Etudes économiques
Cameroun

Cameroun

Population 25,5 millions
PIB par habitant 1 524 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,1 3,8 -3,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,1 2,5 2,8 2,5
Solde public / PIB (%) -2,5 -3,3 -4,0 -3,5
Solde courant / PIB (%) -3,6 -4,4 -5,5 -4,5
Dette publique / PIB (%) 39,5 42,7 45,0 45,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources sylvicoles, agricoles, pétrolières et minières, soit une relative diversification
  • Potentiel hydroélectrique
  • Économie diversifiée, comparée à celle d’autres pays exportateurs de pétrole
  • Modernisation des infrastructures en cours
  • Appartenance à la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) et à la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC)

POINTS FAIBLES

  • Comptes extérieurs et publics dépendants des matières premières
  • Faiblesse des recettes publiques : 13% du PIB
  • Fragilité du système bancaire, mais qui est de taille réduite
  • Croissance peu « inclusive » (la pauvreté touche 23% de la population) et environnement des affaires encore difficile avec une gouvernance déficiente (corruption…)
  • Insuffisance des infrastructures, notamment électriques
  • Risque politique accru : insécurité dans l’Extrême-Nord du pays et tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest entre la minorité anglophone et le régime (majoritairement francophone)
  • Succession du Président Biya (86 ans)

Appréciation du risque

Construction d’infrastructures et gaz soutiennent la reprise

En 2020, la crise de la COVID-19 a provoqué une récession modérée. Une des causes réside dans la baisse des exportations, partiellement compensée par celle des importations. L’autre est la chute de la demande intérieure, avec la suspension de l’investissement et le dévissage de la consommation du fait des mesures de distanciation sociale, même si elles n’ont pas été longuement appliquées. En 2021, l’activité devrait rebondir, sans toutefois retrouver la croissance d’avant. Cela devrait être le cas de l’investissement, avec la reprise de la construction des barrages hydroélectriques de Lom-Pangar et Nachtigal, du port en eau profonde de Kribi, du développement de la filière gazière et de la transformation du bois, et des infrastructures liées à la Coupe d’Afrique des Nations 2022. Les exportations (19% du PIB) devraient profiter de cours des hydrocarbures plus favorables. Les expéditions de gaz naturel liquéfié retrouveront leur courbe ascendante grâce à la mise en service d’un nouveau terminal dans le port de Kribi. Celles de café, cacao, coton, et bananes bénéficieront du rétablissement des chaînes d’approvisionnement, mais seront encore confrontées à la persistance des troubles dans les régions anglophones, qui concentrent une bonne partie de leur production, tandis que celles de légumes reprendront avec la réouverture des frontières terrestres. Cependant, comme, dans le même temps, les importations de biens d’équipement vont redémarrer avec l’investissement et la consommation, la contribution des échanges extérieurs à la croissance sera réduite. La consommation des ménages (70% du PIB), déjà bénéficiaire de la levée des mesures de distanciation sociale, profitera en plus de la remontée des revenus tirés de l’agriculture (15% du PIB, mais 62% de l’emploi). Les services (55% du PIB) profiteront pleinement de cette embellie.

 

Reprise probable de la consolidation des comptes publics

La crise a peu accru le déficit et la dette publics restées modérés. La politique budgétaire était plutôt restrictive avant la crise dans la cadre de la Facilité élargie de crédit du FMI qui a procuré USD 666 millions d’euros au pays entre 2017 et 2020. Certes, les recettes ont subi la baisse de la demande, tant intérieure qu’extérieure, notamment la chute des recettes d’hydrocarbures (16% du total). De plus, il y a eu un plan de soutien, mais d’ampleur modeste. Cependant, des coupes significatives sont intervenues dans les dépenses courantes (pas dans le sécuritaire) et les investissements, tandis que les subventions sur le carburant diminuaient avec la baisse des cours. Le besoin supplémentaire de financement a été couvert par le financement d’urgence du FMI à hauteur de USD 226 millions, la suspension du service de la dette bilatérale par les pays membres du Club de Paris, ainsi que la Chine, et le recours au marché régional. En 2021, le déficit retrouverait son niveau antérieur, tandis que le poids de la dette dans le PIB se stabiliserait, même si les dépenses liées à la Covid pourraient se prolonger. La remontée des cours des hydrocarbures sera compensée par le tassement de la production pétrolière, elle-même partiellement modérée par la hausse de celle de gaz. Si l’amortissement de la dette (à 80% extérieure) sera encore faible, son augmentation à partir de 2022 devrait inciter les autorités à solliciter un nouvel accord du FMI.

Tout comme le déficit public, le déficit courant s’est modérément creusé du fait de la crise. En effet, le déficit commercial s’est creusé, mais modestement, car la baisse des importations a en partie effacé celle des exportations. Le déficit commercial est significatif, mais il s’explique en grande partie par les importations liées au développement des infrastructures et l’arrêt de l’unique raffinerie du pays (SONARA) depuis un incendie en mai 2019 qui contraint le pays à augmenter ses importations de carburant. Le financement du déficit est assuré par les flux d’IDE liés aux projets d’infrastructures et l’endettement concessionnel. La dette extérieure ne représente que 30% du PIB. En plus du soutien multilatéral, le pays bénéficie, via son appartenance à la CEMAC, de la garantie de la convertibilité du franc CFA par le trésor français.

 

Le pouvoir face à la rébellion des régions anglophones

L’économie est empreinte par la situation dans l’extrême nord exposé aux attaques terroristes du groupe islamiste Boko Haram, mais, plus encore, dans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest. Les populations anglophones se plaignent de leur marginalisation et d’une gouvernance déficiente, ce qui a suscité l’apparition de groupes séparatistes armés contre lesquels le pouvoir central intervient militairement depuis 2017 au prix de graves bavures dans la population. Fin 2020, des attaques meurtrières ont été menées contre les écoles bilingues par les séparatistes qui s’opposent à l’apprentissage du français. Le nombre d’enfants déscolarisés est estimé 850000 et celui des déplacés à 670000, qui viennent s’ajouter aux réfugiés centrafricains et nigérians. Sous la pression des donateurs internationaux brandissant des sanctions, une loi de dévolution a été adoptée en décembre 2019 qui prévoit un statut spécial pour ces régions. En juillet 2020, des négociations ont débuté entre le gouvernement et les chefs séparatistes, mais les points de vue ne semblent guère conciliables avec ces derniers réclamant l’indépendance. Le pouvoir central est dominé par le président Paul Biya qui a été élu pour un septième mandat en 2018 et dont le parti, le Rassemblement Démocratique du peuple camerounais a obtenu 139 des 167 sièges de députés lors des législatives de mars 2020. Maurice Kamto, le principal opposant, et d’autres responsables du Mouvement pour la renaissance font l’objet d’arrestations sporadiques, comme lors des élections régionales de décembre pour lesquelles ils appelaient au boycott.

 

Dernière mise à jour : Février 2021
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