Etudes économiques
Burkina Faso

Burkina Faso

Population 20,9 millions
PIB par habitant 831 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5,7 1,9 3,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -3,2 1,9 3,6 4,0
Solde public / PIB (%)* -3,2 -5,7 -5,5 -5,0
Solde courant / PIB (%)* -3,3 -0,1 -2,5 -4,0
Dette publique / PIB (%) 43,9 47,8 49,5 50,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Producteur majeur d’or (6ème en Afrique) et de coton (3ème en Afrique en 2020)
  • Membre de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (assurant la stabilité de la monnaie, le franc CFA, par rapport à l’euro)
  • Soutien de la communauté financière internationale (un des premiers pays à avoir bénéficié de l’initiative PPTE)

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement exposée aux aléas climatiques
  • Vulnérabilité à l’évolution des cours du coton et de l’or
  • Forte dépendance à l’aide extérieure
  • Faiblesse des infrastructures électriques
  • Pression démographique, taux de pauvreté très élevé et accru par les déplacements massifs de population, indice de développement humain très faible et insécurité alimentaire critique
  • Importance du secteur informel et environnement des affaires défaillant
  • Présence de groupes islamistes armés (étrangers et domestiques), en particulier au nord et à l’est du pays.

Appréciation du risque

Une croissance menacée par le risque sécuritaire

Après un rebond de la croissance en 2021, elle pourrait fléchir en 2022, car la détérioration de la situation sécuritaire et politique pourrait entraver l’activité. La consommation privée (70 % du PIB) sera un moteur de la croissance, bénéficiant de l’allègement des mesures sanitaires. Alors que le secteur de l’agriculture (25 % du PIB) emploie plus de 80 % de la population active, une bonne campagne agricole devrait soutenir le revenu des ménages. Cependant, les déplacements massifs de population, liés à l'insécurité, en particulier dans le nord-est du pays, continueront de perturber la production agricole. Les pressions inflationnistes resteront alors alimentées par les prix élevés des denrées alimentaires, comptant pour près d’un tiers du panier de biens des ménages. En outre, la croissance sera stimulée par l’investissement public dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social. Ce dernier prévoit des investissements dans les filières coton-textile, agroalimentaire, matériaux de construction et dans les infrastructures routières, comme le projet d’autoroute entre la capitale Ouagadougou et Yamoussoukro (Côte d’Ivoire). Plusieurs projets d’investissements public-privé devraient voir le jour dans le cadre du plan Yeleen d’électrification rurale, tels que celui du groupe français Urbasolar pour la création d’une centrale solaire de 30MW. De plus, les faibles droits de douane sur l’exportation de minerais continueront d’attirer les investisseurs étrangers dans le secteur minier (11 % du PIB). Les flux d’investissements pourraient néanmoins être freinés par la détérioration de la situation sécuritaire. Le démarrage de la production de la mine de Bomboré, prévu en 2022, devrait stimuler la production aurifère. Alors que les cours devraient rester relativement élevés, cela soutiendrait les recettes d’exportations (85 % d’or). Celles du coton (10 % des exportations) devraient aussi bénéficier de cours favorables.

 

L’aide internationale en soutien des comptes publics et extérieurs

S’il restera largement supérieur à la norme communautaire de l’UEMOA (3 % du PIB), le déficit budgétaire devrait continuer de se réduire en 2022. La hausse des revenus de l’Etat proviendra principalement de l’exploitation minière (20 % des recettes publiques). Les dépenses d’investissement en capital (40 % des dépenses totales) et la hausse des dépenses sécuritaires (15 %), devraient tempérer la réduction du déficit public. Son financement reposera sur les bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale et la Banque africaine de développement). Le pays continuera de bénéficier de l’Initiative de suspension de la dette, dont un accord de report de dette de 5,9 millions d’euros signé en novembre 2021 avec la France.

 

Le déficit du compte courant se creusera en 2022 en raison de l’affaiblissement de l’excédent commercial. En effet, la croissance des importations, notamment alimentée par celles de biens d’équipement et de produits énergétiques, dépassera celle des recettes d’exportations. Le déficit des services augmentera avec la hausse de la facture des services de transport. Le déficit des revenus primaires s’alourdira, à mesure que les rapatriements des bénéfices par les entreprises étrangères, principalement dans le secteur minier, augmenteront, alors que le compte des revenus secondaires restera excédentaire grâce à la coopération internationale courante et aux flux entrants de fonds d’expatriés. Alors que les IDE (hors minerais) resteront contraints par la situation sécuritaire, les prêts des organisations multilatérales devraient financer ce déficit. Le FMI a approuvé en aout 2021 un décaissement de droits de tirages spéciaux aux membres de l’UEMOA, d’une valeur de 164,4 millions USD, contribuant à renflouer les réserves de change mutualisées de UEMOA.

 

Coup d’état militaire suite à l’aggravation du risque sécuritaire

Depuis 2015, l’insécurité au Sahel, liée à l’activité des groupes armés djihadistes affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, a fait plus de 2 000 morts et 1,4 millions de déplacés (près de 6 % de la population) d’après l’ONU. Les attaques dans la région des trois frontières (avec le Mali et le Niger), visant civils et militaires, se sont intensifiées. En novembre 2021, l’attaque d’un détachement de gendarmerie à Inata a été l’une des plus meurtrières contre les forces de sécurité avec 57 victimes, dont 53 gendarmes. Celui-ci avait pourtant sonné l’alerte auprès de l’état-major sur la précarité de leur situation, attisant la colère populaire. Le Premier ministre et son gouvernement ont démissionné le 8 décembre 2021 après plusieurs manifestations de la population dénonçant son incapacité à lutter contre les attaques djihadistes récurrentes. Les élections législatives et présidentielles de novembre 2020, menant à la victoire du Président Kaboré et de son parti le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), avaient déjà été entachées d’un taux de participation de seulement 50 % en raison de l'insécurité généralisée. Le gouvernement suivant n’aura pas duré longtemps, puisque dissous et le président arrêté lors d’un coup d’état militaire le 24 janvier 2022, suite à des mutineries. Les forces armées, largement soutenues par la population civile, critiquent leurs conditions de vie, l’insuffisance de l’équipement et du ravitaillement, réclament le départ des chefs.

 

Le pays continuera de s’appuyer sur la coopération internationale dans sa lutte contre le terrorisme avec sa participation à la force G5 Sahel, au côté du Mali, du Tchad, de la Mauritanie et du Niger. La France, ayant commencé la réorganisation de ses forces anti-insurrectionnelles au titre de l'opération Barkhane, continuera de mobiliser ses troupes dans la zone des « trois frontières », sous le contrôle d'une force de sécurité européenne multinationale, l'opération Takuba.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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