Etudes économiques
Biélorussie

Biélorussie

Population 9,4 millions
PIB par habitant 5 749 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016 (e) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 1,8 -3,8 -3,0 -0,8
Inflation (moyenne annuelle) 18,1 13,5 14,0 12,0
Solde budgétaire / PIB (%) 0,7 1,9 -1,9 -2,5
Solde courant / PIB (%) -6,9 -3,8 -4,9 -4,8
Dette publique / PIB (%) 37,3 53,7 54,9 59,2

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Situation stratégique entre la Russie et l’Union Européenne et réseau de transports bien développé
  • Main d’œuvre relativement bien formée et qualifiée
  • Stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance énergétique, économique et financière à l’égard de la Russie
  • Contrôle omniprésent de l’Etat sur l’économie et mise en œuvre très lente des réformes
  • Risque de crise de liquidité
  • Environnement des affaires difficile (corruption élevée, système juridique peu protecteur

Appréciation du risque

L’économie biélorusse pourrait sortir de la récession sans rebondir

Après une nette contraction en 2016, l’activité ne devrait pas progresser en 2017. Très dépendante de la Russie et dans une moindre mesure, de l’Ukraine, la Biélorussie pourrait éviter une nouvelle récession grâce à la modeste reprise de la croissance dans ces deux pays.

L’insuffisance d’investissements devrait cependant continuer à affecter le secteur industriel (près d’un quart du PIB), dominé par la transformation de biens alimentaires (produits laitiers, viande), l’industrie mécanique (en particulier engins de chantier et camions) ainsi que l’industrie pétrochimique. Une légère progression du prix du pétrole devrait soutenir l’activité de raffinage tandis que la faiblesse persistante des cours de la potasse continuera à peser sur le secteur de la production d’engrais.

Les mesures de restriction des dépenses publiques, conjuguées à la hausse des prix, devraient limiter la progression des salaires réels et contraindre la consommation (représentant environ 50 % du PIB). Un nouveau recul de la demande des ménages pourrait toutefois être évité grâce à l’augmentation, même modérée, des transferts des expatriés, qui proviennent pour plus de 45 % de travailleurs installés en Russie.

Les tensions inflationnistes, quelque peu atténuées par le manque de dynamisme de la demande interne, seraient accentuées en cas de dépréciation du rouble biélorusse.

 

Dégradation des finances publiques et persistance du déficit courant

Le déficit budgétaire devrait croître en 2017. Les recettes fiscales seront contraintes par la faiblesse de l’activité économique. Le ralentissement de la hausse des dépenses courantes devrait être plus que compensé par l’augmentation des investissements publics, notamment dans le domaine de l’énergie (construction d’une centrale nucléaire). Le soutien financier, notamment sous forme de garanties des prêts, apporté aux entreprises et banques publiques, dont la situation financière se dégrade, pèsera également sur les finances publiques. L’augmentation de la dette publique, libellée à plus de 85 % en devises, alourdira également la charge de remboursement de l’Etat.

Le déficit courant devrait perdurer en 2017. Les recettes d’exportation devraient rester faibles, en raison du bas prix de la potasse, premier produit d’exportation, ainsi que du manque de dynamisme de la demande extérieure (CEI et UE). Le pays, qui ne produit pas de pétrole mais l’importe à bas prix de Russie et réexporte des produits raffinés au prix du marché, bénéficierait d’une légère hausse du cours des hydrocarbures. L’augmentation du prix du gaz importé de Russie, décidée dans le cadre d’un accord conclu en octobre 2016, alourdira la facture énergétique. Le manque de dynamisme de la demande interne devrait en revanche freiner la hausse des importations, évitant le creusement du déficit.

Au 1er juillet 2016, la dénomination du rouble biélorusse a été modifiée (10 000 anciens roubles pour 1 BYR), face aux pressions sur le taux de change et la forte inflation. Le déficit courant devrait continuer à alimenter les pressions à la baisse sur la monnaie. Une nouvelle dépréciation du rouble russe, dont le cours du BYR est très dépendant, l’affaiblirait davantage.

La faiblesse des réserves (environ un mois d’importations) fragilise la situation financière du pays. Le gouvernement négocie un programme d’aide auprès du FMI, mais les exigences en termes de réformes et de discipline budgétaire freinent l’avancée des discussions. Un accord pourrait toutefois intervenir courant 2017.

Le manque de transparence des banques (majoritairement publiques), ainsi que la pratique des prêts dirigés, rendent difficile l’évaluation du système bancaire biélorusse. La hausse des prêts non performants (13 % juin 2016 contre 6 % en juin 2015) témoigne cependant de la dégradation de sa situation.

 

Détente des relations avec l’UE mais faible gouvernance

Malgré son opposition à l’annexion de la Crimée, le président A. Lukachenko conserve de bonnes relations avec la Russie compte tenu des liens économiques, financiers et stratégiques entre les deux pays. Minsk tente aussi de se rapprocher des pays occidentaux et a obtenu début 2016 l’abrogation des sanctions imposées par l’UE depuis 2000 sur certaines personnalités et entreprises biélorusses.

Sur le plan intérieur, A. Lukachenko a été réélu pour un cinquième mandat en octobre 2015 avec plus de 80 % des voix. L’élection législative de septembre 2016 a permis pour la première fois à deux représentants de l’opposition de siéger au Parlement, les parlementaires favorables au président demeurant cependant largement majoritaires.

Les tensions sociales sont, depuis plusieurs années, atténuées par une hausse régulière des salaires, assurant une progression du pouvoir d’achat. La persistance de la crise économique pourrait remettre en cause cette politique et conduire à une montée des tensions sociales.

Malgré certains progrès, la Biélorussie reste mal classée selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale, en particulier en matière de liberté politique (186ème sur 204), de qualité de la réglementation (178ème) et de lutte contre la corruption (114ème).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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