Etudes économiques
Barbade

Barbade

Population 0,3 million
PIB par habitant 16 817 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) -13,5 1,0 10,0 4,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,8 3,5 8,5 5,0
Solde public / PIB (%) -4,5 -4,8 -2,5 -1,0
Solde courant / PIB (%) -5,9 -10,0 -11,0 -8,0
Dette publique / PIB (%) 139,8 135,1 122,5 115,0

(e): Estimate (f): Forecast *Année budgétaire du 1er avril au 31 mars. Données 2023 : 2023/24

POINTS FORTS

  • Destination touristique prisée
  • Stabilité institutionnelle et sociale
  • Réputation grandissante de centre international pour les services financiers (environ 2% du PIB en 2022)
  • Institutions publiques efficaces favorisant l’efficacité de la gouvernance
  • Réserves de change élevées (près de 7 mois d’importations en février 2023)
  • Stabilité du taux de change (ancrage monétaire à l’USD, 1 USD = 2 BDD)
  • Confiance du FMI

POINTS FAIBLES

  • Dette publique élevée malgré sa restructuration en 2018-2019
  • Exposée aux effets du changement et des aléas climatiques (ouragans) et à l’activité volcanique de la Soufrière (située sur l’île voisine de Saint-Vincent)
  • Dépendance aux importations de biens alimentaires, d’équipements et d’énergie accentuée par l’insularité
  • Dépendance aux touristes en provenance du Royaume-Uni (33% des visiteurs en 2022), des Etats-Unis (30%), du CARICOM (15%) et du Canada (13%)
  • Dépendance des exportations de biens (8% du PIB en 2022) aux conjonctures américaines, caraïbes, et à la navigation de plaisance (accastillage)
  • Toujours sous surveillance du GAFI (Groupe d'action financière) malgré quelques progrès en matière de transparence fiscale
  • Chômage élevé (9% de la population active en 2022)
  • Pauvreté et inégalité répandues (coefficient de GINI de 53,6 en 2020)

Appréciation du risque

Une croissance résiliente grâce au tourisme

La reprise touristique (30% du PIB contre 40% en 2019) a porté l’activité en 2022. En 2023, la croissance résistera aux pesanteurs extérieures. Tout d’abord, le tourisme (40% des emplois en 2022) continuera de porter l’activité, même si les moroses conjonctures anglo-saxonnes pourraient freiner sa reprise. Ajouté à l’impact positif de la baisse de l’inflation sur le revenu des ménages, cela favorisera la consommation domestique (52% du PIB en 2022), en dépit d’une baisse possible des remises des expatriés (2,5% du PIB en 2023), résidant principalement en Amérique du Nord. De plus, les investissements privés (15% du PIB en 2022) progresseront dans les infrastructures touristiques, le secteur des énergies renouvelables et le secteur financier, contrebalançant toujours la compression des investissements publics (2% du PIB en 2022). Enfin, le ralentissement des voisins du CARICOM (73% des exportations de biens hors accastillage en 2021) impactera peu les productions industrielles et agricoles. En effet, les exportations de carburants (21% des exportations totales en 2021), en rhum (17%), en étiquetage papier (4%), en ciment (3%) et en margarine (3%) progresseront modérément, alors que la vente de réactifs médicamenteux (7%) augmenterait significativement.

 

Un déficit courant et un endettement public toujours élevés, malgré la consolidation budgétaire

En 2022, malgré la reprise du tourisme, le renchérissement des importations pétrolières (10% du PIB) et alimentaires (8%) a creusé le déficit courant. En 2023, il devrait conserver un niveau élevé. La baisse relative des prix de l’énergie et de l’alimentation, ainsi que la reprise modérée du tourisme diminueront le déficit commercial (6% du PIB pour 2023). La balance des revenus (2% du PIB pour 2023) demeurerait déficitaire en raison de l’augmentation des rapatriements de leurs bénéfices par les acteurs étrangers du tourisme et de la baisse des remises des expatriés. Le flux d’IDE (5% du PIB pour 2023) et les prêts multilatéraux (moins de 3% du PIB, avec le FMI, la BIAD et d’autres) solderont le déficit courant. En plus de la dépendance énergétique et alimentaire, le niveau élevé du déficit s’explique par les importations d’équipements hôteliers (31% des importations en 2021, 10% du PIB en 2022) et automobiles (respectivement 5% et 2%). Enfin, les réserves de la banque centrale de la Barbade demeuraient suffisantes (7 mois d’importations en février 2023) pour assurer l’ancrage monétaire à l’USD.

Le déficit budgétaire a diminué en 2022, après avoir augmenté en lien avec la pandémie. La consolidation budgétaire se poursuivra en 2023. Un important excédent primaire (c.à.d. hors charge des intérêts) est dégagé (3,1% du PIB en 2023 contre 2,8% en 2022). D’une part, les recettes touristiques porteront toujours les rentrées fiscales (29% du PIB pour 2023). D’autre part, les dépenses publiques (26% hors intérêts) seront davantage contraintes . La recapitalisation de l’organisme de sécurité sociale (« National Insurance and Social Security ») sera compensée par le resserrement des salaires dans la fonction publique. En outre, la charge de la dette demeurera élevée (au moins 4,4% du PIB pour 2023).

Un nouveau Plan de relance et de transformation économiques (BERT) courant jusqu’en 2027 accompagne les deux programmes conjoints du FMI conclus fin 2022 pour 36 mois: le Mécanisme élargi de crédit (113 millions de USD) et le Mécanisme pour la résilience et la durabilité (293 millions de USD) soit au total 6,1% du PIB de 2023. Ils permettront de financer avantageusement la transition verte, la formation professionnelle et l'éducation, la construction de logements pour les revenus faibles et moyens, mais aussi de conforter le capital d’entreprises du tourisme et de consolider les réserves de la banque centrale. En outre, le besoin de financement public (10% du PIB pour 2023) demeurera soutenable, car principalement financé par des emprunts extérieurs concessionnels. En effet, suite à la restructuration de la dette en 2018/2019, la dette domestique (60% de la dette totale en 2023) a vu ses échéances allongées. La dette publique (60% domestique et en monnaie locale, 40% externe et en devise étrangère) a été restructurée en 2018/2019, permettant une large diminution de son service. Sa part domestique, très largement à court-terme, a soit été transformée en dette à long-terme, soit bénéficié d’un engagement des banques commerciales à la renouveler automatiquement sur 10 ans. Quant à sa part extérieure, l'obligation arrivant à maturité en 2029 (530 millions USD bénéficie d’une période de grâce de 5 ans. Au total, l’opération de restructuration a réduit l’encours total de l’équivalent de 30% du PIB. Par ailleurs, dans le cadre d’un accord dit de « conversion de dette pour la nature » (« Blue bonds ») conclu fin septembre 2022, la Banque interaméricaine de développement et « The Nature Conservancy »  ont permis le rachat et la conversion de 154 millions de dollars de dette onéreuse en apportant leur garantie, réorientant les intérêts économisés vers la préservation de 30% fonds marins barbadiens d’ici 2030.

 

Poursuite des réformes budgétaires, criminalité préoccupante

Depuis le référendum de 2021 abolissant la royauté britannique sur l’île, mais pas l’appartenance au Commonwealth, l’ancienne gouverneure générale et non partisane Sandra Mason est la présidente de l’Etat. La première ministre Mia Mottley, du parti travailliste (parti de gauche modérée), reconduite pour un second mandat de 5 ans lors des élections anticipées de janvier 2022, bénéficie d’une importante popularité et d’une majorité parlementaire écrasante (la totalité des 30 sièges de députés et 12 des 21 sièges du Sénat). Dans le cadre du BERT et du nouvel accord signé avec le FMI, elle poursuivra les réformes budgétaires, avec pour objectif, notamment, d’atteindre à moyen-terme un excédent primaire de 6% permettant de réduire l’endettement à 60% du PIB d’ici 2035 et de restructurer les entreprises publiques déficitaires. La criminalité entretenue par le trafic de drogue et la pauvreté justifiera un durcissement de la réponse pénale. Diplomatiquement, la Barbade conservera des relations étroites avec les Etats-Unis, le CARICOM et le Royaume-Uni, en particulier dans la lutte contre le réchauffement climatique, le trafic de stupéfiants et d’armes, et le crime organisé. Toutefois, le pays adhère depuis 2018 aux Nouvelles Routes de la Soie : la Chine aurait investi plus de 100 millions de USD dans les infrastructures depuis 2013.

 

Dernière mise à jour: Juin 2023

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