Etudes économiques
Albanie

Albanie

Population 2,9 millions
PIB par habitant 5 323 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,1 2,2 -7,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,0 1,4 1,4 1,7
Solde public / PIB (%) -1,3 -2,0 -8,4 -4,7
Solde courant / PIB (%) -6,8 -7,6 -11,7 -8,5
Dette publique / PIB (%) 69,5 67,7 83,3 83,2

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Candidate à l’adhésion à l’Union européenne, Accord de stabilisation et d’association
  • Potentiel minéral (pétrole, chrome, cuivre, fer-nickel, silicates, charbon), hydroélectrique et touristique
  • Longue façade maritime
  • Main d’œuvre abondante et peu onéreuse
  • Flexibilité du change allant de pair avec fermeté du lek face à l’euro et des réserves conséquentes

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte et faiblement diversifiée
  • Démographie défavorable : vieillissement et immigration
  • Economie informelle importante (un tiers) rognant les recettes publiques, mais en diminution
  • Pauvreté, place réduite de l’éducation, faible qualification de la main d’œuvre
  • Dépendance à la pluviométrie : agriculture (1/5 du PIB pour 42% des emplois) et hydroélectricité (98% de l’électricité) et exposition au risque sismique
  • Manque d’efficacité et politisation de la justice et de l’administration
  • Corruption et crime organisé, parfois lié au trafic de drogue

appréciation du risque

Une reprise contrainte par des facteurs extérieurs

En 2021, la reprise sera principalement soutenue par la consommation des ménages et l’investissement public dans les travaux de reconstruction à la suite du séisme de fin 2019. La consommation des ménages, principal pilier de la demande, devrait croître au second semestre avec la fin des restrictions liées au contrôle de la pandémie. L’inflation basse, toujours en deçà de la cible de 3% de la banque centrale, devrait bénéficier aux ménages, de même que la politique accommodante de la banque centrale (taux de 0,5% depuis mars 2020). Cependant, cette demande privée souffrira du taux de chômage élevé (14,5% fin 2020), de l’informalité importante dans l’économie limitant l’impact de l’aide gouvernementale, ainsi que du faible dynamisme des remises des expatriés albanais en Italie et dans les pays voisins. La dépense publique sera principalement orientée vers l’investissement en infrastructure pour finaliser la reconstruction à la suite du séisme, ralentie par les mesures de confinement. Le besoin de consolidation budgétaire devrait toutefois contraindre ces investissements. Les investissements privés seront largement effectués par des investisseurs étrangers, qui dominent le marché. Ils resteront concentrés dans l’industrie extractive (pétrole, minerais), la construction (touristique, notamment) et les services de télécommunications. Principalement issus de Suisse, des Pays-Bas et du Canada, ils devraient pâtir du climat d’incertitude et de la morne reprise de l’activité en Europe. La demande extérieure ne devrait que faiblement participer à la reprise, contrainte par une activité encore faible en Italie, principale acheteuse des biens manufacturés et principale source des flux touristiques dans le pays.

Pour cette même raison, l’ensemble des secteurs liés au tourisme (27% du PIB au total) continueront d’être affectés par les obstacles aux déplacements de personnes. L’agriculture restera l’un des piliers centraux de l’économie (18,7% du PIB en 2019). Les industries extractrices (pétrole, minerais) devraient aussi croître, tirées à la hausse par des prix moyens plus élevés. L’industrie manufacturière, principalement orientée vers des biens à faible valeurs ajoutée, comme l’habillement, devrait rester contrainte par l’activité chez son principal partenaire, l’Italie.

 

Consolidation budgétaire nécessaire et position extérieure fragile mais soutenable

Alors que la consolidation budgétaire avait commencé à marquer le pas depuis 2017 et la fin du programme FMI, la pandémie et les plans d’aide successifs ont fait dérailler la trajectoire des finances publiques. En 2021, le gouvernement continue sa stratégie de consolidation, visant à élargir son assiette fiscale et rendre plus efficiente la collecte d’impôts. La hausse des salaires des fonctionnaires prévue devrait, toutefois, limiter la réduction du déficit. Il sera financé par le biais domestique avec retraits sur les dépôts auprès de la banque centrale ainsi qu’auprès des banques, mais aussi par des prêts multilatéraux (suite des versements de la Commission européenne et autres prêts-projets type BERD). La dette publique restera soutenable, bien que le besoin brut de financement soit élevé à cause de la maturité plus courte de sa part domestique (50% du total) induisant un risque de refinancement. Toutefois, ce risque restera limité grâce à un accès aux bailleurs multilatéraux (BERD) et des taux d’intérêt encore bas sur les marchés internationaux comme observé lors de l’émission de juin 2020. Par ailleurs, la dette extérieure reste largement concessionnelle (52% du total).

Le déficit commercial (23% du PIB) devrait s’accroître en 2021 avec une hausse des importations suite à la reprise de la demande interne, notamment pour les biens à haute valeur ajoutée et pour répondre aux efforts de reconstruction. Ce regain sera supérieur à la hausse des exportations (textile, chaussure, pétrole, minerais, électricité), affectées par l’atonie de la demande italienne, malgré le dynamisme des exportations agricoles. Les exportations de service devraient encore être entravées par les mornes performances du secteur touristique, alors qu’augmenteront les importations de service de support pour les travaux de reconstruction. Cependant, le compte courant devrait voir son déficit se réduire grâce à une hausse du surplus des transferts, soutenus par l’aide financière, ainsi que par la reprise, même modérée, des remises des expatriés. Le besoin de financement devrait être couvert par les investissements directs étrangers et l’aide multilatérale. Les prêts multilatéraux et l’émission obligataire précitée ont permis de reconstituer les réserves de change (équivalentes à 5,3 mois d’importations fin 2020), soutenant le cours du lek.

 

Une année électorale sous haute tension

Alors que le climat politique était déjà tendu depuis les élections de 2017, le tremblement de terre de novembre 2019 et la crise liée à la pandémie de la COVID-19 ont créé une situation très instable à l’approche des élections législatives prévues pour avril 2021. Face au parti socialiste au pouvoir mené par le premier ministre Edi Rama, les principaux partis d’opposition ont quitté le parlement en février 2019 cherchant à déplacer le centre de la scène politique dans la rue. Les tensions sont fortes autour de la mise en place d’une réforme électorale négociée avec l’opposition extraparlementaire réclamée par l’Union européenne pour ouvrir les discussions d’adhésion. Dans ce contexte, le dénouement de la bataille se jouera sur les premiers mois de 2021. Le vainqueur aura beaucoup à faire pour améliorer l’efficacité administrative et judiciaire, lutter contre la corruption et le crime organisé et toutes sortes de trafic avec l’Italie.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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