Etudes économiques
Érythrée

Érythrée

Population 6,0 millions
PIB par habitant 332 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -9,6 12,2 3,1 3,9
Inflation * (moyenne annuelle, %) -13,3 -14,4 -17,6 -12,5
Solde public ** / PIB (%) 2,1 14,6 3,8 1,1
Solde courant *** / PIB (%) 23,8 16,6 11,3 13,2
Dette publique / PIB (%) 288,1 267,0 248,0 235,5

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *calculée uniquement pour la région d'Asmara. **Dons inclus. ***Coopération internationale incluse.

NB : Les dernières données officielles ont été publiées en 2006. La disponibilité de données économiques fiables est également contrainte par l’absence de relation avec les institutions internationales.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (potasse, cuivre, or, argent, zinc)
  • Position stratégique le long de la mer Rouge

POINTS FAIBLES

  • Niveau d’endettement critique
  • Pays au ban de la communauté internationale
  • Situation préoccupante des droits de l’homme
  • Climat des affaires très difficile
  • Omniprésence de l’État dans l’économie
  • Extrême pauvreté, forte émigration

Appréciation du risque

Une croissance très volatile

Les principaux moteurs de la croissance érythréenne sont l’industrie extractive et l’agriculture. Ces deux secteurs dépendent eux-mêmes fortement de deux facteurs, respectivement le prix des minerais et les aléas climatiques, générant ainsi une importante volatilité de l’activité. En 2020, la croissance restera modérée, principalement en raison d’une contribution minière toujours grevée par les prix bas de certains minerais (cuivre, zinc). Cependant, le secteur possède de belles perspectives à moyen terme. D’une part, l’exploitation de la plus grande mine du pays, Bisha, devrait continuer au moins jusqu’à 2024, grâce aux explorations entreprises par le nouvel actionnaire majoritaire chinois. D’autre part, deux autres projets majeurs entreront dans leur première phase de production en 2021/2022 : le projet minier Asmara (cuivre, or, zinc, argent), comparable à celui de Bisha, mais surtout la mine de potasse de Colluli. Dès 2022, la production de cette dernière pourrait représenter un tiers des exportations, impliquant la construction d’un nouveau port. Jusqu’à présent, le secteur minier était le seul domaine attirant les quelques investissements étrangers, essentiellement chinois. Toutefois, la récente pacification des relations avec l’Éthiopie laisse entrevoir de nouvelles perspectives, en plaçant le pays dans une position stratégique au sein de la corne de l’Afrique. Dans ce cadre, une ligne de chemin de fer entre Addis-Abeba et le port érythréen d’Assab est en projet, en plus de deux nouvelles routes reliant les deux pays. Les Émirats arabes unis devraient également entamer la construction d’un oléoduc reliant Assab à la capitale éthiopienne. L’agriculture (30 % du PIB), encore très rudimentaire, continuera d’être soumise aux sécheresses récurrentes. La dépendance de deux tiers de la population à l’agriculture de subsistance et le service militaire à durée indéterminée rendent le marché du travail presque inexistant. Ainsi, la consommation privée restera atone, malgré l’augmentation du commerce frontalier. Après plusieurs années de déflation, conséquence d’un contrôle monétaire drastique et de l’ouverture des frontières en 2018, la croissance des prix demeurera négative.

 

Des efforts de désendettement

En 2020, le solde public demeurera excédentaire mais devrait reculer. Les recettes seraient stables, toujours dominées par des revenus non fiscaux représentant 17 % du PIB (essentiellement des redevances et dividendes miniers), tandis que les dépenses augmenteraient avec la reprise des dépenses en capital, principalement dans les projets miniers, où l’entreprise étatique ENAMCO est actionnaire minoritaire. Cette diminution de l’excédent public fragilise la trajectoire de baisse de l’endettement, permise par des efforts de consolidation budgétaire amorcés en 2016. La dette publique, essentiellement domestique et libellée en monnaie locale, atteint toujours un niveau extrêmement élevé et continuera de faire pression sur les finances du pays dans les années à venir. De plus, bien que les relations avec la communauté internationale se soient légèrement améliorées, l’accès aux aides des bailleurs de fonds restera limité.

Concernant les comptes extérieurs, l’excédent courant demeurera important en 2020, grâce aux remises des Érythréens expatriés (12 % du PIB), ainsi qu’à un excédent commercial tiré par les exportations minières (25 % du PIB). L’excédent courant pourrait même augmenter avec la légère reprise des transferts officiels. En puisant dans ses réserves de change, la banque centrale continuera de maintenir l’ancrage du nafka au dollar, qui, au vu du taux de change en vigueur sur le marché parallèle, demeurera surévalué.

 

Un retour sur la scène internationale à confirmer

Le paysage politique est dominé par le Front populaire pour la démocratie et la justice, seul parti légalement autorisé, mené par le président Issayas Afeworki depuis 1993. L’absence totale de démocratie et de libertés fondamentales, et les dérives totalitaires du pays sont communément admises, faisant du territoire l’un des plus fermés au monde.

Toutefois, en juillet 2018, le président a signé une déclaration de paix avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, impliquant réouverture des frontières et réhabilitation du commerce, des transports et des télécommunications entre les deux pays, mettant officiellement fin à 20 ans de guerre. Parti d’un différend sur le traçage des frontières, le conflit avec l’Éthiopie, couplé aux accusations de financement des groupes armés shebabs en Somalie, avait exclu l’Érythrée de la communauté internationale et suscité des sanctions par l’ONU (embargo sur les armes, interdictions de voyage, gel des avoirs). Ces sanctions ont été levées en novembre 2018 afin de saluer les efforts de pacification effectués, qui s’étendent aussi aux relations avec la Somalie, le Soudan et Djibouti. Ainsi, l’accord de paix a suscité beaucoup d’espoirs dans la région, comme l’illustrent les différents investissements en infrastructure annoncés depuis. Néanmoins, la décision unilatérale de refermer les frontières avec l’Éthiopie en avril 2019 ainsi que la lenteur du régime à respecter l’accord de paix et à engager des réformes entretiennent l’incertitude des potentiels investisseurs. En particulier, une réforme du service militaire à durée illimitée, une des principales raisons de l’émigration de la population, serait un signal d’ouverture majeur.

Dans ce contexte, l’environnement des affaires restera très dégradé, plaçant le pays à l’avant-dernière place du classement Doing Business.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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