Honduras

Amérique du Sud

PIB / Habitant ($)
3 267,7 $
Population (en 2021)
10,5 Millions

Evaluation

Risque Pays
C
Climat des affaires
C
Précédemment
C
Précédemment
C

suggestions

Résumé

Points forts

  • Relations privilégiées avec les Etats-Unis (accord commercial préférentiel dans le cadre du DR-CAFTA, présence militaire) renforcées par le résultat des dernières élections
  • Ressources agricoles
  • Industrie textile développée et exportatrice (maquiladoras)
  • Appui des bailleurs multilatéraux, notamment du FMI, pour soutenir les réformes économiques

Points faibles

  • Polarisation politique
  • Dépendance à la conjoncture américaine (exportations, IDE et remises d’expatriés)
  • Dépendance aux importations de carburants et céréales
  • Ressource fiscale encore trop faible (23 % du PIB en 2023)
  • Coût élevé du crédit en lempira (taux moyen à 14,5 %)
  • Taux de chômage élevé (7,2 % en 2024)
  • Forte vulnérabilité aux évènements météos tels que les ouragans, inondations…
  • Déficiences en infrastructures (notamment électricité) et services publics, corruption élevée et indépendance limitée de la justice (154/180 Transparency Index)
  • Pauvreté (63 % de la population en 2024), informalité de l’économie (74 % des ménages en 2019) et insécurité entretenant une forte émigration

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

États-Unis d'Amérique
36%
Europe
16%
Guatemala
10%
Salvador
8%
Nicaragua
6%

Import des biens en % du total

États-Unis d'Amérique 31 %
31%
Chine 16 %
16%
Guatemala 11 %
11%
Mexique 7 %
7%
Salvador 5 %
5%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Une croissance modérée et dépendante de la conjoncture américaine

En 2025, la croissance a connu une modeste accélération, portée par la hausse de la consommation privée (83 % du PIB), qui a bénéficié d’une forte augmentation des remises des expatriés (+ 27 % en glissement annuel) à 12,2 milliards de dollars, soit 31 % du PIB. Cette hausse conjoncturelle s’explique par le durcissement de la politique migratoire américaine, avec la révocation du statut de protection temporaire (TPS) de 70 000 immigrants honduriens en 2025 et l’entrée en vigueur, au premier janvier 2026, d’une taxe de 1 % sur les transferts de fonds en provenance des Etats-Unis. Ces perspectives ont incité les expatriés à augmenter leurs transferts en fin d’année. Sur le plan sectoriel, les services a été particulièrement dynamique, porté par la finance, les assurances et l’immobilier. La relative stabilisation du secteur de l’électricité, en difficulté, a également contribué positivement à la croissance. En 2026, celle-ci devrait légèrement ralentir, sous l’effet d’un ralentissement du pouvoir d’achat entrainé par la baisse des remises d’expatriés.

La consommation bénéficie de la baisse de l’inflation, située désormais dans la cible de la Banque centrale du Honduras (BCH) à 4.0% ± 1,0 point. Cette dernière pourrait être amenée à assouplir son taux directeur, fixé à 5,75 % depuis fin 2024, de 25 à 50 bps au cours de l’année 2026. Sur le plan de l’ancrage glissant au dollar, la BCH a élargi sa plage de flottement en 2025 et laissé le lempira se déprécier afin de soutenir la compétitivité à l’export et de maintenir ses réserves de change. Elle devrait maintenir cette politique en 2026, tout en veillant à en limiter la volatilité.

La ligne économique libérale du nouveau président pourrait avoir une incidence positive sur l’investissement privé étranger.. Elle laisse présager une amélioration des conditions de l’entreprenariat et devrait mettre fin à la phase de nationalisation, intervenue sous l’administration précédente, avec notamment la saisie de la compagnie d’électricité privée BELCO par la Empresa Nacional de Energía Eléctrica (ENEE, entreprise publique d’électricité) en mai 2024. De plus, le Honduras est engagé dans une procédure au CIRDI avec les investisseurs de la zone franche de Próspera, à la suite de la suppression par le Congrès des Zones pour l’emploi et le développement économique (ZEDE) en 2022, plongeant le statut de ces zones dans l’incertitude. Le pays est d’ailleurs sorti du CIRDI en 2024. L’investissement public, concentré dans les infrastructures énergétiques et le secteur de la santé, devrait rester stable en valeur réelle en 2026, à 4 % du PIB, sous réserve d’approbation du budget par le Congrès, alors que le nouveau président a centré son programme sur la réduction des dépenses publiques. La signature d’un projet d’investissement hydroélectrique à 525 M de dollars en partenariat avec la Chine, actuellement en discussion, pourrait également être remis en cause par la nouvelle administration.

Une embellie temporaire des comptes extérieurs

La balance courante a connu une nette amélioration en 2025, principalement sous l’effet de la hausse exceptionnelle des remises d’expatriés. Cela devrait se traduire par un solde légèrement positif, pour la première fois depuis 2021, avant un retour dans le rouge en 2026 du fait du déficit commercial structurel. Ce déficit commercial s’est marginalement redressé, à 20 % du PIB (contre 23 % en 2024), grâce à l’essor des exportations de café essentiellement dû à la hausse des cours (+ 192 % depuis 2024), mais en partie compensé par la hausse des importations générée par le dynamisme de la consommation. Cette tendance positive devrait se poursuivre en 2026, sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie (13 % des importations de biens). Les exportations de produits agricoles (café, banane, crevette, huile de palme) devraient également connaître une embellie en 2026, alors que la croissance américaine s’annonce plus résiliente que dans les prévisions initiales, mais le secteur reste vulnérable aux aléas météos. Le dynamisme étasunien, dont le marché absorbe 50 % des exportations du Honduras, pourrait également favoriser la production textile des maquiladoras, qui représente 44 % des exportations du pays mais qui stagne depuis deux ans. Sous l’effet de l’excédent inédit de la balance courante, les réserves de change de la BCH sont en hausse et couvraient, en janvier 2026, 6,2 mois d’importations (contre 4,3 en septembre 2024).

Le déficit public s’est légèrement creusé en 2025, la faible élasticité des ressources fiscales aux exportations n’ayant pas compensé la hausse limitée des dépenses sociales. Mais il reste en ligne avec la cible du FMI, fixée à -1,5 % du PIB. Ce déficit devrait se résorber en partie en 2026, du fait d’une stagnation de l’investissement public et d’une probable baisse des dépenses sociales. L’expiration de certains statuts fiscaux avantageux, notamment le régime d’importation temporaire (RIT), dispositif qui exonère de droits de douane les intrants des entreprises exportatrices, pourrait entrainer également une hausse des recettes si elle n’est pas reconduite. Le projet de loi dite « de justice fiscale », qui prévoyait un élargissement de l’assiette fiscale et un suivi accru de la dépense publique, et qui rencontrait l’opposition des forces conservatrices, devrait toutefois être abandonné. La consolidation budgétaire s’inscrit dans le cadre d’un programme de trois ans signé avec le FMI en août 2023 et financé par une Facilité élargie de crédit et un Mécanisme élargi de crédit pour un total de 822 millions de dollars, dont 485 millions avaient été déboursés en avril 2025. Enfin, le ratio d’endettement public a baissé en 2025 et cette tendance devrait se poursuivre en 2026. La dette publique externe constitue 52 % de la dette publique totale. Elle est détenue à 66 % par des partenaires multilatéraux, en particulier par la BIRD, à des conditions (taux, durée, possibilités de restructuration) préférentielles. Cette dette publique externe représente 67 % de la dette externe totale, le solde correspondant aux maquiladoras.

Des élections générales contestées qui plongent le pays dans l’incertitude politique

L’élection présidentielle tenue le 30 novembre 2025 a été particulièrement tendue et la publication des résultats a été retardée de plusieurs semaines. Nasry Asfura, candidat du Parti National (PNH) conservateur, a été déclaré élu le 24 décembre avec 40,26 % des suffrages, devançant très légèrement son principal opposant et favori, l’ex-vice-président Salvador Nasralla du Parti Libéral (PLH) de centre-droit qui a quant à lui obtenu 39,55 % des voix. Tous deux ont largement devancé Rixi Moncada, la candidate du parti de gauche Liberté et Refondation (Libre), au pouvoir depuis l’élection de Xiomara Castro à la présidence en 2021. L’élection a été marquée par l’implication du président américain Donald Trump, qui a publiquement apporté son soutien à la candidature de Nasry Asfura et gracié l’ancien président Juan Orlando Hernandez (2014-2022), cadre historique du PNH condamné en 2024 à 45 ans de réclusion criminelle pour trafic de drogue par la justice américaine. La présidente sortante et M. Nasralla, dénonçant l’ingérence américaine, ont contesté les résultats du vote et appelé à un recompte des bulletins. Cette exigence a été jugée illégale par le conseil national électoral (CNE) et l’élection de M. Afsura a été validée. Celui-ci a été investi le 27 janvier. Les élections législatives tenues simultanément ont donné une majorité relative au PNH avec 49 députés sur un total de 128 sièges au Congrès, suivi par le PLH (41 députés) et Libre (34 députés). Des négociations en cours laissent présager une coalition entre le PNH et les libéraux du PLH, qui détiendrait une majorité absolue de sièges. Le gouvernement devra également composer avec un pouvoir judiciaire rétif dans un contexte de fortes tensions politiques, alors que le nouveau président est toujours accusé de détournements de fonds publics qui auraient eu lieu durant son mandat de maire du District Central. Le pays est par ailleurs en état d’urgence continu depuis novembre 2022 et reste marqué par l’insécurité. Malgré une baisse de 11 % en 2025, le taux d’homicide du Honduras reste le plus élevé d’Amérique centrale. Ce sujet, ainsi que la corruption, semblent avoir été le ressort principal du virage à droite de l’électorat, peut-être être inspiré par le modèle salvadorien.

Sur la scène extérieure, l’élection de Nasry Asfura devrait marquer un rapprochement avec les Etats-Unis, qui constituent la principale source de remises. Le nouveau président hondurien a ainsi laissé présager le rétablissement des relations diplomatiques avec Israël et la relance de la relation bilatérale dans les domaines de l’eau et de l’agriculture. Il pourrait également revenir sur la rupture des relations diplomatiques avec Taïwan intervenue en 2023. L’accord de libre-échange avec la Chine, actuellement en négociation et initialement prévu pour 2025, pourrait être repoussé sine die. La coopération avec Washington en matière de lutte contre l’immigration illégale et le trafic de drogue devrait par ailleurs se renforcer. Des discussions ont été ouvertes sur le volet commercial et pourraient amener à une revue à la baisse des droits de douane américains. Le Honduras reste toutefois vulnérable à un durcissement de la politique migratoire américaine.

Dernière mise à jour : janvier 2026

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