Etudes économiques
Niger

Niger

Population 23,3 millions
PIB par habitant 554 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

PRINCIPAUX INDICATEURS éCONOMIQUES

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 7,2 5,9 1,2 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,0 -2,5 2,8 1,5
Solde public / PIB (%)* -3,0 -3,6 -6,0 -4,5
Solde courant / PIB (%)* -12,7 -12,3 -13,0 -16,0
Dette publique / PIB (%) 36,9 39,8 41,7 42,1

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Sixième producteur mondial d’uranium en 2019
  • Exportateur net de produits pétroliers et d’or
  • Effort d’investissement dans l’agriculture et les infrastructures
  • Membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
  • Soutien financier des prêteurs multilatéraux
  • Points faibles

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux chocs climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Économie encore largement dépendante d’une agriculture de subsistance
  • Croissance rapide de la population, grande pauvreté (IDH le plus faible du monde), situation de crise alimentaire chronique
  • Système de perception des taxes et des droits de douane déficient
  • Corruption endémique et importance du secteur informel ; environnement des affaires très mauvais (132ème du rapport Doing Business 2020)
  • Frontières poreuses favorisant l’immigration illégale et les trafics (or, pétrole…)
  • Détérioration de la situation sécuritaire et attaques terroristes

Appréciation du risque

La demande intérieure comme moteur de la reprise

Pénalisé par la fermeture de leur frontière commune par le Nigéria depuis août 2019 et les mesures mises en œuvre pour lutter contre la COVID-19, le Niger a connu une faible croissance en 2020. Une reprise dynamique est toutefois anticipée pour 2021. Bien qu’elle ait été fortement ralentie par la hausse de la pauvreté et les mesures de distanciation, la consommation, qui représente 70% du PIB, a continué à croître en 2020 (+2,3%) grâce au soutien de l’État aux ménages les plus vulnérables (aide monétaire et suspension des factures d’électricité). En 2021, elle devrait retrouver son taux de croissance habituel de l’ordre de 7%, à mesure que les effets de la crise se dissiperont. L’investissement (30% du PIB) sera aussi moteur de la croissance en 2021 (+11%), après la suspension de certains projets pendant la crise sanitaire. Le barrage hydroélectrique de Kandadji (financé à hauteur de 150 millions de dollars par la Banque mondiale) sera relancé et permettra de sécuriser l’alimentation en eau potable de l’agglomération de Niamey à l’horizon 2025. Par ailleurs, la construction d’un oléoduc de 2000km reprendra pour s’achever d’ici 2023. Ce projet mené par la China National Petroleum Company permettra de relier les champs pétrolifères du pays à la côte maritime béninoise et d’augmenter la production de pétrole du pays de 20 000 barils par jour à 97 000 une fois la construction terminée. Le secteur minier est en effet un secteur clé du pays qui représente 8% du PIB. Contrairement à la production aurifère qui se porte bien, la production d’uranium chutera en 2021 avec la fermeture attendue de la mine d’Akouta, l’une des deux mines du pays.

Les secteurs de la construction, de l’extraction et des services devraient ainsi devenir les principaux récipiendaires de l’intensification des projets. En outre, l’agriculture (80% de l’emploi et 40% du PIB), qui n’a été que peu touchée par la crise, connaîtra aussi une croissance soutenue en 2021 (+5%), bien qu’étant majoritairement une agriculture de subsistance. Elle ne contribuera donc pas aux exportations, alors que des importations massives de biens d’équipement seront nécessaires pour mener à bien les projets d’investissements, induisant une contribution négative des échanges à la croissance.

 

Des déficits jumeaux financés par l’aide internationale (13% du PIB)

En avril 2020, le gouvernement a annoncé un plan de relance ambitieux de 597 milliards de francs CFA, soit 7,4% du PIB, afin d’aider les ménages et entreprises les plus touchés par la crise. Malgré un maintien des recettes aidé par la vente d’une licence de télécommunication, la hausse des dépenses a induit un creusement du déficit public et, en conséquence, la hausse de la dette (à 71% extérieure). Grâce au soutien accru des institutions internationales (notamment du FMI), à un prêt de la Deutsche Bank contracté en janvier (1,9% du PIB) et à l’Initiative de suspension du service de la dette (0,2% du PIB), le pays a disposé des ressources pour financer son déficit en 2020. En 2021, la reprise de l’activité et la hausse des recettes permettront une réduction du déficit et éviteront que le pays ne s’endette davantage.

En 2020, le massif déficit courant n’a guère évolué. En effet, le déficit commercial est resté stable, la baisse des importations de biens d’équipement causée par l’arrêt des chantiers ayant compensé la chute des exportations. La faible détérioration s’explique par l’érosion des envois de fonds des expatriés, représentant 2,5% du PIB. Il a été financé en grande partie par l’aide internationale, dont 250 millions de dollars de la Banque mondiale, 114 millions et 20 millions du FMI au titre de ses deux Facilités de crédit, la première, rapide pour répondre à l’urgence COVID-19, la seconde, élargie et pluriannuelle, pouvant être renouvelée en 2021. En 2021, le déficit se creusera en raison de la hausse des importations de biens d’équipement. De plus, bien que les exportations minières (45% des exportations) bénéficieront de cours favorables, elles seront limitées par le vieillissement des mines d’uranium et les capacités de raffinage du pays (seulement 20 000 barils par jour). Le déficit sera financé par le retour des IDE, ainsi que par l’aide internationale. Par ailleurs, en 2020, les réserves auprès de l’UEMOA s’élevaient à 4,5 mois d’importations.

 

Situation sécuritaire et sociale dégradée

La situation politique nigérienne a longtemps été caractérisée par la mainmise du président Mahamadou Issoufou (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS)) sur les différentes institutions depuis la victoire de son parti aux élections présidentielle et législatives de 2016. Il a cependant confirmé qu’il se retirerait pacifiquement lors des prochaines élections, tout en prévoyant soigneusement la future élection de son successeur désigné, Mohamed Bazoum, ancien Premier ministre qui est arrivé en tête avec 38% des voix lors du premier tour de l’élection présidentielle de décembre 2020. Par ailleurs, l’opposition est très critique vis-à-vis des actions du Président et de la partialité du nouveau code électoral 2019 accusé de favoriser le pouvoir en place.

Ces tensions politiques, associées à une hausse de la pauvreté et un risque de famine accru, ont dégradé la situation sociale du pays. Par ailleurs, celui-ci subit de plein fouet la dégradation de la situation sécuritaire suite aux actionsdes groupes terroristes de la région (Boko Haram, AQMI, Al-Murabitoun). Malgré les difficultés de financement de la force G5 Sahel, la coopération internationale viendra en aide au Niger, pays touché par plusieurs attentats et enlèvements de ressortissants étrangers en 2020.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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