Etudes économiques
Cap-Vert

Cap-Vert

Population 0,6 millions
PIB par habitant 3 602 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,5 5,7 -10,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 1,0 1,0 1,2
Solde public / PIB (%)* -2,8 -1,5 -9,0 -6,8
Solde courant / PIB (%)** -5,1 0,3 -15,1 -10,0
Dette publique / PIB (%) 124,5 124,2 136,8 137,6

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus **Coopération internationale incluse

POINTS FORTS

  • Essor de l’activité touristique (en période normale)
  • Réserves halieutiques
  • Services bancaires et de télécommunications performants
  • Institutions politiques stables
  • Accord de coopération de change avec le Portugal, garantissant convertibilité et parité fixe avec l’euro, et une facilité de crédit

POINTS FAIBLES

  • Dette publique très élevée
  • Fortement dépendant des performances économiques des pays de la Zone Euro
  • Très impacté par la crise liée au COVID-19
  • Infrastructures de mauvaise qualité, manque d’entretien
  • Produits alimentaires et énergétiques intégralement importés
  • Dépendance aux chocs externes, à l’aide internationale, à la diaspora et au tourisme
  • Exposition au changement climatique et au risque volcanique, sismique et cyclonique

Appréciation du risque

Reprise de la croissance en 2021

L'économie capverdienne a été fortement impactée par la COVID-19. Elle devrait rebondir en 2021, mais sa croissance restera en deçà de son niveau d’avant-crise.  La chute d’activité enregistrée en 2020 est surtout due à la baisse du tourisme (37% du PIB et 39% de l’emploi). Les restrictions de déplacement induites par la crise sanitaire, ainsi que la suspension des vols en provenance des pays européens les plus touchés ont fortement impacté les recettes touristiques (51% des exportations totales). Il devrait se redresser lentement en 2021, malgré la levée graduelle des restrictions. Le secteur de la pêche maritime (31% des exportations) a également été affecté en raison des perturbations des chaines d’approvisionnement mondiales et d’une demande extérieure affaiblie. En 2021, les choses devraient renter dans l’ordre, ce qui devrait permettre au secteur de la pêche de se redresser.

Les envois de fonds des expatriés ont également décliné en 2020 impactant, ainsi, la consommation et les revenus des ménages qui en dépendent. Ils devraient reprendre en 2021, stimulant la demande intérieure, notamment la consommation des ménages. En ce qui concerne les IDE, ils proviennent principalement de l’Europe Occidentale (Royaume-Uni, Portugal, Italie et Espagne), et se sont contractés en 2020, car ces pays ont été fortement touchés par la crise. Cela va entraîner des retards d’investissement dans les secteurs clés tels que le tourisme, les transports et les TIC. Malgré une reprise de ces investissements en 2021, le retard accumulé en 2020 impactera ces secteurs.

 

Les déficits public et courant se creusent

Le déficit courant s’est creusé de manière spectaculaire en 2020 et devrait peu se réduire en 2021. Il est engendré par un déficit commercial massif (31% du PIB en 2019), conséquence de la dépendance de l’archipel en produits alimentaires et manufacturés. Les recettes touristiques ainsi que les transferts des expatriés permettent habituellement de contrebalancer le déficit. Cependant, ils ont été fortement impactés par la crise sanitaire, ce qui explique pourquoi le déficit courant est devenu si élevé. Ils devraient progressivement reprendre en 2021. De plus, les exportations devraient aussi se redresser, notamment en raison de la volonté du gouvernement de diversifier l’économie en dehors du tourisme. Mais, en face, les importations devraient également repartir à la hausse, particulièrement en ce qui concerne les denrées alimentaires (70% des importations totales), ce qui continuera de peser dans le déficit courant. Ce déficit est traditionnellement financé par des prêts concessionnels des partenaires internationaux et les IDE. Dans le contexte de crise sanitaire, le rôle des partenaires se trouve accru : le FMI a approuvé un décaissement de 32 millions de dollars via sa facilité de crédit rapide pour aider le Cap-Vert à financer l’important déficit courant.

Le gouvernement capverdien a adopté dès mars 2020 un plan de relance afin de soutenir l’économie et les ménages les plus vulnérables. Une augmentation du budget pour les équipements médicaux, les tests et le salaire du personnel médical est incluse. Le gouvernement a également reporté le paiement des impôts jusqu’en décembre 2020 et accordé la garantie de l’Etat sur 36 millions d’euros de prêts pour les entreprises privées. De plus, des aides sociales ont été prévues, avec par exemple 2,7 millions d'euros à 30 000 travailleurs du secteur informel, une aide alimentaire à 22 500 familles et une protection sociale renforcée pour les personnes âgées. Le gouvernement a également mis en place un moratoire sur les paiements de primes d’assurance et remboursement des prêts pour les ménages, entreprises et associations à but non lucratif jusqu’en décembre 2020. Les mesures gouvernementales et la baisse des recettes induites par la crise ont fait exploser le déficit, nécessitant un recours accru à l’endettement auprès des partenaires étrangers.

 

Une stabilité politique confirmée

Le Cap-Vert figure parmi les pays les mieux classés d’Afrique sub-saharienne selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale, notamment en matière de lutte contre la corruption. Il possède aussi un des meilleurs climats des affaires de la région, mais pâtit toujours du manque d’infrastructure, et de l’absence de réglementation régissant l’insolvabilité.

Le Movimiento para la Democracia (MPD) a remporté la majorité absolue aux élections législatives de mars 2016 et son candidat, Jorge Carlos Fonseca, a été reconduit à la tête du pays pour un second mandat aux élections présidentielles d’octobre 2016. Durant son mandat, le MDP a bénéficié d’un fort soutien de la part de l’opinion publique, lui permettant de mener des politiques favorisant la croissance, comme par exemple, promouvoir les entreprises locales et stimuler la croissance inclusive. Le gouvernement poursuit les objectifs du Plan stratégique de développement durable (2017/2021), parmi lesquels se trouvent le développement du transport aérien et maritime, la diversification de l’économie ou encore l’amélioration de l’accès aux services publics de base. Avec sa réponse correcte à la pandémie de COVID-19, le MDP semble bien placé pour remporter les prochaines élections législatives et présidentielles auront lieu respectivement en mars et octobre 2021. En ce qui concerne sa politique extérieure, le pays demeure très lié à l’Europe occidentale, source importante de touristes et d’IDE. Il continuera également d’entretenir ses liens avec la Chine, dont les investissements sur le territoire sont en constante augmentation et devraient se concentrer dans le secteur du tourisme, des infrastructures, ainsi que dans la construction d’une zone économique spéciale.
Dernière mise à jour : Mars 2021

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