Etudes économiques
Egypte

Egypte

Population 99,3 millions
PIB par habitant 3 044 $US
B
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%)* 5,3 5,6 3,6 5,2
Inflation (moyenne annuelle, %)* 20,9 13,9 5,7 6,0
Solde public / PIB (%)* -9,5 -8,1 -7,9 -7,0
Solde courant / PIB (%)* -2,4 -3,6 -3,1 -3,5
Dette publique / PIB (%)* 92,6 84,2 90,0 90,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 1er juillet - 30 juin. Données 2021 : AF20-21

POINTS FORTS

  • Marché important : plus de 100 millions d’habitants, population jeune et croissante
  • Situation géopolitique avantageuse, canal de Suez
  • Potentiel touristique
  • Potentiel gazier (Zohr) et minéral (or, kaolin, potasse, cuivre, zinc, plomb, feldspath)
  • Soutien politique et financier de monarchies du Golfe et de pays occidentaux
  • Programme d’appui du FMI
  • Endettement extérieur limité (29 % de la dette publique totale)

POINTS FAIBLES

  • Pauvreté (un tiers de la population), faible taux d’emploi chez les jeunes, faible participation des femmes
  • Faibles recettes publiques (20% du PIB) et informalité (la moitié de l’emploi)
  • Activisme djihadiste dans le Sinaï
  • Cohabitation difficile entre une partie de la majorité musulmane et la minorité chrétienne (10%)
  • Manque d’eau et dépendance au Nil
  • Déficit public et dette publique : besoin de financement excédant 30% du PIB
  • Système bancaire vulnérable au risque souverain, le secteur public absorbant les 2/3 du crédit
  • Cherté du crédit
  • Maigres exportations manufacturières et à faible valeur ajoutée, dépendance alimentaire
  • Opacité des entreprises dépendant de l’armée (30% de l’économie)
  • Corruption, manque de concurrence, bureaucratie, y compris dans les échanges extérieurs, défavorables à l’investissement, notamment étranger

Appréciation du risque

Impact limité de la crise du COVID-19

Avec son impact maximal étalé sur les exercices 2020 et 2021, la crise du COVID-19 n'a pas empêché l'économie égyptienne d'afficher une croissance modérée sur ces deux années. Malgré la persistance du COVID-19, l'économie devrait retrouver son rythme d'avant-crise au cours de l'exercice 2022, aidée par l'assouplissement en cours des mesures sanitaires et la reprise mondiale. Malgré une inflation plus élevée, la consommation des ménages (85 % du PIB) rebondira grâce aux envois de fonds des expatriés toujours importants et au nouveau salaire minimum du secteur privé introduit en 2021. La résistance des secteurs de l'agriculture (12 % du PIB et un cinquième de la main-d'œuvre), de la construction et de l'énergie a partiellement compensé les difficultés des services (55 % du PIB en termes d'offre), en particulier du commerce, du transport et de l'hébergement, qui, désormais, se redressent, avec leurs nombreuses entreprises familiales soutenant la moitié des ménages et les emplois informels. Le tourisme (10 % de l'emploi et 6 % du PIB) vient d'amorcer une lente reprise avec des vols directs de la Russie vers les stations de la mer Rouge. L'investissement (15% du PIB), affecté par le retrait des acteurs privés locaux et étrangers, reprend du poil de la bête, grâce au développement du gaz et des installations portuaires. Toujours soutenus par des financements internationaux, les investissements publics se poursuivent dans les transports (rail et canal de Suez), le dessalement de l'eau de mer, le développement rural, le logement social et la création de la nouvelle capitale administrative à l'est du Caire. Les exportations ont chuté de 17,5 % à 11 % du PIB, sous l'effet de la baisse des ventes d'hydrocarbures (1/4 des exportations de marchandises), de l'affaiblissement de la demande européenne et nord-américaine en articles d'habillement, de la réduction de la demande indienne en engrais et du manque de touristes. Les expéditions d'agrumes, de légumes, d'appareils électroniques et électriques et d'or ont souffert des perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Une reprise graduelle des exportations est en cours. L'objectif d'inflation (7 % +/-2) permet à la Banque centrale d'Égypte de maintenir sa politique monétaire. Son taux préférentiel réduit de 10 % à 8 % pour les prêts aux PME devrait être maintenu sur l'année fiscale 2022.

 

Pause dans la consolidation budgétaire

Le déficit public, déjà élevé, n'a pratiquement pas bougé pendant la crise. Le plan de soutien, axé sur les membres les plus défavorisés de la société et les secteurs les plus touchés, a été limité en taille (moins de 2 % du PIB) par le manque de marge de manœuvre. Il a été atténué par des réductions des dépenses courantes et la poursuite des réformes de l'administration fiscale. Les intérêts de la dette étaient déjà le premier poste de dépenses, absorbant près de la moitié des maigres recettes publiques, et les subventions, le second avec 22%. Néanmoins, l'importante dette publique s’est alourdie. Toutefois, ses parts en devises et détenues par les non-résidents représentent respectivement 29 % et 27 % du total. Celles-ci devraient augmenter avec le financement international. En outre, la dette intérieure est devenue moins onéreuse après que la banque centrale a réduit son taux directeur de 450 points de base en 2020 pour le ramener à 8,25 %. Même si le dernier programme de 12 mois du FMI, assorti d'un prêt de 5,4 milliards USD, a expiré en juin 2020, l'assainissement budgétaire reprend avec le retour à un excédent primaire (c'est-à-dire hors intérêts) qui augmente et une croissance forte, mais contraint par le coût élevé de la dette. Une stratégie de recettes à moyen terme conçue avec le FMI devrait garantir que l'assainissement n'oblitère pas la nécessité d'augmenter les dépenses insuffisantes en matière de santé, d'éducation et de protection sociale.

Le déficit modéré de la balance courante s'est légèrement réduit au plus fort de la crise. L'important déficit commercial (12,6 % du PIB en 2019) a diminué, la baisse des importations (pétrole, biens d'équipement et intermédiaires) l'emportant sur celle des exportations. Les excédents des transferts (8%) et des services (4%) ont diminué en lien avec les envois de fonds des expatriés et le tourisme. Les recettes du canal ont résisté avec la mise en place de normes environnementales incitant les chargeurs à abandonner la route du Cap. Par la suite, le déficit des comptes courants a rebondi, les recettes du tourisme continuant de plonger, tandis que les denrées alimentaires et les médicaments alimentaient les importations. Au cours de l'exercice 2022, il devrait commencer à se résorber grâce à la reprise du tourisme, à l'augmentation des exportations de gaz, à la diminution des importations d'énergie, ainsi qu’au dynamisme des recettes du canal de Suez et des envois de fonds. Outre les prêts officiels et commerciaux, les investissements de portefeuille (obligations) continueront de financer le déficit, alimentant une dette extérieure modérée (36 % du PIB). A cet égard, la banque centrale maintient une politique prudente, offrant des taux réels élevés, quitte à provoquer une légère surévaluation de la livre. Les réserves sont maintenues à environ six mois d'importations malgré les injections sur le marché. Indépendamment du taux de change flottant introduit en 2016, la livre égyptienne est assez stable.

 

Concentration du pouvoir

Réélu avec 97 % des voix en 2018, le président Abdel Fattah al-Sissi a vu ses attributions renforcées après l’adoption référendaire, en 2019, d’amendements constitutionnels, prévoyant, notamment, l’extension du mandat présidentiel de quatre à six ans, et lui permettant de se présenter à un troisième mandat consécutif en 2024. Ce référendum permet aussi un contrôle présidentiel des nominations judiciaires et consolide le rôle de l’armée. Les élections aux deux Chambres en 2020 ont confirmé la large domination du parti Futur de la nation, proche du président, mais avec une participation inférieure à 30%. Au plan extérieur, le régime égyptien garde un rôle pivot dans la stabilité régionale et la lutte contre le terrorisme, qui lui permet de maintenir des relations étroites avec l’Europe et les Etats-Unis, mais aussi les Emirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite. Suite à la construction du barrage Grand Renaissance, les relations avec l’Ethiopie continuent d’achopper sur la répartition des eaux du Nil dont dépend environ 90 % de son approvisionnement en eau potable. Les relations avec la Turquie se sont tendues à propos de la Libye et de l’exploitation gazière en méditerranée orientale.

 

Dernière mise à jour : Octobre 2021

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