Etudes économiques
Bangladesh

Bangladesh

Population 166,6 millions
PIB par habitant 1 816 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 7,7 8,1 3,8 4,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,8 5,5 5,6 5,9
Solde public / PIB (%)* -4,6 -5,4 -5,4  -6,7
Solde courant / PIB (%) -3,5 -1,7 -1,5 -2,7
Dette publique / PIB (%) 34,6 35,8 39,6 41,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2020 de juillet 2019 à juin 2020

POINTS FORTS

  • Secteur de l’habillement compétitif, grâce à une main-d’œuvre relativement bon marché
  • Envois de fonds substantiels de la part de travailleurs expatriés, vivant principalement dans les États du Golfe
  • L’aide internationale contribue à couvrir les besoins de financement
  • Niveau modéré de la dette publique
  • Démographie favorable : un tiers des Bangladais ont moins de 15 ans
  • Progrès de l’inclusion financière grâce à la microfinance et aux services mobiles

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux changements de la concurrence mondiale dans le secteur textile et à l’évolution de la situation dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe
  • Très faible revenu par habitant et faible participation des femmes malgré les progrès accomplis
  • Tensions politiques, religieuses et sociales récurrentes et croissantes
  • Défaillances du climat des affaires et manque d’infrastructures
  • Un des pays les plus vulnérables au risque climatique : catastrophes naturelles récurrentes (cyclones, inondations graves, glissements de terrain) entraînant d’importants dégâts et pertes de récolte
  • Secteur bancaire fragile ; nombreux prêts non productifs dans le bilan des banques

Appréciation du risque

La croissance s’effrite mais ne s’effondre pas

La croissance a perdu son dynamisme en raison de la crise du COVID-19. Le pays a été confiné entre mars et mai, impliquant la fermeture d’usines, de lieux publics et des restrictions de déplacements. Les mesures ont été levés fin mai permettant la reprise des activités économiques et commerciales. Les autorités sont particulièrement vigilantes concernant les usines de textiles, où l’environnement et l’organisation favorisent la propagation du virus. L’industrie du textile représentant 80% des exportations et 13% du PIB, la crise du COVID-19 a fortement pénalisé le secteur en raison de la fermeture des usines mais également l’annulation de commandes de la part de clients. La capacité de l’industrie à se relever de la crise sanitaire et économique sera un élément clé pour stimuler la croissance et les exportations en 2021. L’investissement appuiera aussi la reprise, notamment à travers le Programme annuel de développement (PAD) du gouvernement, dont le but est de développer les infrastructures pour combler les lacunes dans les transports, l’éducation, l’eau et l’énergie, qui limitent la production dans les secteurs tournés vers l’export. La situation démographique (faible coût du travail, population jeune) attire les investisseurs étrangers mais la faiblesse du système bancaire constitue un frein pour l’expansion des investissements (les IDE représentent moins de 1% du PIB). L’inclusion du Bangladesh dans des projets (ports, routes notamment) dans le cadre des Routes de la soie ces dernières années, a renforcé les investissements chinois déjà conséquents. L’inflation se maintiendra à un niveau stable, mais relativement élevé, à cause des pressions de la forte demande liée à la reprise de la consommation privée (70% du PIB), des mauvaises récoltes (liées à d’importantes inondations en juillet 2020) et de la politique monétaire accommodante qui vise à fournir de la liquidité dans l’économie.

 

Des déficits jumeaux contenus malgré la crise

En plus de la hausse des dépenses contre la COVID-19 (achats d’équipements médicales, hausse des transferts sociaux et subventions), les investissements en infrastructures au titre du PAD (environ 30% des dépenses), tels que le métro de Dhaka ou la centrale nucléaire de Rooppur, continueront de peser sur le budget du gouvernement. Les recettes fiscales, limitées par une assiette de l’impôt sur le revenu étroit, sont inférieures à 10 % du PIB. Le nouveau régime de TVA, en vigueur depuis juillet 2019, devrait néanmoins permettre leur augmentation quand l’activité aura retrouvé son niveau d’avant-crise. Le niveau de la dette publique demeurera soutenable d’après le FMI (plus de 60 % étant de la dette concessionnelle). Les banques commerciales sont caractérisées par un ratio élevé de créances douteuses, en particulier celles possédées par l’État (dans lesquelles ce ratio dépasse 30 %), ce qui pourrait menacer la stabilité financière.

Du côté des comptes extérieurs, la balance commerciale (-5,5% du PIB) est structurellement déficitaire en raison de la dépendance du pays aux importations (biens d’équipement, énergie et coton). Les exportations, portées par le segment du prêt-à-porter, compétitif et en expansion, ont repris mais continuent de dépendre de la conjoncture économique de ses partenaires commerciaux et de l’évolution de la crise sanitaire (l’Union Européenne et Etats-Unis sont les destinataires de respectivement 43,5% et 19,3% des exportations). Les transferts de fonds des travailleurs expatriés (5,6% du PIB), qui avaient été affectés par la baisse d’activités dans le Moyen-Orient, ont repris depuis juillet 2020 et compenseront en partie le déficit commercial. Le déficit courant restera financé par les IDE, en augmentation, ainsi que par l’aide internationale. Les réserves de change offrent un filet de sécurité satisfaisant, représentant environ 5,5 mois d’importations.

 

Une stabilité politique fragile malgré la continuité à la tête de l’État

Le pays a subi plusieurs coups d’État militaires depuis sa création en 1971. La stabilité politique est vulnérable aux tensions entre la Ligue Awami (AL), au pouvoir, et le Parti nationaliste bangladais (BNP). L’AL est associé à l’indépendance et à une idéologie plus laïque que le BNP, lié à l’héritage de la dictature militaire et à une conception de l’Islam plus traditionnelle et plus stricte. Cela pourrait se traduire par des frictions entre la majorité musulmane de la population et les groupes religieux minoritaires, tandis que les risques de grève de travailleurs et d’attaques terroristes demeurent. La dirigeante du BNP, Khaleda Zia, condamnée à la prison en 2018 pour corruption, a été libérée pour des raisons médicales en mars 2020 pour 6 mois (étendu jusqu’à mars 2021) à condition qu’elle reste à Dakha et prenne un traitement. L’AL, au pouvoir depuis 2009, a remporté la quasi-totalité des sièges aux élections législatives fin 2018. Toutefois, cela ne mettra pas fin au risque de troubles sociaux, des accusations de fraude pesant sur le parti. Ces risques, associés au niveau élevé de la corruption, contribuent à la défaillance du climat des affaires au Bangladesh.

Au-delà de la lutte contre la COVID-19, les principaux défis de gouvernance resteront la pauvreté et le développement. Le gouvernement, dans le cadre du plan « Vision 2041 », fixe des objectifs alignés sur les ambitions du pays et devenir d’ici 2031 un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure soit un PIB/habitant entre USD 4000 et USD 12500 (définition de la Banque Mondiale) puis un pays à revenu élevé en 2041. La crise des réfugiés Rohingyas est un enjeu croissant à mesure que la situation s’enlise. Sur le plan international, le Bangladesh continuera de se concentrer sur les relations avec la Chine et l’Inde.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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