Etudes économiques
Burkina Faso

Burkina Faso

Population 20,3 millions
PIB par habitant 775 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,8 5,7 -2,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,0 -3,2 1,5 3,0
Solde public / PIB (%)* -4,1 3,3 0,4 -0,4
Solde courant / PIB (%)* -4,1 -4,7 -3,4 -3,5
Dette publique / PIB (%) 37,7 42,7 46,7 48,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Producteur majeur d’or (6ème en Afrique) et de coton (2ème en Afrique en 2018)
  • Membre de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (assurant la stabilité de la monnaie, le franc CFA, par rapport à l’euro)
  • Soutien de la communauté financière internationale (un des premiers pays à avoir bénéficié de l’initiative PPTE)

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement exposée aux aléas climatiques
  • Vulnérabilité à l’évolution des cours du coton et de l’or
  • Forte dépendance à l’aide extérieure
  • Faiblesse des infrastructures électriques
  • Pression démographique, taux de pauvreté très élevé, indice de développement humain très faible et insécurité alimentaire critique
  • Importance du secteur informel et environnement des affaires défaillant (classé 151e au Doing Business 2020)
  • Présence de groupes islamistes armés (étrangers et domestiques), en particulier au nord et à l’est du pays

Appréciation du risque

Une reprise prévue en 2021

Après une légère récession en 2020, le Burkina-Faso devrait retrouver une croissance soutenue en 2021, mais sur un rythme moins rapide que celui d’avant-crise. La consommation privée, qui représente 70% du PIB, devrait augmenter de manière vigoureuse en 2021 après une légère baisse en 2020. Celle-ci sera en effet portée par les bons résultats de l’agriculture dont dépendent de nombreux ménages burkinabè. La formation brute de capital fixe aurait diminué de 5% en 2020, mais repartira de plus belle en 2021 (+7%), portée par les investisseurs étrangers qui s’intéressent de plus en plus au secteur minier, notamment parce que les droits de douane à l’exportation du pays sont très faibles. En 2020, plusieurs projets d’investissements public-privé ont commencé à voir le jour, tels que celui du groupe français Urbasolar pour la création d’une centrale solaire de 30MW. Par ailleurs, la demande restera soutenue par l’investissement public et la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social qui a permis le lancement de plus d’une trentaine d’infrastructures routières en 2020 et de nombreux investissements dans les filières coton-textile, agroalimentaire et matériaux de construction. Un projet d’autoroute entre Ouagadougou et Yamoussoukro est aussi en cours de discussion. Par contre, la contribution des échanges extérieurs, malgré la bonne tenue des ventes d’or, a été négative du fait de la baisse des exportations de coton et de la hausse des importations (notamment de biens d’équipement). La situation devrait peu évoluer en 2021, les ventes de coton reprenant doucement et les achats d’équipement continuant.

Malgré la baisse des prix du coton (- 20% entre janvier et août 2020), l’agriculture, qui emploie 80% de la population active, n’a pas été trop impactée par la crise. La campagne agricole 2020-2021 a été jugée bonne et la situation devrait perdurer grâce aux investissements prévus afin de réduire la dépendance du système de production agricole à la météo. Il en est de même pour le secteur minier, qui représente 10% du PIB, et qui profite, notamment, de la hausse du cours de l’or. Le secteur tertiaire, qui est traditionnellement le contributeur principal à la croissance (55% du PIB), a été très impacté par la crise, mais devait voir son taux de croissance augmenter en 2021.

 

L’aide internationale en soutien des comptes publics et extérieurs

L’État a lancé en avril 2020 un plan de riposte et de relance économique comprenant des mesures de nature sanitaire, économique et sociale. Le coût global de ces mesures est estimé à 394 milliards de francs CFA, soit 4,45 % du PIB, dont 76 milliards de francs CFA de mesures sociales comprenant des exonérations de paiement de factures d’eau et d’électricité, des ventes de denrées alimentaires à des prix subventionnés et des transferts monétaires. Ce plan, couplé à la baisse des recettes fiscales suite à la récession, a détérioré les finances publiques. L’excédent public enregistré en 2019 grâce à l’aide extérieure (10% du PIB) et à la consolidation budgétaire, s’est évanoui en 2020, malgré l’augmentation de l’aide des organisations internationales. En conséquence, la dette burkinabè, à 23% extérieure, s’est alourdie. En 2021, le solde resterait proche de l’équilibre, dons inclus.

Le déficit courant s’est réduit en 2020 et se stabiliserait en 2021. Pourtant, malgré la diminution de la facture pétrolière et la hausse du cours de l’or, l’excédent des échanges de biens a diminué en 2020 avec la chute des prix et de la demande de coton. Il continuerait à baisser l’année prochaine avec la poursuite des achats de biens d’équipement et autres nécessités par les investissements. Le déficit des services s’est aussi aggravé en 2020 suite à l’effondrement du tourisme et des transports et ne devrait pas s’améliorer en 2021. L’amélioration s’explique par les aides multilatérales, dont un décaissement de 115,3 millions de dollars du FMI pour faire face à la pandémie de COVID-19, un financement de 54,6 millions de dollars répartis également entre un don et un prêt provenant du Fonds africain de développement et d’un financement de 21,15 millions de dollars de la Banque Mondiale, moitié en don, moitié en prêt.

 

De fortes tensions politiques et sécuritaires

La sécurité restera le principal défi auquel devront faire face le président Kaboré et son gouvernement en 2021. Le pays s’enfonce dans l’insécurité, avec une recrudescence des attentats terroristes islamistes, provoquant des centaines de morts et des déplacements de population massifs (plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur selon le Conasur). Le gouvernement ayant perdu le contrôle de près d’un tiers du territoire aux mains de groupes armés, les observateurs internationaux craignent désormais une défaillance de l’État, et ce d’autant plus que le G5 Sahel rencontre des difficultés de financement.

De plus, le pouvoir central est l’objet d’une contestation interne forte. Un référendum constitutionnel, qui devait initialement se tenir en mars 2019 et qui prévoyait la limitation à 10 ans de l’exercice de la fonction présidentielle, a été repoussé à 2021. Les élections législatives et présidentielles de novembre 2020 se sont soldées par la victoire du Président Kaboré et de son parti le Mouvement du peuple pour le progrès. Mais, le fait que le scrutin n’ait pu se dérouler dans un tiers du pays pour cause d’insécurité relativise la légitimité des élus. Le nouveau gouvernement, toujours dirigé par le Premier ministre Christophe Dabiré, et peu remanié, a été rejoint par l’opposant Zéphirin Diabré.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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