Etudes économiques
Érythrée

Érythrée

Population 6,5 millions
PIB par habitant 823 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 4,8 3,7 3,8 3,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,8 11,8 14,0 11,5
Solde public / PIB (%) -14,2 -14,0 -13,8 -12,6
Solde courant / PIB (%) -5,7 -4,7 -3,3 -3,0
Dette publique / PIB (%) 127,1 125,5 127,4 127,9

 

(p) : prévision NB : Les dernières données officielles ont été publiées en 2006. La disponibilité de données économiques fiables est également contrainte par l’absence de relation avec les institutions internationales

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (potasse, cuivre, or, argent, zinc)
  • Position stratégique le long de la mer Rouge

POINTS FAIBLES

  • Lourds déficits publics et extérieurs
  • Niveau d’endettement critique
  • Pays au ban de la communauté internationale
  • Situation préoccupante des droits de l’homme
  • Climat des affaires très difficile

Appréciation du risque

Le secteur minier, seul îlot d’activité

En 2018, la croissance demeurera relativement terne. Les faibles ressources publiques devraient continuer de bénéficier essentiellement à l’armée et n’apporteront donc qu’un soutien négligeable à la croissance. Les flux d’investissement étranger, contraints par un environnement des affaires très dégradé, ne devrait pas permettre de compenser le déficit d’investissement public. Seules les ressources minérales (cuivre, zinc, or, argent, potasse) drainent l’investissement étranger, particulièrement chinois. Le secteur minier constitue ainsi le moteur quasi-exclusif de l’activité. L’exploitation de la mine de Koka (or) depuis 2015 et le début de la production au site d’Asmara (cuivre, zinc, or) devraient permettre de réduire la dépendance à la mine de Bisha (cuivre, zinc, or), dont étaient issus 40 % des revenus de l’État. Cela est d’autant plus nécessaire que le taux de récupération du zinc et du cuivre sur ce site devrait décliner dès 2018, et ce, jusqu’à l’arrêt de production programmé pour 2021. Le projet de développement de la mine de potasse de Colluli pourrait, à terme, prendre le relai de la mine de Bisha, mais un début de production en 2018 paraît compromis. La consommation privée demeurera anémique dans un pays comptant parmi les pays les plus pauvres du monde. En effet, malgré d’importants flux de transferts des expatriés, les revenus des ménages, tirés, pour l’essentiel, d’une agriculture rudimentaire (le secteur emploie près de 80 % de la population active) sont faibles. Ils sont de plus rognés par une inflation qui ne devrait que modestement faiblir. Une production agricole insuffisante pour subvenir aux besoins des populations met sous pression les prix des denrées alimentaires. L’inflation, exacerbée par une pénurie de devises qui entravent les importations, est largement responsable d’un nakfa, ancré au dollar, surévalué. Cela se traduit par un écart grandissant entre le taux de change officiel et celui en vigueur sur le marché parallèle.

 

Les déficits jumeaux creusent la dette

Le budget militaire, estimé à 25 % des dépenses publiques, continue de peser sur le solde budgétaire. L’accroissement des recettes minières pourrait permettre de résorber légèrement cet important déficit, mais la mobilisation des revenus demeurent largement insuffisante. Le financement du déficit par la création monétaire alimente l’inflation. La création monétaire est également, au moins partiellement, à l’origine de l’accumulation de dette d’origine domestique plaçant, ainsi, la dette publique à un niveau préoccupant. Les relations très dégradées avec les bailleurs de fonds empêchent l’Erythrée de bénéficier d’un allègement de sa dette dans le cadre de l’initiative PPTE.

Les comptes extérieurs devraient continuer à évoluer au gré des exportations des ressources minières. La stabilisation attendue des prix métaux de base, cuivre et zinc en tête, devrait permettre aux revenus tirés des exportations de se maintenir. La facture des importations devrait diminuer, en lien avec la baisse de la demande pour les biens d’équipements nécessaires au développement des projets miniers.

 

Le régime d’Issayas Afeworki toujours au ban de la communauté internationale

Depuis 1993, les pouvoirs sont concentrés entre les mains du président Issayas Afeworki, appuyé par son parti, le seul légalement autorisé, le Front Populaire pour la Démocratie et la Justice. Les rapports indiquant que la plupart des libertés sont réprimées et les Droits de l’Homme violés sont désormais légions. Les citoyens érythréens fuient également le travail forcé et le service militaire à durée illimitée institué depuis la guerre contre l’Ethiopie (1998-2000). Les personnes relevant de la compétence du Haut-Commissariat aux Réfugiés constituent ainsi près de 10 % de la population totale.

En conséquence, les relations avec la communauté internationale sont particulièrement tendues. L’Erythrée est notamment accusée de soutenir les groupes armés Shebabs en Somalie et des mouvements rebelles à la frontière avec l’Ethiopie. Bénéficiant encore de quelques aides en provenance de l’Union Européenne et de relations solides avec la Chine, le pays n’est pas encore complètement isolé. Sa collaboration avec le régime de Pyongyang pourrait néanmoins justifier un nouveau durcissement des sanctions infligées par l’ONU.

Si elle a abandonné la dernière place du classement Doing Business dans l’édition 2017, l’Erythrée ne le doit qu’à l’intégration de la Somalie dans ce classement. Aussi, l’environnement des affaires demeure une entrave au développement économique.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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