Etudes économiques
Haïti

Haïti

Population 10,8 millions
PIB par habitant 759 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques (1)

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 1,2 1,4 1,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,5 13,4 13,1 6,4
Solde public / PIB (%) ** -2,5 0 -2,6 -1,1
Solde courant / PIB (%) ** -3,1 -0,9 -2,6 -2,4
Dette publique / PIB (%) 30,2 33,5 33,9 34,6

* Année fiscale 2018 du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018 ** dons inclus (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Programmes de développement et de reconstruction définis avec les bailleurs de fonds
  • Appartenance à diverses organisations régionales (Association des États des Caraïbes, Organisation des États Américains, CARICOM, CARIFORUM)

POINTS FAIBLES

  • Faible niveau de développement et extrême pauvreté (classé 163e sur 188 en termes d’IDH)
  • Forte vulnérabilité aux catastrophes naturelles (séismes, ouragans…)
  • Déclin de l’aide internationale depuis le séisme de 2010 (de 16,5 % du PIB en 2011 à 5,6 % en 2015)
  • Déficit d’infrastructures
  • Instabilité politique et insécurité
  • Dépendance énergétique
  • Dépendance aux transferts des migrants et aux dons internationaux
  • Gouvernance et environnement des affaires défaillants

Appréciation du risque

Amélioration des perspectives de croissance

La croissance devrait augmenter sensiblement, grâce à la reprise du secteur agricole et à la hausse des transferts des expatriés. Néanmoins, elle resterait pénalisée par l’instabilité politique et la forte inflation, bien que celle-ci soit en baisse. Elle resterait importante à cause de la dépréciation de la gourde, et continuerait de détériorer le pouvoir d’achat des consommateurs. De plus, la consommation privée sera toujours pénalisée par les inégalités et la pauvreté, alors que la population souffrira encore des conséquences du séisme de 2010 et de l’ouragan Matthew de 2016, et notamment l’insécurité alimentaire et l’épidémie de choléra, qui a fait 10 000 morts et plus de 800 000 contaminés. En outre, ces catastrophes naturelles ont détruit de nombreuses infrastructures. La production industrielle restera très faible, puisque les capacités manufacturières sont fortement réduites. L’investissement domestique, privé comme public, resterait faible, et les investissements étrangers resteront découragés par le risque politique, les troubles internes et la corruption. Le secteur textile resterait le principal bénéficiaire des investissements, mais un certain nombre d’entreprises étrangères menacent de quitter le pays depuis le développement des grèves des employés du secteur en mai 2017.

 

Maintien des déficits jumeaux

Le FMI a supervisé un nouveau programme d’aides entre juin et décembre 2017, dans le but d’aider le nouveau gouvernement de Jovenel Moïse à mettre en place son programme économique pour relancer la croissance, notamment par une meilleure gestion des revenus nationaux pour financer les investissements publics. L’agenda du gouvernement se concentre sur la réhabilitation du centre de la capitale, Port-au-prince, et de son aéroport, et sur la mise en place d’un système de santé efficace. Le financement de ces projets reste encore flou, mais il devrait s’articuler autour de partenariats public-privé et d’aides internationales. Cependant, les fonds internationaux alloués à la reconstruction de l’île devraient encore diminuer à cause de leur mauvaise gestion. Le déficit budgétaire devrait demeurer en 2018 compte tenu des faibles recettes du gouvernement. La situation budgétaire reste en effet très complexe, puisque le budget est rarement adopté par le Parlement, et, lorsqu’il l’est, il est incomplet ou intervient trop tard. La dette publique continuerait d’augmenter.

Les accords commerciaux avec les États-Unis devraient continuer de favoriser les exportations du pays, ce qui bénéficie notamment au secteur textile avec l’accord HOPE (Hemispheric Opportunity Through Partnership Encouragement). Les importations alimentaires et d’intrants pour la production textile devraient augmenter, reflétant la difficulté du pays à diversifier sa production. De plus, le Venezuela fournissait le pays en pétrole à bas coût, mais la situation économique et politique au Venezuela fait craindre l’arrêt de ce régime préférentiel, ce qui augmenterait le coût des importations. Le solde courant ne devrait donc pas s’améliorer significativement.

 

Le nouveau gouvernement face à de nombreuses fragilités

L’élection à la présidence de Jovenel Moïse, choisi par l’ex-chef de l’État Michel Martelly pour lui succéder à la tête du Parti haïtien Tet Kale (PHTK), a certes réduit l’incertitude politique depuis son investiture en février 2017, mais elle n’a pas mis fin à l’instabilité. Accusé d’avoir été élu avec de l’argent sale, sa légitimité reste faible, d’autant plus que le taux de participation lors de son élection n’était que de 21,7 %. Toutefois, le PHTK a remporté les élections législatives après les élections de février 2017, permettant à J. Moïse d’avoir 31 sièges sur 119 à la Chambre des députés, et 11 sur 30 au Sénat. Cela ne lui offre pas de majorité, et les réformes nécessaires, notamment pour relancer l’agriculture et le tourisme, seront difficiles à mettre en place.

La tension sociale resterait importante, après une année 2017 marquée par la recrudescence des affrontements armés entre gangs. Le gouvernement souhaite créer une nouvelle force armée dans l’année, alors que le mandat de la mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), prolongé à plusieurs reprises pour faciliter le processus de transition politique et la reconstruction, a expiré en octobre 2017 et a été remplacé par Minujusth, composé de policiers et non plus de soldats.

Sur le plan diplomatique, Haïti s’est opposé à la suspension du Venezuela de l’Organisation des États d’Amérique (OEA). Ce virage politique met le pays en opposition avec les États-Unis, principal donateur et investisseur, et les autres pays de l’OEA. Enfin, les relations avec la République Dominicaine resteraient tendues, et ce malgré le retour du dialogue avec l’arrivée de J. Moïse au pouvoir.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

Haut de page
  • Français