Etudes économiques
Bénin

Bénin

Population 11,8 millions
PIB par habitant 1 218 $US
B
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,7 6,9 2,0 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 1,0 1,0 1,5
Solde public / PIB (%) -4,0 -3,0 -3,8 -3,2
Solde courant / PIB (%) -4,6 -4,3 -5,5 -5,0
Dette publique / PIB (%) 41,1 41,2 42,1 41,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel élevé de croissance, faible inflation
  • Important soutien financier international (APD, PPTE, IADM)
  • Position stratégique (accès à la mer pour les pays de l’hinterland)

POINTS FAIBLES

  • Forte pauvreté
  • Base d’exportation étroite et volatile (dépendance aux fluctuations du cours du coton)
  • Fourniture en électricité erratique
  • Lacunes en matière de gouvernance : corruption, état de droit, réglementation
  • Impact sur l’activité et les recettes fiscales des décisions de politique économique prises par le Nigeria du fait du poids significatif de la réexportation informelle
  • Menace terroriste provenant du Nigeria voisin et du Sahel
  • Faible rentabilité des banques, faibles recettes publiques

Appréciation du risque

Ralentissement en 2020, croissance confortable de retour en 2021

Après un ralentissement en 2020, et malgré un système de santé peu préparé à affronter une crise sanitaire, le Bénin devrait retrouver une croissance confortable en 2021. Cependant, son rythme devrait être moindre que celui d’avant crise. La consommation privée, qui représente 63% du PIB, a légèrement diminué en 2020 (-1% estimé) et devrait juste revenir à son niveau pré-covid en 2021. En effet, la crise a peu affecté la consommation, grâce, à la fois, au plan de relance subventionnant la consommation d’eau et d’électricité, et au fait que 40% de la population active dépend de l’agriculture, secteur peu impacté par la crise. L’investissement a diminué en 2020 (de l’ordre de 3% du PIB), mais devrait aussi retrouver son niveau d’avant-crise en 2021. Il sera porté par les investissement publics, au profit notamment du secteur électrique et des infrastructures routières, dont l’efficacité devrait, par ailleurs, être améliorée par le Projet d’appui à la gestion des investissements publics et à la gouvernance (PAGIPG). Dans un contexte de commerce international morose et de baisse des prix du coton (- 40% au premier trimestre 2020 suivi d'une reprise au second semestre), les exportations ont chuté (- 22% entre 2019 et 2020), tirées par la baisse des exportations de coton, qui représentent 57% des exportations du pays. En outre, la récession au Nigéria, principal partenaire commercial, couplée à la fermeture de la frontière imposée par Abuja en août 2019 a diminué les exportations béninoises.  Elles augmenteraient toutefois en 2021, à mesure que le cours du coton augmentera et que la situation économique des partenaires commerciaux s’améliorera.
En matière d’offre, le secteur primaire a été épargné par la crise et un accroissement de la production de 2,4% (coton et céréales) est prévu pour la campagne agricole 2020 - 2021. Le secteur secondaire bénéficiera en 2021 des chantiers d’infrastructures, ce qui bénéficiera à la fois au BTP, mais aussi aux industries manufacturières (ciment, fer à béton, etc). Les services constituent le secteur le plus touché par la crise (déclin moyen de 13% en 2020) et certains sous-secteurs, tels que le tourisme, qui représente 6 % du PIB et 5 % des emplois, resteront dans une situation difficile en 2021.

 

Léger creusement des déficits courant et public suite à la crise

Pour contenir les effets de la crise sanitaire, le Bénin a mis en œuvre un plan de relance de 74 milliards de francs CFA, soit 113 millions d’euros et environ 1% du PIB, en juin 2020. Ce plan a visé à soutenir à la fois les entreprises des secteurs les plus touchés (tourisme, transport, restauration) et les ménages les plus vulnérables. Avec la baisse des ressources et la hausse des dépenses dues à la Covid, le déficit public s’est légèrement détérioré, mais la consolidation budgétaire devrait reprendre en 2021.
Le déficit courant s’est détérioré en 2020. En effet, la baisse de la demande mondiale de coton et de noix de cajou a engendré une détérioration du déficit des biens, tandis que le déficit des services s’est lui aussi dégradé suite à la diminution de l’activité dans le tourisme et les transports. Ce déficit devrait se réduire en 2021 grâce à une hausse des exportations supérieure à celle des importations. Cependant, ces chiffres ne reflètent pas l’ensemble des échanges. En effet, le commerce informel perdure le long de la frontière avec le Nigéria, bien qu’à un niveau réduit depuis la fermeture de la frontière. Cette situation, due à l’incapacité des deux États à empêcher la contrebande, explique une partie du déficit commercial, car les exportations béninoises sont probablement plus sous-estimées que les importations dans les chiffres officiels. Enfin, le pays bénéficiera de prêts concessionnels déployés en 2020 par différentes institutions internationales pour lutter contre le coronavirus, ainsi que soutenir le budget et l’investissement : 125 millions de dollars du FMI au titre de la Facilité élargie de crédit, 90 millions de dollars de la Banque mondiale et 7 millions de dollars de la BAD.

 

Tensions politiques persistantes

Le Bénin est traditionnellement l’un des pays les plus stables de l’Afrique francophone. Cependant, la présidence de Patrice Talon semble faire glisser le pays vers un régime autoritaire où le pluralisme politique s’affaiblit. Une pléthore de partis politiques est implantée au Bénin, mais les changements apportés au code électoral en 2018 ont rendu très difficile la participation aux élections. A l’issue des élections législatives de 2019, seuls deux partis issus de la mouvance présidentielle composent le Parlement. Cette situation a entraîné de vives tensions post-électorales ayant provoqué la mort de plusieurs manifestants. Aux municipales de mai 2020, beaucoup ont dénoncé une élection à marche forcée qui a vu les deux principaux partis de la majorité présidentielle remporter la grande majorité des voix (77%). Seul un parti de l’opposition, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), tire son épingle du jeu, avec 15% des voix. Le président sortant devrait remporter la présidentielle d’avril 2021, surtout en l’absence d’opposition.
En outre, au-delà de cet autoritarisme rampant, d’autres défis se posent. En effet, le risque terroriste est réel au Bénin avec la proximité de Boko Haram au Nigéria et au Cameroun et l’enlèvement de français à côté de la frontière avec le Burkina-Faso en 2019. De plus, le Golfe de Guinée est devenu l’une des régions du monde les plus actives en matière de piraterie.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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