Etudes économiques
Malawi

Malawi

Population 20,3 millions
PIB par habitant 378 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,2 4,5 0,6 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,2 9,4 9,1 9,5
Solde public / PIB (%)* -7,2 -6,9 -8,3 -13,0
Solde courant / PIB (%) -20,5 -17,1 -20,5 -20,3
Dette publique / PIB (%)* 59,4 59,5 69,1 78,2

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2021 du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021 / Dons inclus

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (tabac, thé, café, sucre, soja)
  • Secteur des services en pleine expansion
  • Retour du soutien des bailleurs de fonds (suspendu un temps pour cause de corruption)
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community) et de la COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa)

POINTS FAIBLES

  • Économie dominée par l’agriculture, vulnérable aux aléas climatiques ; pays très affecté par le changement climatique
  • Insécurité alimentaire et enclavement géographique
  • Accroissement de la pauvreté extrême (70 % de la population en 2020)
  • Déficit infrastructurel (eau, énergie, transport, éducation, santé) et environnement des affaires défaillant
  • Corruption généralisée (123/180 d’après l’indice de perception de la corruption de Transparency International)
  • Tensions diplomatiques avec la Tanzanie et le Mozambique

Appréciation du risque

Retour de la croissance en 2021 après la stagnation de 2020

Malgré l’opposition de la justice à la mise en œuvre d’un confinement strict, le Malawi a pris différentes mesures de distanciation sociale (fermeture des écoles et interdiction des rassemblements, notamment) qui ont freiné l’économie du pays en 2020. Cependant, son économie a relativement bien résisté grâce à la prédominance de son secteur agricole qui fut peu affecté par la crise. La croissance repartira en 2021, sans toutefois retrouver son niveau d’avant-crise.

L’agriculture, qui emploie 60% de la population et représente 30% du PIB, n’a pas connu de récession malgré la crise (+0,5%). Ceci s’explique, entre autres, par la hausse de 11% de la production de maïs en 2020, qui représente 30% du secteur agricole. Elle est restée cependant contrainte par la baisse des cours du coton, ainsi que par la perturbation des chaînes d’approvisionnement et la baisse du cours et de la production de tabac, bien que les États-Unis aient partiellement levé leur suspension des importations de tabac en provenance du Malawi en août 2020. L’absence de récession du secteur agricole a permis de minimiser les pertes de revenus des habitants ruraux, et ainsi de limiter la baisse de la consommation (-5% en 2020). En effet, la baisse de consommation est davantage due à la chute des revenus de la population urbaine qui a souffert de l’effondrement des services (-6% en 2020). Les autres secteurs ont été fortement pénalisés par les pénuries et les pannes d’électricité récurrentes, mais devraient rebondir en 2021 (+2,6% pour l’industrie et +2,5% pour les services). L’économie a, en outre, été pénalisée par une baisse de 7% des investissements en 2020, baisse qui ne sera pas compensée par la hausse prévue pour 2021 (+5%), notamment suite à la fuite des investisseurs étrangers. Cependant, certains projets d’investissement devraient perdurer en 2021, tels que celui d’interconnexion régionale Mozambique-Malawi, financée par la Banque Mondiale et qui inclut la construction d’une ligne électrique haute tension devant approvisionner, de manière fiable, les entreprises et ménages malawites.

 

Comptes très déficitaires largement financés par l’aide internationale

Malgré l’aide internationale atteignant près de 3% du PIB, sans compter la prise en charge hors budget de projets de développement par les bailleurs de fonds, le déficit public est élevé. Il s’est accru avec le lancement en avril 2020 d’un plan de relance de 212 millions de dollars, dont le montant a par la suite été porté à 345 millions de dollars, soit 4% du PIB. Son financement nécessite un recours accru à l’endettement, notamment domestique qui couvre 85% du besoin de financement. En conséquence, la dette publique a aussi augmenté, notamment sa part domestique (47% du PIB) considérée comme à risque élevé par le FMI. Les finances publiques sont cependant soulagées par l’augmentation de l’aide étrangère (financement d’urgence et suspension du service de la dette notamment).

Le considérable déficit commercial (21% du PIB avant la crise) entretenait déjà un large déficit courant qui s’est légèrement creusé en 2020, mais devrait se stabiliser en 2021. Malgré la baisse de la facture pétrolière (10% des importations) et des achats de biens d’équipement, le déficit des biens s’est creusé suite à la hausse des importations du secteur public (notamment des biens d’équipement en matière de santé) et la chute des exportations du pays (tabac, thé, sucre) contraintes par la fermeture des frontières et la hausse du coût du transit et, dans une moindre mesure, le fléchissement de la demande et des cours. La situation devrait s’inverser en 2021. Les recettes du tourisme ont diminué, mais celles-ci ne représentent que 4% des exportations totales, ce qui a faiblement affecté le déficit des services qui est resté stable en 2020 et ne devrait que peu évoluer en 2021. Les remises des expatriés, habituellement équivalentes à 8% du PIB ont enregistré une baisse modérée. Le déficit courant est traditionnellement financé en grande partie par les aides internationales. Le besoin de financement supplémentaire découlant de la crise l’est aussi avec notamment 193 millions de dollars du FMI au titre de deux facilités de crédit rapide, 204 millions de dollars d’institutions internationales, telles que la Banque mondiale, l’UE ou la BAD, mais également des contributions des organismes de développement de divers pays et une augmentation des aides à projets. Cela devrait permettre d’éviter de ponctionner les réserves de change équivalentes à trois mois d’importations, mais aussi d’alourdir la dette extérieure.

 

Victoire de l’opposition dans le scrutin présidentiel rejoué

Après l’annulation par la Cour constitutionnelle de l’élection de 2019, une nouvelle élection présidentielle s’est tenue en juin 2020. Elle a vu Lazarus Chakwera, Président de l’ancien parti unique du Congrès du Malawi qui dispose de la majorité relative au Parlement (62 sièges sur 193), l’emporter sur le Président sortant Peter Mutharika, avec presque 60% des voix. Le nouveau gouvernement devra faire face à un climat social tendu, aggravé par la crise de la COVID-19, et marqué par un mécontentement de la population qui s’agace de la faiblesse récurrente de la gouvernance, des scandales de corruption, de la pauvreté endémique et de services publics déficients.

Concernant les relations extérieures, le pays a resserré ses liens avec Israël en devenant en octobre 2020 le premier pays africain à ouvrir une ambassade à Jérusalem en plus de 40 ans.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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