Etudes économiques
Liberia

Liberia

Population 4,7 millions
PIB par habitant 647 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) -2,5 -3,0 3,0 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 27,0 17,2 10,5 7,0
Solde public / PIB (%)* -4,5 -3,7 -3,0 -2,5
Solde courant / PIB (%)** -21,5 -21,7 -21,5 -21,5
Dette publique / PIB (%) 53,2 51,2 50,3 49,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus, année fiscale 2021 allant du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021 **Coopération internationale incluse

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources naturelles (caoutchouc, fer, or, diamant, pétrole)
  • Solidité du secteur agricole (30% du PIB) et du secteur forestier (11% du PIB)
  • Soutien financier de la communauté internationale
  • Bénéficiaire de larges transferts de fonds d’expatriés (25% du PIB, soit le 5ème principal récipiendaire du monde)
  • Membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

POINTS FAIBLES

  • Infrastructures déficientes
  • Dépendance aux cours des matières premières
  • Pauvreté et chômage importants, systèmes d’éducation et de santé défaillants
  • Récente épidémie d’Ebola, réapparition possible
  • Démocratie récente et fragile, forte corruption
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

La reprise se poursuit, mais reste fragile 

Depuis l’épidémie d’Ebola survenue en 2014, la croissance du pays est volatile. Négative pendant deux années consécutives, notamment en raison de l’impact de la pandémie de la COVID-19 en 2020, elle est revenue en territoire positif en 2021. En 2022, malgré la lente campagne de vaccination (en octobre 2021, seule 0,5 % de la population était complètement vaccinée), la reprise se poursuivra. Elle sera tirée par la demande extérieure pour les produits provenant de la sylviculture, de l’agriculture (caoutchouc, hévéa, cacao, huile de palme) et, surtout, de l’exploitation minière (fer, or, diamants). La hausse des prix pour la quasi-totalité de ces produits d’exportation en 2021 et alors qu’ils devraient rester élevés en 2022, bénéficiera au commerce du pays. La consommation continuera, elle aussi, de rebondir en 2022, mais la menace récurrente de pénuries de billets de banque dans le pays devrait peser sur sa contribution. Elle sera soutenue, par ailleurs, par les flux d’envois de fonds depuis l’étranger, mais également par la campagne de vaccination du pays, renforcée par le dispositif COVAX de l’OMS après avoir déjà reçu, en 2021, 300 000 doses en provenance des Etats-Unis, ainsi que des aides financières chinoise et françaises. L’investissement privé devrait, s’améliorer, principalement grâce à la conclusion, en septembre 2021, d’un nouvel accord de 25 ans avec ArcelorMittal, et validant une extension de USD 800 millions du Mineral Development Agreement, signé en 2005. Celui-ci porte sur l’extension de la mine, de l’usine de traitement, et des installations ferroviaires et portuaires. A partir de 2023, il pourrait permettre de livrer annuellement entre 15 et 30 millions de tonnes de minerais de fer contre 5 millions de tonnes auparavant. L’investissement public dans les infrastructures (de transport et d’électrification notamment) devrait, quant à lui, poursuivre sa lente reprise post-pandémie.

 

L’inflation augmentera modérément en 2022, interrompant le mouvement de désinflation entamé fin 2019. En effet, malgré la stabilité accrue du dollar libérien, et la politique monétaire de la Banque Centrale qui devrait maintenir un taux d’intérêt autour de 20%, les prix élevés des matières premières devraient entretenir les pressions inflationnistes.

 

Des déficits financés par l’aide extérieure

Le déficit courant restera très élevé, mais relativement stable, principalement grevé par un large déficit commercial. En 2022, les prix des produits d’exportation, essentiellement agricoles et miniers, devraient rester élevés, tout comme les prix des biens importés, notamment pétroliers, le maintenant à un niveau relativement similaire. Le déficit commercial sera partiellement atténué par un excédent du compte des transferts, grâce aux envois de fonds d’expatriés (déjà +36,2 % entre 2020 et 2021). Les services, et dans une moindre mesure, le compte des revenus primaires seront déficitaires Le déficit courant sera financé par des IDE (8 % du PIB), mais, surtout, par des prêts multilatéraux concessionnels. Bien qu’elles resteront faibles (2,3 mois de couverture d’importations en juillet 2021), les réserves de change augmenteraient légèrement. Cela pourrait permettre au dollar libérien de poursuivre la récente stabilisation, après une période de dépréciation de deux décennies (sa valeur face à l’USD a été divisée par plus de 4 entre 2000 et 2020).

 

Le déficit public devrait diminuer en 2022, grâce à l’amélioration des recettes minières et aux engagements relatifs à la limitation des dépenses, conformément au programme FEC avec le FMI. La mise en œuvre de la stratégie de recouvrement des ressources intérieures, qui vise à accroître les recettes budgétaires et à minimiser les pertes fiscales devrait ainsi permettre d’augmenter les recettes publiques. Dans le cadre du FEC, le pays s’est également engagé à respecter la réglementation sur la dette, dont une réduction des emprunts domestiques auprès de la Banque Centrale du Libéria (BCL). La dette publique restera importante, mais devrait continuer à baisser en 2022. La part extérieure de la dette est majoritaire (70% du total), et est presque exclusivement multilatérale et concessionnelle, réduisant le risque de surendettement.

 

La pandémie fragilise l’administration de George Weah

L’élection de l’ex-footballeur George Weah, en 2017, représente la première transition démocratique et pacifique, dans un pays marqué par deux guerres civiles successives (1990-1997 et 1999-2003). Au travers de son programme Pro-Poor Agenda for Prosperity and Development (PAPD), le Président Weah a affirmé sa volonté de remédier au manque d’infrastructure, de promouvoir l’accès aux services publics de base, ou encore de lutter contre la corruption. Néanmoins, la gestion critiquée de la crise de la COVID-19, (nombreuses mesures de confinement, faiblesse de l’offre sanitaire…), ainsi que des affaires de corruption et des troubles sociaux liés au contexte de pauvreté et de chômage de masse, aggravé par les crises économiques successives, ont pesé sur la popularité du Président. Lors des dernières élections de mi-mandat au Sénat en 2020, cela s’est traduit par la perte de la majorité du parti présidentiel, face à une alliance de l’opposition et de candidats indépendants (la Collaboration des partis politiques). D’ici aux prochaines élections présidentielles, prévues en octobre 2023, la stabilité politique et sociale pourrait bien être mise à l’épreuve par les multiples critiques à l’encontre de l’administration de George Weah.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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