Etudes économiques
Sénégal

Sénégal

Population 16,7 millions
PIB par habitant 1 474 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) 1,3 5,1 4,5 7,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,5 2,1 7,0 5,0
Solde public / PIB (%)* -6,4 -6,3 -6,2 -4,5
Solde courant / PIB (%) -10,9 -13,3 -13,2 -8,8
Dette publique / PIB (%) 69,2 73,2 75,1 71,4

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Solides antécédents en matière de stabilité politique
  • Economie relativement diversifiée
  • Plan d’investissement Sénégal Emergent ciblant efficacement la croissance structurelle, et soutenu par les bailleurs internationaux
  • Réformes améliorant le climat des affaires
  • Appartenance à la zone monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) apportant une relative stabilité monétaire et un taux de change bas
  • Mise en exploitation en 2023 de gisements d’hydrocarbures offshore

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité face aux aléas climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières (arachide, coton, poissons, or, acide phosphorique)
  • Importateur alimentaire (~30% d’autosuffisance nette)
  • Inefficacité de l’intervention étatique, débouchant sur du bureaucratisme et un endettement important
  • Large déficit courant

Appréciation du risque

Les hydrocarbures comme relais de croissance

Ayant relativement bien traversé la pandémie, l’économie a été touchée de plein fouet par les conséquences de la guerre en Ukraine. Le pays dépend largement de l’extérieur pour son approvisionnement alimentaire et énergétique, d’où une large inflation importée en 2022. Phénomène rare, des émeutes ont poussé les autorités à réévaluer les subventions à la consommation. En 2023, les sources énergétiques de l’inflation devraient se tarir, mais le degré de la baisse dépendra des aléas climatiques affectant l’agriculture.

 

Les investissements publics demeurent un moteur de la croissance, avec la poursuite du plan Sénégal Emergeant. L’amélioration des infrastructures a fortement soutenu le développement du pays, avec une croissance moyenne à ~5% entre 2014 et 2019. Sont mis récemment ou bientôt en service le train express régional entre Dakar et le nouvel aéroport Blaise Diagne, le port en eau profonde de Ndayane acté en 2022 pour désengorger celui de la capitale (1,1 milliards de dollars US, dont 60% du groupe émirati DP World) ainsi que les phases 1 des champs offshores de gaz Grand-Tortue Ahmeyim et de pétrole Sangomar en 2023.

 

Cette entrée en activité, la reprise du tourisme après la pandémie ainsi que la diminution des importations liées à l’extraction devraient procurer un large supplément de croissance dès 2023 via les exportations en volume. Sous l’hypothèse d’un ralentissement mondial, les termes de l’échange pourraient se dégrader après un pic inflationniste fin 2022, affectant notamment l’or et modérant l’expansion des échanges par un effet prix négatif.

 

Le gouvernement continue de nouer de nombreux accords de développement, par exemple dans l’agriculture grâce à un prêt de la Banque Africaine de Développement pour 121 millions d’euros en juin 2022. Si la structure du PIB est relativement équilibrée, la main d’œuvre reste concentrée dans l’agriculture (17% du PIB pour 80% de la main d’œuvre en 2020), mettant en lumière la faible productivité du secteur. Le tourisme (6% du PIB et 9% de l’emploi avant la COVID-19) et les cours des minerais suspendus à la conjoncture sanitaire et économique sont autant de marques de fondamentaux fragiles avant la découverte des gisements offshores.

 

Des marges de manœuvre financières étroites

La mise en exploitation des hydrocarbures, plus précisément la baisse des importations en équipements et services dédiés et la hausse des recettes d’exportations, devrait concourir à la réduction du déficit courant. Celui-ci restera toutefois élevé en raison des imports d’équipements et de la dépendance alimentaire.

 

Les investissements du Plan Sénégal Emergeant bénéficient de fonds abondés par le FMI, avec lequel Dakar a construit un instrument de coordination de la politique économique en 2020, bénéficiant d’une facilité de crédit initialement de 650 millions de dollars US sur 18 mois. Toutes les revues sont passées avec succès, entraînant le déblocage régulier de 215 millions de dollars US en juin 2022, et 172 millions supplémentaires sont versés à date pour lutter contre l’inflation. L’institution préconise un assainissement fiscal, mais continue de soutenir la politique de développement proposée. D’abord prévues à 1% en 2022 puis ré-estimées à 3%, les baisses ciblées de prélèvements (TVA, douanes et taxes sur les carburants) destinées à atténuer le choc inflationniste ne devraient pas être renouvelées afin d’améliorer les finances publiques. L’austérité peut toutefois être évitée grâce aux nouveaux revenus issus de l’extraction. L’amélioration de la gestion de la dette, une mise en concurrence systématique sur les marchés publics ainsi qu’une bonne gestion de la manne pétrolière constituent aussi des leviers. La dette de l’administration centrale se répartit également entre crédit bilatéral, multilatéral (en dollars) et euro-obligations. Les marges de manœuvre étroites devraient pousser le pays à se passer d’emprunts extérieurs en 2023, en comptant sur les prêts concessionnels. En effet, il est déjà fortement exposé au risque de taux d’intérêt et de change : la dette publique externe monte à 57% du PIB en 2021, alors que l’ancrage du franc CFA sur l’euro ne protège pas face à la dépréciation récente face au dollar. Selon le FMI, le respect de ces préconisations budgétaires conjugué à la croissance permettrait au ratio dette/PIB de reculer.

 

Des institutions stables mais les tensions couvent

L’instabilité régionale pose des risques pour l’économie, particulièrement dans le Sud-Est du pays en proie aux groupes armés près des gisements aurifères, alors que la menace islamiste essaime du Mali voisin. L’exploitation artisanale et informelle de l’or présente des opportunités pour ces groupes : blanchiment, recrutement dans des populations pauvres, contrebande, approvisionnement en explosifs etc. La structuration de la filière par l’Etat intégrant les populations locales devrait éviter que la lutte contre l’économie souterraine ne soit impopulaire. En interne, l’opposition a progressé aux législatives de juillet 2022, bénéficiant des frustrations liées au chômage des jeunes, à la corruption alimentée par les grands chantiers et à la croissance ne bénéficiant pas également à tous. Malgré un soutien fort de la ruralité, la courte majorité du président Macky Sall ne devrait donc pas avoir une large marge de manœuvre, ce qui exclut l’hypothèse d’un troisième mandat en 2024, pour autant que la constitution puisse être modifiée.

 

Le Sénégal entretient des relations étroites avec la France et les Etats-Unis sur les questions militaires, avec l’UE sur les sujets migratoires, la Chine sur le plan commercial et la Russie pour ses intrants agricoles. La levée des sanctions sur le Mali par la CEDEAO et l’accroissement des liens avec la Turquie et les pays du Golfe constituent les principaux développements récents à surveiller.

 

Dernière mise à jour : Septembre 2022

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