Congo (République du)

Afrique

PIB / Habitant ($)
2 308,5 $
Population (en 2021)
6,0 Millions

Evaluation

Risque Pays
C
Climat des affaires
D
Précédemment
C
Précédemment
D

suggestions

Résumé

Points forts

  • Ressources en hydrocarbures : pétrole (3e producteur d’Afrique subsaharienne), gaz
  • Potentiel agricole, sylvicole et minéral (fer, bauxite, bois, potasse, or) sous-exploité
  • Position stratégique attrayante pour la Chine, la Russie et les pays occidentaux
  • Excédent public, restructuration de la dette régionale
  • Membre de l’OPEP+ et de la CEMAC, soutien du FMI
  • Arrimage à l’euro favorisant la stabilité monétaire

Points faibles

  • Economie fortement tributaire du secteur pétrolier (50% du PIB, 90% des exportations, 60% des recettes fiscales)
  • Dépendance aux importations (alimentation, carburant)
  • Lourd endettement public, arriérés intérieurs, accès réduit aux marché financier international
  • Lenteur des réformes structurelles
  • Pauvreté généralisée exacerbée par l’absence de répartition équitable de la manne pétrolière
  • Infrastructures et services de transport, électricité, santé et éducation défaillants
  • Régime autoritaire, corruption, informalité (75% de l’emploi)
  • Agriculture de subsistance vulnérable aux aléas climatiques

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Chine
36%
Europe
29%
Singapour
13%
Vietnam (République socialiste du)
4%
Angola
3%

Import des biens en % du total

Chine 23 %
23%
Europe 21 %
21%
Angola 19 %
19%
États-Unis d'Amérique 4 %
4%
Namibie 3 %
3%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Accélération de la croissance assise sur les investissements pétroliers, gaziers et miniers

La croissance économique devrait poursuivre son accélération en 2026. Le pays a adopté des mesures afin de renforcer l’attractivité du secteur des hydrocarbures, notamment par une plus grande transparence dans l’attribution des contrats et l’octroi d’allègements fiscaux, pour accroître la production à la fois par la stabilisation des champs matures et le forage de nouveaux puits. En avril 2025, TotalEnergies a indiqué vouloir investir 500 millions de dollars pour garantir la pérennité du champ offshore de Moho Nord (environ 100 000 barils/jour) tout en lançant des nouvelles activités d’exploration. Parallèlement, la société chinoise China Oil Natural Gas Overseas Holding Ltd (COGO) prévoit d’investir 150 millions de dollars sur trois ans pour développer les champs Conkouati-Koui et Nanga III. Fin 2025, un accord de 23 milliards de dollars a été conclu avec la compagnie chinoise Wing Wah pour moderniser les infrastructures des permis Banga Kayo, Holmoni et Cayo, forer de nouveaux puits, avec un objectif d’augmentation de la production de 200 000 barils/jour d’ici 2050, et valoriser la production, gaz compris. La production pétrolière devrait dépasser légèrement le quota de l’OPEP (277 000 b/j) en 2026, tout en demeurant en deçà du record atteint de 329 000 b/j en 2019. Le secteur gazier soutiendra également la croissance, porté par le projet Congo GNL sur le bloc offshore Marine XII. La mise en service par ENI d’un second terminal flottant en 2025, le FLNG Nguya, porte la capacité de production à 3 millions de tonnes par an, destinées à l’exportation vers l’Europe et à la génération électrique nationale. Par ailleurs, l’adoption d’un nouveau Code gazier en 2026 viendra clarifier la fiscalité du secteur et les conditions de licence afin d’attirer davantage d’investisseurs. La diversification économique demeure au cœur du Plan national de développement (PND) 2022?2026, mais le développement de l’agriculture (9% du PIB) et des services (39%) reste limité. Le secteur minier poursuivra son expansion, encore dominé par l’exploitation artisanale, mais soutenu par plusieurs projets structurants. L’exploitation du gisement de fer de Mbalam?Nabeba - qui s’étend jusqu’au Cameroun voisin – a débuté en mai 2024 et devrait représenter à terme le cinquième pôle mondial d’extraction du minerai. Dans la potasse, l’entreprise britannique Kore Potash poursuit le développement du projet Kola, situé dans le bassin de Sintoukola. Doté d’un potentiel estimé à 50 millions de tonnes sur 23 ans, la construction des installations devrait débuter courant 2026. Enfin, la demande intérieure sera soutenue par une consommation privée résiliente et un investissement public dynamique.

En 2026, l’inflation devrait rester proche du plafond de 3 % fixé par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). La baisse des prix mondiaux de l’énergie et l’appréciation du franc CFA face au dollar contiennent les tensions inflationnistes, mais les pénuries épisodiques d’électricité, d’eau et de carburant constituent des risques haussiers. En décembre 2025, la BEAC a relevé son taux directeur à 4,75 %, son premier resserrement monétaire depuis mars 2023, alors qu’elle prévoit un ralentissement de la croissance régionale. Cette décision s’explique par la volonté de préserver ses réserves de change, passées à 4,2 mois d’importations fin 2025 (contre 4,9 mois l’année précédente).

L’érosion des prix du pétrole pèse sur les comptes publics et extérieurs

La consolidation budgétaire engagée dans le cadre de la Facilité élargie de crédit du FMI (455?millions de dollars) devrait se poursuivre en 2026, bien que sa trajectoire soit incertaine en raison de la fin du programme en mars 2025. Les dépenses publiques resteront soutenues, car les autorités continueront de viser la réduction de la pauvreté, notamment à travers la santé et l’éducation, et la réalisation du PND 2022-2026. Toutefois, l’allègement des subventions aux carburants favorisera la maîtrise des dépenses. Des progrès ont été réalisés dans la mobilisation des recettes fiscales, grâce à la réduction des exonérations, le recouvrement des arriérés d’impôts et la digitalisation des procédures. L’expansion des secteurs gazier et minier contribuera également au renforcement des recettes non pétrolières. Néanmoins, l’érosion des recettes pétrolières liée à la baisse des prix mondiaux du baril pèse sur l’excédent public, le pétrole représentant 60?% des recettes fiscales. La dette publique rapportée au PIB devrait poursuivre sa décrue en 2026, soutenue par l’apurement progressif des arriérés de paiement, lesquels représentaient 15?% du stock de dette à fin octobre 2025 contre 32?% en 2020. Le ratio restera néanmoins audessus du plafond fixé par la CEMAC de 70?% du PIB. La restructuration de 85?% de la dette régionale opérée en 2024 a permis des économies sur le service de cette dette d’environ 700 milliards FCFA (1 milliard d’euros) sur 2024-2028. Néanmoins, le service représente encore plus de 10% du PIB et la moitié des recettes publiques. Même si la part régionale de la dette a augmenté (60?% en 2025), reflet du recentrage sur le marché régional afin de limiter l’exposition aux risques de taux d’intérêt et de change, le pays a procédé en novembre?2025 à l’émission d’une euroobligation de 670?millions de dollars (taux de 9,8?% sur 7?ans). La majorité de la dette extérieure est bilatérale ou multilatérale (78% en 2024).

L’apparition d’un déficit courant en 2025 reflète le recul des prix pétroliers - le pétrole représente 90% des exportations congolaises - et la hausse des importations liée à la diversification économique et au développement du secteur des hydrocarbures. Le déficit structurel des revenus primaires pèsera aussi en raison de l’augmentation des rapatriements de bénéfices des compagnies pétrolières. Les réserves de change resteront sous pression, ne représentant en moyenne que 2 mois de couverture des importations en 2026.

Le Président Sassou-Nguesso et le Parti congolais du travail conservent leur forte emprise

Le président Denis Sassou?Nguesso, âgé de 82 ans et cumulant plus de quatre décennies au pouvoir, devrait conserver la présidence lors de l’élection de mars 2026, après avoir été désigné à l’unanimité comme candidat du Parti congolais du travail (PCT). En juin 2025, neuf partis d’opposition ont annoncé la création du Rassemblement des forces de changement (RFC), dans l’objectif de constituer une alternative crédible au pouvoir. Toutefois, la coalition n’est pas encore parvenue à s’accorder sur un candidat commun. Détenant près de 74% des sièges à l’Assemblée nationale, le PCT devrait conserver une large majorité lors des élections législatives prévues en juillet 2027. Les scrutins sont peu susceptibles d’être équitables en raison des contraintes persistantes qui pèsent sur la campagne de l’opposition et des accusations récurrentes de fraude électorale. Le non-respect des normes démocratiques, la corruption ainsi que le faible niveau de développement socio-économique alimenteront une frustration sociale grandissante et des protestations sporadiques, qui ne trouvent pas d’expression politique.

Le gouvernement continuera de privilégier ses relations avec la Chine, principale partenaire pour les exportations pétrolières (36% en 2024) et grande source d’importations, alors qu’il cherche à stimuler les investissements étrangers dans les hydrocarbures et le secteur minier naissant. Les liens entre le Congo et la Russie sont anciens. La Russie est impliquée dans la construction d’infrastructures congolaises (hydroélectricité, routes…) à travers la fourniture de matériel et de matériaux, ainsi que dans les secteurs agricole, minier et pétrolier, tout en apportant un soutien diplomatique et militaire. En 2024, les deux pays ont approuvé la construction d’un oléoduc entre Pointe-Noire et Brazzaville, dont 90% sera détenu par les russes. Les travaux pourraient débuter en 2026 pour une durée estimée à trois ans. Enfin, la France restera un partenaire important, malgré des relations tendues, ainsi qu’avec d’autres partenaires occidentaux, en raison des enquêtes en cours sur la famille du président et la corruption en général.

Dernière mise à jour : février 2025

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