouvrer une dette consiste à tenter de s’entendre avec le débiteur sur un plan de règlement. En général, on parvient à l’arrangement le plus favorable dans le cadre d’un processus de négociation.

Le processus de recouvrement commence par l’envoi au débiteur d’une demande finale de paiement par courrier recommandé avec accusé de réception, lui rappelant ses obligations de paiement et mentionnant les pénalités d’intérêt qui peuvent avoir été convenues contractuellement ou, à défaut, celles qui résultent des intérêts au taux légal.

L’intérêt est dû à compter du jour qui suit la date de paiement figurant sur la facture ou le contrat commercial à un taux, sauf si les parties en conviennent autrement, égal au taux de refinancement de la Banque centrale européenne, majoré de sept points.

Procédure judiciaire

Introduite en 2015, les poursuites concernant de petites créances (maximum 3 000 EUR) peuvent suivre une procédure simplifiée et plus rapide. Pour engager une telle procédure, le créancier doit détenir un document écrit qui était la demande qui est à l’origine de sa procédure, notamment un Relevé de compte, une reconnaissance de dette établie sous seing privé, la facture originale résumant la marchandise vendue portant la signature de l’acheteur et le tampon certifiant la réception ou le bordereau de livraison original signé par l’acheteur.

Pour toutes les autres réclamations, la procédure classique est suivie:

Le créancier dépose une demande auprès du tribunal, qui la transmet au débiteur par l'intermédiaire d'un huissier de justice privé. Une citation à comparaître ne peut être en vigueur plus de 12 mois à compter du jour de son émission, sauf si elle est renouvelée par une décision de justice.

Dès la notification de l'assignation, le défendeur a dix jours pour se présenter, puis il doit présenter sa défense dans les 14 jours. Si le défendeur ne comparaît pas dans le délai prescrit, le demandeur peut demander et obtenir un jugement par défaut. Un défendeur peut comparaître en dehors du délai prescrit pour bloquer l'émission d'un jugement par défaut.

Si le défendeur comparaît mais ne se défend pas, le demandeur peut déposer une demande de jugement sans qu'une audience complète ne soit tenue. En outre, lorsque le défendeur comparaît ou se défend dans le cadre d'une citation à comparaître spécialement signée, le demandeur peut, le cas échéant, demander un jugement en référé au motif qu'il n'y a pas de défense à l'action.

Lorsqu'une défense est déposée, le demandeur peut déposer une réponse à la défense dans un délai de sept jours à compter de sa signification. Si le défendeur présente une demande reconventionnelle, le demandeur doit déposer une réplique à la défense et une défense à la demande reconventionnelle dans un délai de 14 jours à compter de sa notification.

Une fois les plaidoiries closes, le demandeur dispose de 90 jours pour délivrer et déposer une citation à comparaître pour obtenir des instructions ensemble et conformément au formulaire 25 demandant la délivrance d'instructions spécifiques par la juridiction (ordonnance 30, règle 1 (a) et (b), CPR).

Une fois toutes les procédures terminées, l'affaire sera mise en délibéré et, selon le calendrier des tribunaux, il peut s'écouler plus de trois ans entre la date de dépôt et l'audience. Lors de l'audience, le demandeur doit prouver sa cause selon la prépondérance des probabilités en produisant des preuves suffisantes et admissibles concernant toutes les allégations qui ne sont pas admises par le défendeur. Il en va de même pour le demandeur reconventionnel. Après la conclusion de l'audience et les plaidoiries finales des avocats, un jugement est rendu.

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Exécution d’une décision de justice

L’application d’une décision interne peut commencer dès que le jugement définitif est prononcé. Si le débiteur ne respecte pas le jugement, ce dernier est applicable directement par le biais de la saisie des biens du débiteur.

Le créancier judiciaire a plusieurs options sur la manière de procéder à l'exécution de la dette judiciaire. En vertu du droit de la procédure civile, toute décision de justice ordonnant le paiement d'une somme d'argent peut être exécutée par de nombreuses méthodes telles que:

Un titre exécutoire pour la vente de biens mobiliers.

Un titre exécutoire pour la vente de biens immobiliers ou l'enregistrement d'une ordonnance de mise en charge de la propriété.

Un titre de séquestre de biens immobiliers.

L'ordre au débiteur judiciaire d'effectuer des paiements mensuels sur la dette. Le montant et les dates des paiements seront déterminés par le tribunal en fonction de la situation financière du débiteur judiciaire, etc.

Pour les sentences étrangères rendues dans un État membre de l’Union européenne, Chypre a adopté des conditions d’application avantageuses telles que les Ordres de paiement européens ou le Titre exécutoire européen. Pour les décisions rendues par des pays non membres de l’UE, elles seront appliquées automatiquement en fonction de traités d’application réciproques. En l’absence d’un accord, des procédures d’exequatur seront mises en place.

Procédure d’insolvabilité

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PROCÉDURE DE RESTRUCTURATION

Cette procédure vise à aider les débiteurs à rétablir leur crédibilité et leur viabilité et à poursuivre leurs opérations au-delà de la faillite, en cherchant à négocier un accord entre les débiteurs et les créanciers concernés. Pendant cette procédure, les réclamations et les mesures d’application à l’encontre des débiteurs peuvent être suspendues mais le tribunal nommera un administrateur pour contrôler les biens et les performances du débiteur. Le processus de restructuration commence par la soumission par le débiteur d’un plan au tribunal, ce dernier, procède à un examen judiciaire du plan proposé tandis qu’un médiateur nommé par le tribunal évalue les attentes des créanciers.

LIQUIDATION JUDICIAIRE

La procédure commence par une procédure d’insolvabilité engagée par le débiteur ou par ses créanciers. Le tribunal nomme un administrateur dès que les dettes sont confirmées. Par ailleurs, on attribuera à un Regroupement de créanciers (trois membres représentant chacun une classe de créanciers) la responsabilité de superviser les procédures, cette responsabilité se termine dès lors que le produit de la vente des biens de l’activité est distribué.

Dernière mise à jour : février 2026