Sri Lanka

Asie

PIB / Habitant ($)
3 820,0 $
Population (en 2021)
22,0 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
B
Précédemment
D
Précédemment
B

suggestions

Résumé

Points forts

  • Emplacement stratégique sur de grandes voies maritimes ; hubs de transbordement
  • Destination touristique attrayante
  • Capital humain (alphabétisation, anglais)
  • Remises des expatriés
  • Potentiel énergétique renouvelable
  • Cadre de réforme post-crise (discipline budgétaire, climat plus favorable à l’IDE, programme FMI)
  • Nombreux accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux : Accord de libre-échange d’Asie du Sud (SAFA), Accord commercial Asie-Pacifique (APTA) et préférences généralisées de l’UE (GSP-Plus)
  • Intérêts chinois, indiens et japonais

Points faibles

  • Endettement encore lourd malgré sa restructuration
  • Investissement public contraint par la charge des intérêts de la dette
  • Dépendance aux importations et aux recettes externes (tourisme, remises)
  • Forte empreinte économique chinoise (financements d’infrastructures, dette, IDE)
  • Risque climatique élevé (inondations, glissements de terrain, cyclones)
  • Environnement des affaires médiocre (corruption, incertitude fiscale, manque d’accès au crédit et pénurie de compétences sur le marché du travail)
  • Tensions entre Cinghalais et Tamouls

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

États-Unis d'Amérique
19%
Europe
16%
Royaume-Uni
6%
Inde
6%
Émirats arabes unis
2%

Import des biens en % du total

Chine 23 %
23%
Inde 20 %
20%
Émirats arabes unis 7 %
7%
Singapour 7 %
7%
Europe 6 %
6%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

La reprise économique contrariée par le cyclone Ditwah

Les effets de la crise de la balance des paiements et du défaut souverain extérieur de 2022 se sont prolongés en 2023, avant que l’économie n’entame son redressement en 2024. Il s’est poursuivi en 2025, porté par le tourisme étranger et la reprise de la consommation privée, stimulée par la hausse des salaires et les remises d’expatriés, la forte croissance du crédit et la déflation. Cependant, l’arrivée du cyclone Ditwah, le 28 novembre 2025, suivi de pluies torrentielles, a entraîné des dégâts importants. La Banque mondiale estime les dommages physiques directs équivalent à 4% du PIB de 2024. Les infrastructures – routes, ponts, voies ferrées et réseaux d’eau – concentrent la plus grande part des destructions, estimées à 1,735 milliard USD, suivies des logements (985 millions USD) et de l’agriculture (814 millions USD).

Les destructions ont certainement entraîné un trou d’air à la jonction de 2025 et 2026. Cependant, l’activité devrait rapidement rebondir. La construction affichera vraisemblablement le rythme de croissance le plus rapide en raison de la forte demande de reconstruction. Néanmoins, les services (59% du PIB en 2024) resteront le principal moteur de l’activité en 2026, avec notamment le redémarrage du tourisme. Avant le cyclone, les arrivées internationales avaient dépassé le niveau de 2018 – point haut avant les attentats de Pâques 2019 et la pandémie – et devraient retrouver leur progression, soutenues par la forte compétitivité-prix de la destination. Le transport, faiblement impacté par le cyclone, contribuera encore à la croissance, en particulier le transbordement maritime, porté par la demande robuste et l’augmentation des capacités portuaires de Colombo et Hambantota. Tirée par la confection de vêtements (premier poste d’exportation), l’industrie (27% du PIB) devrait aussi renouer avec sa reprise, une fois les infrastructures réparées. Par ailleurs, la relance progressive de l’agriculture (8% du PIB), fortement touchée par le cyclone, jouera un rôle essentiel, puisqu’elle concentre près de 30% des emplois - ce qui en fera un déterminant majeur de la consommation - tandis que le thé reste le deuxième produit d’exportation. Enfin, le cadre macroéconomique plus prévisible instauré par le programme du FMI, renforce la confiance des investisseurs. A cet égard, la réforme du secteur énergétique devrait attirer de nouveaux IDE dans les projets solaires, éoliens et de stockage, soutenus par le programme de 150 millions USD de la Banque mondiale (juin 2025).

Après onze mois de déflation, l’inflation est redevenue positive en août 2025, sous l’effet de la hausse des prix alimentaires et du relèvement de plusieurs tarifs administrés. Pour rapprocher l’inflation de son objectif de 5%, la banque centrale a assoupli sa politique monétaire, abaissant son taux directeur de 25 points de base à 7,75% en mai 2025. Cela a contribué à la forte accélération du crédit au secteur privé, en hausse de 19,6% en glissement annuel en juillet 2025. Malgré l’impact passager du cyclone – perturbations des chaînes d’approvisionnement provoquant la pénurie de certains produits alimentaires -, l’inflation devrait rester en deçà de la cible en 2026. La détente des prix mondiaux des matières premières et la stabilisation de la roupie devraient l’emporter sur le redressement de la demande et les nouveaux ajustement tarifaires (notamment sur l’électricité). On peut donc s’attendre à de nouvelles baisses du taux directeur en 2026.

Une consolidation budgétaire stoppée par le cyclone

En matière budgétaire, le gouvernement a respecté les engagements pris dans le cadre du programme convenu avec le FMI en mars 2023. Celui-ci prévoit une enveloppe de 2,9 Mds USD, décaissés par tranches jusqu’en 2027. Il sert d’ancrage à la trajectoire de consolidation, qui repose principalement sur les recettes. Plutôt que sur de nouvelles hausses d’impôts, l’accent sera mis, en 2026, sur l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration du recouvrement. Les autorités comptent abaisser le seuil d’imposition pour la TVA et la contribution à la sécurité sociale, tout en renforçant la digitalisation des terminaux de paiement. Du côté des dépenses, le financement de la reconstruction post-cyclone ne sera couvert qu’en petite partie par l’aide d’urgence des partenaires internationaux. Elle représente environ 0,5% du PIB, alors que les dégâts sont estimés à près de 4% du PIB. L’objectif convenu avec le FMI de stabiliser la dépense totale autour de 20 % du PIB en 2026 ne sera pas atteint et le déficit se creusera.

Le Sri Lanka a franchi une étape décisive dans la résolution de sa crise de surendettement, en concluant, fin décembre 2024, un accord portant sur la restructuration d’environ 98% de la valeur nominale de ses obligations internationales. La quasi-totalité des Eurobonds a été échangée contre de nouveaux instruments plus soutenables (maturités allongées, périodes de grâce, taux revus à la baisse). Parallèlement, des accords bilatéraux ont été signés avec les créanciers officiels, dont ceux du Club de Paris – notamment le Japon, l’Inde et la France – ainsi qu’avec la Chine. Le ratio d’endettement public extérieur est désormais sur une trajectoire décroissante. Le Sri Lanka bénéficie d’une période de grâce jusqu’en 2027. Enfin, malgré les dépenses supplémentaires liées au cyclone, le poids de la dette ne devrait pas augmenter car les autorités auront recours à des fonds de trésorerie.

La balance courante devrait passer dans le rouge en 2026, pénalisée par le creux touristique lié au cyclone ainsi que l’élargissement du déficit commercial. Déjà, entre janvier et novembre 2025, le déficit des échanges de marchandises s’est élargi de 32% en glissement annuel, les importations – tirées par les achats de véhicules et de biens de consommation – progressant plus vite que les exportations. Cependant, les exportations, dominées par l’habillement, le thé et le caoutchouc, se sont redressées avec la dissipation progressive des pénuries d’intrants héritées de la crise de 2022. Elles vont subir le contrecoup des destructions provoquées par le cyclone. Les droits de douane imposés par les Etats-Unis (30% à partir d’août 2025), même si comparables ou inférieurs à ceux des concurrents voisins, ajoutent une pression supplémentaire sur l’industrie du vêtement. Le déficit des revenus primaires s’est réduit de 18% sur la période janvier-novembre 2025 et conservera cette tendance en 2026, notamment grâce à la diminution des intérêts de la dette. Les envois de fonds de la diaspora – en provenance surtout du Moyen-Orient - ont progressé de 22% pour atteindre 8,1% du PIB en 2025 et poursuivront leur progression en 2026. Mais cela ne suffira pas pour maintenir la balance courante en territoire positif. Cependant, les financements d’urgence des partenaires, les décaissements du FMI, ainsi que la flexibilité accrue du taux de change, devraient permettre de poursuivre la reconstitution des réserves de change (équivalent à 3,4 mois d’importation en novembre 2025).

Nouveau gouvernement de gauche confronté à la forte attente de renouvellement après la crise de 2022

L’élection, en septembre 2024, du président Aruna Kumara Dissanayake, suivie de la large victoire aux législatives de sa coalition de gauche National People’s Power (NPP), a mis fin à sept décennies de règne des partis traditionnels. La coalition est menée par le parti présidentiel, le Front de libération du peuple d’inspiration marxiste, ce qui n’a pas empêché le président d’affirmer son adhésion au programme du FMI. Le gouvernement bénéficie du soutien populaire, nourri par la forte attente de renouvellement, notamment en matière de lutte contre la corruption et de réforme de l’Etat. Durant sa première année, le gouvernement a réduit de nombreux privilèges politiques et engagé des poursuites contre plusieurs figures de l’ancien régime, consolidant son image de rupture avec le passé. Cependant, un fossé grandissant entre les promesses et la lenteur des réformes est déjà mis en avant par les médias locaux, d’autant que les défis structurels sont immenses. Le risque principal pour la stabilité politique est économique : la pauvreté reste élevée, et l’amélioration des conditions de vie tardent à se matérialiser. La gestion du cyclone Ditwah renforce ce sentiment, certains opposants reprochant au gouvernement son inexpérience et son inefficacité. Lors des élections locales de mai 2025, le NPP n’a obtenu que 43% des voix – un recul par rapport à ses victoires présidentielle et parlementaire.

Fortement dépendant de l’aide internationale, le pays doit équilibrer ses relations avec les grandes puissances, en particulier l’Inde et la Chine, tout en ménageant les autres créanciers. L’Inde, principal soutien financier durant la crise de 2022-23, avec près de 4 milliards USD d’aide d’urgence, occupe une place centrale avec la signature, en 2025, d’un accord de coopération militaire quinquennal. Parallèlement, le pays vise à préserver ses relations avec la Chine, le premier créancier à accepter un accord de restructuration de dette dès octobre 2023. Pékin demeure un partenaire incontournable : elle a financé et construit de nombreuses infrastructures majeures et devrait rester bien présente.

Dernière mise à jour : janvier 2026