Etudes économiques
Arménie

Arménie

Population 3 millions
PIB par habitant 4 605 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 5,2 7,6 -7,6 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 1,4 1,2 6,5
Solde public / PIB (%) -1,8 -1,0 -6,9 -5,3
Solde courant / PIB (%) -6,9 -7,2 -4,6 -4,2
Dette publique / PIB (%) 51,2 49,9 62,8 70,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minières significatives (or, cuivre, molybdène, zinc)
  • Confortables réserves de change et relative flexibilité du taux de change du dram
  • Soutien financier important des organisations internationales, notamment du Fonds monétaire international (FMI)
  • Membre de l’Union économique eurasiatique (UEEA) et accord de partenariat avec l’Union européenne (UE)
  • Volonté réformatrice en termes de corruption, de justice et de concurrence

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux minerais (50% des exportations et 10% du PIB), malgré l’effort de diversification en cours
  • Forte dépendance à l’égard de la Russie en termes de sécurité, de commerce (premier partenaire), de transferts des expatriés (63% du total) et d’IDE (37% du total)
  • Système bancaire encore fortement dollarisé (42% des dépôts et 48% des crédits)
  • Environ 80 % de la dette publique arménienne est libellée en devises étrangères, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations des taux de change.
  • Niveaux de pauvreté (30% de la population) et de chômage (24%) élevés et persistants
  • Enclavement géographique aggravé par un déficit d’infrastructures et la fermeture de deux frontières sur quatre
  • Conflit armé avec l’Azerbaïdjan autour de l’enclave du Haut-Karabakh pouvant donner lieu, même après le cessez-le-feu du 9 novembre 2020, à des affrontements ponctuels.

APPRECIATION DU RISQUE

La défaite militaire et les affrontements persistants fragilisent le gouvernement

Le 27 septembre 2020 a marqué la résurgence du conflit armé opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan depuis trente ans dans le Haut-Karabakh. Cet affrontement de six semaines a été le plus meurtrier depuis la guerre de 1994, ayant conduit à la proclamation de l’indépendance de cette enclave qui, reconnue internationalement comme territoire azerbaïdjanais, était, à la fin de de la guerre, peuplée d’Arméniens et sous contrôle de forces soutenues par l’Arménie. Après plusieurs tentatives infructueuses, un cessez-le-feu a été signé le 9 novembre 2020 sous l’égide de la Russie, entraînant la fin des hostilités et redonnant à l’Azerbaïdjan le contrôle de la majorité des territoires du Haut-Karabakh. Les tensions entre les deux pays ont néanmoins été ravivées depuis mai 2021, par les allégations arméniennes selon lesquelles l'armée azerbaïdjanaise aurait franchi la frontière, en violation de cet accord. Des affrontements, faisant des victimes dans les deux camps, ont été signalés au cours de l’été 2021.

 

Sur le plan domestique, le cessez-le-feu a été mal perçu par une partie de l’opinion publique, donnant lieu à des manifestations organisées par les partis d’opposition et réclamant la démission du premier ministre Nikol Pashinyan et de son gouvernement. Après avoir démissionné en avril 2021, il a déclenché des élections législatives anticipées le 20 juin. Malgré un recul par rapport à 2018, lui et son parti « Contrat civil » ont confortablement remporté l’élection (54% des sièges contre 66% en 2018). Nommé en mai 2018 après la révolution de Velours qui a poussé vers la sortie le parti républicain d’Arménie (HHK, au pouvoir depuis 20 ans) et Serge Sarkissian à quitter le pouvoir, M. Pashinyan bénéficiait, jusqu’alors, du soutien de sa coalition, l’Alliance « Mon pas ».

 

Une reprise qui s’accélère

Confronté au double choc de la crise liée à la pandémie de la COVID-19 et du conflit armé en 2020, l’économie a mis fin à une période de trois ans de croissance robuste. En 2021, elle devrait connaître un rebond, porté par la consommation privée (environ 80% du PIB), grâce à la croissance du revenu des ménages et des envois de fonds. La consommation publique devrait elle aussi augmenter en raison de dépenses plus élevées pour les services sociaux. Les échanges contribueront négativement à la croissance (-11,5% du PIB), malgré un déficit commercial en baisse. Le rebond des importations (54% du PIB) de biens d’équipement et de pétrole pour répondre à la hausse de la demande intérieure, sera plus important que la hausse du niveau des exportations (notamment portées par la bonne tenue de l’or et des minerais de cuivre). La contribution de l'investissement (18% du PIB) restera modérée, en raison de la baisse des dépenses publiques d'investissement et de l'atonie de l'investissement privé dans un climat des affaires peu propice. De plus, ce dernier pourrait être bridé par le resserrement de la politique monétaire enclenché par la Banque centrale d’Arménie (CBA) pour combattre l'inflation.

 

Cette dernière augmente rapidement depuis décembre 2020 et excède désormais sa cible de 4%, en raison de l'impact de la dépréciation du dram en 2020 et de la hausse des prix des matières premières. Le taux d’intérêt directeur de la CBA a ainsi atteint 7,25% en septembre 2021 (le niveau plus élevé depuis août 2016), soit une hausse de 300 points de base depuis décembre 2020. L’inflation devrait commencer à se modérer au second semestre 2021, à mesure que l’impact temporaire de l’inflation des denrées alimentaires importées et de la dépréciation du dram se dissipent, mais aussi que les récentes mesures de politique monétaire produisent leurs effets.

La croissance du crédit au secteur privé est freinée par la hausse du taux directeur ; elle a atteint 10 milliards de dollars en juin 2021, soit une augmentation de 9,5 % en glissement annuel, contre 20,1 % en janvier de la même année. De plus, le ratio des prêts non performants est en augmentation, il s'est établi à 7,5 % en février 2021, soit une augmentation d’un point par rapport à décembre 2020.

 

La consolidation des comptes est en bonne voie

Malgré la reprise de l'activité intérieure, la robustesse des exportations et des envois de fonds devrait permettre de réduire légèrement le déficit de la balance courante en 2021, et les réserves internationales devraient augmenter par rapport aux niveaux de 2020 (couvrant 5 mois d’importations). L'euro-obligation de février 2021 et les emprunts des institutions financières internationales financeront l'essentiel du déficit. Par conséquent, la dette extérieure devrait augmenter, atteignant 105% du PIB.

Après l’activation de la clause de sauvegarde de la règle budgétaire pour 2020, le déficit public devrait se réduire en 2021. Les dépenses se réduiront plus rapidement que les recettes, en raison des efforts d’assainissement du gouvernement en termes de finances publiques (budgétisation par programme, amélioration de la gestion des risques budgétaires). Néanmoins, l’émission d’euro-obligations et des emprunts supplémentaires au cours de l’année entraineront une hausse du niveau de la dette. Cette dernière, majoritairement libellée en devises étrangères est vulnérable aux variations du taux de change, mais elle devrait rester sous contrôle puisque le gouvernement devrait étayer des mesures d’élargissement de l’assiette fiscale, notamment pour réduire la dette en proportion du PIB en dessous de 60% à court-terme.

 

Dernière mise à jour : Octobre 2021

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