Etudes économiques
Cameroun

Cameroun

Population 26,5 millions
PIB par habitant 1 505 $US
C
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) 0,5 3,5 3,5 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 2,5 5,0 4,0
Solde public / PIB (%) -3,6 -3,1 -2,5 -1,6
Solde courant / PIB (%) -3,5 -4,1 -2,1 -2,5
Dette publique / PIB (%) 45,8 46,0 45,1 44,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources relativement diversifiées, avec la sylviculture, l'agriculture (par exemple, le cacao et les bananes), le pétrole et les minerais (par exemple, l'aluminium)
  • Expansion des capacités gazières dans une conjoncture propice à court terme
  • Potentiel hydroélectrique
  • Des efforts pour améliorer les infrastructures sont en cours
  • Membre de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC)
  • Le franc CFA est rattaché à l'euro, mais les réserves communes de la Banque des États de l'Afrique centrale sont limitées

POINTS FAIBLES

  • Comptes extérieurs et publics dépendants des cours des matières premières
  • Faibles recettes publiques : 13,9 % du PIB en 2021
  • Système bancaire faible mais de petite taille
  • Croissance non inclusive (la pauvreté extrême touche 23,5 % de la population en 2021), l'environnement des affaires reste difficile avec une mauvaise gouvernance (corruption, etc.)
  • Infrastructures inadaptées, en particulier dans le domaine électrique
  • Arrivée à maturité des champs pétrolifères
  • Risque politique accru : insécurité dans l'extrême nord du pays et tensions dans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest
  • Succession du président Biya (89 ans, en poste depuis 1982)

Appréciation du risque

Une reprise tirée par les exportations gazières

L’économie reste largement dépendante des matières premières quant à ses exportations (en 2021, 40% de pétrole brut, 15% de cacao, 14% de bois), le gaz apportant une contribution croissante depuis 2018 (17% des exportations). Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), à travers le terminal flottant de Hilli Episeyo, passeront à 1,4 millions de tonnes en 2022, puis 3 millions en 2026, contre 1,2 en 2021. Toutes choses égales par ailleurs, les exportations nettes de biens et services devraient rester stables (0,7% du PIB en 2021) dans un scénario de léger repli des prix de matières premières touchant autant les produits exportés qu’importés. L’épuisement de nombreux champs pétroliers, la menace sécuritaire sur les infrastructures et la corruption devraient cependant toujours contraindre les exportations (21,6% du PIB en 2021). Le financement de la reconstruction de la raffinerie Sonara, suite à sa destruction par un incendie début juin 2019, n’était toujours pas bouclé en 2022, après l’échec de négociations avec des parties russes. La reconstruction permettrait d’alléger la facture des importations de produits pétroliers raffinés.

La même insécurité chronique, conjuguée à l’inflation modérée et aux pénuries de carburants et alimentaires, menace la consommation des ménages, dont la croissance se situe toujours en dessous des niveaux pré-pandémiques. Le gouvernement a consenti à des hausses de salaire dans le secteur public ainsi qu’à des majorations des subventions sur les biens de base. Soutenir ce poste important de l’économie locale (66,3% du PIB en 2021), et indirectement les services (56,8% du PIB) et les importations (20,9% du PIB) notamment alimentaires et d’hydrocarbures raffinés, relève d’un impératif de la politique intérieure, la stabilisation du corps social.

En 2023, les autorités camerounaises comptent poursuivre leur plan décennal 2020-2030 de développement des infrastructures, avec un financement privé et/ou extérieur majoritaire (chemins de fer, extension du port en eau profonde de Kribi par un consortium franco-chinois, barrage hydroélectrique de Nachtigal prévu pour 2024). Le niveau d’investissement devrait donc rester stable à moyen terme (21,6% du PIB).

Le pic de 2022 passé, l’inflation devrait revenir d’ici 2023-2024 à portée de l’objectif de 3% de convergence dans la zone monétaire. Cet emballement des prix s’explique par l’inflation importée, liée à l’alimentation (engrais, céréales, intrants d’élevage) et aux hydrocarbures raffinés. L’ancrage du franc CFA sur un euro attendu à la hausse, impliquant une hausse des taux d’intérêt, la faible demande des ménages et un tassement des cours des matières premières devraient permettre de refroidir la pression sur les prix.

 

Un assainissement budgétaire axé sur les subventions au carburant

L’accord conclu avec le FMI à l’été 2021, comprenant une facilité élargie de crédit de 689,5 millions de dollars US, est progressivement appliqué par Yaoundé, particulièrement son volet concernant l’élargissement de l’assiette fiscale et l’augmentation des recettes (13,9% du PIB en 2021). Le programme se déploie de 2021 à 2024 et les premiers décaissements (293,2 millions en février 2022) suivent le calendrier. Il est prévu une réduction des subventions aux carburants en 2023 comme principale mesure d’assainissement (de 3,7% du PIB en 2022 à 2,6% en 2023). Détenue pour un tiers par les agents domestiques et le solde par la Chine et les multilatéraux, la dette publique devrait rester stable. L’administration fiscale éprouvant des difficultés à réduire le secteur informel, les recettes demeurant peu élevées poseraient la question de l’amortissement de la dette en cas de choc.

Tout en restant modéré, le déficit courant pourrait se creuser légèrement en 2023 en raison du recul des exports d’hydrocarbures en valeur et en volume. Les transferts courants nets (~0,9% du PIB) ont doublé en dollars courants depuis 2012, sans pour autant faire tomber le pays dans une dépendance à l’aide publique. L’augmentation des IDE et celle des emprunts extérieurs auprès des partenaires multi et bilatéraux, devraient financer le déséquilibre courant.

 

La réponse sécuritaire face aux impasses politiques

La succession de Paul Biya, âgé de 90 ans, pourrait entraîner une crise de régime. Le parti présidentiel a remporté les dernières élections législatives en 2020, verrouillées par des fraudes. Les contestations sont réprimées, bien que le gouvernement fasse quelques gestes. La rébellion séparatiste anglophone poursuit les combats, ponctués d’exactions de toutes parts. Face à ce soulèvement de l’autoproclamée Ambazonie, ainsi qu’aux groupes islamistes à la frontière nigériane et à l’agitation dans la société civile, la réponse militaire est doublée de propositions circonstanciées, comme l’autonomie de la province rebelle, la subvention des produits de base en 2022 (carburants et alimentation) face à l’inflation, ainsi que le « développement du Nord du Triangle national » soumis à la subversion de Boko Haram et de l’Etat Islamique. Il est toutefois improbable que ces mesures suffisent à diminuer les tensions.

A l’extérieur, le Cameroun cherche à diversifier ses alliances, en renouvelant sa coopération militaire avec la Russie par un traité à échéance de cinq ans en avril 2022. Les pays occidentaux demeurent des partenaires majeurs. La France veut réaffirmer sa présence, en pesant pour l’octroi des aides par le FMI et par un prêt de l’Agence Française de Développement de 230 millions d’euros accordé en février 2022 pour des projets courant jusqu’en 2024.

 

Dernière mise à jour : Novembre 2022
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