Etudes économiques
Haïti

Haïti

Population 11,1 millions
PIB par habitant 869 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
GDP growth (%) 2.1 4.1 4.4 -4.0
Inflation (yearly average, %) 1.9 1.3 2.1 3.3
Budget balance * (% GDP) -4.4 -3.5 -5.0 -0.7
Current account balance (% GDP) -6.8 -17.5 -22.7 -18.4
Public debt (% GDP) 51.4 52.9 55.4 29.6

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année 2020 allant du 1er Octobre 2019 au 30 Septembre 2020. ** Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Programmes de développement et de reconstruction définis avec les bailleurs de fonds internationaux
  • Appartenance à diverses organisations régionales (Association des États de la Caraïbe, Organisation des États américains, CARICOM, CARIFORUM)
  • Prêt concessionnel du FMI à taux zéro consenti en 2019 pour 229 millions USD sur trois ans

POINTS FAIBLES

  • Forte vulnérabilité aux catastrophes naturelles (ouragans, séismes et inondations)
  • Faible niveau de développement, insécurité alimentaire et extrême pauvreté (168e sur 189 en termes d’IDH)
  • Taux de chômage élevé (plus de 35 %)
  • Dépendance aux transferts des expatriés, aux dons internationaux et aux États-Unis
  • Dépendance aux importations
  • Manque d’infrastructures, en particulier énergétiques (70 % de la population n’a pas accès à l’électricité)
  • Gouvernance et environnement des affaires défaillants (179e du classement Doing Business 2020) ; importance de l’informalité
  • Instabilité politique et insécurité

Appréciation du risque

Une croissance entravée par l’instabilité politique

La croissance sera nulle en 2020, toujours grevée par l’instabilité politique et économique, ainsi que par l’inflation, qui pèse sur la consommation des ménages. Le pouvoir d’achat des ménages est pénalisé par les fortes inégalités et l’extrême pauvreté, qui, associées à la forte inflation pénalisent la consommation. Elle est, néanmoins, soutenue par les transferts de fonds des expatriés (32 % du PIB en 2018), principalement en provenance des États-Unis. Des manifestations ont mené à l’arrêt quasi total du pays pendant plusieurs mois, paralysant fréquemment les centres commerciaux et repoussant les investisseurs étrangers. Cette situation provoque le ralentissement de l’investissement privé. Les sorties de capitaux entretiennent la dépréciation de la monnaie, exacerbant une inflation déjà accrue par la monétisation du déficit public. Le secteur textile (le seul à croître en 2019) porterait la croissance du secteur formel par le biais de ses exportations (90 % des exportations et 10 % du PIB national). Il bénéficie d’un accès préférentiel au marché américain, notamment grâce au Haitian Hemispheric Opportunity through Partnership Encouragement (HOPE II). Le tourisme pâtit du climat politique, et notamment de la classification d’Haïti comme destination dangereuse par les États-Unis et d’autres pays. Le secteur agricole (40 % de l’emploi et 20 % du PIB), principalement informel et caractérisé par de petites exploitations vivrières à faible productivité, est très exposé aux fréquentes catastrophes naturelles.

 

Comptes publics et extérieurs dépendants de l’aide étrangère

Les comptes publics, qui avaient souffert du passage de l’ouragan Matthew (2016), resteront déficitaires. En mars 2019, le pays a signé avec le FMI une Facilité élargie de crédit sur trois ans à hauteur de 229 millions USD (2,6 % du PIB en 2019). Néanmoins, le versement des sommes est conditionné au vote d’un budget, processus rendu impossible par l’instabilité gouvernementale. Le pays utilise donc actuellement le budget rectificatif de 2017/2018. Les subventions sur l’énergie sont une charge fiscale importante (traditionnellement environ 3,5 % du PIB). La survenue d’aléas climatiques pourrait contraindre le gouvernement à engager des dépenses supplémentaires. Le déficit public est majoritairement financé par la banque centrale, mais aussi par de l’aide internationale et des transferts budgétaires directs, notamment de l’UE et de la Banque Mondiale. La dette publique est en grande partie extérieure et libellée en dollars, en raison des prêts à taux concessionnel contractés auprès du Venezuela via le programme Petrocaribe (même si les ressources fournies ont nettement diminué depuis 2016).

Le déficit courant est principalement dû à un déficit commercial chronique (plus de 35 % du PIB en 2018), la faible diversification de la production domestique impliquant des importations importantes. Les exportations de textile pourraient pâtir du ralentissement de la demande mondiale, en particulier aux États-Unis, premier marché à l’export. Le déclin des exportations de biens traditionnels comme le café, le cacao ou les mangues se poursuivrait en lien avec la faiblesse du secteur agricole. La dévaluation continue de la gourde tirera la hausse des importations, même si la baisse du cours pétrolier atténuerait cet effet (les importations de pétrole représentent plus de 10 % du total). Le déficit courant est minoré par les transferts de fonds de migrants (32 % du PIB) et les dons (5 % du PIB). Les réserves en devises permettent de couvrir environ cinq mois d’importations.

 

Crise politique, économique et sociale sans précédent

Depuis septembre 2019, le pays est à l’arrêt, la pénurie d’essence et l’inflation ayant poussé les Haïtiens dans la rue. Ce mouvement de contestation populaire, amorcé en juillet 2018, est une réponse au coût élevé de la vie et à la corruption généralisée (Haïti est classé 161e sur 180 de l’indice de corruption de Transparency International). La colère a été amplifiée par la publication, en février 2019, d’un audit de la Cour des comptes établissant le détournement de l’aide fournie au titre du programme vénézuélien Petrocaribe (plus de 3,8 milliards USD entre 2008 et 2016). Le rapport met, notamment, en évidence la participation personnelle du président Jovenel Moïse à ces opérations. La population ainsi que la majorité des partis politiques réclament sa démission, mais il refuse fermement de quitter son poste. La vague de manifestations, souvent violentes, débutée à la mi-septembre a fait au moins 42 morts en deux mois, dont 19 tués par la police. La violence et l’insécurité se développent et s’aggravent. Face à cela, l’élection législative qui devait avoir lieu en octobre 2019 a été repoussée sine die. En outre, la situation humanitaire est de plus en plus préoccupante, alors que les importations de nourriture, de médicaments et l’aide internationale sont entravées par l’instabilité. Ainsi, d’après Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, « la longue crise multidimensionnelle (qui sévit en Haïti) depuis 2018 ne semble guère en passe d’être désamorcée ou résolue ».

Outre frontière, les relations avec la République Dominicaine resteront tendues, en raison de conflits relatifs à l’immigration haïtienne et au contrôle de la frontière, qui a d’ailleurs été renforcé par le pays voisin suite à la détérioration de la situation politique en Haïti. Les déportations massives d’Haïtiens devraient continuer, impactant le commerce entre les deux nations, alors que la République dominicaine est un des plus importants partenaires commerciaux d’Haïti.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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