Etudes économiques
Belize

Belize

Population 0,4 millions
PIB par habitant 4 498 $USD
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

Major Economic Indicators

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 -2,0 -16,0 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,1 0,2 1,1 1,3
Solde public / PIB (%) -1,9 -4,0 -9,8 -8,2
Solde courant / PIB (%) -8,6 -8,1 -15,3 -11,4
Dette publique / PIB (%)* 101,5 105,1 134,6 137,0

(e): Estimation (p): Prévision *Dons inclus, année fiscal d’avril 2020 à mars 2021

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique
  • Industrie touristique très compétitive par rapport à ses pairs régionaux
  • Soutien des prêteurs internationaux

POINTS FAIBLES

  • Mauvaise santé budgétaire
  • Exportations non-diversifiées
  • Secteur manufacturier peu développé
  • Secteur agricole exposé aux événements climatiques
  • Criminalité

Appréciation du risque

Meurtri par la chute du tourisme et à la merci des conditions climatiques

Largement dépendant du tourisme, Belize a été le pays le plus fortement touché de la région par la récession en 2020, et commence l’année 2021 affaibli. La reprise de la pandémie aux Etats-Unis et en Europe à la fin de l’année 2020, ainsi que l’ampleur de la récession économique dans ces pays rendent peu probable une véritable reprise du tourisme et des croisières venant de ses pays, principales sources de visiteurs pour Belize. Le secteur touristique (40% du PIB) restera donc en convalescence, maintenant un chômage très élevé. 20,9% de la population active avait soumis une demande d’aide au chômage à l’automne 2020. En parallèle, le secteur agricole, second pilier de l’économie du pays (11% du PIB) devrait lui aussi être en difficulté. Après une grande sécheresse en 2019 qui avait entraîné une récession, les inondations liées aux ouragans ETA et IOTA en novembre 2020 ont détruit une partie de la production de légumes, de riz et de sucre. La faiblesse de ces deux secteurs, principaux piliers d’exportations de biens et services du pays, sera amplifiée par la reprise modérée de la demande externe. Les évolutions récentes dans ces deux secteurs auront aussi un effet défavorable sur leur attractivité en termes d’investissements étrangers. Hors, ces deux secteurs étaient jusque-là les principales cibles des investisseurs dans le pays. Le niveau global d’investissement dans le pays devrait donc en souffrir. La demande interne sera par conséquent principalement portée par la consommation des ménages (82% du PIB en 2019), soutenue par une faible inflation et la réouverture de l’économie en l’absence de nouvelles mesures pour lutter contre la pandémie. La politique expansionniste de la banque centrale de soutien au crédit via l’abaissement des réserves obligatoires pour les banques devrait aussi soutenir cette consommation. La demande publique devrait pour sa part rester largement contrainte par les difficultés de financement du gouvernement, malgré quelques projets de reconstruction suite aux ouragans de l’automne 2020, financés par l’aide internationale. Taiwan a notamment promis 100 000 USD pour aider à la reconstruction.

 

Risque de nouvelle restructuration de la dette publique et un compte courant fragile

La pandémie et la lutte contre son impact sanitaire et économique ont conduit au renversement de la tendance de consolidation des finances publiques entamée en 2018. Le déficit public a explosé en 2020 et ne devrait que marginalement se réduire en 2021. En effet, le manque à gagner restera important pour les recettes fiscales liées à l’activité touristique convalescente. Les dépenses ne devraient pas diminuer dans le cadre du plan de relance du nouveau premier ministre, centré sur le financement d’infrastructures et l’aide aux plus démunis. Une part importante du financement devrait donc venir de bailleurs internationaux et multilatéraux et du marché domestique, tout autre type de financement extérieur atteignant des coûts prohibitifs. La dette publique externe s’élevait à 90% du PIB en août 2020, mais cette part devrait diminuer avec le plus grand recours au marché domestique. En août 2020, le gouvernement a obtenu la capitalisation des paiements d’intérêts dus d’ici au mois de février 2021 pour les obligations en dollar arrivant à échéance en 2034. Cela devrait cependant s’avérer largement insuffisants, laissant la porte ouverte à une restructuration plus large, la quatrième en treize ans.

Au-delà de ces contraintes budgétaires, le pays doit aussi faire face à de forts déséquilibres extérieurs, liés à l’important déficit de 20 % du PIB pour les biens. Ceci s’explique principalement par la faiblesse du secteur manufacturier et la chute de la production domestique de pétrole en l’absence de découverte de nouveaux puits. Les exportations agricoles (sucre de canne, agrumes, bananes, légumes) ne devraient pas compenser, affectés par les conditions climatiques. L’excédent des services, encore très faible avec la mauvaise santé du tourisme mondial, et les remises des expatriés (5% du PIB en 2019) ne pourront compenser ce déficit, ni celui de la balance des revenus. Le compte courant restera donc largement déficitaire. Ce déficit ne sera pas entièrement couvert par les mornes investissements directs étrangers, accroissant la pression sur les réserves de change (4,5 mois d’importations fin août 2020) et l’ancrage du dollar bélizien au dollar états-uniens.

 

Fin de règne : arrivée de l’opposition au pouvoir après douze ans

Après trois mandats consécutifs sous la direction de Dean Barrow, le parti démocrate unifié, a été battu lors des élections de novembre 2020 par le parti d’opposition, le Parti unifié du peuple, alors que Dean Barrow avait annoncé son retrait de la politique. Le nouveau leader du parti démocrate, Patrick Faber, n’a su convaincre les électeurs qui se sont massivement rendus aux urnes (80% de participation), après différentes affaires de corruption début 2020. John Antonio Briceno est donc devenu premier ministre, prônant la lutte contre la corruption et s’engageant à relancer l'agriculture et le tourisme. La lutte contre le trafic de drogue et l’amélioration du climat des affaires resteront aussi des priorités pour ce nouveau gouvernement.

En termes d'affaires internationales, le principal sujet reste le différend frontalier avec le Guatemala qui revendique la moitié du territoire du Belize. En mai 2019, 55 % des Béliziens ont voté en faveur du recours à la Cour internationale de Justice (CIJ) pour régler le différend, après l'approbation d'un tel règlement par le Guatemala lors d'un référendum en 2018.

 

Dernier mis à jour: Février 2021

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