Etudes économiques
Algerie

Algerie

Population 43,4 millions
PIB par habitant 3 898 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,2 0,8 -6,5 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,2 1,9 3,5 3,8
Solde public / PIB (%) -6,9 -8,6 -13,5 -12,0
Solde courant / PIB (%) -9,6 -10,1 -13,0 -11,5
Dette publique / PIB (%) 38,2 46,3 57,2 66,6

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de pétrole et de gaz ; potentiel important en matière d’exploitation du gaz de schiste
  • Potentiel dans les domaines de l’agriculture, des énergies renouvelables et du tourisme
  • Position géographique favorable, à proximité du marché européen

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux recettes d’hydrocarbures
  • Taux de chômage des jeunes élevé, faibles opportunités pour les diplômés
  • Poids excessif du secteur public
  • Crise politique et sociale aiguë déclenchée en 2019
  • Mauvais état des infrastructures
  • Lourdeurs bureaucratiques, corruption, faiblesses du secteur financier et environnement des affaires incertain

appréciation du risque

Reprise liée au devenir du marché des hydrocarbures

L’Algérie est entrée en récession en 2020 suite à la crise de la COVID-19. Très dépendant du secteur des hydrocarbures (21% du PIB et 93% des exportations), le pays a été confronté à l’effondrement des cours d’hydrocarbures lié à la faible demande mondiale et aux contraintes de l’accord OPEP+ en matière de production pétrolière. Par ailleurs, afin de juguler l’épidémie de la COVID-19, le gouvernement a imposé des mesures de confinement dès février 2020, comme par exemple l’annulation des vols commerciaux. Puis, s’est ajoutée la fermeture des écoles, commerces, restaurants et frontières. En 2021, l’activité devrait repartir progressivement. Bien qu’en hausse par rapport à 2020, les prix et la demande d’hydrocarbures devraient rester sous leur niveau d’avant la crise, ce qui continuera d’impacter les recettes d’exportations (21,6% du PIB). De plus, malgré une modeste augmentation des quotas de production de l’OPEP+, les contraintes imposées par cet accord continueront de brider la production pétrolière en 2021. Après s’être largement repliée en 2020, en raison de la hausse du chômage (16,5% en 2020 contre 12% en 2019) et de la baisse des envois de fonds de la diaspora (1,1% du PIB) en conséquence de la crise sanitaire en Europe occidentale, la consommation des ménages (44% du PIB) se redressera légèrement en 2021. En effet, le gouvernement a mis en place des aides sociales, qui, même en représentant seulement 0,4% du PIB, devrait légèrement la stimuler. Cependant, elle progresserait timidement en raison de l’incertitude politique et économique persistante, ainsi que du taux de chômage encore. Les investissements (37% du PIB), notamment publics, qui concernent principalement les hydrocarbures, les infrastructures et le logement, ont été gelés. En 2021, ils ne devraient que légèrement reprendre en raison des conditions budgétaires toujours difficiles et des incertitudes économiques, malgré l’abrogation, en juin 2020, de la loi plafonnant à 49% la participation étrangère dans une firme algérienne, hors secteurs stratégiques, ainsi qu’un nouveau soutien aux startups.

 

Endettement domestique et érosion des réserves de change

Avec la COVID-19, le gouvernement a augmenté ses dépenses en matière de santé (0,2% du PIB), mais aussi en aides sociales et économiques dans le cadre d’un plan de soutien (1% du PIB). Dans le même temps, les recettes fiscales (provenant à 41% des hydrocarbures) ont chuté. Malgré les coupes dans les dépenses en capital ou courantes (hors subventions représentant plus de 8% du PIB), le solde public, traditionnellement déficitaire, s’est creusé. En 2021, il ne devrait que légèrement reculer, car les dépenses pour soutenir l’économie resteraient élevées, alors que les recettes n’augmenteraient que faiblement. L’endettement extérieur demeurera faible (moins de 1% du PIB), même si l’Algérie pourrait solliciter l’aide multi ou bilatérale pour financer l’important déficit. Le pays pourrait également recourir au financement de la banque centrale qui a cessé en 2019. Le déficit courant s’est également creusé, causé par l’important déficit commercial, plus conséquent suite à la crise et la baisse des exportations d’hydrocarbures. Certes, le pays a enregistré une baisse des importations liée à celle de la demande intérieure ainsi qu’au durcissement des conditions d’importations dans le but d’économiser des devises, mais pas assez importante pour compenser. En 2021, le déficit ne devrait que modestement se réduire. Malgré le léger rebond des exportations, les importations, reprendront en lien avec le redressement de la demande intérieure. Ce déficit continuera d’être financé en ponctionnant les réserves de change qui ont fortement reculé (équivalentes à douze mois d’importations fin 2019, elles n’en représenteraient que huit fin 2020), poursuivant leur chute depuis 2014. Les IDE resteront faibles. Cependant, la suppression du plafonnement des participations étrangères au capital des sociétés locales et de l’obligation de trouver un partenaire local, ainsi que la possibilité de se financer à l’étranger, pourraient générer un surcroît à terme, sauf dans le secteur minier, les hydrocarbures, le transport d’électricité, les voies ferrées et le commerce de détail qui sont exclus. La tiédeur des investisseurs pour le secteur des hydrocarbures, parfois las de leur collaboration avec la société nationale SONATRACH, devrait alors perdurer.

 

Une instabilité politique accrue

Face à une mobilisation d’ampleur, débutée en février 2019 après l’annonce de sa candidature, le président Abdelaziz Bouteflika au pouvoir depuis 1999, a été contraint à la démission en avril 2019. Les manifestations régulières (connues sous le nom de Hirak) se sont poursuivies contraignant à deux reports de l’élection présidentielle, qui s’est finalement tenue en décembre 2019. Abdelmajid Tebboune, premier ministre de Bouteflika en 2017, est sorti vainqueur. Il tente de distinguer son administration de celle de son prédécesseur par sa transparence. Il s’est aussi engagé à répondre aux revendications du Hirak en engageant une réforme constitutionnelle approuvée par référendum le 2 novembre 2020, mais avec un faible taux de participation (23,7%). Le gouvernement espère que l’élection parlementaire, qui a eu lieu fin 2020, et la réforme constitutionnelle permettront de réduire le risque politique et social. La prévalence de la pauvreté, le manque d’opportunités d’emplois et le contexte économique difficile, exacerbés par la crise sanitaire, ainsi que le sentiment que rien ne change vraiment dans la gouvernance, alimenteront probablement le mécontentement. La tolérance de l’armée et du gouvernement à l’égard des troubles pourrait diminuer et les mesures de sécurité être renforcées. En outre, le rôle majeur tenu par la première sur la scène intérieure, pourrait s’accroître à l’extérieur dans un contexte marqué par les infiltrations de djihadistes provenant de Libye et du Mali, ainsi que le désaccord avec le Maroc sur le Sahara occidental.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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