Etudes économiques
Érythrée

Érythrée

Population 5,9 millions
PIB par habitant 980 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 1,8 5,0 4,2 3,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,0 9,0 9,0 9,0
Solde public / PIB (%) -11,6 -11,3 -10,1 -9,8
Solde courant / PIB (%) -2,1 -2,4 -1,6 -2,3
Dette publique / PIB (%) 132,8 131,2 129,4 127,3

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

NB : Les dernières données officielles ont été publiées en 2006. La disponibilité de données économiques fiables est également contrainte par l’absence de relation avec les institutions internationales.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (potasse, cuivre, or, argent, zinc)
  • Position stratégique le long de la mer Rouge

POINTS FAIBLES

  • Lourds déficits publics et extérieurs
  • Niveau d’endettement critique
  • Pays au ban de la communauté internationale
  • Situation préoccupante des droits de l’homme
  • Climat des affaires très difficile

Appréciation du risque

Une croissance tributaire de l’industrie extractive

En 2019, l’activité économique devrait être modérée, étant liée à la performance d’un seul secteur : l’industrie extractive. L’exploitation de la mine de Bisha (cuivre, zinc, or) demeure la principale contribution à la croissance, et son rachat par une compagnie chinoise souhaitant entamer de nouvelles explorations, retardera l’échéance de la fin des opérations, initialement prévue pour 2021. L’exploitation de la mine de potasse de Colluli prendra progressivement le relais : sans nouveau report, elle entrerait en production en 2019. Jusqu’à présent, le secteur minier était le seul domaine attirant les quelques investissements étrangers, essentiellement chinois. Toutefois, la récente pacification des relations avec l’Éthiopie laisse entrevoir de nouvelles perspectives en plaçant le pays dans une position stratégique au sein de la corne de l’Afrique. Dans ce cadre, les Émirats arabes unis entameront la construction d’un oléoduc reliant le port érythréen d'Assab sur la mer Rouge à la capitale éthiopienne. Une de leur multinationale portuaire, DP World, envisagerait le développement d’infrastructures à Assab, de même que la Russie, avec qui des négociations pour la construction d’un centre logistique dans l’un des ports sont en cours. Néanmoins, les investissements privés, de même que la potentielle augmentation du commerce transfrontalier, n’auraient pas d’effets significatifs sur la croissance à court terme, demeurant contraints par le manque criant d’infrastructures. Des investissements publics pour le développement ne semblent pas d’actualité, le gouvernement n’ayant pris aucune initiative officielle en ce sens. En outre, l’omniprésence de ce dernier dans les autres secteurs d’activité continuera d’entraver le développement de la sphère privée. Dans un contexte de marché du travail quasi inexistant, de pauvreté extrême et de dépendance des ménages à une agriculture rudimentaire lourdement pénalisée par des sécheresses fréquentes, la consommation privée restera atone. L’inflation se stabiliserait à un niveau élevé, entretenue par les prix exacerbés des biens alimentaires.

Des déficits persistants

En 2019, le déficit public pourrait légèrement se réduire avec le maintien des recettes issues des industries minières couplé à une probable réduction des dépenses militaires suite à la fin de la guerre avec l’Éthiopie. Une partie de ces dépenses pourraient, à terme, être redirigées vers la réhabilitation des routes et la modernisation du port d’Assab, qui seraient envisagées par le gouvernement. Le déficit continuera d’être financé par la création monétaire, entretenant l’inflation. Bien que les relations avec la communauté internationale se soient très légèrement améliorées, le pays demeure exclu de l’accès aux aides des bailleurs de fonds, en conséquence de quoi la dette publique, substantielle et essentiellement domestique, ne devrait pas bénéficier d’un allègement dans le cadre de l’initiative PPTE.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant pourrait se creuser à la suite d’une aggravation du déficit commercial. Les exportations, essentiellement composées de produits agricoles et de minerais, resteraient faibles, alors que le pays demeure dépendant des importations de biens alimentaires, de biens d’équipement, augmentant avec les projets de construction, et de pétrole, dont la hausse du prix magnifiera la détérioration du déficit. La politique monétaire se concentrera toujours sur le maintien de l’ancrage du nafka au dollar, qui, au vu du manque de devises étrangères, demeurera surévalué. Cela devrait entretenir l’écart entre le taux de change officiel et celui en vigueur sur le marché parallèle.

Un retour progressif sur la scène internationale

Le paysage politique est dominé par le Front populaire pour la démocratie et la justice, seul parti légalement autorisé, mené par le président Issayas Afeworki depuis 1993. L’absence totale de démocratie et de libertés fondamentales et les dérives totalitaires du pays sont communément admises et en font l’un des territoires les plus fermés au monde.

Toutefois, en juillet 2018, le président a signé une déclaration de paix avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, impliquant une réouverture des frontières et réhabilitation du commerce, des transports et des télécommunications entre les deux pays, mettant fin à 20 ans de guerre. Originellement due à un conflit armé pour le partage des frontières, la situation avec l’Éthiopie, couplée aux accusations de financement des groupes armés shebabs en Somalie, avait exclu l’Érythrée de la communauté internationale et suscité des sanctions par l’ONU (embargo sur les armes, interdictions de voyage, gel des avoirs). Ces sanctions ont été levées en novembre 2018 par le Conseil de sécurité de l’ONU, afin de saluer les efforts de pacification effectués, qui s’étendent aussi aux relations avec la Somalie (réouverture des ambassades dans les capitales respectives des deux pays) et Djibouti. Bien que ceci puisse rétablir quelque peu la confiance des investisseurs et représente le premier pas en avant diplomatique de l’Érythrée, elle demeure caractérisée par des violations des Droits de l’homme récurrentes, du travail forcé et un service militaire à durée illimitée, ainsi qu’une vague de migration de la population fuyant le régime. Ceci continuera d’entraver son développement, et, l’environnement des affaires reste très dégradé, plaçant le pays à l’avant-dernière place du classement Doing Business de la Banque Mondiale.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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