Etudes économiques
Jordanie

Jordanie

Population 10,1 millions
PIB par habitant 4 426 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,9 2,0 -4,0 3,7
Inflation (moyenne annuelle, %)* 4,5 0,8 0,3 0,9
Solde public / PIB (%) -5,4 -5,9 -13,1 -12,3
Solde courant / PIB (%) -7,0 -2,3 -7,2 -4,1
Dette publique / PIB (%) 89,0 93,2 116,1 123,2

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et des pays occidentaux
  • Importante production de phosphate et de potasse
  • Main-d’œuvre expatriée et tourisme, sources importantes de devise (hors présente crise du COVID-19)
  • Stabilité politique, contrairement aux pays voisins

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des ressources énergétiques naturelles et de la base productive
  • Vulnérabilité à la conjoncture économique internationale et à l’instabilité politique au Proche et Moyen-Orient
  • Déséquilibres des comptes publics et extérieurs, entraînant une dépendance envers l’aide et les capitaux étrangers
  • Taux de chômage très élevé
  • Forte contestation des enseignants qui pourrait se propager à l’ensemble de la population

Appréciation du risque

 La reprise retardée par la deuxième vague. L'économie s'est contractée en 2020,en raison de la crise sanitaire COVID-19. Le tourisme (entre 10 et 15% du PIB suivant les années) a été particulièrement touché par la fermeture de frontières. L’état d’urgence décrété le 17 mars, a déclenché des mesures de confinement (lieux publics fermés, rassemblement interdit, restaurants et d’entreprises fermés et suspension des vols internationaux). L’épidémie a été relativement bien maîtrisée et les mesures de confinement ont été progressivement allégées depuis avril 2020, donnant lieu à une reprise progressive de l’activités économique. Les frontières ont été ré-ouvertes début septembre 2020, ainsi les voyageurs des pays autorisés peuvent se rendre en Jordanie dans le respect de certaines règles (test PCR et isolement). Cependant, depuis septembre 2020, on déplore une hausse des cas et des décès, ce qui a pénalisé la reprise économique via des mesures de confinement ponctuelles. La reprise devrait profiter de la baisse du prix du pétrole, en tant qu’importateur net, et de l’élan de réformes structurelles que le pays a mis en place ces dernières années. Malgré cela, la demande domestique est en berne à cause de la hausse du chômage, touchant particulièrement les femmes et les jeunes, ainsi que de la consolidation budgétaire soutenue par le FMI qui pèse sur la consommation (80% du PIB). L’activité des entreprises de potasse et phosphate a été maintenue pendant la période de confinement, malgré cela, la baisse de la demande mondiale a eu un effet négatif sur leurs ventes à l’étranger au premier semestre 2020. Elles devraient bénéficier de la reprise en Asie au second trimestre 2020 et en 2021. Pour stimuler l’activité, la Banque centrale de Jordanie a réduit la plupart de ses taux directeurs de 50 points de base le 3 mars, puis de 100 points de base le 16 mars, et a injecté USD 705 millions (1,6% du PIB) dans le PIB grâce à la réduction des réserves obligatoires des banques commerciales de 7% à 5%.

 

Réduction des déficits jumeaux retardée

La hausse des dépenses de santé et de sécurité sociale pèse sur la consolidation budgétaire engagée par le gouvernement. Il a décrété le report de 70 % de la perception des droits de douane dus par certaines entreprises et la réduction des cotisations de sécurité sociale des établissements du secteur privé (de 21,75 % à 5,25 %). Il a engagé des dépenses supplémentaires (USD 71 millions) pour l'achat d'équipements et de fournitures sanitaires, la location d'hôtels pour les quarantaines et les coûts de sécurité supplémentaires liés au virus et mis en place un programme temporaire de transfert d'argent pour les chômeurs et les travailleurs indépendants (USD 114 millions). La baisse des bénéfices des entreprises de potasse et de phosphate au premier semestre 2020 pèse sur le déficit budgétaire.

Le déficit courant s’est dégradé en 2020 malgré la baisse des cours du pétrole. La réduction des transferts des expatriés (10% du PIB en 2019), souvent présent dans les pays voisins, où ils ont perdu leur emploi pour beaucoup, ainsi que de la baisse des revenus issus du tourisme en sont à l’origine. L’entrée d’investissements étrangers, majoritairement sous la forme d’IDE, est en baisse en raison de la récession mondiale. Mais, les prêts concessionnels accordés par les bailleurs de fonds internationaux permettront de financer une partie de ce déficit.

 

Le mécontentement populaire pourrait peser sur le gouvernement

Dans un contexte de mécontentement de la population, accentué par la crise du COVID-19 le roi Abdallah II reste soutenu par les forces armées et une population méfiante des changements radicaux. Néanmoins, des vagues de protestation contre le gouvernement sont à prévoir. Le gel des salaires du secteur public prévu jusqu’à début 2021, a donné lieu à une manifestation en juillet 2020 organisée par le syndicat des enseignants, qui avait obtenu la promesse d’une hausse de leur salaire entre 35% et 75% à l’automne 2019. Les locaux du syndicat ont été fermés pour une durée de 2 ans et les autorités ont interdit aux médias locaux de couvrir les protestations. Le mouvement de protestation des enseignants s’est essoufflé, mais le mécontentement général, exerce une pression sur les autorités à moyen terme, susceptible de les pousser à adopter une approche plus autoritaire.

Les élections à la Chambre des députés (Chambre basse) ont eu lieu pour novembre 2020. Malgré la dissolution de la branche locale des Frères musulmans par la cour de cassation en juillet 2020, le Front d'action islamique (IAF), l'aile politique des Frères musulmans, qui détenait 15 sièges sur 130 au Parlement, a participé aux élections. Le Parlement reste dominé par des représentants nominalement indépendants et loyaux envers le roi. L'orientation pro-occidentale et pro-golfe de la Jordanie restera la pierre angulaire de la politique étrangère pour des raisons de sécurité et, de plus en plus, économiques. La position stratégique centrale de la Jordanie dans la région devrait assurer une assistance logistique, financière et militaire continue de la part des États-Unis, son principal allié, malgré des divergences avec la politique américaine dans cette région.

L’environnement des affaires devrait cependant profiter des mesures structurelles en marche, des progrès sont notables en matière d'obtention de crédit, de paiement des impôts et de résolution de l'insolvabilité.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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