Etudes économiques
Rwanda

Rwanda

Population 12,7 millions
PIB par habitant 816 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 9,5 -3,4 8,2 7,0
Inflation (moyenne annuelle, %)* 2,4 7,7 0,9 3,7
Solde public / PIB (%)** -7,0 -9,5 -9,2 -9,0
Solde courant / PIB (%) -12,1 -12,3 -10,9 -11,2
Dette publique / PIB (%) 56,8 71,3 79,1 81,3

(e) : Estimation (p) : Prévision *Inflation urbaine, principale mesure d'inflation utilisée **Année fiscale du 1er juillet au 30 juin

POINTS FORTS

  • Potentiel géologique : cassitérite, coltan, pierres précieuses (aigue-marine, rubis, saphir), or
  • Potentiel touristique
  • Développement d’un tissu industriel et financier
  • Environnement des affaires comptant parmi les plus favorables du continent africain
  • Progrès importants en matière de gouvernance et relative stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux cours des matières premières et à l’aide internationale
  • Enclavement et exposition aux tensions géopolitiques de la région des Grands Lacs
  • Forte pression démographique et densité de population parmi les plus élevées d’Afrique

Appréciation du risque

La demande domestique entretient l’élan de la croissance

En 2021, malgré les confinements ponctuels, l’activité s’est relevée vigoureusement de la récession précipitée par la pandémie de la COVID-19. En 2022, même si l’effet de base s’estompera, se traduisant par un taux de croissance moins élevé qu’en 2021, l’activité sera encore soutenue. La consommation privée portera l’activité, bénéficiant de la hausse du taux d’inoculation contre la COVID-19. Si la campagne de vaccination reste inachevée, faisant planer le risque d’une reprise épidémique, le pays est tout de même l’un des plus avancés dans le déploiement du vaccin sur le continent (près de 20 % de la population pleinement vaccinée mi-novembre 2021, 6,6 % en Afrique). De plus, alors que plus de 70 % de la population est employée dans l’agriculture, les revenus des ménages devraient bénéficier des prix encore relativement favorables des cultures d’exportations (café, thé). L’inflation, qui devrait rester modeste, ne devrait pas les éroder significativement. En effet, bien qu’elle soit attendue en nette hausse, sous l’effet d’un rebond des prix des denrées alimentaires, le maintien probable de la subvention aux produits pétroliers (introduite en mai 2021) pendant une partie de l’année devrait contenir les pressions inflationnistes. Par ailleurs, l’investissement jouera aussi un rôle moteur. Sa part publique sera encore soutenue par la mise en œuvre de la Stratégie nationale de transformation (NST1), qui devrait aussi créer un appel d’air pour l’investissement privé. La NST1 mettra l’accent sur l’investissement dans les infrastructures, avec, par exemple, celui dans l’aéroport de Bugesera (livraison prévue en 2023), et le développement du secteur manufacturier. Ces industries devraient aussi bénéficier des ressources supplémentaires du Fonds de relance économique (FRE). Le Rwanda accueillera également l’investissement visant à la construction d’une usine de fabrication de vaccins Pfizer-BioNTech, qui débutera mi-2022. Les importations de biens d’équipement liées à ces investissements continueront de peser sur la contribution des exportations nettes, malgré les prix favorables des matières premières exportés (café, thé, or, tungstène). 

 

Dépenses publiques encore élevées, l’endettement continue de grimper

En 2021/22, le déficit budgétaire restera ample. L’acquisition de vaccins contre la COVID-19, les fonds supplémentaires alloués au Fonds de relance économique, l’effort d’investissements pour soutenir la reprise, la hausse de la masse salariale d’Etat pour recruter enseignants et agents de santé, ou les soutiens aux entreprises publiques contribueront à une hausse significative de la dépense publique. Le déficit pourrait légèrement se réduire grâce à la progression des recettes, qui bénéficiera des effets de la forte croissance, couplée à la mise en place de la Stratégie de recettes à moyen-terme. Celle-ci comprend des réformes de la politique fiscale et des administrations afin d’améliorer la mobilisation des ressources domestiques. Néanmoins, même si elles privilégieront les sources concessionnelles, les autorités devront avoir recours à l’endettement, extérieur (plus de 75 % du stock total de dette), mais aussi domestique, pour financer le déficit. La dette publique, qui a plus que triplé relativement au PIB depuis 2010, poursuivra donc sur sa trajectoire ascendante. Si cela constitue une source de vulnérabilité, la faible part de dette commerciale (moins de 10 % de la dette extérieure) tempère les paiements d’intérêts (7 % des dépenses publiques).

 
En 2022, le déficit commercial, principalement grevé par les importations de biens d’équipement, devrait alimenter un déficit courant plus important. Le rétablissement des recettes touristiques, qui restera probablement inachevé en 2022, ne devrait pas compenser la facture d’importations plus salée. Les rapatriements de profits des sociétés étrangères devraient augmenter, en lien avec l’évolution des investissements. Si l’excédent du compte des transferts atténuera le déficit du compte courant, la baisse de la coopération internationale d’urgence versée pour combattre la pandémie le réduira. Les IDE et les subventions financeront une large partie du déficit. Toutefois, tandis que les réserves couvrent plus de 4 mois d’importations, le franc rwandais devrait continuer à lentement se déprécier.

 

Quelques signaux d’amélioration pour la stabilité régionale

Le président Paul Kagamé a obtenu un troisième mandat consécutif en 2017, obtenant, officiellement, près de 99 % des voix. En 2018, l’hégémonie du Front Patriotique Rwandais (FPR) et de M. Kagamé s’est une nouvelle fois vérifiée lors du scrutin législatif : au sein d’une coalition élargie à six partis, le FPR a remporté 74 % des voix et 40 des 53 sièges soumis au vote des électeurs. Régulièrement accusés de museler les dissidences et de contrôler l’espace politique, Paul Kagamé et le FPR sont aussi crédités du retour à la paix et à la stabilité politique. La domination du FPR et de Paul Kagamé sur l’espace politique ne devrait pas être remise en cause d’ici aux élections de 2023 (législatives) et 2024 (présidentielle). Leur popularité pourrait même bénéficier du déploiement du vaccin. Bien qu’il compte déjà parmi les plus attrayants du continent, le pays poursuit les réformes visant à améliorer son environnement des affaires. Sur le plan régional, le pays s’est signalé en envoyant des troupes au Mozambique pour y combattre l’insurrection islamiste. De plus, des efforts visant à normaliser les relations difficiles avec le Burundi et la RDC sont à signaler en 2021. En juillet 2021, le pays a rapatrié 19 combattants burundais et tenu une série de réunions avec responsables politiques et militaires de son voisin du Nord, tandis que trois accords de coopération bilatérale ont été signés, en juin 2021, avec la RDC. Le 31 janvier 2022, le Rwanda a rouvert sa frontière terrestre avec l’Ouganda (qui avait été fermée en février 2019), un signe encourageant vers la normalisation des relations entre les deux pays voisins.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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