Etudes économiques
Mongolie

Mongolie

Population 3,4 millions
PIB par habitant 3 916 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5.2 -4,4 3.5 7.5
Inflation (moyenne annuelle, %) 7.3 3.7 7.1 7.3
Solde public / PIB (%) 0.8 -9.8 -5.6 -1.7
Solde courant / PIB (%) -15.4 -5.1 -8.5 -13.3
Dette publique / PIB (%) 68.4 77.0 77.7 70.7

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Développement de ressources minières colossales (charbon, cuivre, or) avec des investissements atteignant 40% du PIB
  • Position géographique stratégique entre la Chine et l'Europe/Russie (projet de développement de la Route de la Soie)
  • Potentiel de diversification de la production, notamment agroalimentaire (bétail, produits laitiers, viande, cachemire) et tourisme.
  • Soutien important des donateurs (4,8 % du PIB en 2019).

POINTS FAIBLES

  • Petite économie vulnérable aux variations des prix des matières premières et à la demande chinoise
  • Pays enclavé
  • Dissensions politiques internes
  • Dégradation massive des sols, 90 % des vastes prairies sont menacées par la désertification (tempêtes de poussière fréquentes)
  • Niveau alarmant de corruption et gouvernance fragile (justice, dépenses publiques, entreprises d'État, licences minières et marchés publics)
  • Risques liés à la montée des inégalités (28% de la population vivant dans la pauvreté en 2018) en raison d'un développement minier moins inclusif
  • Réserves de change insuffisantes pour absorber les chocs extérieurs

Appréciation du risque

L'augmentation de la consommation des ménages et de la demande de minéraux va stimuler l'économie

En 2021, la croissance économique a été tirée par une forte reprise de l'activité minière (48 % du PIB) et des services, soutenue par une forte demande en produits miniers et les prix élevés des matières premières. Turquoise Hill Resources, filiale de Rio Tinto, qui détient 66 % de la plus grande mine de cuivre et d'or d'Oyu Tolgoi (OT), a vu ses revenus rebondir de 118 % au cours des neuf premiers mois de 2021. Cependant, malgré un taux de vaccination relativement élevé et une forte demande, les foyers de COVID-19, sur fond de nouveau variants, ont perturbé les exportations de charbon vers le principal partenaire commercial, la Chine (92,5 % des exportations totales de la Mongolie). En effet, les restrictions ont réduit les mouvements de camions à travers la frontière. Par ailleurs, la croissance économique devrait s'accélérer en 2022 et retrouver son niveau d'avant la pandémie, car le taux de vaccination était élevé fin 2021 (65 % de la population était entièrement vaccinée en décembre 2021), les problèmes de transport affectant les exportations devraient être résolus, la pandémie restant sous contrôle, et la demande intérieure devrait augmenter. La demande soutenue de la Chine devrait continuer de favoriser les exportations minières (en particulier le charbon à coke) vers la Chine et, par conséquent, les investissements miniers, qui ont été dans une certaine mesure retardés par la pandémie. La consommation des ménages (60 % du PIB) devrait augmenter, à condition qu'il n'y ait pas de nouveaux confinements, et profite toujours des mesures de protection sociale et de soutien aux ménages qui ont été mises en place pendant la pandémie et prolongées jusqu'au second semestre de 2021. Le plan de soutien comprenait une dispense de paiement de factures de services publics (électricité, chauffage, eau et enlèvement d’ordures) en faveur des ménages et de certaines entreprises. Toutefois, l'inflation, qui a fortement augmenté durant la seconde moitié de l'année 2021 en raisons de facteurs liés à l'offre, devrait rester élevée en 2022. Si elle évolue durablement au-dessus de l'objectif d’une inflation comprise entre 4 et 8 %, la Banque de Mongolie pourrait relever son taux directeur, maintenu à 6 % depuis la fin de 2020. Sa politique resterait, néanmoins, relativement accommodante. 

 

Des finances publiques en voie de redressement mais toujours exposées aux chocs externes

Malgré les engagements et les efforts déployés dans le cadre du mécanisme élargi de crédit du FMI mis en place pour trois ans en 2017 afin de réduire le déficit budgétaire, l'économie reste pénalisée par une dette élevée, ce qui la rend vulnérable aux chocs extérieurs affectant les IDE, aux prix des matières premières et à la demande chinoise. De plus, avec plus de 90% de la dette publique en devises étrangères, le pays est exposé à une dépréciation du taux de change. La pandémie a détérioré les comptes publics en raison de la baisse des recettes et des mesures de soutien aux ménages les plus touchés. Cela dit, le déficit budgétaire devrait continuer de baisser en 2022 grâce à l’augmentation des recettes, tandis que les dépenses devraient rester élevées pour soutenir l'économie. Le gouvernement se finance principalement de manière bilatérale et multilatérale (avec une prêt de l’AIIB pour 21 millions en juillet 2021) afin d'alléger la pression fiscale.

 

Le déficit de la balance courante s'est creusé en 2021 en raison de la perturbation des exportations vers la Chine. Il devrait encore se creuser davantage en 2022, à cause d’une augmentation des importations due à la hausse des investissements miniers. Cependant, la balance commerciale devrait rester excédentaire grâce aux exportations minières et aux prix élevés de ce secteur. La balance des services restera déficitaire en raison des frais de transport (un tiers de ce déficit), tout comme le compte des revenus : les entreprises étrangères rapatrieront davantage de bénéfices de leurs activités minières et les intérêts de la dette seront payés. Cela dit, le niveau élevé d'IDE entrants liés à l'exploitation minière (10 % du PIB), compte tenu de la forte demande, devrait augmenter et, avec les prêts bilatéraux et multilatéraux, financeront le déficit de la balance courante. Les réserves de change sont toujours élevées et couvraient 6,4 mois d’importations en juillet 2021. L'accord bilatéral d'échange de devises avec la Chine - 15 milliards de yuans pour 6 trillions de togrog (2,2 milliards d'USD) - a été renouvelé le 31 juillet 2020 pour trois années supplémentaires, jusqu'en 2023.

 

La corruption affaiblit la crédibilité du parti au pouvoir

L'élection présidentielle de juin 2021 a consolidé le pouvoir du Parti du peuple mongol (MPP) au Parlement monocaméral (62/76 sièges depuis juin 2020). L'ancien Premier ministre mongol et leader du MPP, Ukhnaa Khurelsukh, a remporté l'élection haut la main. Son programme à orientation sociale vise à soutenir la classe moyenne mongole et l'indépendance des systèmes législatif et judiciaire, dans le cadre du plan de développement à long terme Vision 2050. Il propose par exemple la mise en place d'un fonds souverain et le partage en parts égales des ressources minières de la Mongolie en faveur de tous les citoyens. Toutefois, ces projets pourraient faire l'objet d'un examen minutieux, car le pays est confronté à un taux de chômage élevé (8,8 % en 2021) et à des scandales de corruption - il est classé 111e sur 180 pays dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International. En cas d'échec, cela pourrait alimenter la désillusion de la population et accroître les risques d’instabilité sociale. Sur le plan extérieur, le pays entretient de bonnes relations avec les pays voisins, la Russie et la Chine, tout en cherchant à diversifier ses liens à travers la politique étrangère du « troisième voisin », notamment avec l'Inde, les États-Unis, le Japon et plus récemment la Corée du Sud, son 6e partenaire stratégique.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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