Etudes économiques
Ghana

Ghana

Population 30,8 millions
PIB par habitant 2 226 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 6,5 0,4 4,8 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,2 10,0 9,5 9,0
Solde public / PIB (%)* -7,2 -15,7 -14,5 -11,0
Solde courant / PIB (%)** -2,7 -3,2 -2,2 -4,0
Dette publique / PIB (%) 62,6 78,9 84,0 85,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Coûts d’assainissement du secteur financier, ainsi que de la consolidation de celui de l’énergie, inclus 

**Dette des entreprises publiques, garanties publiques, engagements au titre du secteur financier et des partenariats public-privé inclus

POINTS FORTS

  • Un système de santé bien classé en Afrique
  • Importantes ressources minières (or), agricoles (cacao), pétrolières et gazières
  • Grand développement de la téléphonie mobile et progrès de la numérisation
  • Démocratie installée
  • Environnement des affaires attractif, favorable aux IDE
  • Soutien financier international
  • Accord de partenariat économique avec l’Union européenne entré en vigueur en 2021

POINTS FAIBLES

  • Niveau d’endettement élevé et risque de dérapage budgétaire
  • Faibles recettes publiques : 14% du PIB
  • Eviction du secteur privé du marché local du crédit du fait des besoins publics de financement
  • Fragilité du secteur bancaire : 17.3% de prêts douteux en août 2021, cherté du crédit (12% en moyenne, inflation déduite), poids des titres publics dans les actifs (45%)
  • Etroite base productive : dépendance aux cours des matières premières : or et pétrole (70% des exports), cacao (10%, 30% avec les autres produits agricoles, comme la noix de cajou)
  • Importante informalité (27% du PIB)
  • Lacunes en matière d’infrastructures (énergie, transport)
  • Velléités séparatistes à la frontière orientale le long du Togo

Appréciation du risque

Accentuation de la reprise

Déjà nette au second semestre 2021, la reprise économique prendra de l’ampleur en 2022, sauf grave rechute sanitaire, toujours possible compte tenu d’un taux de vaccination encore faible en fin d’année  2021. La consommation des ménages (70% du PIB), de loin le premier moteur de l’activité, verra son élan se prolonger avec la levée des restrictions de mobilité, l’augmentation des remises d’expatriés (5% du PIB en 2020), et le redémarrage du tourisme (5,5% du PIB en 2019), grand pourvoyeur d’emplois informels pour la jeunesse. A l’inverse, le boom de la consommation publique de 2021 ne sera plus qu’un souvenir du fait des difficultés budgétaires. L’investissement en capital (14 % du PIB) conservera son dynamisme, même si sa part publique sera éclipsée par la privée. L’initiative One District One Factory, vectrice de projets d’infrastructures et de sites industriels destinés à diversifier l’économie, restera d’actualité, tout comme COVID-19 Alleviation and Revitalization of Enterprises Support (CARES), un programme de USD 16 milliards (25% du PIB) sur 2020-2024, financé à 30 % par l’Etat, et destiné à redresser l’économie et attirer les investissements par des exonérations de charges, du crédit spécifique ou des partenariats public-privé. L’agroalimentaire, les engrais, l’assemblage automobile avec l’arrivée de grands acteurs mondiaux (Volkswagen, Nissan, Toyota), l’aluminium, l’acier sont les plus visés. Les IDE augmenteront dans l’extraction minière, alors que le développement du champ d’hydrocarbures Pecan devra être pris en charge par des sociétés publiques devant le retrait des acteurs étrangers. Les exportations nettes devraient apporter une nouvelle contribution positive à la croissance, bénéficiant des performances des exportations de matières premières. Elles seront soutenues par des cours du pétrole, de l’or ou du cacao (qui représentaient 80% des recettes d’exportations de marchandises en 2020) encore favorables, après la hausse enregistrée en 2021. Toutefois, l’extraction illégale et la contrebande d’or, la concurrence du cacao meilleur marché, mais surtout l’accroissement des importations liée à la reprise de la demande intérieure pèseront sur l’apport des échanges extérieurs à la croissance.  

 

Une situation budgétaire difficile

La crise a détérioré une situation budgétaire déjà difficile. Le plafond de déficit (5%) prévu dans la loi de responsabilité budgétaire a été suspendu. Une consolidation a débuté en 2021, axée sur l’augmentation des recettes, avec la taxation des carburants et des profits bancaires, l’augmentation de la TVA et de la cotisation d’assurance maladie, susceptibles de rapporter l’équivalent de 1,4% du PIB. Elle devrait se poursuivre en 2022 avec le blocage des dépenses courantes (salaires et intérêts de la dette absorbent la moitié des recettes), la baisse de l’investissement, ainsi que la disparition de celles liées au COVID (3% du PIB). Cette consolidation est difficile, compte tenu de la faible majorité dont dispose le gouvernement, et insuffisante pour empêcher la dette de s’alourdir davantage cette année. Cette dette se répartit presque également entre créanciers domestiques (banques et autres organismes financiers) et étrangers (moitié publics, moitié privés). Le besoin de financement découlant du déficit et du service de la dette représente 24% du PIB. La réforme des secteurs publics en difficulté, mise entre parenthèses par la crise, comme celui de l’énergie, à travers le programme Energy Sector Recovery Program (2019-2023) redeviendra prioritaire . Les nouveaux arriérés de l’Etat au détriment du secteur de l’énergie, notamment dus au titre des contrats « Take or Pay » conclus avec les producteurs indépendants de gaz et d’électricité, représentent, chaque année, 1% du PIB. De plus, le secteur financier risque d’être fragilisé et pourrait redevenir une charge. Au total, la dette présente un risque élevé, qui ne sera gérable que si la croissance reste forte, les termes de l’échange favorables, et les marchés confiants.

 

La crise n’a creusé que légèrement le déficit courant, resté modeste en 2020. Mais, alors qu’il a reculé en 2021, il augmenterait légèrement en 2022. En effet, le confortable excédent commercial diminuerait en conséquence de la facture accrue d’importations. Comme par le passé, le déficit courant sera alimenté, en grande partie, par celui des revenus, soumis à l’influence de l’augmentation du service de la dette et des rapatriements de bénéfices par les investisseurs étrangers, ainsi que celui des services, même réduit par la reprise du tourisme. Ce dernier est dominé par les achats de service liés à l’exploitation pétrolière, ainsi qu’au transport, et accentué par l’usage croissant des télécommunications. La hausse des envois de fonds d’expatriés (5% en 2020) ne permettra pas de compenser ces déficits. La désertion des IDE dans le développement du champ d’hydrocarbures de Pecan, fragilise le financement du déficit courant. Aussi, malgré les interventions de la banque centrale, le cédi pourrait continuer de se déprécier lentement, en phase avec l’inflation encore forte (en lien avec celle des produits alimentaires). Les réserves de change représentaient 3 mois d’importations fin 2021, confortées par l’allocation par le FMI de DTS pour USD 1 milliard en août 2021. Le recours à des émissions obligataires et une éventuelle conclusion d’un nouveau programme avec le FMI compléteraient le financement.

 

Des institutions stables

Les élections de décembre 2020 ont reconduit le président Nana Akufo Addo pour un second et dernier mandat (51,3% des voix au premier tour). Son New Patriotic Party et le principal parti d’opposition, le National Democratic Congress, ont chacun obtenu 137 sièges sur 275 à l’Assemblée. Le ralliement du seul indépendant au NPP lui permet de disposer d’une mince majorité, obligeant à des concessions afin de conserver la fidélité au parti. Le Ghana entretient des liens étroits avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, sans négliger la Chine, une importante partenaire commerciale.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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