Etudes économiques
Paraguay

Paraguay

Population 7,2 millions
PIB par habitant 5 233 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%)* 3,6 0,0 -2,4 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 2,6 3,0 3,2
Solde public / PIB (%) -2,5 -4,5 -6,4 -4,1
Solde courant / PIB (%) 0,0 -1,0 -0,7 0,0
Dette publique / PIB (%) 22,2 26,1 35,4 35,7

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2020 ; de juillet 2019 à juin 2020

POINTS FORTS

  • Secteur agricole développé (soja et viande bovine)
  • Abondantes ressources hydroélectriques
  • Politiques budgétaire et monétaire prudentes

POINTS FAIBLES

  • Infrastructures déficientes (transport fluvial, routes, lignes électriques)
  • Dépendance au secteur agricole et à quelques partenaires commerciaux (notamment Brésil et Argentine)
  • Fragilité de la gouvernance (corruption et clientélisme)
  • Part importante d’informalité (40 % du PIB)
  • Vulnérabilités aux conditions climatiques

Appréciation du risque

Une reprise solide attendue

L’économie s’est fortement contractée en 2020. Elle a cependant été l’une des plus résilientes de la région, grâce aux mesures sanitaires strictes prises pour lutter contre la COVID-19. Les premières (fermeture des frontières, annulation des rassemblements, fermetures des écoles) ont été introduites en mars 2020, suivies d’une période de confinement (mars-mai). La levée des mesures fut progressive, en plusieurs phases : d’abord une « quarantaine intelligente » à partir de juin 2020, jusqu’à la réouverture de la frontière avec le Brésil pour seulement les voitures en octobre 2020. La reprise devrait être solide en 2021, grâce à la reprise de la consommation, des investissements et des exportations. Annoncé début octobre, le budget pour 2021 est un équilibre entre des mesures contra cycliques et d’austérité, donnant la priorité aux dépenses d’éducation, de santé et d’investissement pour soutenir la reprise et l’emploi. Il prévoit également des investissements en infrastructure à hauteur de 2% du PIB. Le secteur de la construction déjà dynamique, avec notamment la mise en œuvre du projet Rutas 2 et 7 au travers d’un partenariat public privé (PPP), d’un montant de 520 millions USD devrait bénéficier de ces investissements. La consommation privée (65% du PIB) devrait pâtir du choc que le secteur informel a subi en raison de la crise. Le secteur agricole (50% du PIB), sera moteur de la reprise, un tiers du prêt de la Banque Mondiale (USD 320 millions en mars 2020), y étant consacré. La politique accommodante de la banque centrale s’accentue avec la lutte contre la crise du COVID-19, en plus d’un abaissement des taux directeurs de 325 points de base, atteignant ainsi 0,75% en mars 2020, la banque centrale a mis en place un mécanisme national de crédit spécial d'urgence (FCE) a été créé pour fournir jusqu'à USD 760 millions de soutien en liquidités aux PME. Elle interviendrait également pour stabiliser le guarani, en cas de forte dépréciation. L’inflation devrait rester au centre de la fourchette cible (2-6 %) de la banque centrale.

 

Une politique budgétaire prudente mise en suspens

En raison de la crise du COVID-19, le gouvernement ne devrait pas réussir à respecter la loi de responsabilité fiscale qui limite le déficit à 1,5 % du PIB. Il devrait ainsi demander une déviation de 3 ans auprès du congrès. La reprise de l’activité économique devrait participer à la hausse prévue des recettes fiscales en 2021 et financer la progression des dépenses publiques, notamment dans l’éducation, la santé et la sécurité. La dette publique devrait être contenue, et sera financée sur les marchés internationaux. En mars 2020, le gouvernement a emprunté USD 1,6 milliards (4,8% du PIB), dont 50% auprès d’organisations multilatérales et 50% à travers l’émission d’obligations souveraines. Puis en avril, il a émis avec succès des obligations souveraines internationales pour un montant de USD 1 milliard.

Les exportations de produits agricoles (soja, viande bovine) et d’énergie (issu des centrales hydroélectriques binationales d’Itaipú au Brésil et Yacyretá en Argentine), qui représentent 64% et 24% des exportations totales respectivement, ont baissé en 2020, notamment à cause de la conjoncture défavorable du Brésil et de l’Argentine, ses principaux partenaires commerciaux (55% des exportations totales). La forte baisse des importations a largement compensé celle des exportations. Les importations devraient croître à mesure que la demande intérieure reprend, tandis que les exportations, elles, dépendront de la vivacité de la reprise économique chez ses principaux partenaires commerciaux. La balance des services restera déficitaire en raison des importations croissantes des services de transport. La diminution des transferts des expatriés est compensée par la diminution des rapatriements des bénéfices par les entreprises étrangères opérant au Paraguay. Les réserves de change restent satisfaisantes, couvrant 5 mois d’importations en septembre 2020.

 

Contexte socio-politique tendu

Le président, Mario Abdo Benítez, du Partido Colorado (PC), élu en avril 2018, avait évité de justesse la destitution en 2019. La renégociation du traité Itaipu avec le Brésil concernant la distribution d’hydro-électricité a commencé puisque celui-ci expire en 2023. Les termes du traité sont source de mécontentement au Paraguay. En effet, un accord controversé sur la centrale hydroélectrique d’Itaipú, rendu public fin juillet 2019 et annulé peu après, avait provoqué de vives protestations anti-gouvernementales et déclenché une crise politique. Dans ce contexte, en plus d’une faible majorité au Sénat en raison de divisons avec une faction PC modérée alliée à l’ex-président, Horacio Cartes, le gouvernement ne devrait pas faire adopter les réformes structurelles telles que la simplification du droit des sociétés et la réforme des garanties immobilières. Les élections municipales programmées en octobre 2021 (initialement prévu en novembre 2020) devraient confirmer cette impopularité grandissante du président.

Par ailleurs, l’environnement des affaires est devenu encore plus difficile, notamment en raison des faits susmentionnés, mais aussi de la persistance de l’importance de l’économie informelle et de la corruption.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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